j'avais pas mal d'attentes, les AG c'est un objet politique qui me fascine pas mal. pour les fantasmes démocratiques qu'elles représentent, pour le fait que malgré tous ses défauts, ça reste toujours la forme d'auto-organisation à la base la plus puissante de tous les mouvements sociaux et parce que c'est un des moments où la tension entre le fond politique et les formes d'organisation est le plus tangible. et je suis triste de mal noter un livre des éditions du commun mais là... je suis très déçue je crois snif
le bouquin est axé uniquement sur les mvmts « anarchistes / autonomes » et j'avoue que je ne comprend pas l'intérêt de ce cadrage spécifique, qui est probable un héritage de la recherche universitaire qui est à la base du livre si j'ai bien compris. ça amène l'autrice a beaucoup se concentrer sur l'appartenance ou non à cette ligne politique, à ignorer certaines pratiques ou formes parce que moins issus de ces milieux et du coup à rater une partie du sujet. jveux dire les AG de grève ou du mouvement étudiant présente les mêmes enjeux que les autres mêmes si elles ne sont pas explicitement anarchistes...
l'autre conséquence c'est que les deux premiers tiers du bouquin sont une histoire des pratiques d'AG anar/toto, mais c'est tellement synthétique que j'en vois pas trop le but. on s'attarde énormément sur l'histoire de la 1e internationale mais pas beaucoup sur les pratiques d'auto-organisations ouvrirères existantes par ex, et j'ai l'impression qu'on laisse de côté des tas d'expériences et de pratiques.
le dernier tier est une analyse basée sur l'observation d'une ou deux AG. ça donne lieu a un décortiquage socio-linguistique de plusieurs bouts d'AG qui fini par aboutir à des conclusions un peu obvious et qui n'iront pas bcp plus loin que ça (omg y'a des gens qui parlent plus que d'autres et il y a une tension entre la volonté de cadrer les discussions ou leur donner un espace plus libre ???). j'en ressors donc très frustrée, en ayant l'impression que là plupart des questions ne sont pas posées, et que quand elles le sont c'est avec un regard de chercheuse et pas de militante, ce qui était pourtant l'ambition du livre si j'en crois l'intro, même si l'autrice est chercheuse de base.
(encore lu à voix haute avec Sam car nous sommes simplement des kiffeuses)
je sais pas si c'est l'angle socio-linguistique (analyse les termes et les effets symboliques sans en étudier les conséquences politiques matérielles) ou l'angle bandeur de toto (alors que les AGs sont loin d'être l'apanage des anarchistes/autonomes) qui m'a le plus frustré. il m'est arrivé souvent de lire des ouvrages sur des milieux/sujets que j'ai beaucoup fréquenté et, dans le meilleur des cas, de ressentir l'exaltation des rouages qui s'imbriquent et viennent éclairer ce que je théorisais instinctivement, ou, dans beaucoup d'autres cas, de me dire que le travail était une solide base même s'il ne m'apportait pas de nouveaux éléments. peut-être que je suis pas la cible de ce bouquin, mais si pas moi qui ? l'expression est parfois très répétitive, peut-être dans un but d'accessibilité, mais ça rend la lecture laborieuse. la promesse du titre n'est pas tenue, je ne sais pas si la prise de parole est une prise de pouvoir, si oui dans quelle mesure et selon quels critères, et comment imaginer des assemblées qui tendent vers plus d'horizontalité. après j'suis ptetre juste bête. mais bon si c'est ça qu'on rend au mouvement jpense garde c'est ok. (au moins l'argent va à des camarades)
Je m’y attendais mais je suis quand même un peu déçu Liste des trucs que j’ai à dire sur ce livre : - les questions posées au début du livre ne trouveront jamais de réponses - j’ai apprécié la première partie mais j’ai trouvé ça très synthétique et ça avait finalement pas tant d’impact sur le reste du livre vu comment ça a survolé le sujet - pourquoi est il aussi court? On dirait que la durée du bouquin est une contrainte qui empêche un développement plus profond, mais est ce qu’il y avait vraiment une contrainte de longueur pour l’autrice? - les questions auxquelles on veut avoir des réponses sont réabordées à la toute fin, comme si le développement des 50 dernières pages n’avaient servi à rien (et sans aucune réponse encore une fois) - je ne comprends pas à qui est destiné ce livre : si c’est à des personnes jamais venues en AG, elles vont être perdues et pas y trouver ce qu’elles cherchent car l’absence de développement et de profondeur vont pas les aider à comprendre ce genre de structures. Si c’est pour les habitué.e.s des AG c’est aussi un pari raté puisque le livre ressasse ce que tout.e militant.e a déjà connu, sans apporter d’éclairage supplémentaire, et toujours sans répondre à la question principale posée au début - je pense qu’il y a un gap generationel avec l’autrice (j’ai commencé à militer bcp plus tard qu’elle), je vois plein de petits éléments qui me font penser qu’on ne vit plus les mêmes AG dont elle témoigne et du coup ça me questionne sur la pertinence des exemples qu’elle propose - je suis super dérangée par l’utilisation de citations de militant.e.s. je sais qu’il n’y a rien pour les identifier mais jsp genre c’est pas ta thèse ou ton mémoire, et quand bien même ce sont des extraits de ces derniers, pour lesquels les militant.e.s auraient consenti pour partager des citations, iels ont pas forcément donné leur accord pour que ce soit dans un livre. Jsp où je vais avec ça mais c’est un truc qui m’a gêné, ça me travaille pas mal en ce moment l’utilisation de témoignages gratuits et/ou volés dans le cadre de publication scientifiques ou non - en parlant de ces exemples qu’elle tire de situations réelles avec des verbatim, je trouve que ses analyses volent vraiment pas haut, fin vraiment tout ce qui est dit c’est fork found in the kitchen. Elle décrit littéralement ce qu’on lit dans les citations…. En plus je trouve que vis à vis de certains passages du livre y’a une vraie prise de position de sa part et jsp ça brouille sa posture entre militante et chercheuse et je crois j’ai pas trop aimé ça
Vraiment désolé pour ce commentaire très à charge mais j’en attendais bcp et j’ai été assez déçu