Nell’epoca della corrispondenza digitale, suona curioso farsi riportare ai tempi, forse superati, della cartolina, ma Sébastien Lapaque non condivide l’opinione di chi la vede come una consuetudine sociale ormai prossima all’estinzione. Anzi è affascinato dalle cartoline che, attraverso immagini di luoghi, disegnano un’identità nazionale o esprimono il gusto per i viaggi avventurosi. E ci invita a seguirlo in un vagabondaggio in parte storico in parte immaginativo tra i significati e i simboli della «carte postale». Perché? Per ricordare che le cartoline restano un oggetto vivo e vitale tra tanti gadget insignificanti di cui ingombriamo le nostre vite banalizzate. Nelle raccolte di cartoline ricevute, nelle vecchie cartoline acquistate da qualche rigattiere si possono ritrovare i sentimenti del passato, si possono far rivivere affetti e meraviglie, e quindi abolire il tempo. E ancora oggi, nell’epoca degli sms, il cartoncino inviato per posta rappresenta la rivincita delle relazioni concrete. È un «modo semplice, ma profondo di mantenere legami nel mondo della separazione». L’autore non cessa di ribadire la scarsa attrazione per il mondo dei computer, del linguaggio binario, dei telefoni che ci seguono ovunque e rubano lo spazio alle fantasticherie, ai pensieri e ai ricordi. La Teoria della cartolina finisce così per essere la rielaborazione di un’idea, un cammino tra i paesaggi e i poeti amati, tra alcuni momenti preziosi di vacanza o di svago e i luoghi sognati.
Sébastien Lapaque (born 2 February 1971) is a French writer of novels, short stories and non-fiction works.
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Sébastien Lapaque, né le 2 février 1971 à Tübingen en Allemagne, est un romancier, essayiste et intellectuel français.
Sébastien Lapaque naît sur les bords du Neckar, à Tübingen.
Il est élève du lycée militaire de Saint-Cyr (années 1986-1988, matricule 5345), avec lequel il a joué, en scolaires, la finale du championnat de France de rugby contre le lycée Bellevue de Toulouse. En 1988, il a été renvoyé pour indiscipline. Ensuite, il fut élève de première et terminale au lycée Hoche à Versailles, époque à laquelle il a commencé à écrire. De par son admiration et ses travaux sur l'écrivain et essayiste français Georges Bernanos, il conçoit très vite une pensée politique originale.
Il fait des études d'histoire et de philosophie à l'université Paris IV-Sorbonne.
Il a publié un premier essai, Georges Bernanos encore une fois (Les provinciales/L'âge d'Homme, 1998, réédition Babel/Actes Sud, 2002) et, encouragé par son ami Frédéric H. Fajardie, un premier roman, Les Barricades mystérieuses (Actes Sud) en 1998. Ces deux livres dévoilent ses goûts pour la théologie, les promenades et la manière noire.
Après avoir signé occasionnellement dans l'hebdomadaire Marianne, il entre au Figaro littéraire à la fin des années 1990, fait paraître un deuxième roman (Les idées heureuses, Actes Sud, 1999, prix François Mauriac de l’Académie française) et des anthologies littéraires (Triomphe de Dionysos, Actes Sud/Babel, 1999, J’ai vu passer dans mon rêve, Librio, 2002).
Au printemps 2002, il reçoit le prix Goncourt de la nouvelle pour son recueil Mythologie française (Actes Sud). Une suite de voyages au Brésil fournit la matière de Sous le soleil de l’exil (Grasset, 2003), une enquête approfondie sur le séjour de Georges Bernanos sous le Tropique brésilien durant la Seconde Guerre mondiale, et le prétexte d’un florilège littéraire : Le Goût de Rio de Janeiro (Mercure de France, 2004). En avril 2004, il fait paraître Chez Marcel Lapierre (Stock).
En novembre 2004, le prix James-Hennessy, décerné chaque année à un critique littéraire, lui est remis à l’occasion du Festival des littératures européennes de Cognac. Il publie ensuite un carnet de voyage en Amazonie intitulé Court voyage équinoxial (Sabine Wespieser, 2005), le Petit Lapaque des vins de copains (Actes Sud, 2006), Room Service (Actes Sud, 2007) et Des Tripes et des Lettres (Éditions de l'Epure, 2007) avec son ami le cuisinier béarnais Yves Camdeborde dont il a préfacé le livre Gourmandises & Régalades (Robert Laffont, 2003).
En mai 2008, son pamphlet intitulé Il faut qu'il parte dénonce le sarkozysme comme le triomphe de «beaufs obsédés par les indices boursiers».
Il contribue parallèlement au supplément Paladar du quotidien brésilien O Estado de S. Paulo. C'est dans ce journal qu'il a rendu hommage à son ami vigneron Marcel Lapierre au lendemain de sa mort.
De 2009 à 2012, l'hebdomadaire de gauche Témoignage chrétien lui ouvre ses colonnes. Il y publie un «contre-journal» recueilli dans Au hasard et souvent (Actes Sud, 2010) et Autrement et encore (Actes Sud, 2013).
A l’occasion du décès de Jean d’Ormesson, on évoque, dans différents médias, l’incident l’ayant opposé à celui-ci, lors de la réception donnée, en juin 2010, à la questure de l’Assemblée Nationale pour les cinquante ans d’Hervé Gaymard. Lors d’une émission télévisée, Jean d’Ormesson reconnaît avoir giflé Sebastien Lapaque, compte tenu de l’hypocrisie de celui-ci à son égard.
dnf c'est une théorie de rien du tout, juste un mec blanc élitiste et méprisant qui se sert d'un usage populaire pour citer à tout va du Baudelaire et autres mecs blancs morts.
Une théorie très nécessaire et ô combien pertinente, fruit d’une révision par carte postale dont j’espère l’auteur me répondra s’il est un vrai carte postalier.
Petit livre qui se lit tout seul, qui donne envie d'errer sans but à Paris, d'embrace la spontanéité, et de penser à nos amis. Ça a changé ma perception des cartes postales, et ça m'a fait voir leur poésie. Un beau moment de lecture.
"La gloire des cartes postales était de permettre à chacun de le découvrir. On écrivait trois, quatre, cinq ou dix mots. En petits caractères, un peu plus. Mais déjà un mot suffisait. Joie Rêve Soleil Lumière Souvenir. Puisque sa théorie était aussi une pratique, il devrait le rappeler, souligner la force et l'évidence de ces mots, leur capacité à produire de la poésie automatique. Il pensait à ceux qui se désolaient de n'avoir pas d'idées pour écrire leurs cartes postales, il pensait d'abord à eux. Avant toute instruction, tout avertissement, toute réflexion ou toute remarque, il fallait leur rappeler qu'on n'écrivait pas des cartes postales avec des idées mais avec des mots, de jolis mots de tous les jours." (pg.16)
"Des tournures plus lapidaires, commençant par "On devrait jamais..." ou bien "On devrait toujours...". Elles permettent de découvrir le secret du mouvement perpétuel et d'écrire des cartes postales de grand style avec une finition à la feuille d'or qu'on dirait polie avec la main. [...] On ne devrait jamais se laisser déranger par son réveil... On devrait toujours laisser entrer le soleil par la fenêtre... On ne devrait jamais prendre de billet de retour... On devrait toujours partir sans laisser d'adresse... On devrait toujours faire la sieste... On devrait toujours oublier sa montre... on ne devrait jamais compter le temps qu'il reste... On devrait toujours écrire des cartes postales... [...] On devrait toujours prendre l'avion... On ne devrait jamais rester chez soi... On devrait toujours prendre le train... On ne devrait jamais hésiter... On devrait toujours s'émerveiller... On ne devrait jamais se poser de questions... [...] On devrait toujours improviser. " (pg 52-4)
"Aujourd'hui, on pouvait écrire autant de mots qu'on voulait. Le tarif "carte postale" avait disparu depuis longtemps, la Poste n'accordant plus de ristourne aux poètes capables d'exprimer leurs joies, leurs soucis et leurs espérance en cinq mots." (pg. 92)