Vous avez dit hygge, nesting ou cocon meublé avec goût ? Tandis que les injonctions mercantiles au bonheur domestique saturent les écrans, la question du logement, elle, se dépolitise. Pour ne pas finir à la rue, la classe politique suggère d’investir en immobilier. Voilà la solution !
Face à la réalité brutale de la crise actuelle, Camille Toffoli et l’illustratrice Isabelle Caron partent à la rencontre de locataires et de chercheuses pour exposer les failles d’un marché privé qui sacrifie l’humain – particulièrement les femmes et les communautés marginalisées – sur l’autel du profit.
Entre récits de résistance contre l’embourgeoisement et exploration de modèles alternatifs, se dessine un changement radical de paradigme : déconstruire le lien entre chez-soi et propriété pour faire du droit au logement un véritable pilier féministe.
La crise du logement ne m'était pas inconnue, mais au final, j'ai appris énormément, l'autrice nous offrant avec cet essai un travail de recherche vraiment étoffé. J'ai beaucoup apprécié la rencontre avec les femmes en début de chapitre, permettant de constater que si les profils de vie diffèrent, une constante est mise en lumière: la mobilisation de ces femmes à améliorer leurs conditions de vie et celles d'autrui. Le droit au logement abordable devient alors une lutte féministe, et ouvre de nombreuses possibilités alternatives et anticapitalistes, qui deviennent innovations, mais aussi opportunités de mieux-vivre, ensemble.
Critique sociale turbo gauche (qui n’est pas un commentaire péjoratif) joliment ficelée, recherchée et argumentée, mais qui manque un peu de nuances (ce qui est admis en finale par l’autrice). Beaucoup d’exemples poignants et une écriture inclusive que j’ai appréciée. Quelques coquilles sont restées malgré la révision, mais ça ne gêne pas la lecture en soi. Un essai important qui vaut le détour.
En tant que locataire, je vis constamment le stress d'une éviction. Parce que les propriétaires privés aiment nous faire croire que de capitaliser sur un besoin fondamental (être logées) c'est un travail difficile (trouvez-vous un vrai travail ma gang de calice) et qu'il faut absolument augmenter les loyers de façon abusive.
Cette lecture est donc plus que bienvenue.
En attendant de trouver une coop en Mauricie, j'me permets de rêver à une socialisation complète du parc immobilier.