Enquête en immersion sur la nouvelle idéologie de l’extrême. Pendant neuf mois, Pierre Gault a infiltré les principaux réseaux masculinistes en France. Sous une fausse identité, il a suivi et imité les centaines d’hommes qui épousent la cause masculiniste : formations sur Internet, stages en forêt, sessions de coaching, forums privés, séances de drague de rue. Très vite, au-delà du sexisme ordinaire surgit la partie immergée de l’iceberg : business florissant de marchands de misère, apologie du viol, complotisme, liens avec l’idéologie d’extrême droite. Sous un humour qui apporte des respirations bienvenues, Pierre Gault ne dissimule pas ses doutes, sa sidération ni même ses maladresses à mesure que son alter ego imaginaire s’enfonce dans les entrailles de la manosphère. L’exposition prolongée à une pensée extrême le pousse à confronter son ressenti intime à la vision du monde des masculinistes qu’il rencontre. Comment en sont-ils arrivés là ? Sous-estime-t-on le danger qu’ils représentent ?
Une enquête passionnante et nécessaire qui interroge les dérives de la masculinité et leur impact sur la société contemporaine.
Un livre que j’ai lu avec beaucoup de recul, une partie de moi est terrifiée que ce genre d’hommes existe. Se rendent ils seulement compte de ce que c’est pour une femme de marcher dans la rue? Est-ce qu’ils se rendent comptent que lorsque une femme pousse la porte d’un commissariat pour porter plainte elle est d’abord jugée coupable pas tout le temps heureusement mais assez souvent. La langue française est très cruelle la victime s’est faite violée par x cette forme passive est terrible mais tellement révélatrice le sujet du verbe est la victime et pas l’agresseur. Je termine ce livre et en même temps je lis celui de Gisèle Pelicot j’ai un rage terrible tout au fond de moi oui la honte doit changer de camp.
Je n’ai pas appris grand-chose avec cet essai, mais je trouve intéressante l’idée d’infiltration et la façon dont l’auteur, qui se considère comme un homme très éloigné de ces idées-là, s’est rapidement habitué, avec sa plus grande peur, aux paroles dégradantes et dangereuses sur les femmes. On s’habitue à l’horreur bien plus vite qu’on ne le croit avec tout ce que l’on consomme chaque jour.
L’incel Mehdi est celui qui m’a le plus agacée, car pour lui, le fait d’être gros et petit expliquait pourquoi il n’avait pas de petite amie (alors qu’en réalité, il semblait juste boring). Pire encore, il pensait que le manque de sexe rendait fous les jeunes hommes parce qu’ils n’ont pas accès au corps des femmes (accès ? ça me répugne). Combien de jeunes femmes, à la mi-vingtaine, n’ont jamais connu d’homme (si elles sont hétéros) ? Combien n’ont jamais eu de relation saine et épanouissante avec un homme ? Combien n’ont jamais expérimenté sur le plan sexuel et romantique ? Des centaines, pourtant elles ne réduisent pas leur vie à cela : elles s’intéressent, voyagent, lisent et s’éduquent. Dire qu’un jeune homme ne peut pas s’épanouir sans sexe est aussi dégradant pour les femmes que pour les hommes. On répète souvent que les femmes investissent trop dans l’amour et les hommes, mais apprenons aussi aux hommes à s’émanciper de l’amour et du sexe. Dans la plupart des entretiens, j’entends juste des jeunes hommes penser qu’ils iraient mieux s’ils avaient ou avaient eu une copine. S'ils avaient accès a leur sexe concrètement. Spoiler alert : non. Ce n’est pas le sexe qui soigne les traumas, et les complexes mais soi-même. Et puis, comment apprécier et s’épanouir dans la sexualité si les hommes ne la voient que comme un moyen de dégrader l’autre, de soumettre et de se défouler, plutôt que comme un moment de partage ? Bref, ça me choque et je me dis que le monde va bien mal.
La fin est assez glaçante et si proche de nous.
Je supporte encore moins les personnes qui laissent passer les remarques clairement misogynes envers les petits garçons sous prétexte qu’ils sont petits. L’éducation, ça commence dès le plus jeune âge.
C’est un travail qui a déjà été fait par des femmes (en France ou ailleurs) mais je trouve important que les hommes s’emparent de ce sujet, après tout il les concerne aussi.
J’ai eu de la compassion pour certains témoignages jusqu’à un certain point. Beaucoup de femmes sont célibataires et ne plaisant pas (notons que ces femmes ils n’en veulent pas d’ailleurs), il y a pas de droit à la relation sexuelle ou au couple. Bien sûr qu’être seul(e) quand ce n’est pas choisi c’est déprimant, mais encore une fois beaucoup de femmes le sont et on en parle pas autant. Pas de remise en question de ces hommes non plus, s’ils ne plaisent pas c’est parce que les femmes sont vénales et ne veulent que des beaux gosses, je parle d’expérience, le physique compte moins pour les femmes que pour les hommes donc quelque chose me dit que le physique n’est pas forcément le problème ici (mais c’est plus facile de blamer les femmes). Bon et puis en général au bout de 5 minutes de conversation avec le journaliste, la misogynie éclate, donc les gars oui restez loin des femmes s’il vous plait
Raconte assez bien le lien entre les différentes idéologies masculinistes et l’extrême droite
Montre aussi le danger que peuvent représenter ces profils. La violence n’est jamais loin
Je referme ce livre avec beaucoup d’amertume. Je suis terrifiée, écœurée, bien que j’ai déjà plus que conscience de ce qui se passe dans ces sphères, l’entendre dire (ou le voir écrit plutôt) est encore plus dingue.
Je reste toutefois circonspecte par rapport au fait que ce livre ait été écrit par un homme. C’est bien, d’un côté, qu’ils voient aussi ce qui se passe chez leurs semblables, mais ça m’a laissé un petit goût amer dans la bouche à des moments …