Colombe Schneck is documentary film director, a journalist, and the author of twelve books of fiction and nonfiction. She has received prizes from the Académie française, Madame Figaro, and the Société des gens de lettres. The recipient of a scholarship from the Villa Medici in Rome as well as a Stendhal grant from the Institut français, she was born and educated in Paris, where she still lives.
Philip & moi est un livre curieux. L’intrigue se déroule à l’époque où Philip Roth vivait dans sa ferme du Connecticut avec son épouse Claire Bloom. Leur voisine était alors l’écrivaine et critique littéraire Francine du Plessix Gray, qui accueillit Esther comme fille au pair. Celle-ci joue le rôle de narratrice et se confond parfois avec l’autrice. Ce positionnement ambigu brouille volontairement les pistes – peut-être un hommage à l’auteur originaire de Newark, passé maître dans l’art de mêler autobiographie et fiction.
Le décor est planté, une inimitié profonde entre Philip et Francine sert de fil conducteur au récit. On ne peut pas parler de rivalité tant la stature de grand écrivain de Philip semble déjà être établie. Francine aurait eu du mal à supporter que Philip, pourtant réputé sauter sur tout ce qui bouge, ne s’intéresse pas à elle, rien à voir donc avec l’écriture.
Cette relation de voisinage a laissé des traces dans la littérature. Dans Leaving a Doll’s House, Claire Bloom, restée proche de Francine, règle ses comptes avec Philip Roth qui fait son miel de ces turpitudes.
La réalité n’est qu’un matériau pour agiter son imaginaire.
Colombe Schneck a manifestement beaucoup travaillé, lecture des livres des différents protagonistes, consultation des archives et de la correspondance. Tout ceci éclaire de façon intéressante le travail de Philip Roth et la frontière floue qu’il entretenait entre réalité et fiction.
C’est la forme qui m’a gêné, j’ai trouvé le livre décousu, la narration éclatée, je n’ai pas apprécié la lecture et je ne suis pas parvenu à bien saisir les intentions de l’autrice. En cherchant à se glisser elle-même dans cette histoire – le moi du titre – Colombe Schneck semble finalement déplacer le centre de gravité du livre, au risque de diluer ce qui en faisait l’intérêt premier, l’ombre du grand écrivain.
Encore pour ce roman, Colombe Schneck prend quelques brides de son histoire pour raconter celle d’un écrivain de renom, adulé d’une génération, pour déconstruire son image. À partir d’obsessions féminines, elle déconstruit l’image de la masculinité puissante que les décennies précédentes ont choisi de glorifier. C’est un regard assez pointu sur une Amérique qu’on pensait disparu. Mais, surtout, c’est la déconstruction savante d’un mythe littéraire. Francine du Plessix qui vit dans le Connecticut est une journaliste réputée du New Yorker. Elle est née vers 1929, s’est bâtie un passé et un présent en surplomb de tous. Elle habite à côté d’un certain Philip Roth, l’écrivain le plus connu et reconnu de l’époque. Elle l’appelle devant les autres « mon cher ami » et l’adule en secret. On comprend ainsi pourquoi ce « plus grand écrivain américain » n’a jamais reçu le prix Nobel. Son œuvre La Tâche, Colombe Shneck la met en perspective de sa relation avec Francine dont il raconte une multitude d’événements. Colombe Shneck propose un travail d’éclairage et de compréhension particulièrement intéressant de la personnalité et de l’œuvre de Philip Roth. En analysant le récit des attirances-répulsions de femmes, la journaliste devenue écrivaine les relie avec leurs passés montrant ainsi, très subtilement, leurs ressorts. Un roman complexe, fouillé à la portée psychologique et littéraire indéniable. À découvrir ! Chronique entière et illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
On ne devrait pas connaitre personnellement ses idoles mais rester dans un flou artistique, et continuer de penser que ce sont des gens charmants et brillants.
Philip Roth l’un des plus grands écrivains, en est l’amère constatation, car c’est un bien triste portrait qui nous est livré. Misogyne, radin, cruel, pervers et obsédé sexuel….le tableau est sans concession.
En tous les cas, c’est le résultat de l’enquête d’Esther, qui l’a rencontré brièvement un été alors qu’elle était jeune fille au pair. La première partie du livre, devrait plutôt s’intituler Francine et moi, car elle est centrée sur cette autrice, qui entretenait une obsession pour son voisin d’écrivain. De frustration en jalousie, cet homme l’a accaparée une grande partie de sa vie.
Et puis, il y a sa femme Claire, Théa, la fille de Francine, une galerie de personnages qui apporteront un éclairage souvent similaire sur le grand homme. Mais également sur une époque, sur un milieu privilégié des États unis. Sur une vie superficielle de pseudo intellectuels.
C’est parfois, brouillon, souvent redondant, par moment intéressant….Est ce nécessaire de tout raconter, l’envers du décor, je ne sais pas, à chacun de se faire son idée.