Adèle et le Pays-Du-Dedans est un roman auto-édité de Christin R. Baker. Il est emblématique de la lutte contre les maltraitances et violences sexuelles faites aux enfants, et permet de comprendre avec délicatesse et empathie les mécanismes de ces violences ainsi que leurs conséquences catstrophiques.
Adèle vit dans un petit village du Limousin, dans les années 60. Ses parents l'ont enfantée hors mariage. A cette époque, une seule solution pour éviter le quand-dira-t-on: régulariser leur situation, s'unir pour le meilleur et surtout pour le pire… Ainsi naît Adèle, de parents nommés Louise et Marcel Marceau… Malgré son nom, le père n'a rien du mime: coutumier du verbe haut et des violences verbales, il maltraite femme et enfant, abuse sexuellement de sa fillette en profitant du déni de son épouse. La fillette ne cesse d'espérer de sa maman une attention, une écoute ou un geste tendre, mais elle n'a que des miettes, des bribes d'affection qui ne comblent en rien sa douleur. Adèle apprend très tôt la violence de ce monde… le réconfort qu'elle trouve auprès de sa nourrice et de ses grands-parents ou dans les sucreries de l'épicière ne lui sont d'aucun recours face à la brutalité bestiale de son père. Elle s'invente alors un monde parallèle dans lequel trouver refuge, se dissocie pour s'extraire des moments inconcevables.
Adèle est une enfant martyre, incestée, dénigrée à qui rien ne sera épargné. Aux yeux des autres, Adèle est une enfant particulière, différente, chelou dirait-on aujourd'hui, une enfant qui ne cherche pas à sociabiliser car elle a quelque chose de trop grand à cacher. Adèle vit dans le présent, n'envisage pas le futur, ne s'invente jamais un avenir. Elle survit. Adele est un personnage de fiction mais dans la vie réelle elle appartiendrait à cette catégorie d'enfant (2 par classe de CM2 ou 160000 enfants par an), que l'on ne voit pas, que l'on n'entend pas, bien qu'ils expriment à leur façon leur souffrance, et qui se retrouvent à l'adolescence et à l'âge adulte avec un énorme fardeau sur les épaules.
Le roman de Christin R.Baker est exemplaire pour comprendre les mécanismes du silence, qu'il soit imposé ou non. Un enfant maltraité et sexuellement agressé se tait à cause des menaces, de la honte, ou encore par loyauté envers un papa qui le reste quoi qu'il arrive. L'écriture si subtile est à la fois délicate et puissante, suggestive et immersive au point que le lecteur vit les réactions d'Adèle comme s'il s'agissait des siennes. Mais attention, jamais l'autrice ne confronte le lecteur à des scènes excessivement choquantes, tout est mesuré, maitrisé pour susciter avant tout l'empathie, ce qui rend la lecture supportable et bouleversante malgré le sujet. La plume de l'autrice est fine, émouvante. Adèle évolue: l'enfant soumise devient une adolescente rebelle qui n'a d'autre choix que de développer un sentiment de haine, mais qui espérons-le saura trouver sa voix, suivre le chemin de la résilience, bien qu'il soit assurément complexe. le destin d'Adèle nous sera révélé dans les deux prochains tomes de cette série. Je vous conseille ce roman et je remercie l'autrice Christin R.Baker pour sa confiance.
La petite Adèle Marceau nait et grandit dans les années 1960, dans un village reculé du Limousin. Son père, rapatrié d’Algérie, séduit sa mère, jeune femme influençable. Adèle n’est pas attendue par ce couple qui se marie, sans réellement le souhaiter.
Dès ses premières années, elle ressent le poids que sa naissance pèse sur ses parents, qui ne lui manifestent que mépris et brimades. Son père, grande gueule et populaire, tient sous sa coupe son épouse et n’accepte pas d‘être contrarié. Et puis, très vite, Adèle devient plus que son souffre-douleur, elle est aussi sa grande fille, si précieuse… malheureusement beaucoup trop précieuse. Sa mère se contente alors de détourner le regard et d'être, elle-même, emplie de dureté.
Le quotidien d’Adèle voit s’alterner violences physiques et morales, harcèlement, violences sexuelles… Elle découvre l’amour et la légèreté chez ses grands-parents maternels, pendant les vacances, mais aussi chez sa nounou, une douce vieille dame, elle-même brisée par la vie.
Prise dans cette vie trop insupportable pour elle, Adèle connait ses premières phases de dissociation. Elle sort de son corps, pour rejoindre un monde plus paisible, où ses secrets sont bien gardés : le Pays-Du-Dedans. Son ours en peluche, Oscar, joue le rôle du vecteur qui l’aide à se réfugier dans cette part profonde d’elle-même.
Et Adèle grandit, est scolarisée, et continue à porter le poids de secrets trop lourds pour ses frêles épaules… jusqu’à ce que l’adolescence pointe et commence à réveiller ce qu’elle a cherché à enfouir !
L’autrice nous offre ici un roman poignant, émouvant, très bien construit, avec énormément de pudeur dans les mots et les scènes.
En créant Adèle, l'autrice met en lumière le calvaire vécu par ces enfants, emmurés dans le silence, et qui se coupent progressivement de toute vie, y compris amicale. Incompris, effrayés, retranchés dans leur monde, ils ne doivent leur survie qu’à leur courage personnel et à l’aide de quelques personnes (ici, les figures des grands-parents, de la nounou ou de la CPE du collège d'Adèle).
C’est au final un roman dur mais addictif, à découvrir avec le cœur, et, pour les lecteurs les plus fragiles, avec la connaissance préalable des sujets difficiles qui seront abordés.
Aujourd’hui, je vous emmène à la rencontre d’Adèle, une petite fille venue au monde dans une famille qui n’était pas prête à l’accueillir…
À travers son histoire, l’autrice nous plonge dans une époque où ce qui se passait derrière les portes d’un foyer devait rester secret. Les enfants n’avaient ni voix ni place. Alors Adèle apprend à se faire discrète, à se taire et à occuper le moins d’espace possible, comme si sa simple présence dérangeait.
Ce roman noir aborde avec beaucoup de finesse des thématiques particulièrement difficiles : les violences physiques et psychologiques subies durant l’enfance, le handicap et le regard que la société portait sur lui à cette époque. Sans jamais tout nommer explicitement, l’autrice laisse le lecteur lire entre les lignes, ce qui rend certains passages d’autant plus marquants.
Au cœur de cette noirceur, le lien qu’Adèle partage avec sa Mamé Cocotte ainsi qu’avec ses grands-parents, Charles et Yolande, apporte une véritable bouffée de lumière et d’humanité.
J’ai trouvé très intéressant de découvrir les mécanismes de protection qu’Adèle met progressivement en place pour survivre et avancer jusqu’à l’adolescence.
Je m’attendais à être profondément bouleversée par cette lecture. Pourtant, je suis restée assez en retrait émotionnellement pendant une grande partie du roman. Ce n’est que dans le dernier quart que j’ai commencé à ressentir davantage d’émotions.
Quant au dénouement de ce premier tome, je l’ai trouvé particulièrement cohérent… et tristement réaliste.
Même si cette lecture ne m’a pas touchée autant que je l’espérais, je suis convaincue qu’elle saura émouvoir de nombreux lecteurs tant les sujets abordés sont forts et traités avec sensibilité.
Et vous, connaissez-vous Adèle ? Ou aimeriez-vous partir à sa rencontre ?
Je vous retrouve pour vous parler du roman de @christinrbakerauteure "Adèle et le Pays-Du-Dedans", reçu en SP. Je remercie l'autrice pour l'envoi de son roman et pour sa confiance. Il s'agit du tome 1 d'une saga en 3 volets.
Nous faisons la connaissance d'Adèle Marceau dans les années 60, elle vit à Viremont, un village reculé dans le Limousin. Dès sa plus tendre enfance Adèle se sent rejetée par ses parents, dénigrée et humiliée. Son père est un homme violent et sa mère ferme les yeux et s'efforce de maintenir l'image d'une bonne famille. Mais que se passe-t-il réellement dans ce foyer ?
Quelle claque ce roman, il m'a retourné le cœur et l'estomac et fait passer par pleins d'émotions, la haine, la colère, la tristesse... Adèle vit un enfer et on ne souhaite qu'une chose : la protéger !! Chez elle, elle subit la violence physique et psychologique de son père, le rejet et l'indifférence de sa mère tandis qu'à l'école elle subit le harcèlement et d'autres violences. Pour "fuir" cela Adèle se mure dans le silence et se réfugie dans un autre monde, son Pays-Du-Dedans. Elle trouve un peu de réconfort et d'amour auprès de ses grands-parents et de sa nounou, ces personnages m'ont profondément ému. Les thèmes abordés sont très forts avec la violence physique et psychologique, l'inceste, le viol, le harcèlement mais l'autrice relate l'histoire sans jamais nommé les actes mais juste les émotions.
Adèle est un personnage de fiction mais malheureusement nous savons que ces drames arrivent réellement ( 119. - Allo enfance en danger)
Ce roman est extrêmement fort, il m'a marqué au plus profond de mon cœur.
Je remercie tout d'abord Christin R.BAKER pour l'envoi de son roman et pour sa confiance !
PROFONDÉMENT TOUCHANT et BOULEVERSANT
Dans ce roman, nous rencontrons une petite fille, Adèle. Elle nous raconte son histoire, son enfance avec ses propres mots.
Elle nous explique ce qu'elle vit au quotidien : le rejet qu'elle subit de la part de ses parents, les violences physiques et psychologiques de la part de son père et le désintérêt complet de sa mère à son égard.
Elle nous explique aussi que pour survivre à tout ça, elle s'est créée son propre monde, "Le Pays-du-Dedans".
Ce dernier devient un véritable refuge pour elle...
Mon avis
Ce roman est profondément touchant et bouleversant.
J'ai eu le cœur serré pendant toute la lecture. Certains passages m'ont vraiment fait mal dans la poitrine et à l'estomac. J'ai été profondément remuée.
La plume de l'auteure est fluide, délicate, pleine de sensibilité mais aussi percutante.
Les sujets abordés y sont forts. On y parle de violences physique et psychologique, mais aussi d'inc*s*e et d'ab*s se**els..
L'utilisation du "je" rend encore plus fort la lecture et nous implique fortement dans l'histoire d'Adèle.
Je peux vous garantir une chose, c'est qu'on ne sort pas indemne de cette lecture. Je pense que je vais avoir du mal à passer à autre chose et à oublier l'histoire de cette petite fille !
Je remercie de nouveau Christin R.BAKER pour sa confiance !!
Adèle et le Pays-du-Dedans est un roman profondément bouleversant qui aborde avec beaucoup de délicatesse des thématiques particulièrement difficiles. À travers la voix d’Adèle, une enfant solitaire confrontée aux violences de sa famille, aux silences et aux non-dits qui les entourent, l’autrice nous plonge dans un récit douloureux mais profondément humain. Pour survivre à une réalité trop brutale, Adèle crée un refuge intérieur : le Pays-du-Dedans, un monde imaginaire dans lequel son esprit peut s’échapper lorsque la douleur devient insupportable. Ce concept fait écho à un mécanisme psychologique réel, la dissociation, qui permet parfois à l’esprit de se protéger face au traumatisme. Le roman aborde des sujets particulièrement lourds : violences intrafamiliales, maltraitances verbales, physiques et sexuelles, traumatismes d’enfance, deuil et traumatismes transgénérationnels. Pourtant, malgré la dureté des thèmes, l’écriture reste empreinte d’une grande douceur, portée par le regard innocent d’une enfant qui tente simplement de comprendre le monde qui l’entoure. Cette lecture m’a profondément touchée et souvent mise en colère face aux injustices et aux silences qui entourent trop souvent la souffrance des enfants. Un roman dur, poignant et nécessaire, qui donne une voix à celles et ceux qui ont longtemps été réduits au silence.
Adèle est un "accident", une "erreur". Elle n'est pas aimée, elle essuye les brimades d'une mère sous emprise et subit les violences d'un père incestueux.
"Ma bouche se taisait. Alors j'ai parlé ailleurs. Dedans." Pendant les abus, son esprit quitte son corps, s'enfuit pour se réfugier au Pays-du-dedans, là où son imagination n'a pas de limite et la réconforte du mal du Pays-du-dehors ... une technique de survie.
D'une plume sensible et descriptive l'auteure transforme le laid et l'inadmissible en poésie. Et cela rend le récit d’Adèle plus supportable. L'auteure suggère sans imposer les détails, elle ne cherche pas à choquer, tout est mesuré. Elle a fait le choix d'écrire à la première personne, c'est Adèle, 5 ans au début du récit, qui parle et cela apporte encore plus de poids au récit et suscite une certaine implication du lecteur. L'histoire d'Adèle est fictive mais malheureusement trop réelle pour d'autres enfants.
Ce récit aborde des thèmes très difficiles et sensibles comme les violences intrafamiliales physiques, psychologiques et sexuelles. Cela peut faire résonance et peut heurter la sensibilité de certains.
Voilà une lecture exigeante émotionnellement, elle bouscule, elle met en colère mais on ne peut passer sous silence des faits qui malheureusement existent bien dans la réalité. Je vous invite à la découvrir ... si vous êtes prêts!
Dans ce livre, on va suivre Adèle dont l’enfance est marquée par des violences intra familiales et le manque d’affection.
Pour échapper aux horreurs de son quotidien , elle se réfugie inconsciemment dans un monde imaginaire : Le pays du dedans. C’est alors qu’elle retrouve un semblant de paix et de réconfort.
Mais les retours à la réalité sont insupportables à vivre et Adèle comprendra que pour s’en sortir elle devra affronter la vérité.
Le personnage d’Adèle m’a beaucoup touché , c’est une enfant si innocente qui ne cherche que l’amour et l’attention de ses proches. Elle tente de survivre tant qu’elle peut et espère qu’un jour son cauchemar cessera. J’ai aimé suivre au fil des pages son évolution : ses pensées et ses réflexions devenaient de plus en plus maîtrisées et réfléchies.
J’ai trouvé très intéressant de suivre les mécanismes de défense mis en place par le cerveau pour protéger Adèle. C’était fascinant de découvrir cet univers bien construit qui savait verbaliser les souffrances de la jeune fille.
Adèle et le Pays du dedans est un récit poignant et révoltant qui met en lumière les conséquences des blessures enfouies. Une histoire assez dure à lire car elle illustre une réalité cruelle et injuste.
TW : violences physiques , psychologiques et sexuelles