Nous avons commandé des plans pour faire agrandir la maison. Parlé de mariage. Tu te préoccupais du chauffage et de la climatisation. Tu pensais qu’il fallait investir pour améliorer la régulation de la température. Comme toutes les petites filles, j’ai caressé le rêve de rencontrer un prince qui, un jour, viendrait à ma rescousse pour m’aider à payer ma première thermopompe. . Elle ne l’a pas vue venir. Comme une vague scélérate, une minute la mer était calme et la suivante, Hélène recevait un texto : « J’ai des sentiments pour une autre femme. ». Avec une bonne dose d’autodérision, elle essaie de comprendre ce qui s’est passé tout en comparant son petit drame aux récits de guerre qu’elle enseigne, elle qui consacre sa vie à décrire l’œuvre de crapules à l’aide de PowerPoints dynamiques. Originaire de Québec, Hélène Rompré habite Montréal, où elle enseigne l’histoire et la communication. Elle est l’autrice de trois romans (dont un finaliste au Prix des libraires jeunesse), de quelques nouvelles et d’une palpitante thèse de doctorat. Elle aime l’école, les adverbes et les récits picaresques, et donne aussi des conférences sur l’histoire à ceux qui veulent bien l’entendre.
Les vagues scélérates, d’Hélène Rompré, est le genre de roman qui se lit extrêmement vite. Pas parce qu’il est superficiel, mais parce qu’il est construit en fragments : courts flashs, souvenirs, anecdotes, réflexions qui s’enchaînent presque comme une spirale mentale après une rupture. Une rupture que la narratrice n’a absolument pas vue venir, alors que son chum et elle avaient entrepris des travaux dans sa maison pour qu’il y emménage avec elle. Le titre prend ainsi tout son sens : la vague scélérate, c’est cette catastrophe soudaine qui arrive sans avertissement et qui renverse tout. Le roman est profondément autofictionnel. On sent le besoin de saisir ce qui s’est passé, de revisiter la relation pour tenter d’y trouver les signes qu’elle n’a pas vus.
Ce qui m’a surtout intéressée, c’est la dynamique amoureuse du couple. Dès le départ, on comprend qu’elle l’aimait plus qu’il ne l’aimait. Elle veut devenir la femme qu’elle croit qu’il souhaite avoir à ses côtés. Elle cherche à lui être indispensable. Toute la relation semble construite autour de ce déséquilibre-là, de cette codépendance affective assez classique, mais bien rendue.
Et plus le récit avance, plus l’image du gars s’effrite.
J’avais un peu peur de tomber dans un revenge book très victimaire, mais au bout du compte, non. Elle le plante avec subtilité plus qu’elle ne l’attaque de manière frontale. Certains détails deviennent révélateurs : le hideux chandelier allemand en fer forgé qu’il lui offre, le t-shirt Joy Division, certaines remarques qui laissent flotter un malaise autour de ses valeurs et de sa personnalité. Elle ne cherche pas à le détruire. Elle le déconstruit plutôt tranquillement, en laissant les contradictions apparaître d’elles-mêmes.
J’ai par contre moins embarqué dans le parallèle constant entre la guerre et le couple. La citation de Christine de Suède au début — « Il faut plus de courage pour le mariage que pour la guerre » — annonce déjà cette idée-là, mais j’ai trouvé que le roman poussait parfois la comparaison beaucoup trop loin. Oui, les relations amoureuses peuvent devenir des rapports de domination ou de violence psychologique, mais ici, l’analogie finit à certains moments être exagérée.
J’ai aussi cherché longtemps le lien entre son passé, son enfance et sa relation actuelle. Elle revient souvent sur certains souvenirs, certaines blessures, mais ça ne m’a pas semblé toujours s’attacher au reste du récit.
Ceci dit, même si Les vagues scélérates ne m’a pas virée de bord, ça ne m’a jamais déplu non plus. C’est un roman léger, efficace, qui se consomme en un soupir. Et honnêtement, il est arrivé au bon moment pour moi. J’étais dans une espèce de panne de lecture, après plusieurs romans plus lourds émotionnellement, et ce livre-là m’a permis de relancer mon envie de lire.
Mention spéciale pour la page frontispice, tout simplement magnifique!
J'ai beaucoup apprécié et lu avec intérêt ce roman autobiographique, qui décrit une rupture amoureuse d'une façon nous permettant de comprendre tout le désarroi vécu par l'auteure mais aussi son cheminement à travers cette épreuve et comment elle en est sortie grandie. Des touches humoristiques viennent alléger le narratif de sorte que cela n'est jamais trop lourd, et les comparaisons avec certains événements de la Première Guerre Mondiale viendront plaire aux amateurs d'histoire et à ceux qui apprécient les métaphores réfléchies. L'incompréhension vécue par des soldats envoyés au front se compare à celui de l'auteure qui se retrouve du jour au lendemain dans une situation inexpliquée bouleversante. J'ai trouvé l'auteure douée de pouvoir ajouter des touches "d'humour noir", et d'auto-dérision en quelque sorte, à certains endroits. On sent aussi qu'écrire ce récit à été libérateur pour elle et j'ai apprécié qu'elle décide de partager cela avec ceux qui auront la chance de le lire!
Suis-je biaisée parce que je connais personnellement l’autrice? ABSOLUMENT. mais quand j’ai lu le livre à son stade de pré-publication, j’ai tout de suite su qu’il allait charmer le cœur de plusieurs. Vous allez voir, les blagues d’Hèlène sont ben bonnes (pis sa plume est magnifique).
Un livre qui nous plonge en plein cœur d’une rupture amoureuse inattendue.
On y suit une femme qui croyait être bien ancrée dans sa vie et qui, sans l’ombre d’un doute, se fait quitter par l’homme avec lequel elle avait tant de projets et de rêves communs.
« Je te jure, je n'ai rien anticipé. Le dimanche, tu m'as dit “Je t'aime”. Le lendemain, tu ne m'aimais plus. »
Cette rupture imprévisible l’amène à se remémorer les moments marquants de leur histoire. Et bien malgré elle, elle réalise qu’elle s’effaçait, s’oubliait et se soumettait pour plaire à un homme narcissique..
« Pourquoi ai-je été aussi amoureuse de toi ? »
J’ai particulièrement aimé les chapitres qui se concentrent sur la rupture. On peut facilement s’y retrouver.
Mais je t’avoue avoir moins apprécié ceux qui font référence à la guerre. Bien que les métaphores soient intéressantes, j’avais l’impression que ça coupait mon rythme de lecture.
L’autrice a une belle plume. Je la relirai sans hésiter.
Roman tout en retenue et en délicatesse, malgré la violence de la rupture à un moment inattendu. (Un texto, cal**s!)
J’ai aimé le portrait dressé de l’ex, cet intellectuel détestable, dont la narratrice était tombé follement amoureuse et avec qui elle espérait un happy ever after. À coup de petites anecdotes déposées ici et la, on découvre leur histoire d’amour, son narcissisme à lui et sa naïveté, sa soumission à elle. Son besoin cuisant d’être choisie, aimée. Toutes les façons qu’elle a essayé de s’amoindrir, s’adoucir, d’être « plus » pour lui plaire.
Pour qu’il l’abandonne au final.
J’ai vraiment aimé le style, le rythme, la plume. Vraiment!
J'ai bien aimé l'insertion de faits sur les deux guerres mondiales. J'ai appris des choses, et c'est une façon originale qu'a trouvé l'autrice de réinvestir sa formation d'historienne.
L'écriture en fragments est abordable et dynamique, mais un moment donné, après avoir lu quelques romans contemporains rédigés de la sorte dernièrement, je commence à trouver que c'est facile et j'ai envie de classiques!
Par ailleurs, ça sent le roman revanche, et ça m'a mise un peu mal à l'aise. Cela dit, je ne souhaite que du bonheur à la narratrice -- et son ex semblait vraiment détestable!
J'ai bien aimé la plume de l'autrice. Un peu trop parallèles avec les guerres, qui m'ont moins accrochés. Fin un peu abrupte, mais je n'aurai su comment boucler ce livre..