« Deux cent trente jours avant sa mort, l’homme que j’appellerai Monegal arrivait trempé à notre rendez-vous », ainsi s’ouvre ce curieux roman aux accents subversifs qui jamais ne cède à la vulgarité. En commençant par le punch de la fin. Je me suis laissée emporter par la relation entre l’éditrice Violette Letendre et l’écrivain en herbe Monegal. Nous pénétrons dans la construction d’une œuvre. Alternant les chapitres rendus au à un à l’éditrice et les entretiens sur l’évolution de l’histoire, nous avons le privilège d’être lancé dans la joute intellectuelle mettant en scène les questionnements sur la nature humaine, parfois en empruntant de drôles de détours. Le malaise s’invite lorsque le protagoniste, l’alter ego de Monegal, relate sa fascination pour les bruits du plaisir féminin. Une quête toujours plus étrange, aux limites de l’indécence. Violette est-elle choquée par les anecdotes de cet individu limite maniaque? Non, elle reste fidèle à son instinct et nous permet d’avoir accès à une lecture plus approfondie sur les tribulations troublantes de Monegal. J’ai adoré la manière fine et élégante de l’écrivain Alexandre Postel. Je me promets de lire ses autres roman. 5 étoiles