C’est après un exercice simulant une fusillade dans son école que Noé est convoqué dans le bureau de la directrice. Trêve d’absurdités, plutôt que de retourner dans sa classe, il prend la fuite et entame alors la rédaction de son histoire, l’histoire de cet enfant qui part loin, sans le dire à personne, et qui se remémore sa grand-mère adorée, emportée l’été précédent par une crue record du fleuve Saint-Laurent. De la maison de cette femme désormais disparue, il ne reste qu’un trou d’eau où barbotent des canards et une question tournante dans la tête du garçon : comment on fait pour pas disparaître ? Dans un carnet que lui a offert sa mère, Noé transcrit sa tristesse et exprime son angoisse et son sentiment de culpabilité en une longue phrase, tentant de trouver sans jamais s’arrêter ce que c’est qu’être un bon humain. Avec une généreuse dose d’amour et de malice, Mattis Savard-Verhoeven nous interpelle au sujet d’une génération d’enfants débordants de vie, mais aussi inquiets de tout et étourdis par la folie des hommes.
Né en 1995, Mattis Savard-Verhoeven vit et travaille à Montréal. Artiste polyvalent, il est connu pour son jeu d’acteur au théâtre, à la télévision et au cinéma. Une certaine tristesse est son premier roman.
Anxiogène à plusieurs égards, ce qui ne peut qu'être le but considérant la forme et les propos, donc assez intéressant. Je suis juste pas sûr de vouloir donner une note. Je mets rien pour l'instant, mais je promets d'y revenir si je ressens la note précise en moi.
EDIT: Je me suis fait une idée, et par delà la voix qui est présentée, c'est 3,5/5! Voilà
4.5⭐️ Ce texte m'a bouleversée du début à la fin. La forme est définitivement la plus grande force du roman. Le fait d'être plongée dans les pensées d'un enfant hypersensible à qui le monde semble fou et vide de sens, sans pause, ça m'a fait monter les larmes aux yeux. Pas seulement grâce à la profondeur des propos, mais aussi parce que je me suis reconnue dans ceux ci à plusieurs endroits. Un premier roman ma foi franchement bien réussi.
4.5 Contrairement à plusieurs, j’adore les romans qui ne sont composés que d’une seule phrase, surtout lorsque ça sert aussi bien le propos qu’ici. Ça me plonge complètement dans l’univers du livre, ça m’absorbe, me brasse plus fort.
Une plongée dans la tête de Noé, ce jeune garçon si près de ses émotions, que les adultes jugent trop romantique, pas assez insouciant.
Beau petit livre qui se lit d’une traite si on ne le commence pas trop tard. J’ai beaucoup aimé quelques passages mais quelques autres sonnaient un peu clichés, notamment la conclusion. 3,5/5
Une certaine tristesse est un livre qui ne se contente pas d’être lu : il se ressent, souvent avec inconfort.
La voix d’enfant au cœur du texte est profondément marquante. Une voix qui s’indigne des horreurs du monde, de la mort, et qui porte déjà en elle les émotions des adultes — trop grandes, trop lourdes, trop tôt. Il y a dans cette écriture quelque chose de très habité, presque oppressant, comme si le texte refusait toute distance sécurisante avec le lecteur.
La lecture m’a semblé à la fois belle et anxiogène. Belle dans sa sensibilité, dans sa capacité à dire l’indicible ; angoissante par la charge émotionnelle constante et par les réflexions intérieures qu’elle fait émerger. C’est un livre qui remue, qui ne cherche pas à apaiser, mais à exposer une certaine tristesse dans toute sa complexité.
Une lecture exigeante, troublante, et tout aussi marquante ❤️🩹
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, tout le monde: il faut lire ce livre, bouleversant de bout en bout. Ça met le cœur à l'envers et donne envie de sortir dans la rue donner des free hugs aux passants.
Il faut beaucoup écouter les enfants qui parlent peu. Parce qu’après, iels écrivent des livres qui rentrent dedans et on se trouve niaiseux de pas l’avoir fait avant, parce que nous voilà en train de les écouter pour de vrai cette fois-ci, des années trop tard. Câlin à toustes nos Noé intérieur•es 🫶
Parmi les scénarios auxquels je ne m'attendais pas en lisant ce roman, une proposition José Saramago à la ponctuation créative et aux phrases escamotables de la part de l'auteur d'un premier roman était pas mal en haut de la liste.
Je suis conscient que c'est injuste jusqu'à un certain point de juger un roman sur sa forme, mais les phrases infinies de Mattis Savard-Verhoeven m'ont pris en otage pendant une journée complète et pas nécessairement de façon positive. Une certaine tristesse n'est littéralement écrit une seule phrase - l'auteur remplace plutôt les points par des virgules pour illustrer l'esprit obstrué et chaotique de son jeune protagoniste - mais la technique agit comme un fusil sur la tempe. C'est invariablement inconfortable de fermer le roman. Alors je l'ai lu d'une traite (ou presque). Si vous vous lancez, dédiez-vous y pendant deux heures pour une expérience optimale.
Ceci dit, le fond du roman est conventionnel, mais admirablement bien exécuté pour un si jeune auteur. On y suit la vie et le for intérieur d'un jeune garçon dans une période de grands apprentissages et d'encore plus grands bouleversements émotionnels. C'est un roman à ressentir plus qu'à assimiler. Le flex littéraire anachronique m'a déplu (et c'est quand même important au produit final), mais une fois dédié au rythme intérieur du jeune Noé, j'ai pu m'accrocher au coeur de ce jeune homme qui aime plus et qui vit plus fort que les autres.
celui qui restera ira fouiller dans les souvenirs, et alors tout remontera, l'amour enfoui, enfermé dans les boîtes, il faudrait juste pas que la pluie vienne s'en mêler, et moi doucement j'oublie le rire de grand-maman et ça me rend fou puisqu'il en existe aucune trace, on peut pas tout garder, c'est impossible, il faut savoir laisser partir, oui, oui, facile à dire quand c'est pas le rire de sa grand-maman, La vie ça peut être plus léger, beaucoup plus léger, qu'est-ce qu'il faut pas entendre, La légèreté tue chaque jour partout dans le monde, c'est ce que j'aimerais leur répondre, La légèreté dont vous parlez, c'est courir à toute vitesse les yeux fermés, forcément, un jour, on se cogne contre un mur, et qu'est-ce qu'on dira alors, hein, qu'on l'avait pas vu venir ?
Yes! Ça parle de la difficulté des jeunes garçons à exprimer et vivre leurs émotions. Ça parle d'une jeunesse qui configure son rapport à la vieillesse et à la mort dans un monde qui ne leur promet rien d'autre que d'être emportés par le fleuve qui déborde chaque printemps. Un monde où l'idée même de vieillesse, de vieillir, s'effrite. Ça parle de deuil. C'est tout en subtilité et en même temps, c'est la parole crue et sans artifices d'un enfant.
Je suis moins fan du style "tout en une phrase", mais ça participe du propos et on sent très bien la jeune parole. J'ai eu l'impression de lire les premières pages de l'Opoponax côté style!
Un très beau livre, vibrant d'une sensibilité magnifique, mais je n'ai pas accroché. C'était comme un concept pour lequel j'ai perdu l'intérêt après 35 pages. J'ai juste survolé le reste pour me rendre à la fin. Aussi, la « certaine tristesse » du personnage, de l'histoire, me chamboulait trop, il manquait d'espoir, d'espace, d'air.
Mention pour les mots en anglais épelés aux sons, idée que j'ai beaucoup aimée, qui rend le texte moins prosaïque, plus poétique.
Bonbon, touchant. On sent vraiment les émotions dans ce roman et plusieurs fois, nous sommes confrontés à la réalité oure et dure perçue à travers les yeux d'un enfant.
la relation avec sa grand-mère et la place qu'elle prend dans le roman sont au coeur du roman.
Comme si Holden Caufield avait trouvé son penchant éco-anxieux quelque part aux abords du Fleuve Saint-Laurent
Mention spéciale à toutes les personnes qui ont déjà été qualifiées de vieille âme, je pense qu'on peut toutes se reconnaître un peu dans le récit de Noé
J’ai vraiment trouvé difficile la lecture considérant la ponctuation bien différente de ce à quoi nous sommes habitués. Je me sentais étourdie, avec impression de passer du coq à l’âne.
Incursion dans l'angoisse d'un jeune enfant après la noyade de sa grand-mère. Une longue litanie, sans point, qui est en adéquation avec son propos (l'écoanxiété et le deuil), mais qui ne permet pas de reprendre son souffle. La comparaison avec « La Vie devant soi » est incontournable : avec Momo et Madame Rosa, la candeur de la jeunesse, la perte d'innocence, le lien familial. Cependant, dans « Une certaine tristesse », qui porte bien son nom, on n'arrive pas à s'attacher au protagoniste, qu'on connaît surtout à travers ses angoisses. Ça commence tout de suite dans le vif de la blessure et il n'y aura pas de progression psychologique malgré les retours en arrière; c'est plat. J'ai toutefois apprécié la plume aiguisée de l'auteur et ses prises de position prometteuses pour la suite.