Mince, pâle et tendue, Farkass court pour dealer. Cette adolescente solitaire trouve dans le trafic de drogue une source d’argent facile. Pour subvenir aux besoins de sa mère, avec qui elle vit dans une cité délaissée, elle vend de la cocaïne après les cours. Au lycée, elle est repérée par son professeur de sport pour ses qualités d’endurance. Rejoignant son club d’athlétisme, elle découvre un exutoire, bientôt une passion : la course. Sur la piste, elle découvre des sensations nouvelles ; elle ne pense à plus rien d’autre qu’à son corps, à cette tension enivrante, et elle excelle. Cette nouvelle occupation devient vite incompatible avec les nouvelles tâches qui lui sont confiées par son supérieur. Trahisons, règlements de compte et tueries se multiplient. Que choisira Farkass à choisir : la course, ou le trafic ? D’une addiction à l’autre, un roman étonnant, dans la double ligne du célèbre La solitude du coureur de fond d’Alan Sillitoe et du Mean Streets de Scorsese.
Dramaturge, comédienne et metteure en scène, Geneviève Damas vit à Bruxelles. Elle a obtenu le prix Rossel 2011 et le Prix des cinq continents de la Francophonie pour son premier roman Si tu passes la rivière. Histoire d'un bonheur est le troisième titre de l'auteure à paraître au Québec chez Hamac.
Farkass est une jeune de banlieue bruxelloise en plein décrochage scolaire. Pour arrondir les fins de mois de sa famille, elle deale. Un jour, son prof de sport voit en elle un talent en running. La voilà écartelée entre la vie au quartier (et la guerre des gangs) et cet échappatoire dont elle découvre le milieu. J’ai l’impression que les années 90 nous ont déjà offert ce scénario des dizaines de fois de l’outsider qui révèle de vrais capacités mais se sent retenu par son milieu (de Will Hunting à Sister Act 2 en passant par He got game pour le sport). L’histoire de Trace est donc ultra-bordée et les rebondissements sont relativement attendus. Mais pour autant, l’écriture directe et efficace fait mouche. L’auteure utilise un langage très oral qui rend très vivant l’environnement et les personnages. On s’attache d’ailleurs à eux et on suit sans déplaisir Farkass de bout en bout
2 avril 2026. Petit roman par la taille, trépidant, au cœur du quotidien de ceux qui dealent pour s’en sortir. Décors, personnages, langages, tout sonne juste. Belle exploration visuelle et haletante, des images cinématographiques qui nous sautent aux yeux. On ressent l’inspiration du réel. Geneviève Damas excelle à montrer, sans dramatiser, sans moraliser, une adolescente qui se débat pour trouver l’équilibre entre deux addictions. Et à la fin du livre, il reste, en ce qui me concerne, une grande tendresse pour Farkass. Trace Farkass, trace ! « Trace ». Geneviève Damas. Grasset. Paris.2026.
Mince, pâle et tendue, Farkass court pour dealer. Cette adolescente solitaire trouve dans le trafic de drogue une source d’argent facile. Pour subvenir aux besoins de sa mère, avec qui elle vit dans une cité délaissée, elle vend de la cocaïne après les cours. Au lycée, elle est repérée par son professeur de sport pour ses qualités d’endurance. Rejoignant son club d’athlétisme, elle découvre un exutoire, bientôt une passion : la course. Sur la piste, elle découvre des sensations nouvelles ; elle ne pense à plus rien d’autre qu’à son corps, à cette tension enivrante, et elle excelle. Cette nouvelle occupation devient vite incompatible avec les nouvelles tâches qui lui sont confiées par son supérieur. Trahisons, règlements de compte et tueries se multiplient. Que choisira Farkass à choisir : la course, ou le trafic ? D’une addiction à l’autre, un roman étonnant, dans la double ligne du célèbre La solitude du coureur de fond d’Alan Sillitoe et du Mean Streets de Scorsese.
Farkass a 15 ans, elle a échoué avec sa mère dans les Tours, dans une cité délaissée suite à la séparation de ses parents. Son père avait des dettes de jeu, aujourd'hui encore, sa mère fait des ménages à l'hôpital et chez des particuliers pour rembourser. C'est la raison pour laquelle elles ont échoué ici.
Farkass a changé d'école, elle est en décrochage scolaire et pour subvenir aux besoins de sa mère vend de la coke après les cours. C'est elle qui nous raconte à la première personne son histoire, une manière d'immerger dans ce monde, avec son langage, ses codes, ses dangers.
Un jour, Farkass est présente au cours de sport de Couturier, il la repère pour son endurance à la course. Elle a du talent, il lui propose de l'entraîner mais cela demande rigueur, discipline. Farkass découvre enfin un exutoire, un lâcher prise, un moment où elle se sent bien et oublie le reste. C'est qu'elle aime cela la course, l'effort, la fierté d'y arriver, la réussite, la confiance que cela procure, l'endurance et l'oubli le temps d'un instant.
Le souci c'est que c'est difficile à concilier avec la bande, elle, la nana de 15 ans qui a su se faire une place dans ce monde masculin, l'incompatibilité de ses horaires, cet argent facile, non sans risque mais nécessaire à leur subsistance. Elle va en parler au boss qui va aménager ses horaires et lui proposer des missions spéciales pour qu'elle puisse s'entraîner.
Farkass est face à un dilemme, tendre la perche de Couturier et peut-être accéder à une carrière athlétique, grandir ou rester dans le milieu. Fera-t-elle les bons choix ?
La plume de Geneviève Damas est fluide, elle colle aux personnages, proche de l'oralité avec un vocabulaire jeune, actuel, authentique et crédible. On est dans la tête de Farkass qui essaie de s'en sortir, de faire au mieux. On s'attache à elle qui est déchirée entre l'espoir de s'en sortir et la réalité.
Une façon de comprendre un fait de société, le pouvoir du milieu de la drogue, les guerres de gangs, la violence, la jeunesse précaire démunie face à de l'argent facile ne voyant malheureusement pas beaucoup d'autres alternatives.
Un livre coup de poing que je vous conseille vivement.
Ma note : 9/10
Les jolies phrases
Si l'école aidait tout le monde, cela se saurait.
Soudain le mouvement a ouvert une porte dans ma tête et je suis partie dans un endroit où personne ne pouvait m'atteindre.
Quand tu aimes quelqu'un, tu te bats.
Dans les Tours, c'est simple. Tout le monde est dans la merde, personne ne fait le malin.
Il te faut un rêve. Sinon, tu vendras toute ta vie. Et forcément, tu finiras par tomber.
L'honnêteté paie trop mal.
Il faut passer par le pire pour aller mieux.
La course, c'est comme la vie ; il faut en garder un peu pour chaque jour.
Dans la vie, on a un certain nombre de chances. Ne les gâche pas.
Tout en haut, les ministres, les responsables ne croient pas à l'égalité. Ils veulent que les riches restent riches et que les pauvres leur servent de larbins. Voilà pourquoi il faut trouver les moyens de s'en sortir. On n'a qu'une vie.
Les animaux mettent beaucoup plus de temps de sortir de la souffrance parce qu'ils n'ont pas les mots.
Geneviève Damas has become one of Belgium’s most beloved authors, actresses, and directors. During my recent trip back to Belgium, I had the opportunity, over the course of two weeks, to become more familiar with her work. The first week, she was presenting her latest novel, “Trace” at the bookstore “La Page d’Après” in Louvain-la-Neuve. We were chatting with her as she wrapped up her book signing, and as Céline, my wife, is one of her former’s schoolmates, she invited us the following week to the dress rehearsal of her new play, “Respire,” at the Théâtre Les Tanneurs in Brussels. The two works, unfortunately not yet available in English, present two very different aspects of Brussels, my hometown. “Trace” is set in the world of the high-rise project buildings, the “Towers”, at the foot of which young people deal cocaine and where settling scores leaves a few of them lying in the dust. It’s a world we hear about on TV when a shooting breaks out at a subway exit on the other end of the line I used to take, but one I admit I don’t know. In her play “Respire,” Geneviève Damas talks about her mom, her dad, and a family I might have run into at school or in our neighborhood. In “Trace”, Farkass is a fifteen-year-old girl. She’s struggling at school, which bores her to death. Her mother cleans houses for a living because her father left them, leaving behind gambling debts. Mother and daughter live in one of the Towers, a dilapidated building under which drug deals take place. Farkass manages to make a name for herself in this male-dominated world. She starts out as a “spotter,” keeping an eye out for cops or rival gangs. But she quickly earns the Boss’s trust and moves up the ranks. She’s given important assignments that require the utmost discretion. Meanwhile, her physical education teacher, Couturier, has noticed that she runs fast. He invites her to train at his track and field club. If she works hard, she could compete at the highest level, maybe even internationally. When she runs and her stride finds the right rhythm, Farkass forgets everything. Torn between a harsh world—where she has earned her place—and dreams of becoming a champion, she will have to choose. A superb novel, written in a style I had to get used to little by little, but which I ended up devouring.
J'ai des choses à dire. Je flotte entre j'aime et je déteste mais je penche plus vers l'amour.
Le début du livre a failli ruiner ma lecture car j'avais l'impression de lire une version grotesque de Saint-gilles et des tours de porte de Hal et de leurs habitants. Je suis venue même à me dire si l'écrivaine avait même déjà parler avec un de ses jeunes. Par exemple, quand Farkass va au sportdirect, non, les jeunes ne parlent pas comme ça au vendeur, ils sont pas très éloquent mais ils n'insultent pas à tout va. En fait, ça m'a embarrassé premier degré et j'ai vraiment roulé des yeux.
Bref.
Ce qui est bien par contre c'est que j'ai pu exactement voir les endroits dans Bruxelles et de quel quartier on parlait. J'ai même pu ou presque deviner de quel évènement on parlait. Aussi, le rythme est très sympa, même si j'aurais aimé qu'on s'attarde plus sur l'agression sexuelle mais Karim a été "nettoyé" donc bon, déjà ça de fait. C'était dynamique et y'avait pas de description inutiles qui parasitaient l'intrigue. Ensuite, j'aime beaucoup la diversité des hommes dans la vie de Farkass mais ce qui était intéressant, c'était le rôle que chacun d'eux jouait dans la vie de Farkass et comment ils influençaient sa vie. et aussi les femmes dans la vie de Farkass, son amitié avec Maria "l'intello", sa relation avec sa mère, madame Verhas et comment toutes ses femmes accompagnent Farkass dans ses choix.
Bref c'est pour ça que c'est 3/5.
Je pense qu'il y a une lecture féministe à faire aussi parce que Farkass a beaucoup de misogynie intériorisé et aussi comment les hommes la voient.
This entire review has been hidden because of spoilers.
Court et puissant, une plongée incisive qui ne laisse pas indemne dans le quotidien de gamins englués dans une spirale de violence malgré leur espoir d’un avenir meilleur. Et savoir en sus que tout cela se déroule presque sous nos fenêtres, ici à Bruxelles, ne fait que nous frapper davantage.
Tout ce que Geneviève Damas écrit est génial, super documenté à chaque fois alors que les sujets n’ont rien à voir entre eux. Quel travail. Vivement le prochain !