« Nous ne savions pas que les années 1990 seraient nos plus belles années. Nous avions entre vingt et trente ans. Un siècle se terminait, un monde nouveau allait naître. Comment aurions-nous pu deviner que notre liberté était provisoire ? La "décennie dorée" (1989-2001) fut le dernier instant d'humanité avant le World Wide Web. On se demandait ce que le troisième millénaire nous réservait : la réponse fut Google, Tinder, Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, Netflix, YouPorn, Spotify, WhatsApp et ChatGPT. »
Beigbeder was born into a privileged family in Neuilly-sur-Seine, France. His mother, Christine de Chasteigner, is a translator of mawkish novels ( Barbara Cartland et al.); his father, Jean-Michel Beigbeder, is a headhunter. He studied at the Lycée Montaigne and Louis-le-Grand, and later at the Institut D'Etudes Politiques de Paris. Upon graduation at the at the age of 24, began work as an advertising executive, author, broadcaster, publisher, and dilettante. In 1994, Beigbeder founded the "Prix de Flore", which takes its name from the famous and plush Café de Flore in Saint-Germain-des-Prés. The prize is awarded annually to a promising young French author. Vincent Ravalec, Jacques A. Bertrand, Michel Houellebecq are among those who have won the prize. In 2004, the tenth anniversary of the prize, it was awarded to the only American to ever receive it, Bruce Benderson. Two of Beigbeder's novels, 99 Francs (Jan Kounen, 2007) and L'amour dure trois ans (Beigbeder, 2011), have been adapted for the cinema. In 2002, he presented the TV talk show "Hypershow" on French channel Canal+, co-presented with Jonathan Lambert, Sabine Crossen and Henda. That year he also advised French Communist Party candidate Robert Hue in the presidential election. He worked for a few years as a publisher for Flammarion. He left Flammarion in 2006. In May 2007 he spent time in the United States to shoot a film about the reclusive American author, J.D. Salinger.
Avec Ibiza a beaucoup changé, Frédéric Beigbeder prolonge son travail d’écriture à la frontière du roman et de l’essai, en s’attachant à une matière qu’il explore depuis plusieurs années : la mémoire d’une génération confrontée à une rupture historique majeure, celle du basculement vers le numérique.
Le livre s’organise autour d’un motif central, celui d’Ibiza, envisagée moins comme un simple décor que comme un symbole. L’île incarne une époque — la fin du XXᵉ siècle — marquée par une forme d’insouciance, de liberté et d’intensité vécue sans médiation technologique. À travers ce lieu, Beigbeder convoque les années 1990 comme une « décennie dorée », rétrospectivement perçue comme un moment de transition avant l’entrée dans un monde profondément transformé.
Le texte adopte une structure fragmentaire, mêlant souvenirs personnels, observations sociologiques et réflexions sur l’évolution des modes de vie. L’auteur revient sur une jeunesse faite d’excès, de fêtes et de dérives, sans chercher à l’idéaliser totalement, mais en soulignant ce qu’elle avait de spontané et d’irréversible. Cette évocation du passé s’accompagne d’une prise de distance critique, nourrie par le regard contemporain.
La véritable ligne de force du livre réside dans la confrontation entre deux temporalités. D’un côté, une époque encore déconnectée, où les relations, les rencontres et les expériences échappaient en grande partie à la médiation des écrans. De l’autre, un présent structuré par les plateformes numériques, les réseaux sociaux et les logiques algorithmiques, qui redéfinissent les usages, les désirs et les représentations.
Beigbeder inscrit ainsi son récit dans une réflexion plus large sur la transformation des comportements. L’irruption d’outils comme Google, les réseaux sociaux ou les applications de rencontre est envisagée comme un tournant anthropologique, qui modifie en profondeur la manière de vivre, de consommer, d’aimer et de se souvenir.
Le style reste fidèle à l’auteur : une écriture fluide, rythmée par des formules percutantes, mêlant ironie, lucidité et provocation. Le ton oscille entre nostalgie et désenchantement, sans jamais se départir d’une certaine légèreté, caractéristique de son approche.
Avec Ibiza a beaucoup changé, Frédéric Beigbeder livre un texte à la fois personnel et générationnel, qui dépasse le simple récit autobiographique pour interroger une mutation de société.
Un ouvrage qui s’inscrit dans une réflexion contemporaine sur la fin d’un monde et l’émergence d’un autre, où la liberté d’hier se confronte aux contraintes invisibles d’aujourd’hui
Beigbeder le dit lui même : il n’est plus inspiré. Peut-être son éditeur l’a forcé à sortir quelque chose et il aura fait un best off de ses articles des 20 dernières années assorti de quelques pensées plus contemporaines. Ça ne fait pas de ce livre un recueil de nouvelles. Il radote un peu, on en a marre d’entendre parler de cocaine toutes les trois pages depuis toujours… mais enfin, il est quand même drôle par moment. Si vous êtes féministe passez votre chemin, et si vous adorez Beigbeder attendez quand même que le livre sorte en format poche.
« En public, l'animateur doit passer un temps fou à faire croire qu'il n'a pas la grosse tête. IL FAUT ÊTRE LE PLUS COOL DE L'ÉQUIPE, saluer les techniciens en les appelant par leur prénom, accepter les selfies avec les spectateurs, poser des questions à des sans-dents et écouter leurs réponses comme si c'était le moment le plus important de votre vie. Très important, le conseil que m'a donné Michel Denisot au Festival de Cannes : ne jamais porter de lunettes de soleil; ça fait crâneur. Toujours saluer les handicapés, les mongoliens, les tétraplégiques devant les photographes. »
Quand j'ai acheté le dernier de Frederic Beigbeder, je ne savais pas que c'est un recueil de nouvelles. Ibiza a beaucoup change est un portrait de la vie d'aujourd'hui, vu des yeux d'Octave Parango, et surtout de ses yeux Parisiens. La pandémie, l'IA, les réseaux sociaux font partie du décor. La phrase qui reste avec moi le plus, et que j’en suis certain que je vais citer souvent, est: "Quand on a grandi à Paris, New York aura toujours l'air d'un centre commercial dont les résidents provisoires marchent vite pour cacher qu'ils sont mal habillés." Je suis tout à fait d'accord. J'ai terminé ses œuvres le jour où j'ai appris que Beigbeder venait de claquer la porte chez Grasset. Bien fait !