Malmenée par la vie, May a fui en Angleterre dans le petit port de Seasmouth dans l’espoir de prendre un nouveau départ. Elle est vite confrontée à des phénomènes surnaturels qui semblent pourtant familiers aux habitants de la ville. Celle-ci est sous la coupe d’un dandy charismatique, Adrian Dashwood, et de la famille Saint-John dont le manoir est perché sur la falaise. Une autorité toutefois contestée par Josh Galloway, un bad boy à la tête d’une bande de rebelles. En se liant avec les uns et les autres, May va découvrir des légendes anciennes et affronter un péril venu du plus profond de la mer.
Née le 1er mai 1978, Estelle Faye a suivi des cours de théâtre à Paris et à San Francisco. Elle a scénarisé plusieurs courts métrages dont un a été récompensé par le prix France Télévision au festival de Cannes.
Aujourd’hui, Estelle Faye se consacre à la réalisation et à l’écriture.
Bon… je suis déçue. J’étais hyper hype et jusqu’à la moitié, j’étais totalement dedans : le folklore, l’ambiance brumeuse, les mystères… je trouvais ça trop chouette. Puis j’ai décroché. Au final, les personnages m’ont un peu tous saoulée et j’ai eu l’impression qu’il manquait quelque chose — même plusieurs choses — pour que ça aille vraiment au bout de ses idées. Je suis triste parce que vraiment je pensais adorer ce livre jusqu'au bout. Punaise.
Epreuves non-corrigées envoyées par les éditeurs, merci à eux
Ce n’est pas la première fois que je lis Estelle Faye et malheureusement pas la première non plus que je ne suis pas satisfait de ma lecture. Cicatrices, que ce soit par son style ou ses personnages, n’a pas réussi à m’accrocher et ne me laisse qu’avec une impression d’une lecture peu marquante.
Le style est facile à lire, mais trop répétitif et j’avais par moments l’impression de lire une publication wattpad avec le souci du détail non-nécessaire et purement là pour nous dire que ce tel personnage porte comme vêtements. L’utilisation de mots anglais aléatoire, pour nous rappeler que nous sommes en Angleterre, était aussi inutile et frustrant. C’est une chose de donner des noms de boissons ou de plats par exemple, mais des mots comme ‘Chief-inspector’ peuvent être traduit et le voir avait même tendance à me sortir de ma lecture.
Concernant les personnages, je ne me suis vraiment attaché à aucun d’eux en particulier, et surtout pas à May, qui est assez passive et se pose au final peu de questions alors qu’elle est confrontée à de nombreux évènements surnaturels pour la première fois. A côté de cela un gros focus du récit est consacré à la romance entre May et la moitié des gens qu’elle rencontre et certaines scènes n’apportaient vraiment pas grand-chose et donnaient plus l’impression d’être là pour rappeler qu’on est dans la collection Young Adult. Dévoiler le texte masqué
Bref ce n’était pas une lecture pour moi et même si certains aspects fantastiques de l’intrigue étaient assez prometteurs, je l’ai trouvé sous-exploité et le rythme général trop lent pour que je sois vraiment intéressé.
Je voulais persévérer jusqu'à au moins 20% de lecture, mais je n'ai même pas pu. Je m'ennuie. J'aime le cadre décrit par l'autrice de cette petite ville au décor mystérieux et inquiétant... Mais les personnages m'ennuient et l'héroïne encore plus, elle ne se pose aucune question, se laisser porter/tirer par les autres personnes sans réactions. Sa passivité m'agace. Et les descriptions ou la manière dont sont amenés les personnages je trouve ça... Maladroit ? Bref... Une déception.
Je me suis lancée dans Cicatrices avec pas mal d’attentes, surtout à cause de cette fameuse mention “public averti” qui intrigue forcément. Dans ma tête, ça annonçait une lecture difficile, peut-être même dérangeante, quelque chose qui laisse une vraie empreinte émotionnelle. Je m’attendais à être bousculée, à ressentir un certain malaise, voire à devoir faire des pauses dans ma lecture. Et finalement… pas vraiment. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai déjà lu des romans plus durs, plus crus ou plus sombres, mais je n’ai pas trouvé cette histoire particulièrement difficile à lire. Du coup, je me suis posé la question pendant toute ma lecture : est-ce que je suis devenue un peu “blindée” face à ce genre de contenu ? Ou est-ce que le roman, malgré ses thématiques, reste finalement assez accessible dans sa manière de les aborder ? Je penche un peu pour les deux. Bien sur ceci reste mon avis personnel et cela n’engage que moi, je vous conseille tout de même de faire attention à vous et de regarder les TW avant de vous lancer dans cette lecture. Ça ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture, loin de là. J’ai passé un bon moment dans cet univers marin teinté de mystère et de surnaturel. Mais il m’a manqué cette petite étincelle, ce petit truc en plus qui transforme une bonne lecture en lecture marquante.
La plume d’Estelle Faye est fluide, naturelle, et surtout très facile à suivre. On entre dans l’histoire sans effort, ce qui rend la lecture vraiment agréable. C’est typiquement le genre de style qui permet d’enchaîner les chapitres sans s’en rendre compte. Il y a aussi une certaine douceur dans l’écriture, ce qui est assez intéressant quand on voit les thématiques abordées. Là où je m’attendais à quelque chose de plus dur, de plus frontal, le texte reste finalement assez mesuré. Les émotions sont présentes, mais elles ne sont jamais écrasantes. C’est un choix qui rend le roman plus accessible, mais qui, à mon sens, atténue aussi son impact. J’aurais aimé être un peu plus bousculée par la plume, ressentir davantage les tensions, les douleurs, les cicatrices justement, au sens propre comme au figuré. Par moments, j’avais l’impression que tout était un peu trop “lissé”, comme si le texte retenait ses coups. Cela dit, ça reste une écriture efficace. Elle fait le travail, elle porte bien l’histoire, et elle permet de s’immerger facilement dans l’univers sans jamais décrocher.
L’univers est clairement un des points forts de Cicatrices. Seasmouth est une ville qui marque, avec son ambiance à la fois maritime, brumeuse et presque oppressante. On visualise très bien les falaises, la mer agitée, les ruelles un peu sombres, les maisons battues par le vent. Il y a quelque chose de très immersif dans cette atmosphère. On sent que la ville cache des secrets, que les habitants vivent avec des règles implicites, presque comme une communauté refermée sur elle-même. Cette sensation que “tout le monde sait sauf nous” fonctionne très bien, surtout au début du roman. Le côté surnaturel s’intègre assez naturellement dans cet environnement. Les légendes marines, les phénomènes étranges, la présence de quelque chose d’ancien et de dangereux… tout ça crée une tension diffuse qui accompagne la lecture. Cependant, là encore, j’aurais aimé que ce soit encore plus poussé. L’univers est riche, mais parfois juste effleuré. Certaines idées auraient mérité d’être davantage développées, approfondies, exploitées jusqu’au bout. On sent qu’il y a un vrai potentiel, mais qu’il n’est pas toujours utilisé à 100 %.
L’histoire suit May, une jeune femme qui fuit un passé difficile et qui arrive à Seasmouth avec l’espoir de recommencer à zéro. Très vite, elle se rend compte que cette ville n’est pas comme les autres. Elle va se retrouver au cœur de tensions entre différentes figures locales : des personnages puissants, charismatiques, parfois inquiétants, et d’autres plus marginaux, en opposition. En parallèle, des phénomènes surnaturels viennent troubler la réalité et remettre en question tout ce qu’elle pensait comprendre. Le roman avance progressivement, en dévoilant ses mystères petit à petit. Il y a une vraie volonté de construire une ambiance, de faire monter la tension, et ça fonctionne plutôt bien. On a envie de comprendre, de savoir ce qui se cache derrière tout ça. Mais malgré ça, il m’a manqué un vrai moment fort. Un basculement, une révélation marquante, quelque chose qui me fasse dire “ok, là, ça y est”. L’histoire est intéressante, mais elle reste un peu trop linéaire dans son impact émotionnel. Je n’ai pas ressenti de véritable choc, ni de moment où j’ai été complètement happée. Encore une fois, ce n’est pas mauvais, loin de là. C’est juste que ça reste un peu en dessous de ce que j’espérais.
Les personnages sont variés et participent bien à la dynamique du roman, même si je reste un peu mitigée sur mon attachement à eux. May est une protagoniste crédible, avec un passé qui explique ses réactions et ses choix. On comprend sa volonté de fuir, de recommencer, de trouver sa place. Mais émotionnellement, je suis restée un peu à distance. Je ne me suis pas totalement identifiée à elle, ni complètement attachée. Du côté des personnages secondaires, il y a des figures marquantes, notamment avec les jeux de pouvoir au sein de la ville. Adrian Dashwood, la famille Saint-John ou encore Josh Galloway apportent chacun une énergie différente. J’ai trouvé intéressant ce contraste entre les personnages plus “dominants”, presque aristocratiques ou manipulateurs, et ceux qui incarnent une forme de rébellion. Ça crée des tensions intéressantes et ça donne du relief à l’histoire. Malgré ça, certains personnages m’ont semblé un peu sous-exploités. J’aurais aimé aller plus loin dans leur psychologie, comprendre davantage leurs motivations, leurs failles.
Cicatrices est un roman que j’ai sincèrement apprécié pour son ambiance, son univers et sa facilité de lecture. C’est une histoire qui se lit bien, qui propose de bonnes idées et qui plonge dans un décor vraiment prenant. Mais en refermant le livre, je reste avec un petit goût d’inachevé. Je m’attendais à être plus marquée, plus touchée, plus bousculée, surtout avec la mention “public averti”. Et finalement, ça n’a pas été le cas. Je ne sais pas si c’est moi qui suis devenue moins sensible à ce genre de récits, ou si le roman choisit volontairement de rester dans une certaine retenue. Peut-être un peu des deux. En tout cas, ça reste une bonne lecture, que je ne regrette pas du tout. Mais il m’a manqué cette petite étincelle, ce petit truc en plus qui fait qu’un livre nous hante encore longtemps après l’avoir terminé.
Je remercie Babelio de m’avoir proposé de retrouver la plume d’Estelle Faye à travers ce texte aux allures fantastiques dans une petite bourgade côtière anglaise aux mystérieuses légendes. Je remercie moins Rageot qui nous en a envoyé, sans prévenir, les épreuves non corrigées, au lieu du beau jaspage espéré, et avec un papier très agaçant où les pages se collaient les unes aux autres, mais surtout pas mal de coquilles…
Mais revenons à Estelle. C’est une autrice que j’avais pris beaucoup de plaisir à découvrir en fantasy adulte, aussi bien avec sa trilogie gauloise La Trilogie des Oracle, que sa duologie féministe pleine de souffle : Les seigneurs et les Révoltés de Bohen. J’étais curieuse de la découvrir sur un texte jeunesse. J’en ressors malheureusement un peu déçue car je sais l’autrice capable d’autre chose.
Les débuts se profilaient bien. Une jeune héroïne marquée des cicatrices de son ancienne vie. Une petite ville étrange, un peu hostile aux étrangers, qui cache quelque chose autour de cette Ombre qui s’attaque à elle. Dans des ambiances de pub anglais, de plages humides, de Molly house (que j’ai découvertes ici), j’étais embarquée.
Malheureusement au fil des chapitres, j’ai eu l’impression d’une intrigue qui s’effilochait et peinait à décoller, engluée qu’elle était dans des considérations pseudo romantiques de YA que je n’affectionne pas et qui n’apportent rien ici… J’ai eu du mal avec la jeunesse de l’héroïne qui ne collait pas avec la profondeur qu’on voulait donner à son passé et à son caractère. Cela sonnait faux, surtout avec ses amours de midinettes qu’on avait ensuite. Au passage, mais que s’est-il passé au niveau de l’écriture ? Quel ratage dans les scènes pseudo romantiques ! OMG c’était d’un malaisant tellement c’était maladroit !
Moi, je venais pour une poursuite de cette Ombre, une lutte avec le Magicien du village aidé de son Chevalier contre celle-ci. Bon déjà, dit comme ça, on voit comme c’est caricatural, mais ça pouvait passer quand on était dans l’ambiance du village, je vous le promet. Sauf que les personnages, même ceux censés être âgés, avec un background lourd, ont 15-20 ans de maturité, donc ça ne passe pas… Les scènes d’action ou de développement de l’univers sont tellement rares que c’est frustrant. On tourne en rond dans ce petit village en suivant les pas de May. C’est l’ennui total. Et même la découverte des mystères est tellement loin, loin des promesses d’intrigues profondes.
J’ai eu l’impression de lire une mauvaise série télé pour ado à mystère, genre Riverdale and Co., ce dont j’ai malheureusement passé l’âge… Les promesses de mystères et profondeur n’ont pas été tenues. J’en suis la première navrée parce que j’ai lu l’autrice dans des sagas autrement plus riches. Que s’est-il passé ? La commande de l’éditeur ? Le retravail du texte pour rentrer dans un cahier des charges ado ? En tout cas, je n’étais clairement pas le public et ça n’a vraiment pas marché. Je ne retiendrai que l’ambiance de ce petit village et l’histoire du séduisant Sorcier qui le hante. le reste, on oublie.
(PS/ Lol la mention »à partir de 18 ans », comment dire… Inutile !)
“Sans doute, depuis tout ce temps, le pays sous la mer m'attendait.”
J’ai adoré Cicatrices. May est paumée, incapable de raisonner correctement, en guerre avec elle-même suite à l’accident qui lui a tout pris —sa meilleure amie, son apparence, son métier. Elle débarque dans une petite ville d’Angleterre où les évènements étranges se succèdent et elle prend risque après risque, comme pour (inconsciemment?) rejoindre son amie. Cette histoire agit comme un miroir brisé, où l’on regarderait dans chaque éclat des reflets déformés qui se répondraient, révélant probablement plus qu’une surface propre et lisse. Qu’est-ce qui est réel? Qu’est-ce qui n’est que fantasme ou rêve?
C’est avant tout une histoire de deuilS, mais aussi —d’une certaine façon— de renaissance, comme une métamorphose après les épiphanies qui saisissent l’héroïne en cours de route.
L’autrice joue avec les genres sans jamais ni totalement jouer le jeu ni vraiment les trahir, rendant le livre totalement inclassable. Ce qui ressort le plus, c’est cet hommage au folklore, tant dans les références que dans l’écriture simple mais profondément immersive. Læ lecteurice se retrouve dans cette ville, ressent l’ambiance jusqu’au plus profond des os. D’ailleurs, même si le côté horreur est plutôt soft, une ou deux scènes de body horror m’ont fait•e frissonner du fait de ces sensations particulièrement bien rendues sur la page. On voyage dans tous les sens du terme, les limites du temps et de l’espace se troublent, mais aussi celles du spirituel et du voyage intérieur. En cela le livre s’inscrit dans un certain genre d’horreur queer, ne tranche pas sur de nombreuses choses, se déploie et se rétracte, froissé —à l’image du cœur d’Adrian. L’apparition du folklore dans cette “small town” est particulièrement pertinente (et m’a tellement donné envie de me replonger dans le folklore !!), chaque personnage ayant un rôle archétypal fort, sans pourtant basculer du côté du stéréotype, les faux-semblants de cette microsociété devenant un parfait écho aux visions de l’Ombre, mais aussi de la “grande Histoire”.
Au final, il résulte de tout cela un roman un peu compliqué à expliquer mais qui est une expérience fabuleuse et addictive (comme la plupart des œuvres que j’ai pu lire signés par cette autrice), qui entraîne saon lecteurice dans les profondeur de ses pages, à la poursuite de ses personnages aussi inoubliables qu’imparfaits et de toutes les émotions possibles. Il m’a été difficile de clore ce livre. Même avec tout ce qu’il s’y passe, je ne voulais pas quitter Seasmouth ni la guirlande de personnages. Gros coup de cœur pour cette histoire et cet univers.
Merci à Babelio et Rageot pour l’envoi des ENC dans le cadre d’une Masse Critique. Je laisse cette chronique volontairement.
C’est le premier roman que je lis d’Estelle Faye et j’ai apprécié cette découverte d’une plume sensible et qui a su créer plusieurs lectures sur une seule histoire.
Cicatrices, c’est un peu comme un mille-feuille de cicatrices. Les cicatrices peuvent être visibles, mais aussi invisibles. Après un terrible drame qui a voit sa vie basculer, May n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle plaque tout : sa carrière dans le cinéma, sa famille, mais surtout celle qu’elle n’a pas pu sauver. Annabelle, sa meilleure amie.
Mais, Annabelle va la suivre jusqu’à Seasmouth. May pensait pouvoir oublier, mais au contraire, les ombres qu’elle a tenté de fuir vont refaire surface avec les légendes que cache Seasmouth.
Ce récit n’est pas léger. Bien au contraire, son atmosphère lourde, pesante vous colle au corps et au cœur tout comme avec son héroïne. May va faire une première connaissance dramatique, celle du vieux Percy qui va mourir à ses côtés dans une vieille église délabrée. C’est le début d’un enchaînement que May n’aurait jamais pu voir venir. Après Percy, il y a Adrian, ce beau dandy mystérieux qui semble cacher bien de choses. Et ensuite n’oublions pas le gang des Mud boy avec Josh. En plus de malédiction et de légende, May fait la rencontre de tout un panel de personnages bien sympathiques et colorés. J’ai particulièrement aimé Micky.
Au-delà de tout cela, Cicatrices n’est pas vraiment un roman d’action. Je l’ai trouvé aussi spirituel (dans un sens) que contemplatif. May est venu pour se forger une nouvelle vie, loin des drames qu’elle a vécus à Paris, mais tout lui remonte à la figure, tout se rejoue et se surjoue jusqu’au point de rupture. Comme les habitants de Seasmouth qui se trouvent être maudits, May doit également combattre ses propres ombres si elle ne veut pas se noyer.
J’ai aimé ce roman pour ce qu’il est. L’air de rien, il donne à réfléchir. Sur notre vie, sur les deuils que nous pouvons traverser, sur nos traumas et comment nous les gérons pour aller mieux. On y parle aussi de préférence sexuelle, mais sans en faire trop. C’est très naturel et j’aime cette approche. Plus j’écris cet avis, ses lignes et plus je reste sûre de ce que j’avance. Cicatrices n’est pas un roman qu’on lit puis qu’on oublie. Il se déguste, se digère bien longtemps pour n’en laisser que l’essentiel. Mais je ne vous en dis pas plus à vous de vous faire votre propre ressenti et avis.
Je termine en remerciant les éditions Rageot ainsi que le site Babelio qui m’ont envoyé l’ENC dans le cadre d’une Masse Critique Privilégiée.
Avec Cicatrices, Estelle Faye mêle horreur lente, fantastique gothique et drame intime dans un roman où les blessures personnelles résonnent avec des forces anciennes venues des profondeurs marines.
Le récit suit May, jeune femme cabossée par la vie, qui tente de recommencer ailleurs en rejoignant le petit port anglais de Seasmouth. Comme souvent dans les romans de small town horror, la ville apparaît immédiatement étrange : ses habitants semblent accepter des phénomènes surnaturels comme s’ils faisaient partie du quotidien.
L’ambiance constitue l’une des grandes forces du livre. Entre falaises battues par les vents, ruelles humides, manoir dominant l’océan et secrets enfouis, Seasmouth devient presque un personnage à part entière.
Au cœur de cette ville règne Adrian Dashwood, dandy charismatique et inquiétant, lié à la puissante famille Saint-John. Face à lui se dresse Josh Galloway, figure plus rebelle et instinctive, chef d’une bande de marginaux. Cette opposition entre élégance aristocratique et énergie sauvage nourrit fortement la tension du récit.
May se retrouve progressivement prise entre ces deux univers. En cherchant à comprendre les règles implicites de Seasmouth, elle découvre des légendes anciennes et une menace venue des profondeurs de la mer.
Estelle Faye adopte une approche de « slow burn horror » : l’horreur s’installe lentement, à travers l’atmosphère, les non-dits et le malaise grandissant plutôt qu’à travers des scènes de terreur immédiates.
Le roman mélange plusieurs influences : gothique maritime, folklore ancien, romance sombre et thème de la found family. Les liens entre les personnages deviennent aussi importants que le mystère surnaturel lui-même.
L’ajout de détails chaleureux — notamment les pâtisseries anglaises et certains moments de répit — crée un contraste intéressant avec la noirceur ambiante du récit.
Cicatrices explore également les traumatismes et les traces laissées par le passé. Les monstres du livre ne viennent pas uniquement de l’océan : ils existent aussi dans les blessures émotionnelles des personnages.
Un roman gothique envoûtant et mélancolique, où la mer semble prête à engloutir autant les secrets que les âmes perdues.
C'était mon premier livre d'Estelle Faye et j'ai beaucoup apprécié ma lecture ! On est plongés avec May dans une petite ville d'Angleterre chargée de mystères auxquels la jeune femme va se retrouver liée. Entre rencontres et phénomènes étranges, c'est tout une enquête que va mener May en quête de vérité et ce jusqu'au dernier chapitre du livre.
J'ai apprécié les descriptions qui plantent bien le décor et l'ambiance du récit. De ce fait, malgré la complexité entre réalité, rêve et passé je n'ai pas été perdue dans la temporalité. Les mythes et légendes celtiques se prêtent bien à la situation que l'autrice a imaginé pour Seasmouth que j'ai trouvé très originale ! Le traitement du traumatisme est intéressant. L'héroïne fuit Paris pour se reconstruire et la manière dont elle vit avec est très réaliste selon moi.
Pour ce qui est des personnages, j'ai bien aimé celui de May et les gens qui gravitent autour d'elle, tous avec leur distinction bien marquées et identifiable. Mais je reste un peu sur ma faim quant au développement de leurs relations qui je pense aurait aidé à s'attacher encore plus ou à les détester encore plus ...
Ce qui m'a moins plu, c'était certaines réactions de l'héroïne un peu trop neutres par rapport à ce qui lui arrive. Elle expérimente pour la première fois de sa vie des événements surnaturels/magiques mais à plusieurs reprises, elle ne se pose pas de questions et accepte l'étrangeté de la situation. J'ai aussi trouvé que le dénouement était un peu rapide, j'aurais aimé plus d'échanges et de complexité pour résoudre une malédiction datant de milliers d'années.
J'ai également eu un peu de mal avec un aspect du style narratif. La répétition fréquente de la fin de la phrase précédente m'a un peu déstabilisée tout comme les phrases très courtes là où habituellement on aurait vu des virgules. Mais c'est un goût personnel et je suis sûre qu'il plaira à d'autres !
En résumé c'est un bon livre qui flirte avec l'horreur et la fantasy mais que j'aurais voulu plus approfondi sur certains aspects. C'était tout de même une belle découverte !
Cicatrices est le premier roman que je découvre d’Estelle Faye. Ayant entendu énormément de bien de ses écrits, j’étais ravie de pouvoir enfin découvrir sa plume et me faire mon propre avis. De ce côté-là, je n’ai pas été déçue. L’autrice possède une plume fluide, rythmée et très directe. Elle va droit au but, sans fioritures, et réussit à happer le lecteur dès les premières lignes. La lecture était très immersive, notamment grâce à cette atmosphère maritime, anglaise et légèrement angoissante que j’ai énormément aimée. Tout est très visuel et parfaitement retranscrit.
J’ai particulièrement apprécié les thématiques abordées dans ce roman, principalement centrées sur le deuil et la reconstruction. Elles sont traitées avec beaucoup de douceur et d’intelligence. Le côté fantastique et horrifique vient justement accentuer ces thèmes et leur donner encore plus d’impact. J’ai trouvé l’équilibre entre émotion et tension très réussi. J’aurais simplement aimé en apprendre davantage sur l’Ombre et que certains aspects soient un peu plus approfondis.
Dès les premières pages, l’autrice nous présente May, une héroïne profondément marquée par les événements qu’elle a vécus, autant psychologiquement que physiquement. Les cicatrices qu’elle porte prennent alors tout leur sens. Malgré cela, elle tente de reprendre sa vie en main et de sortir la tête de l’eau, faisant preuve d’une grande résilience. Je l’ai trouvée crédible dans ses réactions et dans sa manière d’avancer malgré la douleur. En revanche, je suis restée un peu distante émotionnellement vis-à-vis d’elle. Je ne me suis pas réellement attachée au personnage, ce qui a rendu certains passages un peu moins impactants pour moi.
J’ai également trouvé que certains éléments auraient mérité davantage de développement afin d’éviter une sensation de rapidité sur quelques scènes importantes. Malgré cela, cela reste une très bonne lecture qui m’a donné envie de découvrir d’autres romans de l’autrice.
Si je tente une chronique, c'est uniquement parce que j'ai reçu ce roman grâce à une masse critique (merci Babelio 🤗). Pour commencer, et comme j'ai pu le lire dans d'autres avis, j'ai moi aussi reçu des épreuves non corrigées. Et j'espère SINCÈREMENT que le texte aura été relu avant publication parce que rien que ça, ça aurait pu me faire abandonner. Tournures de phrases improbables, répétitions,... L'histoire se passe en Angleterre, l'autrice nous précise dès le début que les personnages dialoguent en anglais (précision qui n'a aucun intérêt), mais elle se borne quand même à écrire des mots anglais. Petite pensée au "chief inspector", répété sans arrêt. L'entrée en matière avec la mort d'un mec sorti de nulle part, et le personnage principal qui ne se pose aucune question, est très très déroutante. Quand à l'histoire... J'en vois le potentiel, vraiment. C'est très visuel, très (trop ? ) descriptif, il y a pas mal d'actions, du mystère, et un côté mythologique que j'ai bien apprécié... Mais que vient faire une romance la dedans ?! Pour moi elle n'avait aucun intérêt, et elle dessert complètement l'intrigue. Voilà, j'ai presque envie de filer en librairie le 6 mai, histoire de voir si des choses ont changées dans la version définitive. Vous l'aurez compri, c'était hélas, une deceptio'.