«Sortie de nuit» décrit le monde marginal de la rue, dans lequel l'autrice a elle-même vécu : un univers marqué par la révolte, l'itinérance, la toxicomanie, le crime et les peines de prison. On y suit le parcours de reconstruction de Claudia, des abysses de la dépendance à la réinsertion sociale : le sevrage, les démarches judiciaires, les passages en prison, la demande de pardon, le retour aux études. Le roman est composé de courts récits qui voguent d'une époque à l'autre dans la vie de l'héroïne, de sa déchéance jusqu'à sa renaissance.
Un livre qui nous plonge dans la vie de Claudia, une femme qui a réussi à quitter l’enfer de la rue.
« Ils sont des centaines comme moi à souiller les rues du centre-ville de Montréal : urine, excréments, vomissures et crachats. Nous sommes une multitude à polluer l’île par nos cris, nos odeurs et nos méfaits. »
Au fil des pages, on devient vite un spectateur impuissant de sa déchéance. On découvre ce qui l’a menée à arpenter les trottoirs, on rencontre celui qui a fait basculer sa vie mais aussi ceux et celles qui ont marqué son passage dans la rue.
« En une décennie de ce régime toxique, je suis devenue la loque jetée au coin de la rue, celle sur laquelle le regard des passants ne s’arrête jamais. »
Mais surtout, on est témoin de sa reconstruction, de son combat et de sa renaissance.
Je ne te mentirai pas, la lecture est parfois un brin décousue.. Les chapitres sont courts et on tente de s’accrocher aux souvenirs qui défilent rapidement.
Reste que l’histoire de Claudia nous frappe en plein cœur. Elle nous rappelle la rapidité à laquelle tout peut basculer, s’effondrer.
« Nous dérangeons par notre présence. On nous voit et c’est impardonnable parce que c’est insupportable… »
L’autrice donne une voix à l’itinérance. Elle insuffle de l’espoir. Et ça, c’est essentiel.