«La poésie de Rutebeuf - clerc par le savoir et jongleur par le métier - cultive tous les tons, tous les genres : il a poursuivi de ses critiques les moines mendiants, ses bêtes noires, et leurs protecteurs, pour défendre l'université ; il a prêché la croisade que tous les ordres de la société tendaient à négliger ; il a montré, dans ses Poèmes de l'infortune, au-delà de l'image traditionnelle du pauvre jongleur, le drame et la poésie de la pauvreté, principe unifiant de l'œuvre, en une vertigineuse litanie, toujours recommencée ; il n'a pas négligé les plaisanteries et l'humour des fabliaux dont le Testament de l'âne est un très bel exemple ; il a écrit les vies de sainte Marie l'Égyptienne, la courtisane repentie, et de sainte Élisabeth de Hongrie, des poèmes à la Vierge, et une pièce de théâtre sur la déchéance et la rédemption du clerc Théophile, double du poète - miracle au demeurant difficile à interpréter : retrace-t-il, à grands traits de manière symbolique, l'itinéraire réel du poète, ou exprime-t-il ses tentations, ses rêves, ses espoirs, ou bien présente-t-il un cas extrême qui atténue les propres fautes de Rutebeuf ?»
La première partie de ce recueil, qui comporte tous les « Poèmes de l'infortune », est de loin la meilleure (et probablement la seule qui vaille la peine pour ceux qui se calissent du (long) Moyen Âge). Ça pas rapport qu'on ait écrit ça il y a 800 ans. Vraiment touchant et vivant comme poésie. Bonne soirée les Rutebeuf.
Rutebeuf est un poète du XIIIè, dans un siècle considéré comme un tournant pour la religion. Il a de fait beaucoup écrit sur ce tournant et la religion de manière générale. Dans ce recueil, il y a quelques poèmes sur sa malheureuse vie, ce sont ceux que je préfère.