Un recluso de conducta ejemplar, al que llamaremos Yotarô, sale de la cárcel tras cumplir su condena. Ahora que ha dejado atrás la mala vida, se dirige al frenético teatro. Incapaz de olvidar la actuación de Yakumo, el último gran maestro de la era Shôwa, que había interpretado El dios de la muerte en el penal, Yotarô toma la firme decisión de dedicarse al rakugo, el arte de contar historias. Claro que el maestro Yakumo no acepta aprendices. ¡¿Qué será de Yotarô, quien, embelesado, se lo ruega entre lágrimas?!
Très belle découverte, des personnages rafraîchissants et un univers que l’autrice sait rendre passionnant. J’adore son style graphique avec ce trait fluide et dynamique.
3.5 J'aime beaucoup en apprendre sur la culture à travers les mangas. Pour les plus jeunes, Hikaru no Go, Vol. 1: Descent of the Go Master et Chihayafuru, Vol. 1 en sont de bons exemples pour explorer le go et le karuta. Toutefois, Le Rakugo, à la vie, à la mort s'adresse davantage aux adultes, un peu comme Natsuko no Sake, Tome 1. Grâce à la traduction de Cyril Coppini, ce premier volume contient des bonus explicatifs quant au lexique, mais aussi par rapport aux histoires qui sont évoqués pendant la lecture. Ces ajouts rendent cette version française vraiment fascinante, un peu comme les Français avaient enrichi la version française de Les Gouttes de Dieu, Tome 1 pour notre plus grand bonheur. Ce que c'est, de commencer la formation en rakugo, la place de cet art dans l'histoire japonaise et la société actuelle, on le comprend bien grâce à ce récit.
Dans ce type de mangas où on fait à la fois l'éducation et l'explication d'un art, le récit et les personnages sont également très importants pour motiver la lecture. C'est peut-être à ce niveau que ça m'a pris un peu plus de temps pour m'attacher aux personnages. On a encore peu de recul par rapport au passé du personnage principal, par exemple. Le maître Yakumo est plus ou moins attachant, ce qu'il dit des aptitudes des femmes au chapitre 3 m'a fait soupirer, comment il néglige son élève m'énerve aussi. Mais ce côté de l'histoire se développe à petites touches. Les dessins sont parfois maladroits, mais ça sert également lorsque la situation entre dans les caricatures (lorsque les personnages racontent une histoire de rakugo par exemple).
Bref, un récit exploratoire sur un monde très peu connu de la culture japonaise. J'ai hâte de lire la suite.
Le Lézard Noir possède un très beau catalogue de mangas que l’on pourrait qualifier de mangas d’auteur, quelques exemples: Hirayasumi, Tokyo Kaido, La Cantine de minuit, Chiisakobé, mais aussi Le Rakugo, à la vie, à la mort qui entre dans cette catégorie. J’avais repéré depuis longtemps ce titre, mais je trouvais le sujet insolite, enfin disons que je ne savais même pas ce qu’étais le rakugo. En gros, il s’agit d’une forme ancienne (époque d’Edo) de spectacle vivant qui se situe quelque part entre le théâtre et le stand-up puisqu’il se pratique seul sur scène face à un public. Pour illustrer ma perception de cet art typiquement japonais j’imagine qu’une représentation pourrait ressembler à un spectacle de Fabrice Luchini. Cette série de manga aujourd’hui terminée qui compte 5 gros tomes dans son édition française, met en scène un jeune homme tout juste sorti de prison qui parvient à se faire accepter comme apprenti par l’un des plus grands maîtres rakugoka qui avait pourtant toujours obstinément refusé jusqu’alors de prendre un disciple. Le maître est aussi sérieux et rigoureux que son disciple est léger et gaffeur. Ce côté comique va bientôt être enrichi par d’anciennes histoires qui ne vont pas tarder à remonter à la surface. Un peu à la façon du rakugo cet art dramatique qui mêle comédie et tragédie.
Je ne pensais pas m’intéresser à ce type de sujet, mais avec le manga plus rien ne m’étonne. Le graphisme est un gros point fort, les dessins de Haruko Kumota sont beaux, expressifs et modernes et une mise en page aérée rend la lecture très agréable. L’histoire est légère, mais pleine de rebondissements. Ce n’est pas un manga d’apprentissage classique, même s’il en emprunte les codes, il nous immerge dans la culture classique japonaise et cette plongée et très agréable. Une série de grande qualité qui a été récompensée par de nombreux prix.
Une très jolie découverte. Cette édition du Lézard Noir est à souligner car je trouve qu'il y a eu un vrai travail éditorial pensé pour le lectorat français. le rakugo est un art exclusif au Japon et j'ai beaucoup apprécié toutes les notes qui m'ont permise de mieux cerner cet art ou encore d'avoir les références et ne pas être totalement perdue. J'ai beaucoup aimé la mise en scène choisie par l'autrice, à la fois épurée mais efficace, qui joue avec les aplats de noir et les visages élancés des jeunes éphèbes qui parsèment le récit. Le récit est parsemé de beaucoup d'humour et reste assez léger même si la mangaka arrive parfaitement à varier les tons. Je m'attendais toutefois à un aspect un peu plus historique et moins centré sur les personnages mais cela n'a pas entravé ma lecture. le personnage principal Yotarô est un personnage très solaire, un peu naïf mais qui a des valeurs et surtout un rêve : celui d'être maître de rakugo. Lorsque Yakumo le prend en disciple je m'attendais à avoir plus d'exemples et de passages tournés autour de l'apprentissage et de la transmission mais pas du tout. Pour le moment on a l'impression que Yotarô sert juste de toutou au maître même s'il fait la rencontre d'autres prodiges et qu'on plonge dans le monde du rakugo, de ses us et coutumes. J'étais toutefois assez déçue de voir que l'oeuvre n'avançait pas vraiment et stagnait à plusieurs reprises et l'on peut se demander où l'auteur a envie d'amener le lecteur. Par ailleurs dans l'édition que je possède j'ai remarqué plusieurs coquilles ou oubli de mots de manière assez fréquente (je dirais 4 à 5 fois dans le tome) pour que cela me dérange. J'ai eu toutefois une agréable surprise avec toute l'intrigue concernant Sukeroku, sa fille, son héritage et surtout son nébuleux décès qui semble avoir énormément touché Yakumo.
Ce tome 1 bien qu'assez lent du fait de son rythme inégal m'a beaucoup plu et m'a donné envie d'en lire plus pour avoir le fin mot de l'histoire, rien que pour le style de l'auteur ce titre mérite qu'on lui donne sa chance.
This entire review has been hidden because of spoilers.
A peine sorti de prison, Kyoji décide d'emprunter la voie du Rakugo, un art scénique et humoristique en berne. Rayonnant de détermination, il entame son apprentissage comme une délicieuse aventure semée de dérision et pleine de profondeur. Un véritable plaisir !
“La neige s’entasse dehors... et le public s’entasse dedans… Bonsoir.”
Installez-vous confortablement et laissez-vous transporter par cette histoire de personnes qui racontent des histoires, car en effet, le rakugo est l’art traditionnel du conte humoristique japonais et ce manga lui rend un merveilleux hommage.
Nous sommes dans les années 1960 à Tokyo. Le héros de cette histoire se nomme Yotarô. Ancien yakuza malgré son jeune âge, le voici libéré de prison pour bonne conduite. Il ne possède rien hormis un optimisme sans faille et une passion débordante pour le rakugo depuis qu’il a assisté à la prestation d’un grand maître lors son séjour au centre pénitentiaire. Le jour de sa libération, il retrouve donc ce conteur, Yakumo, et le supplie de le prendre comme disciple. Parvenant à charmer l’artiste, il entame sa nouvelle vie d’apprenti et rencontre Konatsu. Elle est la fille d’un célèbre rakugo-ka (terme désignant les conteurs) décédé des années auparavant et qui était également le meilleur ami de Yakumo. Yotarô décrouvre rapidement que la relation entre son maître et la jeune femme est teintée de rancoeur. Les circonstances étranges de la mort tragique du père de Konatsu semblent être liées à cette situation. Nous faisons alors un bon dans le passé et assistons à l’histoire de ces deux rakugo-ka et de la discipline qui les unit.
La Rakugo, à la vie, à la mort est un récit captivant mené par des personnages très bien écrits et dont le développement (dans les autres tomes de la série) pourrait bien vous hanter quelque temps. L’autre force de cette œuvre réside dans l’ambiance fascinante créée par l’auteure qui a réalisé un travail exceptionnel de recherche sur l’art du Rakugo. Une vraie perle qui nous plonge dans la culture traditionnelle japonaise en y mêlant humour, intrigue et tragédie.