Cent quarante mille enfants coréens vendus dans le cadre d’un trafic humain géré et financé par l’État. Des dizaines de milliers de "minjungs" traités en parias par la dictature et raflés pour présenter au monde une Corée étincelante lors des J.O. de Séoul en 1988. Deux immenses scandales dont Gangnam va devoir affronter les séquelles, bien des années plus tard. Pas seulement comme ex-flic et ex-mafieux, mais surtout comme survivant. C’est dire s’il va ajouter à sa férocité d’enquêteur déjà ingérable toute la rage et la détermination d’une victime. Ceux qui ont été complices de ces atrocités inhumaines n’ont aucune clémence à attendre de lui. Encore une fois, dans un pays qu’il aime, Manook pointe sa plume là où ça fait mal…
« Ian est un conteur fabuleux qui soupoudre les faits réels d’un vernis fictionnel tout en nuances. Il manie l’art de jouer avec nos émotions avec finesse. » UN LIVRE DANS MA VALISE
« Ian Manook tisse une enquête haletante. » LA PRESSE DE LA MANCHE
Second épisode des aventures coréennes de l'ex-inspecteur Gangnam au Pays des matins-gueule-de-bois, hérités du système mafieux des dictatures. Au menu touristique : de la violence, pas mal d'humour et une pincée de poésie.
Ian Manook compte parmi nos écrivains-voyageurs préférés, un peu comme Caryl Férey, et l'an passé, on avait pu apprécier Gangman qui inaugurait sa nouvelle série coréenne. C'est en tout cas un auteur très abordable pour qui apprécie les thrillers dits "ethniques" et il sait nous mitonner des plats savoureux qui combinent découverte, suspense et humour. Il nous balade depuis une dizaine d'années dans diverses contrées exotiques, depuis la Mongolie de son Yeruldelgger jusqu'à son plus récent Krummavisur islandais. Désormais Patrick Manoukian (son vrai nom de journaliste au bonnet de Commandant Cousteau) a donc élu domicile en Corée du Sud pour quelques enquêtes de l'inspecteur Gangnam dont voici le second épisode, Minjung.
Bien sûr on a tout le plaisir de retrouver ce sacré duo d'enquêteurs : Gangnam, ancien voyou, ancien flic, qui « s’appelle en réalité Lee Min-ho, comme un trop célèbre acteur », c'est un « cœur de nounours » qui est désormais à la retraite mais qui a conservé ses relations parmi les dragons des clans mafieux de Séoul et puis l'inénarrable inspectrice Park Chin-sun, avec ses tenues fluos improbables et sa Fiat 500 jaune poussin : « plutôt jolie et habillée comme pour un cosplay » une « fille insolente mais talen-tueuse [...] dans sa tenue Hello Kitty ridicule mais assumée ». Ses collègues la surnomme « Cosplay Cop ». Et quand elle change de poste dans un commissariat, elle ne négocie ni son salaire, ni ses avantages mais la liberté de venir travailler habillée comme elle l'entend ... Rien que ces deux-là sont déjà une promesse.
Mais en Corée, on ne fait pas que rigoler et ils vont devoir « aller se frotter à ce qui reste du système mafieux et corrompu de la période des dictatures ». Et puis il y a Jeanine, « une amie française d’origine coréenne, adoptée à l’âge de 6 mois » venue découvrir les secrets de ses origines. Et l'impitoyable Kimchi, dragon du clan des Quatre Lanternes de Séoul, ancienne relation mafieuse de Gangnam. Son surnom, il l'a gagné en enfermant quelques inopportuns dans des jarres de kimchi jusqu'à ce qu'ils s'étouffent avec les gaz dégagés par la fermentation. C'est plus original que d'être balancé à la mer avec les « palmes en béton » traditionnelles mais on retrouve bien la justice efficace et expéditive des clans mafieux de Séoul. On croisera aussi le sinistre destin de quelques minjungs au passé terrible. Et puis il y a un mystérieux « évaporé », disparu à la façon des jōhatsu japonais. Il s'appelle peut-être Won Bong, on ne sait pas trop. Manook va tisser d'étranges et complexes ramifications entre différentes intrigues et on y apprendra au passage beaucoup de choses sur le sombre passé de Gangnam. Des choses que, honnêtement, on aurait préféré ne pas savoir.
Après le premier épisode (Gangman) très "touristique", histoire de nous permettre de découvrir Séoul, ses bas-fonds et les dragons des clans de la mafia, Ian Manook adopte cette fois un ton un peu plus sérieux pour nous faire connaître un peu de l'histoire tourmentée de ce pays lointain : « ce pays baptisé par malentendu celui du matin calme au lieu du matin clair, les matins ne sont ni clairs ni calmes et tout n’est que violence ». Un pays coupé en deux après le départ des américains et où le sud fut complaisamment abandonné à des dictatures militaires à répétition dans les années 1960-70 qui laissèrent des traces profondes dans la société sud-coréenne.
Comme toile de fond pour son intrigue, Manook va s'appuyer sur deux épisodes particulièrement sombres de cette époque.
➔ Une terrible affaire d'enfants-volés, ce sont les « adoptions forcées d’enfants coréens dans les années sombres », c'est « le scandale des enfants coréens vendus à l’adoption. Cent quarante mille enfants entre 1955 et 1999 », autrement dit « un scandale d’État vieux de cinquante ans, voulu et couvert par la dictature de l’époque et étouffé par tous les régimes qui ont suivi ». ➔ Et un autre trafic d'êtres humains, les fameux minjungs du titre, des sans abris raflés en masse dans les rues pour être emprisonnés dans de véritables camps de concentration et de travail aux mains de la mafia. Un esclavage moderne sous couvert d'aide sociale largement subventionnée par les institutions : « un réseau nébuleux de centres sociaux créés par un certain Pak Ae-chan. La Fraternité est un organisme d’aide sociale reconnu par le gouvernement et la municipalité de Busan ». « — C’est quoi cette histoire ? C’est pour écrire un roman ? — L’histoire est si dingue qu’elle ne serait pas crédible. »
Dans ce dur et terrible paysage coréen, Ian Manook arrive fort heureusement, à préserver quelques instants de poésie, comme suspendus entre deux poursuites, deux meurtres, deux horreurs. Cette fois on pourra savourer la soirée avec l'ancien moine joueur de go dans le « daldongnae, le village de la lune » (un bidonville en français - d'accord c'est moins poétique), soirée au cours de laquelle Gangnam et le lecteur apprendront plein de choses sur le passé de Lee Min-ho. Ou encore le jour où Gangnam retrouve la trace de l'évaporé autour de « l’ancienne gare de Neungnae ». Quelques moments de grâce, de respiration, qui mettent un peu de baume au cœur du lecteur.
Et puis on sait désormais que Ian Manook est un amoureux de la langue et on pourra apprécier « la forêt décidue » ou les « les frondaisons bigarade » pour n'en citer que deux. Aaah et chic ! revoici les improbables dictons qui sonnent comme un écho extrêmement oriental à ceux de l'inspecteur Ari du Krummavisur islandais : « Les écrevisses côtoient le crabe », comme dit le proverbe. Ce sont les charrettes vides qui font le plus de bruit. Quand la baleine chahute, les crevettes trinquent. »
Les livres de Ian Manook sont tous achetés. J’ai donc été surprise quand j’ai vu apparaître Gangnam et la Corée du sud. Je ne m’attendais pas à avoir une suite du premier opus.
Un procureur a tout perdu quand il a voulu dénoncer un scandale d’état où de nombreux enfants ont été enlevés a leurs parents pour rejoindre des institutions ou pour être adoptés dans un pays étranger.
Deux hommes tentent de voler une valise pleine de billets mais rien ne se passe comme prévu. Il y a des morts et la valise disparaît pendant des années.
Gangnam est en train de manger près de chez lui et il lui est demandé de retrouver un homme disparu depuis 15 jours. Il fait aussi la connaissance d’une Française, adoptée, originaire de Corée, qui veut faire toute la lumière sur son adoption.
Et c’est parti pour résoudre plusieurs affaires, plusieurs meurtres. Même si Gangnam n’est plus dans la police, il y a ses entrées grâce à son amie, Chin Su, qu’il va solliciter. Gangnam va encore déranger Kimchi, le dragon des 4 Lanternes. Mais Gangnam n’en a rien à faire. L’histoire de la Française le touche car, lui aussi, a été un de ses enfants enlevés et il a subi les pires choses.
Minjung est un roman politique qui détaille la politique de la Corée. Pays totalitaire où les grands au pouvoir en ont profité et en profitent encore, même si la Corée du sud est devenue une démocratie. Mais attention, les gangs sont toujours présents et n’hésitent pas à se faire la guerre, à user de menaces, même contre le pouvoir, la police. C’est un pays qui s’est développé, qui est devenu très touristique. Les gens ne voient que ce qu’ils veulent voir, car beaucoup de personnes ont très peu à vivre. Pour cela, il a fallu nettoyer tous les miséreux qui trainaient dans les rues. Ce sont devenus des esclaves, aux mains de brutes, qui travaillent pour rien et qui tentent de survivre. Une partie de ce roman leur est consacrée. Car Chin Su et Gangnam vont se retrouver face à eux et tenter de les faire parler. Mais celui qui parle peut très vite être mort. Un roman politique qui détaille un très grand scandale également. Celui de ces enfants adoptés ou volés pour être mis dans des institutions. Alors oui, Gangnam est un Minjung et il va dévoiler une partie de son enfance. De plus, il va apprendre la vérité sur sa maman et la mort de sa demi-soeur et retrouver, lors d’une de ses enquêtes, une femme qu’il a connu quand il était jeune. Mais si Ian Manook a l’art et la manière pour bien connaître un pays et écrire sur des évènements passés, j’ai trouvé ces parties consacrées aux Minjung, bien que très tristes et qui peuvent provoquer de la colère, pas assez détaillées. Est-ce dû au fait que les dossiers n’ont pas été forcément révélés ? Je ne peux que le spéculer. Comme dans de nombreux romans de Ian Manook, c’est un voyage culinaire pour faire tenter d’oublier la noirceur de ce qu’il raconte. Et cela fonctionne toujours. Il met l’eau à la bouche de son lecteur. De nombreux plats sont nommés, de nombreuses boisssons également qui permettent aussi à Gangnam de se régaler, mais d’offrir des repas complets à ceux qui n’ont rien, sauf la peau sur les os.
Il semble facile de repartir à zéro en Corée après avoir disparu d’un pays. Il semble facile de disparaître en Corée avec tous ses déménageurs. L’état a été corrompu pendant de nombreuses années, est-ce toujours le cas ?
En tant que lectrice, j’ai été heureuse de retrouver Gangnam qui tente de rester tranquille, qui ne veut pas s’impliquer, mais dès qu’il commence, son passé d’enquêteur refait surface. Il a toujours son passé qui le rattrape, tout comme son nom, homonyme d’un célèbre acteur, beaucoup plus jeune que lui. Il enfonce les portes, même si elles sont fermées. Il sait ce qui peut l’attendre mais c’est son destin. Il est de l’ancienne génération et semble un peu dépassé par tout ce qui l’entoure. Malgré lui et encore parce qu’il le veut bien, il s’implique. Il ne fait plus partie de la police et s’il doit rendre la justice, hors des sentiers battus il le fera. Il voit tout, il sait pratiquement tout, il analyse tout. Il ne se fait pas que des amis lorsqu’il parle. Toujours dans son esprit, la femme de sa vie, Gabrielle. Gangnam montre de lui une facette qui a souffert. En se fâchant avec Chin Su, il ne sait pas comment revenir à de meilleurs sentiments avec elle. Est-ce que leur relation va en pâtir ? Ian Manook sait transporter son lecteur grâce à sa plume, à sa connaissance des pays, des mets et surtout les enquêtes.
Second tome de la trilogie débutée avec Gangnam, récompensé par le Prix Méditerranée Polar, Minjung nous entraîne au cœur d’une Corée du Sud loin des images lisses et colorées que l’on peut parfois imaginer. Dans ce thriller sombre et percutant, l’auteur dévoile un pays marqué par les blessures du passé, où les secrets d’État et les fantômes des anciennes dictatures ressurgissent avec violence. Ce roman signe le retour de Gangnam, ancien inspecteur aux méthodes peu conventionnelles, capable d’évoluer entre les règles officielles de la police et les codes plus troubles des milieux mafieux qu’il connaît bien. Accompagné de Chin Su, une inspectrice aussi extravagante qu’efficace, il va se retrouver au cœur d’une affaire aux ramifications insoupçonnées. Tout commence avec Jeanine, une Coréenne adoptée par un couple français, qui revient sur sa terre natale pour comprendre les circonstances de sa naissance. Sa quête de vérité va révéler un scandale glaçant : celui d’un vaste système d’adoptions illégales où des milliers d’enfants auraient été traités comme de simples marchandises, avec la complicité de structures officielles. Ian Manook aborde des thèmes d’une grande noirceur : trafic humain, exploitation, maltraitances et camps de travail où des personnes marginalisées furent enfermées pendant des années. Derrière l’image moderne de la Corée du Sud se cachent des pages douloureuses de l’Histoire que l’auteur met en lumière avec force.
Malgré la violence des faits évoqués, l’écrivain apporte sa signature grâce à un mélange d’humour noir, de sarcasme et de personnages hauts en couleur. Cette ironie n’efface jamais la gravité du propos, mais donne au récit une tonalité unique.
J’ai beaucoup aimé cette immersion dans une Corée complexe, fascinante et loin des clichés. Entre enquête haletante, révélations bouleversantes et protagonistes marquants, Minjung est un thriller captivant qui dépasse le simple divertissement. Ian Manook signe un roman engagé et saisissant… Vivement la suite pour connaître le dénouement de cette trilogie !
Very short review : a sequel very different from the first volume. Gangnam isn't just half ex-cop half still-a-bit-tied-to-mafia, the mess he finds himself thrown into is too close to his human trafficking victim past. The characters we loved are still here, but the atmosphere much heavier. The fun is gone, but it's not a bad thing consedering the story's themes. It's just... fitting. Still, lots of pure cool "mafia moments". The ending also gives a feel of closure, but if the author decides to write a third book i'll be here day one.
HOWEVER, SHAME SHAME SHAME on the publisher for using AI for the cover, especially since it's a BIG house with the funds to pay real artists.
Je voyais vers où tendait l’enquête : dénonciation de la corruption politique autour de la vente d’orphelin.es sous couvert d’adoption à l’international. C’était une bonne lecture, c’est écrit correctement. Un peu trop de drama pour le drama j’ai l’impression, mais gut.