Montréal, 16 juillet 2022. Première entrée dans le journal de l’écrivain Nicholas Dawson. Un journal qui l’accompagnera durant les deux dernières années de la vie de sa sœur Caroline, brutalement emportée par le cancer. Quels mots pour appréhender la peur, pour canaliser l’effroi, pour célébrer la vie ? Au cœur d’une expérience de maladie et de mort, Vida redit la liberté d’une écrivaine partie trop tôt, et la force du lien qui l’unit à son frère.
"Je décide aujourd’hui de raconter ce petit récit de ma peur, parce que Caroline, dans un acte de partage courageux et féministe, a rendu sa maladie publique pour inviter les autres à faire partie de son histoire. Ce faisant, elle nous a invité·es à notre tour à raconter nos histoires, qu’elles soient de maladie, de peur, de mort ou de deuil, aussi bien que de joies et de fêtes, pour sortir coûte que coûte d’un silence qui serait, d’après ses dires, un silence de mort."
Un beau, bouleversant et important témoignage sur l'amour fraternel, l'accompagnement d'un proche dans la maladie et le deuil. Malgré le sujet sombre de ce journal, j'ai de nouveau trouvé une forme de sérénité et d'apaisement dans cette lecture, grâce aux belles réflexions touchantes de l'auteur sur sa situation et celle de sa famille. Je pense que ce livre peut parler à beaucoup de personnes traversant des situations similaires, et même des situations difficiles différentes, car il existe plusieurs formes de deuil. Cela m'a donné envie d'acheter mon propre exemplaire du livre à conserver précieusement pour le relire plus tard, car j'aurais aimé pouvoir surligner de nombreux passages dans l'exemplaire que j'avais emprunté à la bibliothèque.
Ce livre m’a transporté 30 ans en arrière dans mon adolescence où j’ai accompagné mon frère dans la maladie… Il a ramené à la surface de beaux et de moins beaux souvenirs. J’aurais aimé à l’époque avoir ce réflexe d’écrire… pour “en finir avec le silence, faire du bruit pour [me] convaincre peut-être stupidement qu’écrire guérit, qu’écrire soigne, qu’écrire protège.” Parce qu’au final, “écrire, c’est continuer à vivre.”
"Je me dis que tout ça, tous ces affects indescriptibles, c'est de l'amour, que le deuil est une forme d'amour dont la douleur que nous ressentons est en partie provoquée par l'impossibilité de le donner et de le recevoir, de garder cet amour actif à même la relation en chair et en os. Le deuil est peut-être simplement l'expression de cet amour qui se poursuit au-delà de la présence de la personne aimée. C'est alors moins un problème à régler qu'une adaptation à de nouvelles manières d'aimer, moins une difficulté à traverser qu'un mystère à habiter. Quelque chose comme une nouvelle langue à apprendre, dans un milieu assez hostile à cet apprentissage..."
Tellement touchant comme récit. Je pense que ça aurait pu me prendre une vie complète pour déchiffrer, décoder, sentir et interpréter toute les subtilités et images que Nicholas a mis en place pour raconter la peur venant avec la fin de la vie. Je ne vais jamais m'en remettre.
C'est sensible, intelligent et tout en retenu. Beau récit d'amour fraternel et d'accompagnement dans la maladie. Je suis néanmoins perplexe en lisant ce type de journal, car cela ne fait me sentir voyeuse dans une histoire profondément intime qui ne devrait pas être lue par d'autres.
Tellement, tellement bien écrit et tellement bouleversant. « Le deuil est peut-être simplement l’expression de cet amour qui se poursuit au-delà de la présence de la personne aimée. C’est alors moins un problème à régler qu’une adaptation à de nouvelles manières d’aimer, moins une difficulté à traverser qu’un mystère à habiter. » 🤍
Littérature de grande qualité, qui génère de nombreuses réflexions. Beaucoup de citations d’auteurs, belle profondeur qui peut devenir difficile à lire si l’on est aussi sensible que l’auteur. À lire évidemment lorsqu’on se sent dans un état capable d’accueillir le thème du deuil.
C’est un journal d’une grande intimité, profondément touchant. L’auteur nous ouvre la porte sur sa vulnérabilité, ses pensées et ses émotions, les plus belles comme les plus difficiles, avec une sincérité désarmante, alors qu’il raconte comment lui et sa famille a accompagné sa sœur dans la maladie et la fin de sa vie.
On ressent tout l’amour fraternel, mais aussi le poids que la peur fait porter à chaque membre de la famille. Par moments, on a presque l’impression d’entrer dans quelque chose de trop intime, mais et cela rend ce témoignage si beau et réel.