Melissa Hallam et Lucy Carmichael se rencontrent, étudiantes, à Oxford, et se lient d’une amitié complice et joyeuse. Ensemble, elles forment un duo redoutable face aux garçons, car le mariage reste la grande affaire des jeunes filles bien élevées. Mais Lucy fait la connaissance, lors d’une soirée où Melissa n’est pas, de l’explorateur Patrick Reilly. Il est plus âgé, il a vécu, il est irrésistible. Surtout, il veut l’épouser. Le mariage n’aura pourtant pas lieu. Lucy, abandonnée à l’église, prend alors un poste d’enseignante à l’Institut artistique de Ravonsbridge, fondé par un magnat de l’industrie automobile philanthrope. Dans cette bourgade industrielle, la ville basse, populaire et ouvrière, côtoie la ville haute, et Lucy est bientôt plongée dans un chaudron explosif où se déploie une savoureuse comédie humaine, entre frustrations, ambitions, rapports de classes, mesquineries et autres étroitesses, mais aussi nouvelles amitiés, entraide, générosité. En merveilleuse sondeuse d’âmes, Margaret Kennedy multiplie les clins d’œil à Jane Austen et, faisant le portrait d’une héroïne lumineuse, met à l’honneur l’amitié entre femmes.
Margaret Kennedy was an English novelist and playwright. She attended Cheltenham Ladies' College, where she began writing, and then went up to Somerville College, Oxford in 1915 to read history. Her first publication was a history book, A Century of Revolution (1922). Margaret Kennedy was married to the barrister David Davies. They had a son and two daughters, one of whom was the novelist Julia Birley. The novelist Serena Mackesy is her grand-daughter.
Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Pièce Montée ? "La plupart des mes derniers coups de coeur sont des publications des éditions de la table ronde et, même si j'ai moins aimé les deux précédents Margaret Kennedy que j'ai lu, je ne pouvais tout simplement pas passer à côté de celui-ci."
Dites-nous en un peu plus sur son histoire... "Melissa et Lucy, qui se sont rencontrées à l'université, sont devenues très proches. Mais Lucy a croisé le chemin d'un homme qu'elle a décidé d'épouser alors que Melissa est certaine qu'il n'est absolument pas fait pour elle..."
Mais que s'est-il exactement passé entre vous ? "J'ai commencé ce livre en me disant que ça ne pourrait pas être un aussi gros coup de coeur que le Festin et le début semblait plutôt me donner raison. Il y a eu des hauts. Il y a eu des bas. J'ai adoré le début par exemple, raconté par Mélissa, où l'on découvre Lucy a travers son regard, et elle m'a drôlement manquée ensuite à chaque fois qu'elle n'était pas présente. J'ai moins aimé le passage épistolaire, un peu long à mon goût, et j'ai trouvé un peu dommage que, sur la fin, la partie de l'intrigue qui nous avait occupés si longtemps soit à ce point reléguée au second plan. Et pourtant... Pourtant j'ai adoré, tout simplement. C'est bien écrit, bien traduit et surtout, on s'attache tellement à Lucy qu'on ne voudrait plus la quitter. J'ai souffert pour elle, j'ai espéré certaines choses que j'ai cru ne jamais voir arriver, je me suis beaucoup amusée aussi. Bref, je ne voulais surtout pas la quitter, surtout pas que ça s'arrête et je ne saurais plus vous dire maintenant lequel du Festin ou de celui-ci j'ai le plus aimé."
Et comment cela s'est-il fini ? "La fin est parfaite même si, comme je l'ai déjà dit, je ne voulais pas que ça s'arrête. J'ai été si triste de refermer la dernière page et de devoir dire au revoir à tous ces personnages. Je pense même que je vais me l'acheter en anglais, l'édition est superbe, avec l'honorable intention de le relire un jour, peut-être."
Une comédie de moeurs anglaise à l'ancienne qui met en scène deux filles de bonne famille et bien éduquées lîées d'amitié. L'action se situe dans les années 50 mais aurait tout aussi bien se placer à la fin du XIXe. On retrouve la bonne société, les préventions de classe et l'intérêt des filles pour le mariage. L'originalité est que l'héroine est indépendante, résiliente, libre et travaille tout en cherchant à se remettre d'une énorme déception sentimentale. C'est finement observé et décrit. Ça m'a plu.
Quel pire cauchemar que d’être abandonnée à l’autel le jour de son mariage ? C’est ce qui arrive à Lucy Carmichael dès le début de ce roman de Margaret Kennedy. Une situation forte, qui aurait pu donner lieu à un récit très dramatique. Mais l’autrice choisit plutôt de raconter une histoire de reconstruction, faite de détours et de nouveaux départs. Très touchée, Lucy décide de quitter son entourage et de recommencer ailleurs. Elle part vivre dans un village du Lincolnshire et y travaille dans un institut culturel. Ce changement lui apporte des rencontres inattendues, de nouvelles réflexions et une autre vision de la vie. Margaret Kennedy décrit ses personnages avec beaucoup de finesse. Lucy est une héroïne touchante, à la fois forte et fragile, qui exprime ses émotions avec beaucoup de sincérité. Peu à peu, elle se transforme et l’on suit avec intérêt son parcours intérieur. Sous cette histoire intime, l’autrice glisse aussi des réflexions fines sur l’amour, le mariage, la place des femmes et leur condition dans l’après-guerre. Elle le fait sans jamais alourdir son propos, avec une écriture délicate, précise et maîtrisée. Autour de Lucy gravitent des personnages variés et crédibles, dont Melissa, son amie à la fois drôle, vive et inquiète, qui apporte une belle profondeur au récit. Les amateurs de Jane Austen retrouveront d’ailleurs certains échos dans les jeux de préjugés, les retournements de situation et l’analyse des caractères. Malgré une galerie de personnages parfois un peu foisonnante, qui peut par moments dérouter, le roman garde une grande fluidité. Son charme délicieusement vintage, sa mélancolie douce et sa justesse psychologique en font une lecture à la fois agréable et marquante. Quant à la fin, elle m’a semblé à la hauteur de ce récit élégant qui explore avec beaucoup de justesse les fragilités et les espoirs de ses personnages.
Lucy Carmichael, plantée à l’autel par un fiancé volage, ne se laisse pas abattre : elle se trouve un emploi d’enseignante dans un institut et le roman nous dépeint, comme une chronique, les relations qu’elle noue dans ce nouvel univers, mais aussi les tensions et conflits de cette petite communauté. En fil conducteur, une belle histoire d’amitié entre femmes. J’ai beaucoup aimé certains passages mais j’ai trouvé le cœur du roman un peu long : les querelles et jalousies des habitants de Ravonsbridge m’ont un peu perdue, d’autant que la dernière partie du livre passe à autre chose.