d'un côté le take de la sociologue est hyper important : le narcotrafic est une organisation du travail, qui emploie des intérimaires précarisés, qui sont en écrasante majorité des mineur·es, donc des enfants. ceux-là échappent au droit du travail, et sont en conséquence sous-payés, sous-protégés, et surexposés aux risques sanitaires, aux addictions et aux morts violentes. aussi, la sociologie doit être produite par des acteur·ices de terrain, hors université : l'autrice, originaire des quartiers nords sur lesquels elle enquête, et sociologue-travailleuse sociale dans la réduction des risques, produit un récit situé et très incarné. de l'autre, j'ai parfois manqué de références complémentaires (une bibliographie, des données de contexte, une comparaison avec d'autres travaux sur le sujet), et trouvé le livre un peu déséquilibré : certains passages très répétitifs, alors que d'autres traités un peu succinctement. mais dans l'ensemble super cool !
une des enquêtes sociologiques les plus humaine que j’ai pu lire. le sujet est vraiment traité d’un point de vue scientifique sans taper dans le voyeurisme ou la normalisation du trafic. j’aurai adoré que certains thèmes soient encore plus creusés (la relation avec la famille, les relations amoureuses, les acteurs de terrain et leurs missions) mais ça reste malgré tout une très bonne introduction et vue d’ensemble du sujet.
je rejoins le commentaire sur le manque de bibliographie scientifique qui aurait vraiment permis au lecteur d’approfondir le sujet