Cinéma est un hommage à ces années d’éducation sentimentale et artistique, un regard apaisé sur les instants révolus et un adieu au père, artisan silencieux et doux, le phare tranquille d’une vocation tempétueuse.
Le livre utilise le septième art pour replonger dans l’adolescence de l’autrice. Elle parle de ses expériences en les liant aux Trainspotting, Edward aux mains d’argent et autres The Mask qui l’ont forgée comme personne. Tremblay mêle à ça découvertes, pop punk et partys afin que le récit soit encore meilleur. C’est un énorme flashback nostalgique d’une vie qui n’est pas la mienne mais que je connais quand même. L’unicité de l’intimité de l’autrice rend l’identification aux poèmes universelle.
Le style de Tremblay est tout aussi propre à elle. C’est souvent des genres de blocs, mais pas vraiment. C’est souvent de la prose mais pas vraiment. C’est aussi parfois des énumérations, des photos et des mèmes. Cette liberté est particulièrement savoureuse, surtout que l’autrice n’abuse de rien. Elle saupoudre un peu de tout, un peu tout le temps. C’est vraiment bon. J’ai honnêtement eu envie de le relire une deuxième fois dès que j’ai tourné la dernière page.
Considérant les mots qui sont utilisés, les choses qui sont évoquées, je lisais en attendant impatiemment une mention de Larry Clark; quand elle est finalement arrivée, je m’en suis réjouis comme Javier Bardem dans F1, avec tout le monde qui célèbre autour et les feux d’artifice qui rugissent dans le ciel…
C'est vraiment puissant, je sais pas comment un livre de poèmes contemporain peut mieux capturer les images (et les images dans les images!), le langage, le conceptuel, le fragmentaire, l'intermédialité, etc. Si c'est pas 5/5, c'est pas loin.
Il y a quelque chose de particulièrement étrange à trouver du confort dans Trainspotting et pourtant, tout au long de ma lecture, j'en ai eu la bande-sonore en tête, j'ai replongé dans la britpot qui reste encore et toujours ma musique préférée, et j'ai eu l'impression de développer une fascination pour un Mark Renton de carton, sinon une sorte bonheur chaque fois qu'il apparaissait au détour d'un vers intimiste. Lust for life n'est-ce pas?
Pour moi, cette œuvre, c’est comme de la poésie en prose. L’autrice y aborde son amour du cinéma, de la musique, sa vie d’ado, son quotidien. Le film Trainspotting occupe une place marquante dans son existence. Je pensais lire des réflexions sur les différents films qui l’ont marquée. C’était peut-être, entre autres choses ça, mais ça n’a pas pris du tout la forme que j’attendais.
Un régal pour les cinéphiles !! Stephanie Tremblay parcours le cinéma, et ce qu'il lui a fait, des années 90 à 2020 et c'est génial !! Des anecdotes drôles, intimes, sensibles ! Bravo !