La bombe atomique et le décryptage de la machine Enigma sont souvent cités comme les deux secrets les mieux gardés de la Seconde Guerre mondiale. Un troisième est toutefois resté dans l'ombre pendant des décennies: le Projet N. Cette opération militaire ambitieuse visait la toute première production de masse d'une arme de guerre biologique - une bombe à l'anthrax.
Ultra-secret, ce projet s'est déroulé au Québec, à Grosse-Île, au coeur du fleuve Saint-Laurent. De 1942 à 1944, des scientifiques canadiens, britanniques et américains s'y sont réunis pour exécuter la mission confiée par Winston Churchill: fabriquer un demi-million de ces bombes, destinées à raser cinq villes allemandes. À la fin de l'opération, la quantité d'anthrax stockée sur l'île aurait suffi à exterminer trente fois la population mondiale.
Ce livre est le résultat d'années de recherches menées par Yves Bernard et Vincent Frigon pour retrouver les documents et recueillir les témoignages de cette opération stupéfiante.
J’ai aimé ce livre et en savoir plus sur ce pan important de notre histoire. Malheureusement, il manque beaucoup d’infos et de détails en raison de la destruction d’archives, mais la recherche est bien effectuée et on se sent transporté à cette époque. Les pauvres soldats pognés sur l’île l’hiver pas de boisson 😂. Les auteurs abordent bien les différentes hypothèses plausibles et remettent en doute les « explications » de l’armée et des différents paliers gouvernementaux. Plusieurs questions demeurent en suspend, donc ce bout est moins satisfaisant mais c’est la faute au secret militaire tsé!
Ce livre raconte une opération militaire canadienne longtemps restée secrète : le Projet N, un programme de recherche et de production d’armes biologiques mené à Grosse-Île, dans le fleuve Saint-Laurent, pendant la Seconde Guerre mondiale.
L’ouvrage est le résultat d’une vaste enquête menée par les auteurs depuis de nombreuses années. Au-delà de l’histoire du Projet N, ils cherchent aussi à montrer les questions qui restent sans réponse, les zones d’ombre et les difficultés rencontrées dans leur recherche d’informations. C’est une histoire fascinante, qui amène aussi à réfléchir à ce que peuvent justifier les nécessités de la guerre et jusqu’où les figures dirigeantes sont prêtes à aller pour assurer la victoire.
Le style journalistique m’a un peu moins accroché. J’ai parfois eu l’impression que les auteurs insistaient beaucoup sur le caractère inédit de leurs découvertes, de leurs recherches ou de leur travail, alors qu’il s’agit, dans une certaine mesure, de démarches assez normales dans le travail historique. C’est peut-être aussi ma propre formation en histoire qui influence ma perception sur ce point. Cela dit, le livre demeure bien écrit, bien construit et accessible. J’aurais simplement aimé un peu plus de contexte sur la Seconde Guerre mondiale, les enjeux de l’époque et la place du Canada dans le conflit. Malgré cela, c’est un ouvrage concis et efficace qui raconte une histoire méconnue tout en soulevant des questions intéressantes.
Un livre intéressant mais qui demeure en surface. Peut-être en raison de la suppression d’archives maintes fois décriée par les auteurs. +1 pour le récit de ma région.