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Les Jardins du temps

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Japon. Fin du XVIᵉ siècle. Les troupes d'Oda Nobunaga donnent l'assaut contre le temple du dieu Dragon, sur le mont Hiei, près de Kyōto. Pendant la bataille qui oppose les moniales aux troupes du seigneur de la guerre, une inestimable relique est brisée.

Quatre siècles plus tard, deux spécialistes du temps sont appelés au cimetière de Mikageyama. Une tête tranchée a été trouvée dans une tombe, elle semble dater du Japon féodal. Et, contre toute attente, elle donne toujours des signes de vie. Les relevés à proximité de la sépulture montrent que le temps s'y écoule très lentement.

Cette découverte pourrait révolutionner la compréhension de la nature même du temps. À moins qu'elle ne soit la première manifestation d'une série de dangereuses perturbations.

352 pages, Paperback

First published April 1, 2026

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About the author

Émilie Querbalec

20 books14 followers
Née au Japon en 1971, Émilie Querbalec a fait des études de photographies et de langues orientales, après un passage convenu en prépa littéraire. Elle exerce ensuite divers métiers, qui n’ont pour seule vocation que de nourrir sa passion pour le voyage.

Elle a publié une quinzaine de nouvelles depuis 2014, dans des revues ou des recueils collectifs aussi divers que Étherval, Géante rouge ou Galaxies, ou encore chez les éditions Malpertuis ou Arkuiris.

En 2016, elle gagne un 3ᵉ prix au concours de nouvelles Visions du futur. En 2018, sa nouvelle « La cloche ! hasta siempre » gagne le premier prix de ce concours.

Elle écrit plutôt de la science-fiction et du fantastique, mais elle aime aussi brasser les genres, comme dans « La Reine de Zangalar », une nouvelle de science-fantasy où apparaît pour la première fois le personnage du Nadjam, que l’on retrouve ensuite dans son roman Les Oubliés d’Ushtâr.

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Profile Image for Tachan.
2,993 reviews34 followers
April 21, 2026
C’est toujours avec une certaine impatience que j’attends les nouveaux romans d’Émilie Querbalec depuis ma rencontre avec elle sur Quitter les monts d’automne où sa sensibilité m’avait tant parlé. Une sensibilité que j’ai aimé retrouver ici, dans ce nouveau roman, où elle retrouve ses premiers amours pour le Japon. Cependant, je dois avouer pour une fois que le concept n’a pas aussi bien fonctionné que je l’aurais souhaité sur moi…

Je sais quand je commence un roman d’Émilie qu’il y aura forcément, à un moment, une rupture de ton qui viendra me retourner comme une crêpe. Sauf qu’ici, j’ai cru faussement en changeant d’époque et de personnages à chaque »Cercle du temps », qu’elle était là la rupture, grave erreur. Je me suis donc laissée bercer par le mystère de cette histoire sur de nombreuses et nombreuses pages où je me sentais parfaitement à l’aise, l’autrice reprenant des épisodes clés de l’Histoire du Japon pour y transporter ses personnages et leur faire vivre une rupture se terminant toujours par un moment stupéfiant (dragon, disparition…). Je pensais tenir là le fil rouge et la voir rester dans cette ambiance. Sauf qu’en avançant, avançant un peu plus au fur et à mesure des ères traversées, cela a déraillé… Et si c’est totalement voulu et souhaité par l’autrice, je n’ai pas adhéré…

Attention, je divulgâche un peu. Comme son titre l’indique, l’autrice s’intéresse ici à la notion de Temps. Pour cela, elle puise avec intelligence et astuce, dans les conceptions confucéennes du temps, qui n’ont rien à voir avec notre linéarité occidentale, mais envisage plutôt celui-ci comme un cercle. Et à partir de cela, elle a imaginé tout un travail d’univers parallèles en fait reposant sur des cercles de temps qui se suivent, se superposent dans un univers en 3D, mais ne communiquent pas entre eux normalement, sauf s’il y a une anomalie et anomalie, il y aura. Je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas réussi à adhérer. Peut-être parce que l’autrice reste assez floue au final et ne va pas jusqu’au bout, au coeur de son concept, conservant une distance philosophique avec lui, alors que j’avais besoin de quelque chose de plus incarné, de plus structurel. J’ai eu l’impression qu’à la fois le concept venait perturber la narration mais qu’il ne la nourrissait pas et que celle-ci finissait pour reprendre le dessus mais en ayant perdu ce qui faisait son charme au début, abandonnant même le concept qui avait tout perturbé… Pas sûre d’être très claire à part pour ceux ayant lu le roman, désolée ^^! En bref, j’ai eu un sentiment de »tout ça pour ça… » avec ce concept temporel…

En revanche, j’ai pris beaucoup de plaisir à me retrouver dans ce décor japonais que l’autrice maîtrise très bien et pour lequel, elle fournit même, pour le néophyte, un glossaire à la fin du volume, indiqué dès le début. Bravo 😉 Ne manque qu’une carte de l’archipel et cela aurait été parfait ! J’ai aimé la voir faire revivre à sa façon, sous forme de légères uchronies l’époque d’Oda Nobunaga, puis les débuts de Meiji ainsi que les années 80. C’était à la fois fidèle à ce que l’on en connaît et légèrement différent grâce aux touches de fantastiques qu’elle apportait via un ordre religieux de femmes gardiennes du Temps poursuivant les perturbations qui se sont introduits sur le cercle où elles sont. Même quand elle a commencé son virage dans le futur, j’ai trouvé cela intéressant, car elle reprenait la question du peuple Aïnous, puis de la montée des eaux et de la dépendance du pays aux exportations. Tout cela me parlait. J’ai même apprécié le côté très ésotérique avec les prêtresses, les chamans et tout ce qui fait le charme du paganisme japonais qu’on cherche de nos jours à occulter, à rendre ridicule, alors que c’est une part importante et constitutive de leur culture, ce que l’autrice essaie de rendre ici et qui est peut-être même plus le coeur de l’histoire que cette philosophie du temps.

On sent qu’Emilie Querbalec porte vraiment ici un message. Avec sensibilité, elle redonne sa place à ces femmes, à ce passé, à ces traditions que la modernité efface, dénigre, détourne. J’ai été touchée par cela et c’est vraiment ce qui a irrigué ma lecture. Tant pis si le volet plus science fictionnel autour du temps m’a laissée sur le carreau faute de substance. On ne peut pas tout maîtriser dans une intention aussi touffue que celle-ci, roman mi-philosophique, historique, thriller, SF. Son écriture intime, pleine de sensation et d’humilité, m’a elle trouvée et parcourue. J’en garderai un très beau souvenir pour cela.

Article complet : https://lesblablasdetachan.wordpress....
Profile Image for Creotivemedia.
1,364 reviews10 followers
Review of advance copy received from Publisher
March 31, 2026
Avec Les Jardins du temps, Émilie Querbalec poursuit un travail romanesque exigeant, à la croisée de la science-fiction et du thriller, en ancrant son récit dans une double temporalité qui structure toute la narration. L’autrice s’appuie ici sur un dispositif ambitieux : faire dialoguer un épisode historique du Japon féodal avec une enquête contemporaine, autour d’une anomalie temporelle aux implications vertigineuses.

Le roman s’ouvre à la fin du XVIᵉ siècle, lors de l’assaut mené par les troupes d’Oda Nobunaga contre le mont Hiei. Dans ce contexte de guerre et de destruction, la rupture d’une relique sacrée constitue un événement fondateur. Querbalec ne s’attarde pas uniquement sur la reconstitution historique : elle inscrit d’emblée cet épisode dans une logique de causalité, suggérant que cet instant précis agit comme un point de fracture dans l’ordre du temps.

Le récit se déploie ensuite à l’époque contemporaine, autour d’une découverte troublante dans un cimetière japonais : une tête humaine, datant apparemment de l’époque féodale, mais présentant des signes de vie. Cette anomalie s’accompagne d’un phénomène mesurable — un ralentissement du flux temporel — qui attire l’attention de spécialistes du Temps, figures scientifiques au cœur du roman.

À partir de cette situation, l’autrice construit une enquête progressive, où l’approche scientifique se confronte à l’inexplicable. Le roman ne se contente pas d’exploiter un motif fantastique : il interroge la nature même du temps, ses possibles dérèglements, et les conséquences qu’ils impliquent. Chaque élément découvert vient complexifier la lecture du réel, brouillant les frontières entre passé et présent.

L’un des apports majeurs du texte réside dans sa capacité à articuler rigueur conceptuelle et tension narrative. Querbalec développe une réflexion sur la temporalité — ses ruptures, ses ralentissements, ses superpositions — tout en maintenant un rythme de thriller. L’enquête devient alors un moyen d’explorer des questions plus larges : la mémoire des lieux, la persistance des événements, la possibilité d’un temps non linéaire.

Le cadre japonais joue un rôle essentiel dans cette construction. Loin d’un simple décor, il participe à la cohérence du récit, entre héritage historique, spiritualité et modernité technologique. Cette articulation renforce la dimension immersive du roman et inscrit la spéculation dans un environnement culturel précis.

L’écriture, maîtrisée et précise, privilégie la clarté sans simplifier les enjeux. Querbalec évite l’effet démonstratif pour laisser émerger progressivement la complexité de son propos. Le texte gagne ainsi en densité, sans perdre en lisibilité.

Avec Les Jardins du temps, Émilie Querbalec confirme une démarche singulière dans le paysage de la science-fiction française contemporaine : une volonté de concilier exigence intellectuelle et efficacité narrative.

Un roman construit avec rigueur, qui interroge les failles du temps autant qu’il met en scène ses conséquences, et qui s’impose comme une proposition solide dans le registre du thriller scientifique.
Profile Image for Camille Barbry.
60 reviews8 followers
May 16, 2026
Le roman explore une théorie fascinante du temps évoluant en Cercles. Une perturbation dans un Cercle touche les autres, entraînant des catastrophes temporelles de plus en plus importantes. Emilie Querbalec propose un roman dense qui nous entraîne à travers le temps mais aussi à travers différents genres et sous-genres de l’imaginaire. Le récit est rythmé, proposant des idées poussées sur les questions de la causalité, le tout en alliant spiritualité et technologie. Mais il y a parfois un sentiment de « trop plein », l’alliance d’éléments composites rendant certains aspects du scénario trop rapides pour être pleinement compris. En somme, le concept de Les jardins du temps est audacieux, mais sa densité m’a par moments perdue. Cela reste cependant une lecture très créative et unique en son genre, qui vient confirmer la capacité d’Emilie Querbalec de naviguer avec brio de nombreuses eaux de l’imaginaire.
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