Il existe des images de gang bang, de sodomie, de fellation, de plan à trois, de plan à douze. Il existe des images de guerres, de famines, d’enfants en train de mourir. Il existe des images de la tuerie de Colombine, de l’assassinat de JFK, des avions rentrant dans les tours, des gens qui sautent des tours, des tours qui s’effondrent. Il existe des photos d’otages décapités en Syrie.
Il n’existe aucune image d’un homme tué en application de la loi.
Constance Debré interprète elle-même son propre texte, nous en restituant ainsi toute sa force et sa musicalité.
Constance Debré is the daughter of journalist François Debré (1942-2020) and former model Maylis Ybarnégaray (1942-1988), granddaughter of Michel Debré (1912-1996), former Prime Minister of General de Gaulle, and of Jean Ybarnégaray (1883-1956), minister of the Vichy regime and resistance fighter. She is also the niece of the statesman Jean-Louis Debré.
She was 16 when her mother died. She studied at Lycée Henri-IV, then law at Panthéon-Assas University. She is a graduate of class 99 (E99) of the ESSEC Business School. Married in 1993, she had a son in 2008. A lawyer by profession in 2010, she accompanied her father in 2011, charged in the case of fictitious jobs at the town hall of Paris. Recognized for her eloquence, she was elected second secretary of the Conference of Lawyers of the Paris Bar in 2013.
In 2015, she finally left her husband and her job to live with a woman and pursue a full-time career as a writer.
j'ai sans surprise détesté !!!!!!!! (ex æquo avec le livre de rebeka warrior vrmt pitié ramenez-moi des lesbiennes qui écrivent bien !!!)
j'ai repensé à quand je lisais testo junkie et que les pages sur la pharmacopolitique m'ennuyaient alors que celles sur le sexe m'excitaient ; là c'est juste 60% de description de MORT et les 40% restants sont mal écrits
Intéressant et glaçant... mais j'avoue que les interludes, bien que joliment littéraires, m'ont quelque peu perdue. Par contre, ce n'est pas humain, la peine de mort et dire que ça l'est est une hérésie. Quand on voit les protocoles parfois expérimentaux et totalement foireux... on ne peux pas dire ça. Bref, à lire pour se cultiver et surtout se satisfaire d'avoir eu Badinter !
Constance Debré choisit de nous mettre face à ce que la société a mis en place et qu’elle n’assume pas pleinement: la peine de mort. En en détaillant de manière froide les protocoles, elle nous met face à la véritable abjection qu’est la peine de mort telle qu’elle est appliquée aux Etats-Unis (mais tout pays l’appliquant pourrait être concerné). Elle alterne aussi avec des scènes de vie quotidienne (enfin la sienne parce bon… mon quotidien n’est pas le même). Cette alternance nous rappelle (elle cite Wittgenstein) que le monde est la somme des faits donc notre vie mais aussi la réalité de la peine de mort. Son précédent livre disait que la société dans son ensemble est responsable de tout meurtre, elle est a fortiori responsable de la mort qu’elle ordonne. Son livre nous empêche d’avoir bonne conscience. C’est aussi un geste littéraire où l’avocate en elle challenge l’auteure qu’elle est devenue (elle écrit: la loi rend toute littérature obsolète). Je regrette en revanche que la partie quotidien soit si décousue et que son écriture d’habitude intransigeante soit si neutre (alors que la sécheresse des protocoles de la mort est parfaite). Et surtout on frôle le point Godwin à plusieurs moments (mention du Zyklon B, suicides des nazis, protocoles déshumanisants et déculpabilisants faisant référence à Eichmann). Pour autant, un livre à lire à tout prix, même s’il mettra les âmes sensibles à dure épreuve
J’ai aimé je mets 5 étoiles pour faire remonter la note car 3/5 c’est pas possible même si je n’aime pas noter les oeuvres ! J’ai bien aimé aussi l’usage de la ponctuation assez libre. Effectivement certaines descriptions peuvent choquer mais vu les trigger warnings je m’attendais à pire.
Mon passage préféré : « Ça avance. Ça avance comme une marche. On le sait depuis le départ que ça va mal finir, Sans qu’une faute soit nécessaire, sans que l’innocence puisse être prouvée. Concepts dérisoires du monde de la surface, la fine couche de glace de la surface des choses. On essaye de se souvenir. Ne reste qu’une impression bizarre de déjà-vu. Comme si ce qu’il se passait était la citation d’autre chose. Bourreau et victime. Coupable et innocent. Tout se confond. La seule question c’est comment »
« La loi rend toute la littérature obsolète», est-il écrit dans le premier chapitre. En effet, quand on lit les descriptions minutieuses des différents protocoles de condamnation à mort exposés dans ce texte, y a pas grand-chose à ajouter. C’est encore mieux que du Constance Debré, dans le genre sobre et efficace, pour dénoncer l'absurde. Le truc est très fort, difficilement soutenable (et les Daft Punk n’y sont pour rien), à vous dégoûter de la peine de mort si toutefois vous aviez un penchant pour. Mais rassurez-vous, à côté du thème principal, il y a d’autres choses dans ce texte, notamment un petit tour des différentes méthodes de suicide, et bien sûr quelques longueurs de piscine. Toutefois, le contexte étant suffisamment chargé, Constance Debré a l’élégance de ne maltraiter aucune fille dans ce texte. C’est même plutôt sentimental.
j’aime la sécheresse du style et la possibilité de lire ce bouquin comme un tgv (a savoir très très vite si vous aviez pas capté), tout le reste je m’en fous et ça se prend un poil trop au sérieux pour ce que ça dit
Ce livre te prend sans cérémonie, et te plonge la gueule dans la merde.
Des protocoles d’exécution, des descriptions froides, directes de procédures, de protocoles de mort constituent la majeure partie de ce roman, entrecoupées de courtes respirations où l’on suit la narratrice (très probablement l’autrice) dans sa vie personnelle.
Constance Debré met brillamment en évidence la dichotomie et l’absurdité ahurissante de la peine de mort et de sa mise en place aux États-Unis. Tout le monde veut « voir » untel salopard crever dans les pires souffrances, mais personne ne veut s’en charger, donc : les protocoles. Les protocoles que l’on suit exactement à la lettre, même si on ne sait pas vraiment qui a décidé qu’il fallait opérer ainsi et si cette personne était en état de décider quoi que ce soit, mais on ne se pose aucune question : on exécute. Personne ne tue, ils ne font qu’appliquer la loi. Loi qui autorise à procéder à des tortures et à des morts inhumaines, comme gazer des détenus, dans le style de la Seconde Guerre mondiale.
Tout est à gerber. Ces pages renferment une gigantesque tristesse et une bêtise infâme qui me font poser les bonnes questions. Je pourrais continuer à épiloguer sur chaque passage marquant, mais le livre n’est pas très épais, allez plutôt le lire. Vous verrez.
« Le monde est tout ce qui a lieu, le monde est la totalité des faits, pas des choses. » — Ludwig Wittgenstein
Il est question de "protocoles", ceux utilisés pour exécuter les condamnés à une peine capitale, mais aussi ceux non-dits des relations avec les gens, avec les lieux. L'écriture de Debré a parfois la précision des documentaires lors des descriptions des méthodes utilisées lors des exécutions. D'autres fois c'est un flo sans virgule, étourdissant, brut, incisif. Du pur Dubré pour décrire des réalités un peu trash, des gens paumés, la vie lamentable. "Il fait froid. Il fait noir. L'espace entre chacun s'agrandit." Une réflexion intéressante sur l'absurdité des peines de mort aux États-Unis. " La seule échappatoire à la mort est la mort elle-même. Vous échapperez à la mort si vous mourrez avant. De maladie de vieillesse de suicide. Pour que cela n'arrive pas, vous serez surveillé, vous serez soigné jusqu'à la dernière minute".
J’ai adoré et du coup la note sur Goodreads me fait un peu de peine (surtout que ce sont des notes sans review, veuillez développer les gens). Le mélange des sujets peut paraître un peu casse gueule au début, mais en fait il fait parfaitement sens. Au prétexte de parler des protocoles en place dans le cadre de l’application de la peine de mort, Constance parle de la mort en elle même, de son caractère inévitable et de tout ce qu’on peut mettre en place autour de ce sujet. Elle raconte assez bien la vie très ritualisée des américains aussi (le dating un truc fascinant), y compris dans leur manière de gérer des trucs affreux.
La prose sèche de Constance Debré nous emmène à deux extrémités existentielles: la simplicité du quotidien et la fabrique de la mort. On alterne entre un vague flirt, les pensées fugaces de la narratrice parcourant la ville, et les descriptions d’exécutions aux États-Unis, le tout sur le même ton clinique et désabusé. On fait ce bout de chemin avec elle, aux frontières de la vie, mais on ne sait pas où elle nous emmène et pour ma part, sauf une poignée de phrases fortes, ce sera sans doute un chemin vite oublié.
Je ne m’attendais pas à ça mais au même temps je n’ai pas pu m’arrêter de le terminer. L’approche pseudo-scientifique à la mort des êtres humains fais écho avec d’autres actions de l’homme qui prétendent d’être faites avec soin et civilisé (les bombes intelligentes, l’élevage d’animaux,…). Le grand contraste avec la vie vécue en parallèle de ces découvertes. Un livre compliqué à supporter des fois.
j’ai lu + de la moitié et je pense que je vais m’arrêter là parce que j’ai une idée claire de l’ensemble, il est temps que je fasse mon travail de libraire cad commencer des livres sans forcément les finir (surtout si le livre en question parallèle ses scènes de sexe (autobiographiques) avec celles de mise à mort which is certainly a choice) nn en vrai je suis vilaine y a une idée derrière qui est vraiment intéressante et le style accompagne bien la démarche
Un livre qui plaide de telle manière contre la peine de mort pas possible de mal le noter A vomir cette mécanique de tuerie et de torture Pour les propos hors ce thème je vois bien le lien mais cela me semble superflu dans ce livre Mieux vaut lire les précédents ouvrages si ce thème autour du moi intéresse
Le principe d’explorer les protocoles d’exécution est hyper fort, glaçant mais important. J’ai eu plus de mal avec les parties de « récit ». Si on comprend parfois que cela sert à montrer la misère générale, ça disperse un peu la force du propos initial
J’adore Constance Debré mais faut pas lire celui-ci dans un coup de down TW : toutes les méthodes de peine de mort aux US, vraiment pas fun comme ambiance en janvier quand tout est nul
2,75 Elle a bien défini l’absurdité de la peine de mort but sorry les descriptions d’exécution c’est trop pour moi Je pense pas être la bonne cible de ce genre de littérature i think.