En Transylvanie, pays de vampires, trois colocs humains luttent entre morsures, militantisme et secrets amoureux. Le nouveau roman graphique de Lou Lubie. Dans une société dominée par les vampires, Anghel, un jeune humain, est mordu dans la rue. Tandis qu'il lutte contre sa transformation en goule, sa coloc Maggy devient militante pour les droits des humains. Impossible alors pour Iulia, leur troisième amie, d'avouer qu'elle est amoureuse d'une vampire !
Une BD accessible dès 14 ans pour aborder les violences sexistes et sexuelles.
Originaire de l'île de la Réunion, Lou Lubie publie son premier roman à dix-huit ans, avant de s'orienter vers la bande dessinée. Ses cinq premiers livres voient le jour chez des éditeurs réunionnais.
Passionnée par les possibilités créatives du numérique, elle fait ses études dans le domaine du jeu vidéo. En 2008, elle fonde le Forum Dessiné, un site communautaire de BD collective improvisée. Toujours actif aujourd'hui, le site a vu défiler 2.600 dessinateurs et près de 300.000 dessins.
Ses albums Goupil ou face – BD de vulgarisation sur la bipolarité – et La Fille dans l’écran – romance dessinée à quatre mains – lui valent une notoriété croissante. En 2021, elle revient avec L’homme de la situation, un thriller psychologique très actuel qui questionne le stéréotype de l’homme fort et protecteur.
Mmm... j'ai l'impression que ce livre ne parle pas vraiment de vampires...
Blague à part, Lou Lubie does it again ! Et cette fois-ci, elle met sa plume pertinente et son... c'est quoi la métonymie pour le dessin ? Son stylet graphique ? Bon ben partons là-dessus, son stylet au service d'une allégorie militante. Elle nous parle de l'oppression systémique en caractérisant les oppresseurs comme des vampires dans un monde où les vampires et les humains ont les mêmes droits, un monde d'égalité comme l'est la France quoi.
Dans la grande majorité du livre, l'oppression est incarnée par le patriarcat. L'un des personnages est victime de "morsure" au début du livre, on se rend compte qu'il a été "mordu" dans sa jeunesse, dans un détail que j'adore, tout le monde "passif" créé par l'autrice est centré sur les vampires (pub pour du boudin ou des cercueils, pour du parfum pour le cou, pseudos Internet axé sur le sang...), ça rend super bien l'oppression systémique constante.
Et comme toujours avec Lou Lubie, on ne verse pas dans la caricature : not all vampires sont des monstres et not all humains sont des saints. Sa protagoniste réagit de façon très conne quand son amie lui présente sa copine vampire et cette dernière est choquée du comportement de ses semblables quand elle en constate les dégâts. Comme toujours chez Lou Lubie également, elle cite des chiffres et leurs sources. Et comme toujours chez Lou Lubie également, c'est pas parce qu'on parle intelligemment de trucs affreux et importants qu'on ne peut pas rire aussi (l'Empereur Macron, j'étais pas prêt).
Et sa dernière grande qualité (qui est aussi un petit défaut), c'est que l'oppression systémique n'est pas représentée que par le patriarcat : par la protagoniste dont la mère est humaine et le père vampire (Maggy semble être un self-insert de l'autrice qui est, elle-même, métisse) et par quelques répliques ("on se croirait en Humanistan"), on a aussi des problématiques racistes. L'oppression capitaliste n'est pas en reste non plus. En fait, je regrette presque que le patriarcat prenne presque toute la place de l'analogie... et en même temps, que même quand il s'agit de dénoncer les oppressions systémiques, le patriarcat prenne tout la place, ça lui ressemble pas mal !
Évidemment, je vous le recommande très chaudement et sans aucune modération, ça remplit la tête, ça se lit très vite... par contre, Cezar Popa, j'ai pas la ref. Y a peut-être pas de ref, c'est peut-être l'incarnation du militantisme, mais si y a une ref, je l'ai pas.
Il y a que Lou Lubie pour utiliser les vampires et le fantastique pour exposer le patriarcat, le sexisme, l’impunité, les agressions et la domination masculine. Elle est trop forte.
Absurde et révoltant donc : diablement efficace. Encore une bd réussie !
(Point bonus pour le portrait de Macron en empereur-vampire-ridicule)
encore une BD géniale signée Lou Lubie, la dénonciation du patriarcat et des violences sexistes et sexuelles via les vampires, et sortir la BD juste avant le 8 mars ? oh la régalade, c'était trop bien !!!
Pour un public ado, l'allégorie morsure de vampire=vi*l est pertinente et c'est super d'avoir mis des chiffres et références à la fin. Mais j’ai eu l’impression d’un « fourre-tout » des oppressions : la métaphore vampirique finit par tout englober et donc simplifier et limiter, du coup le sexisme n'existe juste pas ?! quid du racisme, de l'homophobie ?? +1 étoile pour les jeux de mots sur les pancartes de manifs cependant.
3.75 - Comme d'hab avec Lou Lubie, le scénario est très chouette, le parfait mélange de drôle et documenté. Et alors qu'on parle d'un sujet très important, je m'attendais à quelque chose de plus percutant, qui va au-delà des bases que devraient déjà connaître le grand public.
Dans Saigneurs, Lou Lubie met en avant une société où des violeurs les vampires sont rois et un groupe d'humains se réunit pour défendre leurs droits. On comprend tout de suite la métaphore, tout est très bien imagé, référencé et chiffré. Mais c'est tout. On n'apprend pas grand chose, il n'y a pas vraiment de changement dans cette société, et (désolée) le style de dessin n'a rien d'extraordinaire... C'est une bonne BD à mettre dans les mains des personnes qui commencent à s'interroger sur les violences faites aux femmes, ou celles et ceux qui devraient s'y mettre. C'est une BD à avoir dans les collèges et lycées. Et oui, c'est une bonne chose, et il en faut des BD comme ça, mais venant de Lou Lubie je m'attendais à être plus touchée, à trouver quelque chose de plus révolutionnaire et militant, en tout cas quelque chose qui va plus loin que les quelques broutilles que le grand public devrait déjà connaître.
je note pas parce que c’est une excellente bd sur le principe (on s’en fout de mon avis perso je le donnerai à mes copines) et j’ai besoin qu’elle existe dans tous les CDI que France et que ça devienne un outil pédagogique qui est très efficace. Excellent pour les jeunes ou à offrir à tonton tata relous qui défendent des acteurs accusés de VSS pour qu’ils se disent « c’est vrai que c’est con dit comme ça » et qu’ils réalisent que les VSS ne sont PAS drôles et que le traitement social et médiatique est lunaire dans notre société.
Dans une société où les humains et les vampires doivent cohabiter, nous suivons 3 amis et colocataires : Anghel vient de se faire mordre ce qui le laisse traumatisé, Maggy rejoint la cause militante pour les droits humains et Iulia est quant à elle en train de tomber amoureuse d’une vampire et n’ose pas l’avouer.
J’étais ravie de retrouver Lou Lubie avec une nouvelle BD enrobée d’humour mais surtout de métaphores pour les victimes de viol ; dans ce livre où les humains et les vampires vivent ensemble, les hommes sont à assimiler aux vampires et les femmes aux humains, quant à se faire mordre, cela correspond au fait de se faire agresser. Une fois le parallèle réalisé, les faits et les statistiques qui découlent de cette BD deviennent glaçants (j’ai trouvé que certaines transpositions sont également valables pour le racisme, notamment le comportement des vampires dans le café). Alors que les deux sont censés vivre égaux, on voit très vite que cela n’est pas le cas et que les vampires pensent que tout leur est dû… Cela permet également une prise de conscience pour ceux qui en auraient encore besoin, tout en mettant en exergue la cruelle stupidité des discours d’incels. Le florilège de jeux de mots sur les pancartes lors de la manifestation était très appréciable, on a envie de se battre pour et avec ces humains, et certains moments sont émouvants. Beaucoup d’éléments sont inspirés de la vie réelle, comme les paroles de Macron envers Depardieu ou encore la phrase ignoble d’un avocat durant le procès de Dominique Pélicot : « il y a viol et viol » matérialisée ici par « il y a morsure et morsure » ; tous les chiffres présentés pour les « morsures » sont également véridiques. Tout est transposé à merveille : « Tu t’es fait mordre ? Il fallait porter une écharpe, on voit trop ton cou ». Les dessins sont quant à eux juste parfaits pour illustrer le propos, dans des tons sombres et des couleurs unies qui vont bien aux vampires. Tout est magnifiquement bien orchestré, c’est un coup de cœur pour ma part.
« À peine 6% des humains victimes de morsures portent plainte ! 83% des plaintes pour morsures sont classées sans suite ! 99% des mordeurs ne sont pas condamnés ! »
Voici donc le dernier bébé de Lou Lubie. Découverte il y a quelques temps maintenant, je la suis avec beaucoup d'intérêt. C'est une autrice engagée, qui touche à tous les sujets sans hésiter à parler de ce qui peut être mis sous le tapis (Racines à tout hasard...) Dans cet ouvrage, l'autrice (et ici dessinatrice) va parler...vampires ! Oui mais attention. En fait, nous allons plutôt parler des violences sexistes et sexuelles, de l'invisibilisation, des préjugés et de tout ce qui va de travers vis à vis de ces sujets dans la société.
On se situe en Transylvanie (logique...) et les vampires vivent au grand jour. Les humains gagnent peu à peu des droits, mais clairement ce sont les vampires qui dirigent le pays et ont la main mise sur ce qu'il se passe. On suit trois colocataires, tous humain. La "principale" protagoniste est Maggy. L'histoire débute sur son renvoi pour "incompatibilité de caractère". Elle "l'ouvre trop". Il y a aussi Anghel, mordu dans la rue et qui sombre dans la goulification (depression). Enfin il y a Iulia : solaire, positive, elle est définie comme la "caution humaine" de sa boîte par Maggy. Mais elle refuse de se limiter à cela et prouve qu'elle a aussi sa place car elle a les capacités ! Elle ne le prouve pas à Maggy, mais le lecteur voit sa vie pro. et comprend que peut être qu'à l'origine c'était cela, mais qu'elle est aussi, voir plus, qualifiée que ses collaborateur/trices. Mais Iulia débute une romance avec une vampire et l'ambiance à l'appart ne la rassure pas à partager sa joie avec ses deux amis.
Trois situations, trois façons d'aborder les choses. Mais tous les lecteurs comprennent vite que derrière les vampires et les morsures, ce sont les VSS qui sont dénoncées. Oui ce n'est "pas tous", et "il y en a des biens". Mais ce n'est pas une raison pour minimiser ou invisibiliser les victimes. Un procès à lieu dans l'histoire, Maggy s'engage dans une association qui milite pour les droits humains ce qui nous offre un aperçu de ce "procès historique". Savoir que certaines phrases ont réellement été prononcées est juste glaçant (voir les références de l'autrice à la fin de l'ouvrage).
Rien de choquant ni de violent dans les dessins, mais ce n'est pas utile pour saisir le message et l'impact est bien là. Une histoire pour ouvrir le débat, pour dénoncer, pour parler et peut-être pour essayer de faire évoluer les mentalités. A lire !
Cette BD est absolument géniale et je vous préviens, je vais la recommander à tour de bras.
Dans Saigneurs, Lou Lubie nous plonge dans la nouvelle Transylvanie, au cœur d'une société dans laquelle humains et vampires doivent cohabiter. Après que son colocataire Anghel a subi une morsure, Maggy, déjà en colère contre les vampires, décide de mettre sa colère à contribution et commence à militer pour les droits humains. Ce n'était pas le bon moment pour Iulia, la troisième coloc, d'annoncer à ses amis que sa nouvelle petite amie est une vampire...
J'ai trouvé que cette BD était du pur génie, Lou Lubie mêle à la perfection humour et sujets sensibles et d'actualité. Ne vous attendez pas à découvrir qu'une histoire de vampires, là on va plutôt utiliser la figure mythique de cette créature de la nuit pour aborder le patriarcat, les violences sexistes et sexuelles, les préjugés et le racisme. Le plus glaçant dans cette histoire, c'est qu'on reconnaît quelques têtes connues, des phrases entendues lors d'affaires récentes, des éléments qui font écho à notre réalité puisque l'autrice a énormément documenté son travail et donne ses références à la fin de l'ouvrage, et ça fout encore une claque.
Rien que pour le portrait de Macron en vampire, achetez-la et parlez-en autour de vous !
La démarche est hyper cool, on a une métaphore du patriarcat qui prend une forme vampiresque. On suit trois personnages qui représentent tous une réponse différente à cette inégalité. L’ouvrage ne m’a rien appris en soi, mais il donne accès à des chiffres et peut être très utile pour introduire certaines questions, surtout avec des plus jeunes.
Le fait que la BD soit immergée dans la nuit était un détail super sympa. Franchement, la transposition avec l’actualité m’a bien foutu en rogne. Dessiner Macron en vampire machiavélique (ce qu'il est réellement) était une super idée.
A not so subtle but oh so fun metaphor for MeToo, set in a world where vampires (read men) have kind of taken over the world, and terrorise humans by biting them (you get the gist) without their consent.
I'm sure it doesn't quite make sense if you dig too deep, some of it felt more like commentary on racism than rape culture, which kind of muddled things a bit. But all in all, it's quite clever, and fairly nuanced
j'imagine que je suis pas le public cible mais C'ÉTAIT LOURD PURÉE aussi tout réduire à une seule oppression c'est probablement plus simple pour le récit mais je trouve que ça dessert (🍨?) le propos je met 2 étoiles parce que ça reste une bonne BD jeunesse pour sensibiliser+ effectivement les panneaux de manifs sont rigolos
edit : revu à la baisse parce que je viens de me souvenir qu'elle a introduit le concept d'ikigaï qui est vraiment l'une des pires manière de concevoir le monde car il rend le capitalisme acceptable voire même désirable
Là j'ai juste le seum d'avoir loupé Lou Lubie au Festival du Livre à cause de l'organisation merdique, parce que olala quel banger, c'est éducatif, impactant, complet, absurde (donc efficace) avec une superbe utilisation de la palette de couleurs.
en vrai c’est un 4⭐️ qui est plutôt un 5⭐️ Lou Lubie frappe encore, toujours aussi pointue et intéressante cette BD ne parle évidemment pas de vampire je mets juste une étoile en moins car j’ai trouvé que ça manque d’émotionnel là où Racines m’avait retourné (+ je pense que je suis beaucoup plus au fait sur le patriarcat, les VSS et le féminisme aussi)
Une métaphore maline des VSS qui mobilise des vampires, en utilisant les vrais chiffres et des vraies citations (ce qui leur rend leur acuité et fait froid dans le dos). Elle est très accessible, à offrir à des ados pour parler des VSS ✊🏻
Trop content de retrouver Lou Lubie ! Cette nouvelle BD est assez differente des précédentes sur la forme mais sur le fond elle aborde des sujets similaires. L'analogie avec les vampires est un pretexte pour parler des VSS on le comprend evidement dès les premières pages. Le concept est vraiment poussé jusqu'au bout et je trouve que ca fonctionne bien. Un bon outil pédagogique pour les ados ou pour des néophytes de ces sujets.