"Le jour où je suis devenue une meurtrière, j'ai cessé d'aimer les mirabelles." Sarégnac, Corrèze. Célestine grandit dans la ferme familiale, bien décidée à réussir ses études pour échapper à la vie de labeur qui l'attend aux champs. Cadiran, Gironde. Solange est internée dans une école de préservation pour jeunes filles où sont envoyées des adolescentes jugées "déviantes". Quel secret lie ces deux jeunes femmes ? Pourquoi Solange déteste-t-elle tant Célestine ? Et comment cette dernière a-t-elle pu commettre l'irréparable ? De la France de nos grands-parents jusqu'à nos jours, cette intrigue poignante ménage autant de suspense que de rebondissements. À travers les destinées de quatre générations de femmes puissantes, Marie Vareille retrace l'extraordinaire évolution de notre monde depuis un siècle et nous rappelle ce que nous devons tous à la persévérance et au courage de nos aînées.
Marie Vareille est romancière et blogueuse à Paris. Diplômée de l’ESCP-Europe et de l'Université de Cornell aux États-Unis, elle travaille actuellement en tant que Community Manager pour une start-up française.
Depuis toujours, ses deux grandes passions sont les livres et les voyages. Elle a notamment parcouru l’Asie, l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud en sac à dos. Fan de chick-lit et de comédies romantiques, elle partage ses coups de coeurs littéraires sur son blog http://sissidebeauregard.com.
Son premier roman, Ma vie, mon ex et autres calamités, sortira en juin 2014 chez City Éditions.
Quelle claque. À travers cette fresque familiale extrêmement addictive, on aborde plein de sujets aussi difficiles qu’importants. C’est dur, c’est touchant, c’est révoltant… mais qu’est ce que c’est bien écrit. Qu’est-ce que c’est bien pensé. J’ai été happée par le roman, j’ai pleuré plus de fois que de raison et j’ai adoré chacune des pages que j’ai lues. Une nouvelle pépite signée Marie Vareille, qui est définitivement l’une des plus grandes autrices francophones que j’ai jamais lues. ❤️🩹
J’ai dévoré ce lire, comme tous ceux de l’autrice. Nous avons deux points de vue au départ Célestine et Solange, quel est le lien entre elle au début j’avais dû mal à voir le lien entre elles. Je pensais à une relation d’un autre type entre Solange et Jeanne. Dans ce livre, on voit l’évolution des droits des femmes mais ne peut-on s’empêcher de dire pourquoi, pourquoi cette haine? Cette injustice, le passage entre Célestine et Édouard m’a brisé le cœur et oui pour lui c’est simple mais Célestine elle perd tout. Un livre à lire.
Toujours le destin des femmes sera empêché… Empêché par de vieilles traditions et l’absence de consentement. Cette phrase ne vient pas du roman de Marie Vareille, « Nous qui avons connu Solange ». Elle vient d’un constat, en ce mois de mars 2026, où les droits des femmes sont sans cesse remis en question. Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, Johana Gustawsson disait qu’il est grand temps que le monde cesse de penser que nous sommes locataires de notre propre corps (et de notre utérus), puisqu’après tout, nous donnons naissance au Monde. Ce roman est un récit de femmes qui mettent au monde, mais aussi l’histoire de destins empêchés par leurs conditions ou par l’homme.
Rapidement, le lecteur découvre deux femmes, deux destins que tout semble opposer. Célestine est une fille de ferme corrézienne, déterminée à s’arracher à son milieu. Solange, internée de force dans une école de redressement, est réduite au silence. Quel fil invisible les relie ? C’est tout le sujet de ce roman choral où quatre générations de femmes surgissent du passé pour raconter ce que l’on tait, bien décidées à transmettre le prix à payer pour être soi-même.
« Nous qui avons connu Solange » retourne la terre des silences et des mémoires. Il fouille les lignées jusqu’à l’os. Marie Vareille met ses mains dans la terre du passé pour en extraire les cellules du vivant. Dans les premières lignes, Célestine écrit à sa « Biquette ». Le jour de la mort de Solange, elle est devenue une meurtrière et a cessé d’aimer les mirabelles. Dans cette confession, le poids des morts est exhumé et laisse entrevoir la manière dont le souvenir s’ancre dans les émotions de l’intime.
Au fur et à mesure, une autre voix vient s’ajouter à celles de Célestine. Ainsi, Solange, par l’intermédiaire de lettres, apporte un autre point de vue au récit. C’est dans cette alternance que le lecteur navigue. Ces voix plurielles disent une même chose : la difficulté d’exister pleinement quand le monde vous apprend, dès l’enfance, à vous tenir à votre place.
La construction du livre est d’une grande intelligence romanesque, comme le furent « Désenchantées » ou « La dernière allumette ». Qui était Solange, dont le nom a longtemps flotté à la lisière de cette famille ? Le roman ouvre une brèche, le lecteur s’y engouffre pour découvrir quatre générations de femmes surgissant du passé. Ainsi résonnent leurs corps, leurs coeurs, leurs rages, leurs élans et leurs blessures. Le fil rouge de « Nous qui avons connu Solange » tient à ces femmes qui veulent devenir elles-mêmes dans un monde qui leur enseigne patiemment à vouloir moins.
Célestine sent très tôt que la ferme ne devrait pas englober son avenir tout entier. Elle a d’autres aspirations que l’ordre domestique, le mariage ou la maternité. Célestine a une appétence pour les débats d’idées, une soif intense de connaissances, un amour fou de la littérature. Sa mère lui assène cette leçon toute sa vie : « Sois plus patiente, Rome ne s’est pas faite en un jour. » Cette injonction lui apporte la volonté de se battre, mais révèle aussi la lenteur des conquêtes féminines et le devoir de durer dans un monde qui travaille sans relâche à épuiser les résistances.
Dans tout le roman, Marie Vareille ne se contente pas d’opposer des héroïnes lumineuses à des hommes brutaux. Elle détricote tout un système. Certes, les hommes empêchent, mais ils le font avec le soutien invisible de la coutume, de l’Église, de la médecine, du regard du village, du poids du quand dira-t-on. Dans « Nous qui avons connu Solange », le patriarcat a une voix, des mains, donne des gifles, assène des humiliations que personne n’a appris à nommer.
Le personnage de Solange en est un exemple flagrant. Démolie d’une partie d’elle-même pour la faire taire, on la préfère bête et silencieuse, soumise et incapable. Sa guérison équivaut à un dressage en règle, car elle est devenue une femme dérangeante. À travers les traces écrites qu’elle laisse, elle prend pourtant corps et voix. Solange a été une femme trop vive pour son époque. On a alors tenté de la faire taire. Mais elle travaille à se refaire grâce aux mots, elle se reconstitue lentement malgré tout ce qui a été ravagé en elle.
À travers ce personnage, Marie Vareille aborde le traitement de la maladie mentale et de tout ce que l’on met dans cette terminologie pour « dresser » les femmes les plus récalcitrantes. Celles qui, finalement, refusent d’obéir ou de se conformer. Ici, le contexte instrumentalise les traitements médicaux. Les électrochocs, les injections, l’enfermement contribuent à broyer une jeune fille que la société dit hystérique. Autour de Solange existe une véritable machine à broyer. Tout est bon pour servir d’alibi à l’écrasement de la personnalité.
Et pourtant, même broyée, même réduite au silence, Solange résiste. Les femmes de « Nous qui avons connu Solange » portent en elles quelque chose d’indestructible. Cette rage, ces rêves passent de main en main, et de génération en génération, jusqu’à celles qui viendront après.
Malgré des thématiques assez sombres, de belles zones de lumière viennent éclairer le roman. La transmission entre femmes circule par les gestes, les mots, les blessures et les rêves. Chaque femme porte la génération suivante et lui lègue autant une façon de survivre qu’une manière de construire un refuge intérieur pour tenir face au chaos. C’est avec cette idée que le « sois plus patiente, Rome ne s’est pas faite en un jour » devient un « Toi, ma fille, tu seras Rome ». La construction intérieure et ces libertés conquises à l’extérieur, sur un terrain qu’on vous a longtemps refusé, constituent les plus belles vibrations du texte.
Marie Vareille a composé une fresque en alternant les voix, les époques et les supports (manuscrit de Célestine, lettres de Solange, souvenirs de Jeanne, présent de Manon.) Ces différents choix narratifs, de même que l’utilisation des différentes voix permettent de faire sentir qu’aucune histoire familiale ne se livre d’un seul bloc. L’écriture circule comme la mémoire elle-même, par couches, et angles différents. Elle revient sur les faits, bifurque, réfute puis éclaire après coup.
De son côté, la langue oscille entre l’exactitude narrative et de véritables élans poétiques. Solange introduit une vibration singulière. Le réel et l’irréel se contaminent dans des formulations d’une grande beauté. Elle introduit et rend perceptible une conscience qui ne voit pas le monde comme les autres le voient. A contrario, la voix de Célestine est plus terrienne, plus ancrée dans les gestes du quotidien, et le travail de la terre. J’ai trouvé le contraste très réussi : l’une tient la maison pendant que l’autre regarde le ciel. Chacune ouvre un passage singulier de « Nous qui avons connu Solange ».
Marie Vareille montre avec brio que des Solange ont souffert pour que des Manon puissent rêver. Certains de ces rêves sont même devenus réalité. Des femmes dirigent des gouvernements, pilotent des fusées, gèrent des entreprises. L’horizon s’est élargi. Mais, il suffit de si peu de choses pour que ces droits durement acquis régressent. La parole des femmes reste plus souvent questionnée que celle des hommes, leur douleur plus fréquemment sous-diagnostiquée, leur ambition plus volontiers commentée. Dans certaines régions du monde, vouloir apprendre à lire ou refuser de se marier peut encore coûter la vie.
« Nous qui avons connu Solange » n’est pas un roman militant au sens strict du terme, il conserve une grande partie romanesque. Mais il rappelle le prix de l’indépendance, les luttes, les corps entravés et les destins forcés. À sa manière, c’est un roman de mémoire qui rappelle avec force ce qui a été gagné et ce qu’il reste à conquérir. Il me semble que le grand message du roman est de donner aux femmes les clés de leurs vies. Certaines ont ouvert la voie, d’autres se sont engouffrées dans la brèche, mais il reste tant à faire. Des mains doivent continuer à se tendre, d’une génération à l’autre, sans jamais baisser les bras.
L'histoire se déroule sur quatre générations à Sarégnac, dans une ferme familiale, de Marguerite à Manon.
Cinq femmes liées entre elles par le désir de vivre leur vie, d'avoir le droit de choisir, de dire non et de s'élever au-dessus des convenances sociales et interdictions patriarcales. Marguerite entame le chemin, puis Célestine, la grande Célestine, si protectrice et résiliente face à Solange, la folle, l'affreuse, la bizarre, l'incomprise.
Cette histoire raconte leurs destins mais surtout comment les femmes ont à cœur de se protéger entre elles, de protéger leurs filles, leurs nièces, leurs petites-filles et d'ouvrir la voie vers la liberté.
C'est aussi l'histoire d'un amour si fort et si puissant qu'il dépasse la raison. Un amour qui pousse Célestine à commettre le pire pour sauver Solange.
Solange, celle qui vit dans les étoiles, entre folie et raison. D'abord effrayante par son originalité qui ne rentre dans aucune case de la société, rejetée par le monde, enfermée, si lucide sur son propre état qu'elle en devient poignante.
C'est enfin l'histoire de deux hommes, Armand et Édouard, les frères, qui réparent le mal que d'autres hommes ont pu faire, qui aident les femmes à ne plus être empêchées dans leurs choix et les entourent de leur protection et leur bienveillance.
Un livre si bien écrit et construit qu'il était difficile de le lâcher. Je le termine les larmes aux yeux, reconnaissante envers toutes celles qui se sont battues au siècle précédent pour nos droits face à ceux qui voulaient nous contraindre.
C’était tellement beauuuuu de traverser ces générations de femmes fortes, impressionnantes de persévérance, de force, de résilience, d’amour. C’était bouleversant, c’était prenant. J’ai adoré traverser le temps. J’ai adoré la façon dont a eu l’autrice de nous rappeler la chance qu’on a aujourd’hui — nos ancêtres qui se sont battues pour nos droits et pour l’égalité. J’ai adoré suivre chacune de ces femmes, leur histoire, leur entourage, leurs passions. C’était une magnifique histoire ! Je m’attendais à un plot twist et je n’ai pas ressenti ça, mais j’ai ressenti tellement d’émotions, de sincérité et de logique dans cette fresque que je n’en avais pas besoin
De la campagne corrézienne de l’entre-deux-guerres à nos jours, l’autrice déploie une grande saga familiale faite de secrets, de drames et de révélations portée par des générations de femmes qui luttent pour vivre libres et s’émanciper.
Au fil des époques, des échanges épistolaires et des générations, les pièces du puzzle s’assemblent avec une précision captivante et révèlent une intrigue ample, subtilement construite et débordante de suspense et de retournements fracassants.
Le roman aborde avec une grande justesse des sujets essentiels : le féminisme, la misogynie, la santé mentale et la manière dont elle a longtemps été mal jugée. À mesure que l’histoire se révèle, elle nous saisit : les émotions montent crescendo et les révélations nous étourdissent.
Une jolie lecture, un sublime voyage à travers le temps, des destinés contrariées qui agrippent le cœur : à lire !
4,5 ✨ Jour de sortie de ce magnifique roman que je viens à l'instant de terminer. Bravo chère Marie pour ce si beau livre, touchant, profond, féministe. Merci pour les luttes, la poésie, la maladie mentale. C'est beau et fort. À lire 💛
Je termine tout juste ce livre prêté par Sophie (merci Sophie !) et je suis encore envahi par les émotions intenses que m'a procurée ma lecture. Comment ne pas ressentir de la colère envers les hommes, tous ces hommes (pas tous mais beaucoup quand même) qui ont imposé aux femmes un destin fait de violences et de renoncements au nom d'un patriarcat archaïque ? Comment ne pas être en admiration devant la force des ces femmes, Célestine en particulier mais aussi Marguerite et Solange et Jeanne... Et Manon, qui vient boucler la boucle. Bref, un livre sur les femmes et les violences qu'elles subissent depuis toujours, sur la résilience et sur la filiation, sur les lignées de femmes qui nous ont précédées et celles qui suivront ... Un coup de coeur/coup au coeur
Ce roman traite avec une grande justesse de thèmes essentiels comme le féminisme et la santé mentale, tout en mettant en lumière le regard souvent injuste et stigmatisant porté sur cette dernière au fil du temps.
"Mais laisse-moi te donner un conseil, mabiquette. Ne perds jamais ton temps à ressasser des regrets. La vie n'est qu'un court voyage en territoire inconnu. Nous empruntons une route plutôt qu'une autrr, en ignorant si elle débouchera sur un paysage enchanateur ou un prépice mortel. Une fois une décision prise, la question n’est plus de savoir si elle était bonne ou mauvaise, mais de continuer à avancer sur le sentier qui est désormais le nôtre, en essayant d’éviter de reproduire les mêmes erreurs. N’attends pas la fin du voyage pour comprendre que ce qui fait la beauté du paysage, ce n’est ni la vue au sommet, si resplendissante soit-elle, ni le chemin et ses difficultés, mais principalement ceux avec qui nous décidons de l’entreprendre ; puisque le seul pouvoir incontestable que nous détenons est celui de choisir nos compagnons de route."
Je le termine avec beaucoup d'émotions... et quelques larmes 🤍.
J’ai beaucoup aimé personnellement, c’était très Marie Vareille, très addictif et avec des personnages super forts. L’épilogue est un peu fantaisiste mais ça ne me choque pas, et cet épilogue et toute la structure narrative sont exactement ce à quoi je m’attendais.
La claque. Marie Vareille écrit d’années en années des romans plus bouleversants les uns que les autres. Coup de cœur, c’était magistral, du grand art !!!
Un gros coup de cœur pour cette histoire historique, féministe, familiale, d’amour inconditionnel entre les différents personnages. J’ai été plus que satisfaite de ce nouveau Marie Vareille (l’une de mes autrices préférée désormais). Que ce soit les personnages, les relations, les problématiques, les causes féministes mises en avant : c’était tout simplement parfaitement beau et conté avec justesse. Au fil de ma lecture qu’il m’était impossible à lâcher j’ai ressenti : de la révolte, colère, tristesse, amour, joie et même cette sensation de chatouille dans mon pouce (les vrais savent). J’ai aimé la manière dont les informations arrivent au compte goutte et parviennent à me surprendre à chaque fois. Lorsqu’elles s’assemblent enfin, c’est un chef d’œuvre. Évidemment j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps à la fin + une part de mon cœur brisé. Et pour finir : Célestine ma queen ❤️ J’espère qu’on fera lire ce livres à des élèves à l’école !! ✊
J’ai adoré ce roman qui nous plonge dans la réalité des femmes d’autrefois! C’est un beau voyage dans le temps qui nous fait prendre conscience de la chance que nous avons de vivre dans une société libre et évoluée!
J’aime beaucoup le style d’écriture de Marie Vareille! Elle nous tient en haleine tout le long de la lecture en révélant un peu d’information à la fois! On a toujours hâte de lire le chapitre suivant! Je relève aussi le beau travaille de recherche sur les faits historiques qui sont mentionnés!
Au final, je suis triste de finir cette belle histoire, car les personnages vont me manquer. Comme à chaque fois que je finis un livre de cette auteure que j’adore!!
Ouch! Chaque roman de Marie Vareille est plus percutant que le précédent. J'ai été bouleversée tout au long de ma lecture. Ce roman sera assurément ma nouvelle recommandation coup de coeur ❤️❤️ Des femmes de générations différentes, des mères, des sœurs qui se battent chacunes à leur manière pour leur liberté. Renversant.
4,5 Encore une magnifique fresque familiale signée par Marie Vareille. Encore une magnifique ôde à la femme. Encore tant de justesse et de poésie dans ce roman. J'ai tellement été émue par le destin de toutes ces femmes. J'ai adoré
Encore une pépite de la part de Marie Vareille. Une histoire poignante, les histoires de femmes de famille, toutes plus fortes les unes que les autres, d'époque en époque. Des thèmes puissants, et qui permettent de prendre du recul sur notre condition de femme aujourd'hui. L'écriture est toujours aussi agréable à lire, et sait nous tenir en haleine. Je recommande à 100%
Lire un roman de Marie Vareille est la garantie de vous plonger dans un univers unique et qui ne laisse pas indifférent. Cette lecture audio a été très prenante et suivre ces 4 destins de femmes très éprouvant et émouvant. Chaque chapitre est un nouveau regard sur ces destins de femmes qui ne pouvaient rien dire à leur époque et qui ont pourtant ouvert la voie. Célestine est la première voix que nous allons entendre. Elle avait de très belles ambitions, elle aurait pu faire une grande carrière mais à cette époque, les femmes n'ont pas de voix. Son destin sera chargé d'épreuves, de choix, de résilience et de compromission. J'ai adoré savoir ce qui l'a emmenée à cette déclaration du début. Marguerite, sa mère, va aussi subir des choses et cet Alphonse aura été un être déplorable toute sa vie. Solange, sa soeur, aura été un personnage inoubliable. Elle sera la 2ème à donner son POV et cela sous forme de lettres. Elle va raconter son récit et cela sera très émouvant. Dès le début, on sent qu'elle est unique et elle va souffrir comme personne. Elle aura la tête dans les étoiles et les voix qu'elle entend vont lui compliquer la vie. Entre le centre de redressement et l'hôpital psychiatrique, les troubles seront réels. Jeanne, la fille de Solange, sera la 3ème voix. Elle sera une autre voix, un autre espoir. Célestine va s'occuper d'elle du mieux qu'elle pourra. Elle essaiera de la préserver de la méchanceté des gens à l'encontre de sa mère, qui sera jugée sévèrement. Elle va vivre dans cette famille sans en sentir les failles et les faiblesses et elle ne pourra pas pleinement vivre ce qu'elle voudra aussi plus tard car à son époque des choses sont encore tabou. Puis viendra vers la toute fin, la voix de Manon, la fille de Jeanne, celle qui sera surnommée Biquette par Célestine. Elle vivra dans un monde où les mentalités vis à vis des femmes aura un peu évoluer et va accomplir de grande chose. La boucle sera bouclée, le passé sera éclairci et les secrets dévoilés.
Dès la deuxième page, on est fixé sur ce qui nous attend dans ce livre : une vieille dame, Célestine, nous raconte depuis son EPHAD, son histoire depuis sa naissance en 1917, mais également celle d'une certaine Solange. Il sera aussi question de Jeanette, ou de Marguerite, ou de Manon, mais il ne faut rien dire de plus ici sur les rapports entre les unes et les autres puisque l'auteure tisse patiemment son histoire et ne révèle qu'au fur et à mesure (et plutôt habilement) les secrets de famille et les liens qui unissent ces différents personnages. J'ai pensé plusieurs fois à un roman dont je garde un grand souvenir, "Un secret" de Philippe Grimbert, là aussi, histoire familiale marquée par la Seconde Guerre Mondiale.
"Nous qui avons connu Solange" est un bon roman qui trouvera à coup sûr un très large public. C'est un "page turner" qui se lit très facilement, et une captivante histoire, souvent poignante avec des personnages forts qui devraient rester dans la mémoire du lecteur.
Alors pourquoi pas 5/5 ?
L'excès de féminisme d'abord. Non que je ne sois pas sensible à la cause mais l'auteure appuie quand même ici avec trop d'ostentation sur la condition des femmes au XXè siècle face au patriarcat. Tout le contraire donc de cette récente lecture, "Sur l'epaule des géants", où là aussi on était sur une histoire de femmes, dans un genre relevant certes plus de la comédie quand là on est dans un vrai drame.
Ensuite, un peu trop de manichéisme. Ok, Alphonse est très méchant et on ne regrette pas sa fin, mais faut il appuyer de nouveau, au moment où s’achève le roman, quand il est question des principaux protagonistes de cette histoire d'un " et Alphonse, que personne ne regrette" ? Moi non plus je ne le regrette pas mais je n'ai pas besoin qu'elle m'influence. Et ici c'est une autre lecture récente qui me revient, le très marquant "La Maison Vide" de Laurent Mauvignier : sujet très proche... des femmes...les deux Guerres Mondiales...la domination des hommes...mais un traitement plus nuancé, moins propice à l'émotion.
Pour la sororité. Pour la puissance de l’épigénétique.
Et pour toutes ces phrases si puissantes, répertoriées durant la lecture :
“Alphonse, malgré les arguments de Maman, a catégoriquement refusé de payer un centime pour une éducation qu'il jugeait parfaitement inutile, voire dangereuse. Le fait qu'une partie des terres appartenait à l'origine à Maman, qu'elle y travaille plus que lui et soit la principale génératrice du revenu n'y changeait rien : le compte en banque était à son nom à lui et rien ne pouvait en sortir sans son accord. Telle était encore la loi, il n'y a pas si longtemps...”
« Pour être hanté, nul besoin de chambre, nul besoin de maison. Le cerveau regorge de corridors plus tortueux les uns que les autres.»
“Leur seul crime est d'avoir eu la malchance de traverser la vie encombrée d'un corps de femme.”
“Les guerres et les pertes qui ont jalonné mon existence ont appris à ma génération, ma Biquette, ce que la tienne, trop protégée, a oublié : l'absence de tragédie dans une vie est un privilège auquel peu de gens, depuis le début de l'histoire de l'humanité, ont eu droit. Alors ne gaspille pas trop ton temps à chercher le bonheur ailleurs qu'ici et maintenant auprès de ceux qui te sont chers.”
“Tous les hommes n'ont-ils donc qu'une seule idée en tête? II me semble que si j'avais leur liberté et leur pouvoir, j'utiliserais mon énergie et mon intelligence à d'autres quêtes que celle qui consiste à vouloir s'accoupler avec toutes les femelles qui passent.”
“La sécurité, quand on n'a pas toujours eu le privilège d'en jouir, peut suffire au contentement.”
“Le bonheur, tu sais, peut n'être rien d'autre que la banalité d'un quotidien dépourvu de drames. Savoure le.”
Après avoir eu un véritable coup de cœur pour La dernière allumette, j’avais forcément certaines attentes en me lançant dans ce nouveau roman de Marie Vareille. Et si j’ai passé un bon moment de lecture, je ressors malgré tout avec un avis plus nuancé.
L’autrice propose ici une histoire centrée sur la mémoire, les amitiés féminines et les secrets d’adolescence qui continuent de résonner à l’âge adulte. Le récit alterne entre passé et présent, reconstituant progressivement ce qui s’est joué autour de Solange, figure centrale et mystérieuse du groupe.
L’écriture reste fidèle à ce que fait souvent Marie Vareille : une plume fluide, très accessible, qui se lit sans effort. Les chapitres courts donnent un rythme facile à suivre et rendent la lecture globalement rapide. On sent aussi une vraie volonté de s’attarder sur les émotions, les relations humaines et les blessures du passé.
Sur le fond, l’idée de revisiter une amitié de jeunesse abîmée par les non-dits et les incompréhensions est intéressante. Le roman explore les dynamiques de groupe, les jalousies diffuses, les silences qui s’installent, et la manière dont chacun reconstruit ses souvenirs avec le temps. Il y a cette question centrale : que reste-t-il de ce qu’on a vécu ensemble quand les versions divergent ?
Mais malgré ces éléments, je n’ai pas été totalement embarquée.
Le rythme m’a semblé assez inégal. L’alternance passé/présent fonctionne sur le principe, mais les révélations arrivent de façon très progressive, parfois trop étirée, ce qui crée une sensation de lenteur. J’ai retrouvé un peu ce que certains lecteurs mentionnent aussi dans leurs avis : une intrigue qui met du temps à se densifier réellement, avec des passages plus introspectifs que narratifs.
Côté émotion, j’ai également été plus en retrait. Les thématiques sont fortes sur le papier, l’amitié, la culpabilité, les regrets, les chemins de vie divergents, mais je suis restée assez extérieure à l’histoire. Je n’ai pas ressenti de vraie montée en intensité, ni ce déclic émotionnel qui me fait habituellement basculer dans un coup de cœur.
Les personnages sont cohérents et ancrés dans leur histoire, mais je ne me suis pas vraiment attachée à eux. Le groupe fonctionne sur beaucoup de non-dits et de zones floues, ce qui sert l’ambiance mais empêche aussi, selon moi, une vraie proximité émotionnelle. Même Solange, pourtant au cœur du récit, reste volontairement insaisissable, un choix intéressant, mais qui m’a laissée à distance.
On retrouve aussi une dimension très introspective, presque contemplative, avec beaucoup de réflexion sur le passé et la manière dont il façonne l’adulte. C’est bien écrit, parfois juste, mais cela prend souvent le pas sur une intrigue plus dynamique.
Cela dit, le roman garde de vraies qualités : une sensibilité certaine dans le traitement des relations humaines, quelques scènes nostalgiques réussies, et une atmosphère globale plutôt agréable à suivre. Mais globalement, je suis restée sur une lecture en demi-teinte, agréable mais pas marquante, surtout après l’impact que m’avait laissé La dernière allumette.
oh Solange… 💔💔 Sérieusement, son crayon était en feu quand elle a écrit l’intrigue de ce bouquin Marie Vareille ??? J’ai passé les 100 dernières pages à pleurer. C’etait atrocement magnifique. Je pense que c’est le meilleur roman qu’elle a écrit, alors que pourtant le résumé ne me tentait pas. J’ai adoré, ça m’a bouleversé. Une nouvelle fois, Marie Vareille n’a pas écrit un livre mais une leçon de vie. Ça a été déchirant de suivre l’histoire de ces 5 femmes. Surtout de Marguerite, Célestine et Solange. Cette histoire débute dans les années 1910, à une époque où les femmes n’avaient pas le droit de vote, n’avaient pas le droit d’avoir un compte en banque. C’était difficile de lire les passages oú des hommes qui se croyaient supérieurs, on essayé de ruiner leur vie par n’importe quel moyen. Ce roman démontre à quel point le féminisme est important. Lisez ce livre, c’est vital. Même pas besoin de lire le résumé, juste lancez-vous les yeux fermés ❤️🩹
4.5 ⭐ Roman épique qui suit plusieurs générations de femmes d’une même famille, des années 1920 à aujourd’hui. C’est choquant de voir à quelle vitesse la société, entre 1920 et 1950, traitait une femme de folle ou de malade mentale, et l’emprise qu’avaient les pères et les maris sur leur avenir. Lire l’emprise qu’avait Alphonse sur les femmes de sa vie m’a bouleversée. L’histoire se déploie couche par couche, comme un oignon. J’ai particulièrement aimé les lettres de Solange, parsemées tout au long du roman. Le roman met en lumière les sacrifices des femmes pour leurs enfants et leurs familles, et rappelle l’importance du droit de choisir, notamment le droit à l’avortement. On voit bien comment les luttes des générations précédentes ouvrent la voie aux suivantes. Un vrai manifeste féministe sur l’évolution de la condition féminine. C’était beau et poétique, je l’ai dévoré, et ça rappelle qu’il reste encore du travail à faire.
Je viens de fermer ce dernier roman de Marie VAREILLE. Mon premier coup de cœur de cette année. J'espérais retrouver un roman de la qualité de Désenchantées. C'est chose faite. J'ai dévoré ces 417 pages. J'ai adoré cette histoire familiale qui est superbement construite par le jeu des paragraphes entre les personnages qui m'ont émus. Comme tous mes romans préférés, il allie suspense et émotion. Je finis ce livre avec une petite larme à l'œil. J'ai trouvé la dernière partie très touchante. J'adore cet auteur et c'est avec impatience que j'attends son prochain livre en espérant qu'on me l'offrira également :)