"C’est étonnant, de vivre avec une personne, de se réveiller chaque matin contre son corps chaud et endormi, d’être capable d’analyser sa personnalité, son histoire, l’ensemble de son être et d’émettre à ce sujet, au sujet de cet ensemble à côté duquel on se réveille chaque jour, un jugement purement négatif et vaguement haineux."
Ezra, jeune professeur de mathématiques, devance les aléas de sa vie amoureuse en y appliquant la théorie des chaînes de Markov : un processus scientifique permettant de prévoir tout changement à partir de l’observation du présent. Alors que le couple qu’il forme avec Ève est fragilisé par leurs éducations et ambitions diamétralement opposées, Ezra tente d’anticiper leur futur et de prévenir la rupture. La logique mathématique pourra-t-elle éviter la dislocation de leur amour ?
J’y connais rien aux maths, mais après la lecture de ce livre j’ai l’impression que les chaînes de Markov sont une théorie selon laquelle si vous amenez votre petite copine en vacances dans trop de plans foireux, elle vous quittera éventuellement.
Il y avait des choses intéressantes dans ce livre houellebecquien, mais sans que les idées soient parfaitement approfondies, sans qu’on s’attache aux personnages (soit trop caricaturaux, soit tête à claques). Ca se lit vite, ça n’est pas désagréable, mais n’est pas Houellebecq, Abel Quentin ou Gaspard Koenig qui veut. Reste que ce premier roman a quelque chose d’honnête (un peu autobiographique) et que l’auteur pourrait avoir des choses à dire dans un prochain roman
Bien qu’on ne voit pas très bien ce que les chaines de Markoff viennent faire dans cette histoire, la lecture de ce roman sentimental reste très plaisante. Mais c’est probablement dû à notre ignorance en matière de mathématiques. Par contre, pour ce qui est des histoires d’amour, celle-ci est originale, honnête et donc pleine de sentiments.
Rien ne marche dans ce roman terriblement décevant, dans cet horripilant ratage.
L'argument d'une science des sentiments tout d'abord. Les chaînes de Markov sont en effet ici prises comme prétexte à analyser les relations humaines en termes de structure, où chacun serait déterminé par sa place au sein du système ; ainsi, de la famille d'Eve, ou chacune des trois filles s’empare du rôle social laissé vacant par son aînée. C'est faire preuve d'une inculture psychologique crasse, fort dommageable à quiconque se pique de faire œuvre de romancier, à l'heure où toutes les méta-analyses confortent inéluctablement les déterminations très majoritairement génétiques du tempérament. En outre, la prétention d'utiliser les chaînes est mensongère dès l'amorce, puisque les systèmes humains étudiés sont, par essence, riches d'une histoire qui fait peser son lot de déterminations elle aussi. Mais le texte est tellement sec, tellement pauvre pour tout dire, que ses personnages sont en effet presque entièrement dépourvus de passé.
Une autre grave faiblesse de l'auteur est que, outre qu’il est dépourvu de la moindre notion de psychologie différentielle, il semble également manquer de toute épaisseur littéraire. Si son récit est bref, ça n'est pas le fait d'un élagage au terme duquel dégager une langue cristalline ; c'est, bien plutôt, porté par la conviction spécieuse d'être irrésistiblement spirituel, parce que Selcer est incapable de caractériser un personnage ou de donner chair a une scène. Dans sa construction maladroite, les amants sont diaphanes, et il consacre sans doute davantage de pages au navrant oncle Robert qu'a son anti-héros Ezra, tête-à-claques falot.
La dimension sociologique, enfin, est tout aussi fautive. Selcer prétend motiver par un conflit de classe l'incompatibilité d'Eve et d'Ezra. Celui-ci, fils de médecins, enseignant en prépas et vraisemblablement agrégé, d'une judéité certes diluée, serait censément écrasé par le catholicisme solide et l'enracinement provincial de sa maîtresse, enseignante en lycée par sacerdoce. On a plutôt le sentiment de la confrontation d’un connard et d’une chieuse. Ou encore, l’auteur met fugitivement en scène la honte nationale que fut le mandat présidentiel de François Hollande - comme s'il s'agissait d'une irrévérence romanesque folle, que la moitié de la scène littéraire française n'avait pas déjà traitée depuis dix ans.
Noham Selcer est vraisemblablement très diversement doué - on nous l'apprend suffisamment dès les premières lignes de toutes ses notices biographiques. Mais être Solal ne fait pas de vous un Albert Cohen ; qu'il retourne enseigner les maths, ou que sais-je.
Un peu comme Pourchet, c’est sec drôle et bourgeois. J’aurais bien aimé plus de liens mathématiques encore, ici c’est encore peut-être un peu trop un prétexte
Erza, 26 ans, est professeur de mathématiques dans une prépa de lycée parisien. Il est passionné par la théorie des chaînes de Markov permettant de modéliser des scénarios futurs à partir de l’observation du présent.
Erza est donc persuadé que les liens entre les êtres, quelle que soit leur nature — amicale, amoureuse, professionnelle — obéissent à cette loi de probabilité.
Ce système de prédiction est notamment utilisé en météorologie, et lui l’applique à sa propre vie autour de son histoire d’amour. Ève est professeur de français dans le même lycée, descendante d’une vieille famille noble française. Lui est fils de juifs ashkénazes de Montpellier. Après l’euphorie de la découverte, la passion s’étiole…
Style vif, percutant, et surtout très drôle, parfois même cynique. Premier roman de l’auteur qui porte un regard aiguisé sur la société. Il capture notre époque avec style.
Aurait peut être mérité moins de jugement et de caricatures, et plus de lien avec la science et les mathématiques justement.
Utiliser les chaînes de Markov pour analyser sa vie amoureuse : mauvaise idée. Le livre montre surtout qu’on ne peut pas ne pas tenir compte du passé et donc des redflags. La relation entre les deux personnages paraît bancale du début à la fin, et on a souvent l’impression que le personnage principal n’y croit jamais tout à fait. Le roman se lit bien, mais avec du recul, la référence aux chaînes de Markov n’apporte pas forcément un vrai supplément à l’histoire.
Pas toujours inspiré, parfois très juste, sur le rapport entre les chaînes de Markov et le destin d'un couple notamment. Style agréable, j'ai apprécié ma lecture.