Les livres de Lucie Azema sont désormais pour moi un abri, dans lequel je rentre comme dans un bain chaud. L’autrice arrive ici à construire un territoire composé de vécu personnel aussi bien que d’anecdotes historiques et références à d’autres textes d’une façon si entremêlée qu’on ne sait pas si on est en train de lire un essai sur l’Iran ou un récit autobiographique. Tout est très bien tissé, avec intelligence et sensibilité, et parfois on suit la protagoniste comme une héroïne d’un roman. L’Iran est présenté par le biais de certains thèmes chers à Azema (parmi mes préférés: les oiseaux, la mer, l'amitié, l’apprentissage des langues) et le portrait que nous en tirons est lumineux, délicat et emphatique (bien que l’autrice n'hésite pas à nous livrer aussi les ombres du pays). On a l’impression que le vécu personnel d’Azema fait justice à l’Iran, piégé dans le récit de l’actualité, et on respire un peu mieux, on a envie de partir écouter les oiseaux. (Oui, j'ai pleuré à la fin).