« Un matin, je me suis réveillée en rêvant que je ne parlais plus l'arabe. J'ai compris qu'il fallait rentrer. »
Après dix-sept ans en France, loin de son pays natal, Amal revient à Beyrouth pour obtenir une carte d'identité. Mais ce qui ne devait être qu'une simple formalité se révèle beaucoup plus compliqué que prévu et Amal doit prolonger son séjour.
Ses démarches administratives la conduisent des rues palpitantes de la capitale jusqu'au sud du pays, dans son village familial désormais tenu d'une main de fer par le Hezbollah. Elle devra affronter ce qu'elle avait fui : la tyrannie des apparences, les sales rumeurs réservées aux femmes non mariées et sans enfants. La traversée de ce pays aussi beau que tourmenté devient un voyage au cœur de la mémoire et des blessures de l'exil.
« Souvenez-vous d'une chose, Amal. En France comme au Liban, vous serez toujours arabe. Et musulmane. »
Ce livre audio est interprété par une voix humaine, dans le respect des engagements d'Hardigan.
Un roman vibrant, irradiant, traversé par une lumière à la fois tendre et cruelle : celle jetée sur un pays aimé jusqu'à la contradiction. J'en suis sorti profondément impressionné par cette voix si juste et si nue qui ne cherche jamais à (se) protéger.
J'ai été bouleversé par la justesse du regard porté sur l'exil et l'identité, notions absolument centrales explorées avec une finesse et une acuité remarquables. La narratrice, Amal, avance à tâtons : le texte oscille brillamment entre nostalgie et répulsion et c'est précisément la complexité de ce balancement qui m'a profondément secoué. Elle raconte sans pudeur et avec beaucoup de sincérité l'arrachement, le tiraillement, le fait de ne jamais tout à fait appartenir. L'ouvrage rappelle ingénieusement que le politique et l’intime sont profondément entrelacés : que les choix, les blessures et les fortifications d’une vie ne peuvent se lire qu’à l’aune du contexte qui les traverse.
L'alternance des temporalités confère encore plus de beauté à cette lecture déjà éblouissante : s'enchevêtrent avec brio souvenirs de jeunesse de la narratrice, ceux de sa famille et retours au présent, tissant une matière vivante qui m'a captivé. Ce va-et-vient constant apporte au récit une profondeur supplémentaire, comme si chaque instant portait en lui l'écho de tous les autres. Là encore, j'ai été très touché par cette manière de faire dialoguer les époques, de faire surgir la mémoire au cœur du présent.
La photographie occupe un rôle essentiel au sein du texte : elle devient le moyen indispensable pour la narratrice d'espérer capturer ce qui s'est effacé et de retenir ce qui lui échappe tant que le contexte géopolitique du territoire libanais rend ses contours friables. À travers son objectif, Amal cherche à suspendre le temps et à sauver les fragments d'un présent instable.
Cette tentative de retenir une époque en instantanés m'a énormément ému tant on sent que, les semaines passant au Liban, Amal s'y attache de plus en plus et a à cœur de fixer ce séjour sur des supports qui seront capables d'immortaliser ce qui risque de s'évaporer.
La plume de Manal Salamé est d'une honnêteté désarmante, caractérielle, sans détour ni artifice et pourtant chargée d'une émotion qui palpite. Elle capte Beyrouth comme on retient son souffle dans l'espoir de capturer le cliché parfait : dans ses éclats, ses blessures, son hypocrisie, ses contradictions et sa beauté abimée. Chaque rue, chaque souvenir, chaque silence semble prendre vie sous nos yeux et je me suis laissé complètement absorbé par ce kaléidoscope de sensations multiples.
Le roman fait regrettablement écho à l'actualité du Liban, ce qui le rend d'autant plus poignant et mémorable, telle une pellicule (ce symbole, à nouveau !) bouleversante d'un aujourd'hui sans cesse menacé. Tout comme la narratrice, le pays semble chercher son équilibre, peinant à trouver une stabilité, toujours traversé de fractures profondes et d'irrésolutions douloureuses. Amal fixe et fige car le danger de la disparition rôde.
Un roman profondément incarné qui serre le cœur autant qu'il l'ouvre : le voyage a été aussi dur que sublime. Habibi Beyrouth laisse une empreinte rougeoyante et essentielle à la fois, celle d'un pays et d'une voix qu'on n'oubliera pas.
merci à mon amie, ma meilleure amie pour ce beau cadeau
tout du long du livre, j’étais tiraillée entre deux façons de lire ce livre : - le dévorer, n’en faire qu’une bouchée, en une journée tant il m’a passionnée et m’a donné envie de retourner au liban ; - le lire page après page très lentement, prendre mon temps pour que le plaisir dure plusieurs jours, plusieurs semaines et enregistrer tous les détails que je voudrais revoir du liban
Habibi Beyrouth, de Manal Salamé, est un roman qui m’a surtout marqué par sa capacité à faire ressentir la complexité du Liban contemporain à travers le retour d’Amal dans son pays natal. Derrière l’histoire familiale, on découvre un pays de paradoxes, où cohabitent de multiples communautés religieuses, des traditions très fortes, des tensions politiques permanentes et une incroyable envie de vivre malgré les crises. J’ai particulièrement aimé la manière dont l’autrice aborde le rôle des femmes, la transmission familiale, notamment à travers la nourriture et les souvenirs, ainsi que cet attachement presque irrationnel à une terre que l’on peut fuir tout en continuant à aimer profondément. Les scènes du sud du Liban, les coupures d’électricité du quotidien, les souvenirs de l’explosion de Beyrouth ou encore les contrastes entre modernité, création artistique et pratique religieuse permettent de toucher du doigt une réalité souvent difficile à comprendre depuis l’extérieur. On sent aussi toute la complexité des relations familiales d’Amal, qui expliquent en partie son départ. Ce n’est pas un roman qui apporte des réponses simples, mais il offre de précieuses clés pour mieux comprendre ce pays fascinant, chaotique et résilient, au point de donner envie d’aller le découvrir par soi-même.
J'ai mis énormément de temps à lire ce livre, plusieurs semaines. J'avais le sentiment qu'il avait y avance lentement, à petits pas inquiets, ça j'avais peur qu'il me fasse mal. Au final je n'ai pas mal mais je suis heureuse de m'y être attardé. J'en garderais un souvenir plus présent, comme une vraie balade dans le Liban.
« J’ai toujours préféré Beyrouth de jour. Le jour elle ne sait pas mentir, elle se révèle sans fioritures, inégale, vulnérable »
Comme la promesse silencieuse de dire la vérité, Habibi Beyrouth fait le récit d’Amal, une libanaise dont les 17 ans passés en France lui ont fait réaliser qu’elle n’est jamais vraiment partie. L’histoire d’Amal, mon histoire, celle de Manal, et tant de libanais qui sont devenus des étrangers dans leur propre pays, et demeurent à jamais amputés de leur chez-soi.
Un très beau récit que je dois avouer avoir un peu moins aimé vers la fin, sentant le fil narratif plus déconstruit et parfois laissant place à des anecdotes « inutiles » au détriment d’une plume des premières pages.
Je termine la lecture de ce roman avec une nostalgie profonde de Beyrouth, comme si j’y avais été le temps de quelques heures, et rappelant le goût amer du drame actuellement en cours. J’ajouterai enfin que cette histoire résonne paradoxalement avec « Un monde fragile et merveilleux » ( نجوم الأمل و الألم) de Cyril Aris, une histoire d’une famille libanaise dont l’enfant de la diaspora s’appelle par un drôle de hasard aussi Amal…
Il y a 13 ans, je m'envolais vers Beyrouth avec Le Jour du miel d'Annia Ciezadlo sous le bras, un livre qui est devenu depuis le totem de ma vie levantine. En tombant par hasard sur Habibi Beyrouth en librairie, à un moment où le Liban me manque mais où la situation m'empêche d'y retourner, j'espérais retrouver cette magie. Ce n'est pas ça -on ne revit jamais ce qu'on a déjà vécu à l'identique -et mon avis ici en porte probablement les traces.
L'autrice arrive à nous faire détester le personnage principal, anti-heroïne qui n'a pas vu sa famille depuis 17 ans, sans raison apparente, et qui déteste les lieux communs sur son pays mais passe la moitié du roman à nous parler de tensions religieuses et politiques au Liban. L'intrigue repose sur un changement de prénom à l'état civil...un peu léger. Les quartiers de Beyrouth défilent - Mar Mikhaïl, Gemmayzeh, Achrafieh- sans qu'on en respire jamais l'âme. À certains endroits, on a plus l'impression de lire un scénario télé qu'un roman.
Pourtant, à partir de la moitié, l'autrice trouve son rythme. Le récit de la mère fuyant la guerre civile, la révolution du Cèdre, un regard plus intime sur Amal..j'ai fini par être embarqué, ce qui m'a permis de terminer le livre.
Si vous découvrez le Liban, ce livre est peut-être une bonne porte d'entrée. Si vous le connaissez et l'aimez, choisissez bien votre moment pour le lire.
Superbe premier roman de Manal Salamé, porté par une profonde quête de ses origines et de son identité, et qui se lit comme une véritable enquête familiale.
Après dix-sept années d’exil en France, loin de son pays natal, Amal décide de retourner à Beyrouth pour renouveler ses papiers d’identité et retrouver les siens. À travers son regard, l’autrice nous plonge dans un Liban contemporain, à la fois chaotique et meurtri, notamment marqué par la terrible explosion du port de Beyrouth en 2020.
On perçoit la volonté de transmettre l’histoire complexe du Liban et de mettre en lumière sa richesse culturelle, la coexistence de ses différentes communautés religieuses, ainsi que les blessures laissées par la guerre civile, les interventions étrangères et les fractures politiques qui traversent encore le pays aujourd’hui.
J’ai été particulièrement touchée par le personnage d’Amal, dont le parcours fait écho à celui de l’autrice, même si son attitude parfois excessivement pacifiste et le manque de dialogue avec ses proches m’ont parfois frustrée.
Un grand roman sur le déracinement, la mémoire et la quête d’identité.
"« Un matin, je me suis réveillée en rêvant que je ne parlais plus l'arabe. J'ai compris qu'il fallait rentrer. »
Après dix-sept ans en France, loin de son pays natal, Amal revient à Beyrouth pour obtenir une carte d'identité. Mais ce qui ne devait être qu'une simple formalité se révèle beaucoup plus compliqué que prévu et Amal doit prolonger son séjour.
Ses démarches administratives la conduisent des rues palpitantes de la capitale jusqu'au sud du pays, dans son village familial désormais tenu d'une main de fer par le Hezbollah. Elle devra affronter ce qu'elle avait fui : la tyrannie des apparences, les sales rumeurs réservées aux femmes non mariées et sans enfants. La traversée de ce pays aussi beau que tourmenté devient un voyage au cœur de la mémoire et des blessures de l'exil.
« Souvenez-vous d'une chose, Amal. En France comme au Liban, vous serez toujours arabe. Et musulmane. »"
Dans Habibi Beyrouth, Manal Salamé met en scène Amal, une femme franco-libanaise qui retourne au Liban après dix-sept ans d'absence. Ce voyage, déclenché par la peur de perdre sa langue maternelle, devient une plongée dans l'histoire familiale autant que dans celle d'un pays complexe et fragmenté. Entre souvenirs d'enfance, héritages multiples et injonctions sociales, l'héroïne cherche à comprendre d'où elle vient pour mieux savoir où elle appartient. La narration éclatée épouse les méandres de la mémoire, au risque parfois de brouiller la chronologie. Un premier roman très personnel, récompensé par le Prix du Roman France Télévisions 2026. Chronique entière et illustrée : https://vagabondageautourdesoi.com/20...
J’aurais vraiment voulu aimer ce roman après avoir écouté son autrice dans un festival de lecture, mais malheureusement, je n’ai pas réussi à m’attacher et encore moins à m’intéresser au personnage d’Amal (clairement un avatar de l’autrice).On sent bien qu’elle veut raconter « son » Liban avec passion, mais en dehors de ça, il ne se passe pas grand chose dans ce roman.
Great premise. I was really looking forward to this one but I couldn't get into the story, I didn't feel like the protagonaist Amal was well-fleshed out. Everything (and everyone) seemed two-dimensional. I came away learning about Lebanon, which was great but this was not the literary experience I was looking for.
Dans ce premier Roman, Manal Salamé nous livre l'histoire d'une libanaise retournant dans son pays apres 17 ans en France, elle nous accompagne dans sa redecouverte du Liban en nous contant sa culture, des événements historiques, sa gastronomie et sa musique. Livre qui nous fait voyager
C’est un loupé pour moi. Pourtant plutôt fan des romans qui arrivent à imbriquer la grande histoire dans la petite histoire, ici rien, même s’il n’est pas désagréable à lire. Trame chronologique peu claire, qui ne m’a pas apporté sur l’histoire du Liban et une histoire personnelle/de famille pas si particulière que ça.
Un roman court qui traduit assez bien, j'imagine car je ne suis pas concernée, la sensation de vivre en exil, et ce sur plusieurs générations. Il y a certaines sous histoires que j'ai moins compris (notamment les histoires d'amour)...et globalement je suis un peu restée sur ma faim (notamment pour mieux comprendre Beyrouth et le Liban).
Bien écrit, ça se lit plutôt vite, c'est dynamique. Et c'est intéressant de découvrir des choses sur le Liban. Mais il manque quelque chose. Comme quelqu'un qui ne vit pas non plus dans son pays d'origine, ce retour ne me donne pas des sensations réalistes. Un retour ne se passe pas comme ça...
Une exilée qui n’appartient à aucun pays tout en étant enchaînée au pays de son père. Très intéressant sur l’histoire moderne méconnue du Liban. Écriture très belle.
L’histoire d’Amal est très touchante et parlera à tous ceux qui ont choisi de quitter leur pays mais le ressentent à la fois comme une libération et un déchirement
Petit coup de cœur pour ce récit très intime sur le retour aux sources. C’est le quotidien et la résilience des Libanais qu’on explore avec une plume simple et précise.