Après son best-seller Humus, Gaspard Koenig poursuit son exploration romanesque des éléments Quand Martin Jobard, un enfant du pays devenu haut fonctionnaire à Paris, décide de revenir briguer la mairie de son village normand et de moderniser le réseau d'eau potable, il trouve sur son chemin Maria, la joyeuse et idéaliste tenancière de l'épicerie, qui défend la source des anciens. La lutte qui s'engage va éveiller, chez les habitants, le pire comme le meilleur. Maria pourra-t-elle changer le cours des choses ?
Sur fond de crise de l'eau, Aqua met en scène de manière réaliste et documentée une communauté rurale prise dans des contradictions contemporaines, entre désir d'autonomie, apathie citoyenne, arcanes de la politique locale et tutelle de l'État-Providence. Comment gérer des ressources naturelles qui se raréfient ? Peut-on encore « faire village » ?
Mêlant mythologies normandes de l'eau et bureaucratie des communautés de communes, maniant à la fois la poésie et l'ironie, Aqua tisse une impressionnante toile de personnages où se mêlent un ministre trop pressé, une naturopathe bouddhiste, un éleveur mélancolique, une préfète amoureuse, un maire philosophe, une hydrogéologue anticapitaliste... Inscrit dans le même terroir qu'Humus et reprenant certains de ses personnages secondaires, le nouveau roman de Gaspard Koenig constitue le second volume d'une ambitieuse tétralogie autour des quatre éléments.
Après son roman sur la terre, et avant une suite sur le feu ou l’air, Gaspard Koenig nous propose sa vue sur l’eau. On retrouve le petit village de l’Orne et ses problématiques environnementales, en comparaison au logiques parisiennes du pouvoir central. Koenig est toujours aussi cynique et distribue les coups de griffe: aux idéalistes, aux agriculteurs, aux décideurs, etc. Mais il n’en veut jamais aux individus, il en veut à ce qu’ils représentent. J’ai trouvé le roman très agréable à lire. A la fois technique et accessible, social et humain. La solution qu’il propose est intéressante, mélange de libéralisme (une solution sans Etat) et d’organisation sociale (l’individu seul ne peut rien et doit trouver une solution de groupe), même si elle me semble un peu idéaliste (il n’y a qu’à voir le problème du réchauffement climatique: malgré notre conscience de l’inéluctable, nous attendons une solution miracle, sans action de notre part tant nous sommes tétanisés à l’idée d’agir autant que nous préférons rejeter la faute sur les autres). Reste que les personnages sont bien campés, l’auteur nous pousse à essayer de les comprendre plutôt que de les juger. Chacun a de bonnes raisons d’agir qui sont compréhensibles si elles sont expliquées. Gros point négatif sur une scène de viol en milieu de livre qui n’apporte à mon sens pas grand chose (sauf à considérer que la personne violée est une personnification de la nature, ce qui serait cohérent avec son rôle dans le reste du livre, une nature violée par l’Homme, mais alors pourquoi le violeur est-il ce personnage?). Il n’en demeure pas moins que ça fait réfléchir, ça donne mauvaise conscience, ça réveille et c’est par ailleurs très bien écrit.
J’ai beaucoup aimé. Plus que Humus. - j’ai aimé qu’on y retrouve les personnages d’Humus, que ça montre une continuité entre le premier livre et le second - et j’imagine qu’on gardera une intrigue tournée autour de ce village normand dans les prochains livres de cette série - j’ai trouvé ça parfois drôle, et j’ai aimé le décalage entre cette vie politique de village, et le monde politique de la capitale (pas si différents en somme) - foncièrement, je suis très intéressée par la question de la gestion de l’eau, de questions autour d’une gestion décentralisée, du sujet des « communs », de modes de participation et de gestion citoyenne des ressources - le message de fin est assez positif, on voit l’influence de Charlène descollonges sur le dénouement :)) - au total, j’ai l’impression que ce roman a satisfait mon intérêt pour les histoires, et plus largement la vie politique locale française - je crois que j’aime ce format littéraire qu’emprunt Gaspard, pour parler de sujets environnementaux et politiques d’une manière romancée.
Un roman très prenant autour de la question des communs, traité avec l’intelligence et l’ironie mordante qu’on reconnaît à Gaspard Koenig. Habitué aux communs numériques, j’ai particulièrement apprécié cette plongée dans un monde plus tangible, plus directement vital : l’eau, ses territoires, ses usages, et ce qui nous lie collectivement à cette ressource essentielle. Aqua est aussi une immersion passionnante dans la gestion d’une municipalité rurale, ses liens avec le National, confrontée aux tensions humaines, économiques et politiques qui traversent nos sociétés. On y retrouve le regard lucide – parfois désabusé – de l’auteur sur la nature humaine, mais cette fois traversé par un espoir sincère, presque inattendu, qui tranche avec son cynisme souvent jubilatoire. Comme Humus, un roman à la fois politique, philosophique et profondément humain, qui fait réfléchir autant qu’il captive.
C'est un conte philosophique qui nous instruit sur la gestion de l'eau dans les territoires. Il y a du Balzac dans cet auteur qui se montre assez cruel avec ses personnages principaux, notamment Martin, énarque qui rate sa carrière dans l'administration. L'histoire se déroule dans le village de Saint-Phirmin dans l'Orne où contre toute attente la sécheresse va survenir posant d'énormes soucis d'approvisionnement en eau. La jeune maire qui était fière de l'indépendance du village pour son approvisionnement en eau (grâce à une source) va voir tous ses soutiens initiaux la quitter les uns après les autres. Cela va faire venir à Saint-Phirmin des chinoises adeptes du 'black tourism' : elles viennent observer la souffrance des gens qui manquent d'eau. On prend beaucoup de plaisir à lire cette satire sociale. Je vais maintenant lire le premier opus de sa tétralogie sur les quatre éléments.
J’ai bien aimé! J’avais aucune attente en empruntant ça à la bibli même que je pensais lire quelques pages pour finalement trouver ça trop quétaine et le retourner mais damnnnn! Son ironie est tellement satisfaisante! Qu’est ce que ça veut dire les « communs » pour une universitaire en quête de concret, pour un agriculteur-né, pour un dude de relation publique? Du cynisme bien placé comme on l’aime parfois! J’ai trouvé la fin un peu rapide par contre
une très bonne suite de Humus que j'avais déjà bien apprécié. peut-être que ça tire un peu trop en longueur à certains moments, mais honnêtement c'est très bien écrit et très intéressant sur les thèmes de l'eau, de sa gestion, du changement climatique, j'ai appris plein de choses !
Trouvé beaucoup mieux qu’Humus qui m’avait pas mal soûlée. On sent que l’auteur a fait du chemin dans sa vision de l’écologie et de l’écriture. C’est franchement réussi je trouve. Les personnages sont mieux écrits, l’intrigue est plus crédible, la fin est satisfaisante haha
Un certain humour traverse le roman et l'allège utilement. L'auteur attache aux chevilles de ses personnages une certaine lose très humaine et réaliste. Cependant il nous est gratifié une fin peu réaliste qui tombe comme un cheveu dans la soupe.
Dnf à la moitié (quand même) mais les personnages étaient tous désagréables sans vraie raison et y'a une scène absolument choquante qui n'était pas du tout nécessaire
Plutôt décevant et caricaturale. L'auteur s'amuse à raconter des moments qui n'ont rien à voir entre eux et j'ai trouvé qu'il manquait d'un vrai fil conducteur.
Avis mitigé, j'ai adoré les 3/4 du roman mais la dernière partie est un peu "facile". En tout cas, cela m'a donné envie de lire d'autres romans de G.Koenig !
Une comédie réjouissante où la gestion de l’eau dans un village devient l’occasion d’une lutte sans merci. On adore cette incroyable galerie de personnages tous plus loufoques les uns que les autres. Koenig manie l’ironie avec éclat et nous apprend des tas de choses !