« Le jour où mon père a débarqué avec son sourire conquérant et la GTS, j’ai fait la gueule. Mais j’ai ravalé ma grimace comme on cache à ses parents l’odeur de sa première clope. J’ai dit “ouais”, j’ai dit “super”, la mort dans l’âme, même si j’avais compris que la GTS pour la GTX, c’était déjà le sixième grand renoncement, après la petite souris, les cloches de Pâques, le père Noël, Mathilde, la plus jolie fille de la maternelle, et ma carrière de footballeur professionnel. »
Par petites touches qui sont autant d’instantanés de vie, Kolia convoque les figures, les mots, les paysages qui ont compté : la route des vacances, les filles, Totor le paysan aux cèpes et la maison de famille, des livres, quelques sauterelles, Raspoutine le berger allemand… Des petits riens qui seront tout. Un premier roman remarquable, plein d’émotion, d’humour, de poésie, de profondeur, où la petite musique singulière de l’enfance ouvre sur une partition universelle.
Enorme coup de coeur ! Magnifique écriture, c'est poétique, drôle, émouvant, juste. Des petits bouts de vies et des petits détails qui ont toute leur importance, le tout raconté avec une grande finesse.
Un livre écrit par un auteur né la même année que moi et qui restitue bien tout ce qui a pu marquer notre enfance et adolescence au travers de jolies nouvelles. Une mention spéciale aux nouvelles "lisez le", "M&M" sur Michel Drucker et "Totor" où je me suis complètement reconnue.
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"Un parfum d'herbe coupée" est un "roman souvenir". Dans chaque chapitre, Kolia en évoque un. Des plus petites sensations au plus grands tourments, tout sorte de choses y passent.
Les souvenirs sont personnels et pourtant, ceux de l'enfance sont universels. (Pour ceux qui ont la chance d'avoir une enfance "classique", avec des parents aimants, quelques frères et soeurs et des copains.) Ce qui m'a frappé dans ce livre, c'est que même si je n'ai pas vécu les souvenirs dont Kolia parle, il m'a semblé y voir comme un air de déjà vu, une sensation "doudou", me renvoyant à ma propre enfance. C'est touchant.
J'ai également adoré le style d'écriture de l'auteur. J'ai tout de suite pensé à Boris Vian (ou Mathias Malzieu, par moment) et j'ai découvert avec plaisir au bout de quelques chapitres que c'était bien sa référence principale. Même si cette plume est moins poétique que celle du Maître en la matière, elle est hyper agréable à retrouver.
Un peu long à s'immiscer dans ces pages qui parleront avant tout à ceux nés dans les années 70. Pourquoi a-t-il absolument voulu identifier sa descendance et en faire son témoin d'écriture, je ne sais et ne suis pas certaine que cela était nécessaire. Bref des pastilles de souvenirs tantôt tendres, tristes, heureuses qui parfois font échos et d'autres non. Un projet à la fois personnel et commun.
Ma critique sera courte et peu constructive mais je viens de terminer ce livre, et je commence déjà à le feuilleter pour en relire des passages. J'ai été transportée. Touchée. Éblouie. Il se place dans mon top 5. Magnifique.
Après la mort de son grand-père, Kolia adresse un message à Anna, son arrière petite fille hypothétique. Il veut lui expliquer qui il est et l’enfant qu’il a été à six ans, à dix ans, à seize ans.
Je pense que ce roman peut toucher n’importe quel adulte de plus de trente ans.
Je me suis beaucoup reconnue dans pas mal de situations et j’ai souvent été émue, touchée ou amusée. Parce que ces souvenirs touchent à ma propre jeunesse sans doute.
Malheureusement, si les idées sont très bonnes, je n’ai pas du tout apprécié le style. On retrouve de très longues phrases et Nicolas Delesalle use et abuse des accumulations de mots posés les uns à côté des autres au point de complètement me perdre dans les idées qu’il veut faire passer.
C’est dommage parce que j’étais vraiment prête à aimer ce livre, plein de nostalgie et de tendresse. Mais malgré toute ma volonté, j’ai beaucoup trop été à la limite de l’abandonner à plusieurs reprises pour recommander cet ouvrage.
Un parfum d'herbe coupée est un ensemble de souvenirs, un amalgame d'anecdotes qu'un homme souhaite laisser à ses descendants. Tantôt enfant, tantôt adulte, tantôt adolescent, Kolia nous narre sa vie. Les chapitres sont courts. Mais le fait que l'ensemble soit raconter de façon décousue m'a plutôt déstabilisé. Alors que tout le monde semble transporter par ce récit, j'ai eu plus de mal à m'imprégner de la plume de l'auteur. (...) mon premier sentiment reste un récit désordonné et lourd à appréhender qui ne m'a pas convaincu. Avis complet : http://sariahlit.blogspot.fr/2015/03/...
Me voilà bien embêtée. Parce que cette plume, je l’ai vraiment aimée. Parce que ces souvenirs m’en ont rappelé beaucoup d’autres. Parce qu’après tout, quelle belle universalité. Seulement, je crois bien être passée à côté de ce livre. Mode d’emploi pour futurs lecteurs : ne pas enchaîner avidement les chapitres. Les entrecouper d’autres lectures. Les savourer un à un, doucement. Parce que l’abus de souvenirs d’autrui peut vite mener à l’indigestion. Qui sait, peut-être nous redonnerai-je un jour une chance.