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Cumul I

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Les pensées envahissantes d’Alice prennent de l’expansion, se métamorphosent. La nuit surtout elles s’attardent comme de grosses mouches sur les surfaces que la culpabilité rend collantes. Alice est étrillée par des sentiments troubles qui l’empêchent de trouver le sommeil.

Coupable. Oui. Elle le ressent au creux de sa chair. Mais de quoi ? Elle soupçonne parfois un déséquilibre hormonal.

Elle a vérifié tout à l’heure, ses patchs d’œstrogènes sont encore bien en place.

De toute manière, tout pourra s’arranger, au fond elle est sûre de cela. À l’université, Bernardo, son étudiant en thèse qui travaille sur Louise Bourgeois, n’a rien contre elle. Alice doit chasser avec plus de vigueur le brouillard qui se développe autour d’elle, surtout elle doit faire la sourde oreille aux voix qui la somment de revenir.

Elle ne reviendra pas en arrière.

128 pages, Paperback

Published March 18, 2026

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About the author

Kev Lambert

21 books208 followers
Kev Lambert, auparavant connu sous le nom de Kevin Lambert, né le 17 octobre 1992 à Montréal, est un écrivain québécois.

En 2017, il publie son premier roman, intitulé Tu aimeras ce que tu as tué, et en 2018, Querelle de Roberval, tous deux aux éditions Héliotrope. Son troisième roman, Que notre joie demeure, publié chez Héliotrope en 2022 au Québec et au Nouvel Attila en 2023 en France, est lauréat du prix Médicis 2023.

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Community Reviews

5 stars
50 (14%)
4 stars
134 (39%)
3 stars
125 (37%)
2 stars
21 (6%)
1 star
6 (1%)
Displaying 1 - 30 of 55 reviews
Profile Image for Caroline Gauvin-Dubé.
171 reviews48 followers
March 19, 2026
3.5 C’est fidèle à l’intelligence et au talent de Kev Lambert, mais j’ai trouvé qu’il y avait une répétition dans les idées (des phrases presque semblables mots pour mots qui reviennent, une surabondance de l’utilisation de certains termes) pour un roman si court.
Profile Image for Félix.
22 reviews
August 12, 2026
Je suis pas mal fan fini d’ève, la beauté de son écriture et la complexité des personnages qu’elle construit. J’ai particulièrement aimé les passages de Legault-bashing! ✊🏻 ça tombe réellement à point, un petit bijou
Profile Image for Charles-Étienne Groleau.
343 reviews113 followers
March 28, 2026
C'est encore tellement réussi, tellement différent, tellement saisissant... Je ne peux que continuer d'être un énorme fan du travail de Kev, même si la longueur ici est un peu une distraction (même si je comprends qu'avec l'intensité, la violence du monologue intérieur, ça aurait pas pu être 300 pages là). J'ai l'impression que ce sera pas un gros moment dans la vie de l'écrivaine pour cette raison, mais ça c'est des réflexions sur la vie littéraire, la réception plutôt que le livre! L'obsessionnel se retrouve entre bonnes mains ici, dans les mains politiques, stylées, minutieuses de Kev. Je donne, porté par un plaisir de lecture immense, ce 4/5 bien rond.

J'ai pas le feeling que mon review est complet, final... j'y reviendrai bientôt.
Profile Image for Anthony Lacroix.
Author 9 books159 followers
April 26, 2026
C'est bien écrit, mais - et encore plus que dans les autres- souvent je trouvais que c'était "trop écrit". C'est difficile à expliquer.

De plus, je me demande si ça n'aurait pas plus renverser les codes, été plus subversif et moins facilement reliable au débat/dialogue entre Kev et François Legeault si ça avait été unE premièrE ministre dans le roman.

Et bon, on présente pas son sujet de thèse alors qu'on a encore des séminaires et tsé B+ et A- existent aussi on peut ne pas trop capoter avec ça. Surtout que si l'étudiant présente son sujet de thèse, la demande de bourse est déjà effectuée.
Profile Image for mariologie marine.
34 reviews2 followers
March 30, 2026
«"Cumul I" fait monter des choses qui se disent mal.»
ne me méprenez pas, ce n'était pas mauvais, mais juste trop remplis de mots crachés un peu en mottons
p.s. ne pas lire après avoir manger une assiette de yogourt à l'ail (va savoir)
Profile Image for Kareen GUILLAUME.
17 reviews
March 25, 2026
Kev Lambert, là, c'est une aventure littéraire à chaque fois.
Jamais exactement la même, parce qu'elle se renouvelle comme personne, tout en gardant une voix unique.
Ce livre est, j'ai cru comprendre, une "commande" du Centre Pompidou autour de l'oeuvre Cumul 1 de Louise Bourgeois.
Ce qui en fait un livre encore à part.
Alice, l'héroïne prof d'histoire de l'art à l'université et directrice de thèse d'un certain Bernardo, tergiverse, doute, culpabilise.
Remet en question sa légitimité entière, de femme et de professionnelle.
C'est court, aussi chirurgical que formidablement émouvant.
Et comme à chaque fois que je referme un livre de Kev Lambert, je reste muette un long moment, à tout ressasser et moi aussi, me poser mille questions.
Comme à chaque fois, ça remue fort, ça va chercher qqchose au fond, tout au fond.
On aime ou pas, je comprends que ça n'emballe pas tout le monde, mais Kev Lambert, c'est à mon sens une des très grandes voix de la littérature francophone.
Profile Image for Sarah Dozo.
15 reviews5 followers
April 26, 2026
« Un rapport récent suggère des restrictions dans l’accès aux hormones chez les jeunes, et bientôt chez les adultes.

Le gouvernement de sa province pourrait bien lui retirer ses ordonnances. Son pays suit cette descente vers le pire, cette longue glissade entamée aux États-Unis, où Alice n’ose plus se rendre.

[…] Il faudra rejoindre des réseaux de contrebande, et s’il est bel et bien impossible de trouver des hormones, se tuer, d’une manière pas trop terrible, quand même, pas trop douloureuse, ne faire chier personne avec ça.

Les effets d’un sevrage forcé d’oestrogène sont inconnus. Alice imagine l’humiliation de femmes détraquées, transfigurées par l’ignoble, les poils qui repoussent, les cheveux qui tombent, la perte de la maîtrise, de la souveraineté sur leur corps qui reprend ses barbares fonctions.

On assistera, Alice le pense, à des suicides nombreux, par vagues immenses et creuses culminant au-dessus de nos têtes.

Il pleuvra des cadavres. »
6 reviews
April 22, 2026
Je ne sais pas trop où me situer quelques minutes après avoir terminé ce bouquin...

Le personnage principal m'a un peu troublé par ses réflexions qui me rejoignent pas mal. C'est doux, c'est bien écrit, c'est également angoissant et cinglant. Je trouve qu'il a bien exploité le côté trans d'Alice sans trop en beurrer épais.

Ça prend un tournant inatendu à la fin, ce qui me plait toujours et je ne l'ai vraiment pas vu venir. Un petit coup de fouet bien appliqué.

Une autre belle réussite de Kev et en plus, ça m'a permis de me plonger dans l'histoire de l'art et la sculpture, ce qui est un beau bonus.
Profile Image for Carol Courchesne.
25 reviews2 followers
June 11, 2026
Victimisation, braillage. on dirait le programme de QS. (Tsé, tant qu'à faire de l'hyperbole)

Le positif: l'éditeur a corrigé les fautes d'ortographe pis c'est court. J'ai tout de même un peu saigné des yeux et trouvé ça long...
39 reviews
July 14, 2026
Ce court roman est né d'une invitation de l'Institut (Centre) Pompidou faite à l'autrice d'écrire un texte inspiré d'une oeuvre de sa collection. Kev Lambert a choisi Cumul 1, une sculpture de Louise Bourgeois. Autour de cette oeuvre se déploie un texte puissant et fascinant, très personnel.

Alice professeur d'histoire de l'art se rend à Paris voir l'oeuvre, qui est l'objet d'un travail de recherche de l'un de ses étudiants, Bernardo. Alice a des pensées envahissantes, parfois contradictroires. Nous sommes avec elle dans sa tête, sa condition personnelle, son métier, son environnement mais aussi sa relation complexe avec Bernardo.
Une oeuvre brève mais d'une grande intensité.
Profile Image for Cath Demers.
24 reviews
May 4, 2026
Je ne sais pas très bien quoi penser de ce livre de Kev Lambert. Mais je crois bien que j'ai aimé. L'immersion dans le monologue intérieur de la protagoniste est parfois décousu, mais c'est précisément ce qui le rend réaliste. Ce qui m'a frappée, entre autres, c'est le sentiment d'aliénation du personnage, qui balance entre la rage brûlante et la perpétuelle volonté de bien faire les choses, de ne pas se rendre coupable de quoi que ce soit. Difficile (surtout en tant que femme) de ne pas voir un peu de soi-même dans cette ambivalence. En plus, au terme de ma lecture, j'ai maintenant bien envie d'en savoir plus sur l'œuvre de Louise Bourgeois.
Profile Image for René Paquin.
444 reviews16 followers
May 18, 2026
Roman bref, aux phrases courtes et insistantes, prénoms répétés, Alice et Bernardo, Bernardo et Alice. Une spirale d’idées obsédantes, nées de l’anticipation et du choc de l’art. J’ai été absorbé!
Profile Image for Mathis Desmond.
13 reviews12 followers
March 22, 2026
Cumul I demeure suspendu entre ce qui est suggéré et ce qui se manifeste. À méditer
Profile Image for Victoriaaaaa.
44 reviews
May 1, 2026
j’ai dû souligner la moitié du livre, reussir à écrire un personnage aussi complexe et touchant en aussi peu de lignes c’est vraiiiiiiment un tour de force
Profile Image for Vincent Gauthier.
44 reviews
April 8, 2026
Dans Cumul 1, Kev Lambert propose un texte plus court et plus resserré que ses précédents, ce qui rend sa plume d’autant plus incisive. Le roman navigue habilement entre critique du snobisme culturel et intellectuel et appropriation de ses propres codes, dans un jeu à la fois lucide et ironique.

À travers Alice, c’est un esprit en surchauffe qui se déploie : une pensée qui mitraille, bifurque, doute de tout, surtout d’elle-même. Lambert réussi à mettre de l’avant cette agitation avec beaucoup d’honnêteté et ça fait du bien à lire.
Profile Image for Rick Lupert.
125 reviews8 followers
April 18, 2026
Kev Lambert hat ein neues Buch geschrieben, das es bisher leider nicht auf Deutsch gibt, was für mich aber nach langer Zeit mal wieder ein guter Anlass war, etwas auf Französisch zu lesen, da ich nach der Lektüre von "Möge uns die Freude bleiben" nicht erwarten konnte, mehr der Quebecer Autorin zu lesen. "Cumul I" heißt dieses neue Werk, das in der Auseinandersetzung mit Louise Bourgeois' gleichnamiger Skulptur entstanden ist, und es ist ein weiterer Beleg für die Singularität der Stimme Kev Lamberts in der Gegenwartsliteratur, die sich von Buch zu Buch neu erfindet, aber prinzipientreu ist - gewissermaßen auch thementreu, aber ihre Themen so weit variiert, dass die drei Texte, die ich nun von ihr kenne, unterschiedlicher nicht sein könnten. In dem sehr kurzen neuen Roman geht es im Alice, eine Kunsthistorikerin, die die Dissertation eines ihr tief verhassten Studenten betreuen soll. Dieser Student, Bernardo, ist im klassischen Sinner schön, was bei Alice zu noch stärkerer Verachtung aber auch Begehren führt. Da der Roman in erlebter Rede geschrieben ist, kann man eine Distanz zur Protagonistin halten und nimmt trotzdem Teil an ihrem Gedankenstrudel, wird mitgerissen und kann sich gleichzeitig ein bisschen darüber belustigen. Diese Technik des Bewusstseinsstroms in der 3. Person ist, auch laut Eigenaussage der Autorin, stark von Virginia Woolf beeinflusst - das ist eine Technik, die auch in "Möge uns die Freude bleiben" eindrucksvoll angewandt wurde. Im Gegensatz zu der Vielstimmigkeit dieses längeren Romans, beschränkt sich "Cumul I" aber auf die nervösen, beinahe neurotischen, angstgetriebenen, oder einfach getriebenen, manchmal triebhaften Gedanken seiner Protagonistin. Diese drehen sich um das Verhältnis zwischen Lehrerin und Schüler, um ihre große Angst vor politischer Repression, einem Verbot der für sie lebenswichtigen Hormonpräparate, ihrem marginalisierten Status als trans Frau und ihrer Sorge um Außenwirkung, und sind durchzogen von sehr expliziten, brutalen Gewaltfantasien und sexuellen Bildern. Freud wird immer wieder herbeizitiert. Das Tempo ist rasant, ihre Gedankensprünge lassen einen den Text kaum zur Seite legen, und sind oft so absurd und krass, dass sie komisch wirken, obwohl die Situation der Professorin alles andere als komisch ist. Ihr manisches Kreisen um sich selbst, ihre Fantasie eines Bandenbildens, ihre latente Suizidalität (nur im Falle eines tatsächlichen Verbots ihrer Medikamente), sind für mich auch lesbar als große Ratlosigkeit einer vereinzelten Person, die sich ob fehlender Bündnisse nur um sich selbst bewegen kann. Dass sie, nachdem man sie dabei beobachtet hat, davon überzeugt ist, einfach voranschreiten zu können, ohne zurückzuschauen, ist eine bittere Pointe, die aber vielleicht so etwas wie Hoffnung beinhaltet, und wenn diese auch nur auf einen gemeinsamen Drink mit Bernardo gerichtet ist. Ein weiterer sehr beeindruckender Text von Kev Lambert also.
Profile Image for Sébastien Riquier.
8 reviews
August 17, 2026
J'ai déjà rencontré l'autrice et lui ai demandé si elle écrivait parfois des oeuvres plus personnelles, émotionnelles et intérieures. Elle a dit non. Je crois que cette oeuvre fait exception dans son corpus.

Fondamentalement, l'histoire est ennuyante : une prof voyage dans un pays pour voir une sculpture. Mais de ce simple évènement, on suit les pensées, parfois intrusives, du personnage principal. C'est très intéressant d'un point de vue psychanalytique. J'aime toutefois moins les oeuvres, un peu comme celle-ci, qui tournent autour d'obsessions et dans lesquelles chaque petit détail est une "grosse affaire". J'ai entendu de cette oeuvre qu'elle était sur la transidentité, mais je ne considère pas cela comme le thème principal.

Habituellement, l'écriture fragmentée (la séparation en plusieurs paragraphes) me répulse : elle est souvent un procédé surutilisé pour essayer de faire paraitre comme profond quelque chose vide de substance ou d'essayer de donner une qualité littéraire à un passage qui en est dépourvu. Heureusement, je n'ai pas senti ça ici et je crois que c'était un bon choix formel, les pensées intrusives arrivant souvent dans n'importe quel ordre. Par contre, parfois, je trouvais certains passages désordonnés. Cette forme s'écarte aussi, je crois, des autres oeuvres de l'autrice.

Je n'ai lu de l'autrice que Querelle de Roberval, que j'ai apprécié mais pas adoré, et j'ai entendu d'horribles commentaires à propos de Que notre joie demeure, ce qui m'a rendu réticent à lire une autre de ses oeuvres.

Somme toute, j'ai aimé, mais ce n'était pas une lecture marquante.
Profile Image for Antoine Grandguillot.
63 reviews
July 26, 2026
3,5⭐️
Second livre lu de Laura-Ève Lambert après Querelle de Roberval.
Je l’ai trouvé moins abouti, moins ficelé.
Je suis grand fan des fils de pensée littéraires, celui-ci m’a plu pour le fort déni qu’il porte : le discours change au long du récit, nous découvrons, faussement en même temps qu’Alice, les sentiments qu’elle se cache à elle-même, qui la répugnent — elles sont trop primales —, mais qui la taraudent tout de même.

J’ai beaucoup aimé le thème de la transition de genre, traité ici avec légèreté par une personne qui s’y connait, qui le vit très positivement, mais qui est témoin des dérives mondiales qui menacent son droit d’exister, cette politique qui outrepasse son rôle et s’attaque à l’essence individuelle.

La poésie de Lambert me fait grand effet. Une phrase en particulier (Les corps se fendent, le contenu organique s’écoule au sol. P.59) m’a fait déposer le roman pour écrire le concept métaphorique qu’elle m’a inspiré.

Enfin, j’adore ce concept d’une œuvre d’art, un roman court (Un seul art), collection de Charles Dantzig sous forme de défi lancé à quelques auteurs.
Aussi ce roman tient-il davantage d’un exercice de style par Lambert que d’un projet longuement macéré.
Profile Image for Julie Chenard.
106 reviews2 followers
August 14, 2026
J'ai apprécié ma lecture de Cumul I de Kevin Lambert, principalement pour son écriture percutante et sa capacité à provoquer la réflexion. L'auteur aborde des thèmes lourds et complexes avec beaucoup d'intensité, ce qui rend le roman à la fois captivant et dérangeant.

Ce que j'ai aimé, c'est la manière dont Lambert pousse le lecteur à sortir de sa zone de confort. Son regard sur les relations humaines, la société et les rapports de pouvoir est sans compromis. Le récit est porté par une plume forte, parfois brutale, qui ne laisse pas indifférent.

J'ai parfois eu l'impression de me retrouver dans un univers où les repères habituels disparaissent, ce qui m'a obligée à remettre en question certaines de mes perceptions. Cette étrangeté fait sans doute partie de la force du roman, mais elle m'a aussi laissée avec un sentiment d'inconfort à plusieurs moments.

Au final, même si Cumul I ne correspond pas à une lecture facile ou réconfortante, c'est un livre que j'ai aimé parce qu'il m'a fait réfléchir et réagir. Il m'a déstabilisée, parfois même déconcertée, mais c'est justement ce qui le rend mémorable. C'est le genre de roman qui continue d'habiter le lecteur longtemps après avoir tourné la dernière page.
Profile Image for Simon Pearson.
14 reviews3 followers
June 18, 2026
3,5/5

L’écriture est ciselée et épouse parfaitement le flux de conscience empreint d’obsession et de culpabilité sans objet clair d’Alice, avec, au détour, quelques phrases poétiques qui m’ont forcé à m’arrêter pour en apprécier le sens et la tournure. Ce qui m’impressionne avec Ève, c’est que l’écriture est toujours maîtrisée, mais s’adapte à chaque projet au lieu d’imiter le style des œuvres précédentes.

J’ai apprécié la psychologie du personnage d’Alice, qui est très bien construite et vraisemblable (je me suis même reconnu), et le thème de la honte apprise qui se transforme en culpabilité diffuse et sans objet m´a beaucoup plu. Je suis aussi impressionné par la maîtrise du langage de l’histoire de l’art, surtout qu’elle passe à travers un personnage qui la possède en croyant ne pas la posséder tout à fait.

Malgré cela, l’œuvre n’a pas la même profondeur que les précédentes. On sent la commande dans l’ensemble du texte, et la fin qui offre une résolution partielle un peu rapide est la partie la moins intéressante selon moi.

C’est une œuvre qui vaut la détour, mais d’après moi, il s’agira d’un texte un peu plus mineur dans l’œuvre déjà impressionnante de l’autrice.
75 reviews1 follower
May 18, 2026
Malgré le format très court, il y a quelque chose de très immersif et de très prenant dans cette histoire. Concrètement, presque rien ne se passe et tout se passe en même temps, sauf que les pensées prisonnières de la tête de la protagoniste partent dans toutes les directions en même temps et cette obsession/suspicion/dialogue intérieur est extrêmement réaliste et bien ficelé.

Une partie de moi aurait envie de comparer ce livre à un thriller, sauf que le danger est lointain (mais quand même réel) et la tension va et vient au rythme des pensées. C'est un tour de force en très peu de pages, de créer un univers aussi interconnecté et complet. J'ai l'impression que l'histoire se voulait un fragment du dialogue intérieur, et ça fait que le début et la fin semblent des coupures un peu arbitraires d'un fleuve plus long que le livre lui-même. Ce n'est pas mauvais en soi, mais ça limite la satisfaction d'une conclusion claire (ce qui semble quand même voulu, à mon avis).

J'ai bien apprécié qu'on ait mis une photo de l'œuvre à la fin avec une petite note pour donner du contexte.
Profile Image for Barthélémy Beau.
169 reviews
July 30, 2026
Le dernier livre de Kev Lambert est certes assez court, mais cela n'y enlève rien à la pesanteur que l'on ressent en le lisant. Je n'utilise pas le terme pesanteur de manière péjorative, mais positive car je crois que le pari de l'autrice de présenter son récit en mettant l'accent sur les perceptions obsessives et négatives de la protagoniste est tout à fait réussi. La majorité de l'oeuvre se passe dans la tête d'Alice, une femme trans et professeure d'université, et la majorité des passages permettent de voir l'intensité de ses pensées négatives. On voit le raisonnement derrière ses sentiments de culpabilité (pour des choses qu'elle n'a pas faite mais dont elle doute quand même), de honte, et d'anxiété de type catastrophisation. Comme d'habitude, la plume de l'autrice est d'une très grande qualité ce qui en fait un récit d'un grand esthétisme malgré les thèmes. C'est aussi, par la bande, une manière d'en apprendre un peu plus sur certains coins moins connus de l'art moderne, ce que j'ai apprécié.
Profile Image for Nancy Simard.
43 reviews
July 27, 2026
**Cumul I** — ★★☆☆☆

Ce livre n'était tout simplement pas pour moi.

J'ai eu beaucoup de difficulté avec le style d'écriture. J'ai compris plusieurs des thèmes abordés (l'identité, la honte, la culpabilité, la colère, l'anxiété, le regard des autres et le besoin d'être perçu d'une certaine façon), mais j'ai eu l'impression d'apprécier davantage les idées que le roman lui-même.

J'ai aussi trouvé intéressant le parallèle entre l'œuvre d'art vue par Alice et Alice elle-même. On sent qu'il y a une réflexion sur l'identité, l'imposture et la façon dont les autres nous définissent. Malgré tout, le style m'a tenue à distance et je ressors de cette lecture avec l'impression d'être passée à côté de quelque chose.

Comme il s'agit de mon premier roman de Kev Lambert, cette lecture ne m'a malheureusement pas donné envie de poursuivre la découverte de son univers.
155 reviews
May 19, 2026
«  La violence transforme celui ou celle qui la perpétue. En tuant, on franchit une limite impossible à retraverser. On reste humain, mais on perd cette innocence particulière dont on fait don aux êtres à leur naissance, et qu’ils ne perdent qu’une fois. »

Encore une fois, c’est un plaisir de renouer avec la plume de Kev Lambert et la profondeur de son oeuvre. D’emblée, il est impossible de prédire à quel tumulte intérieur l’autrice nous prédestine. Cette fois-ci, nous rencontrons Alice qui doit affronter ses pensées envahissantes, son anxiété, ses hormones et son identité intérieure. Un petit roman court (ça n’aurait pas pu être plus long) qui démontre à l’écrit les troubles et chevauchements mentaux. Une pépite.
Profile Image for Catherine Dubé.
116 reviews11 followers
May 1, 2026
Top.
Un pari vraiment bien relevé, cette commande!
Un texte qui a un peu la structure d'une longue nouvelle.
Il se passe bien peu de choses dans ce récit, mais on est très très vite captivé par le fil des pensées d'Alice, professeure d'histoire de l'art ayant traversé l'Atlantique pour voir une sculpture de Louise Bourgeois sur laquelle l'un de ses étudiants s'apprête à préparer une thèse. Chaque revirement nous garde bien scotché à ce petit bouquin. C'est tight, pas une virgule superflue, il ne manque rien non plus. C'est court mais ça se tient, ça dit beaucoup. J'ai refermé le livre souriante et songeuse.
Profile Image for Marina Thibeault.
36 reviews4 followers
May 8, 2026
Ce nouvel opus signé Kev Lambert m’a happée par sa voix intérieure : fragmentée, hyperlucide, vulnérable. Il y a quelque chose d’Emily Dickinson dans cette manière de transformer la rumination en poésie. KL construit un univers de dark academia où se croisent sentiment d’imposture, bienveillance, anxiété intellectuelle et identité de genre, sans jamais tomber dans la démonstration. Un livre dense, nerveux, profondément humain.
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