Mark SaFranko’s novels and stories have garnered rave reviews and a cult following, mainly in Europe. Hating Olivia was recently nominated for the Prix Littéraire Rive Gauche à Paris. In 2018 he was named the first Author in International Residence at the University of Lorraine in Nancy, France. His paintings have been exhibited in Europe, and he is also a musician. He divides his time between the United States and France.
Je ressors de ce roman avec un sentiment franchement partagé. D’un côté, j’ai été happé par la sincérité et la violence de la narration, à la première personne, qui rendent certaines scènes impossibles à lâcher. L’enfance de Max, dans cette famille d’immigrés paumés du New Jersey, est décrite avec un mélange de lucidité, d’humour noir et de désespoir qui sonne souvent juste. On sent bien que Safranko ne cherche pas à embellir le tableau. Il taille dans le réel, sans filtre, et ça donne des passages très forts, parfois même dérangeants. Mais en même temps, c’est aussi ce qui m’a un peu lassé. À force d’accumuler les galères, la misère, les humiliations, j’ai fini par trouver cela répétitif. J’ai eu l’impression que le roman tournait en rond dans son pessimisme, sans vraiment proposer autre chose qu’une longue déclinaison de l’échec. L’idée de démonter le rêve américain est claire et efficace, mais elle devient presque trop insistante. J’ai aussi eu du mal avec le narrateur enfant très lucide, presque trop pour son âge. Et même si certains épisodes sont marquants, tous ne m’ont pas semblé intéressants. Il y a des longueurs, voire des passages qui n’apportent pas grand-chose au récit. Au final, je dirais que c’est un roman inégal. Ça reste une lecture marquante, mais pas forcément un coup de cœur.