Ce livre m'a été offert pour ma fête. Décidément, mes ami.es savent ce qui me fait bien plaisir.
J'ai adoré ce livre dit "inclassable". On est proche d'un essai autobiographique, quoiqu'on pourrait en débattre longuement. Il y a aussi des passages versifiés, des rapports d'expérience plus factuels, des citations, etc. La forme de ce livre est sa plus grande force, à mon avis, et je compte le mettre au programme pour mes étudiants entre autres pour cet aspect. Le style de l'autrice est aussi excellent.
Toutefois, un tel titre a beaucoup de promesses, mais elles ont été partiellement tenues. Je m'attendais plus à un essai sur le Spécial K qu'à une autobiographie sur les douleurs chroniques. Certes, ses conditions médicales semblent atroces, mais celles-ci avec des digressions autobiographiques prenaient une place surpondérante dans un livre qui se nomme Kétamine, ce qui brise un peu "le pacte de lecture" (markéting ?). Un titre ayant un une marque de subjectivité aurait été plus adéquat.
Je crois que le livre aurait été enrichi en ayant une approche plus scientifique. J'aurais aimé voir plus d'études être citées, son mécanisme d'action être expliqué et ses avantages et inconvénients être explicités. J'aurais aimé aussi une réflexion sur la perception de la société de ces traitements, l'histoire du traitement, etc. Peut-être j'en demande trop...
J'ai bien également aimé l'édition qui en a été faite, avec des images psychédéliques entremêlées réalisées par l'autrice et sa mère.
L’autrice propose un portrait de la réalité vécue par les personnes vivant avec une douleur persistante à travers six séances de traitement à la kétamine. Cette lecture m’a permis de mieux comprendre cette expérience, ainsi que certaines violences ( notamment médicales ) auxquelles ces personnes peuvent être confrontées. Cela dit, le style d’écriture, caractérisée par des phrases parfois très longues, m’a moins interpellé et a pu nuire à la clarté de ma compréhension du message de l’autrice.
Somme toute, c'était une lecture intéressante et je tiens à souligner l’intégration de reproductions d’œuvres réalisées par l’autrice et sa mère, qui donnaient le ton au chapitre suivant.
Je qualifierais ce livre plus comme un essai qu’un roman. Il faut avoir beaucoup de concentration, pas trop de fatigue pour analyser les phrases, les idées véhiculées et bien les comprendre. Il y a beaucoup de réflexions et de philosophie. Cela dit, le sujet est intéressant et original. Le livre est court, aéré et j’ai aimé les oeuvres d’art créées à partir des thérapies à la Kétamine, elles appuient bien le texte.
Certains passages de ce livre devraient être lus par tout le monde pour mieux comprendre la réalité des personnes vivant avec des douleurs chroniques.
En tant que personne vivant avec des douleurs chroniques, j’ai appris des choses sur moi et accepté des facettes de ma réalité grâce à ce livre.
Ceci étant dit, l’écriture soutenue du livre rend sa lecture complexe et ne rend pas service au message. J’aurais pris plus de détails sur les trips de ketamine pour mieux comprendre en quoi ces traitements aident ou ce qu’ils font vivre.
Très joli livre, avec sa couverture colorée et les magnifiques œuvres visuelles réparties dans le texte.
J'ai beaucoup aimé la réflexion sur le corps malade, le corps limité, pour qui le quotidien est une montagne à surmonter -- parfois insurmontable --, sur les restrictions que cela pose à ces personnes en termes d'objectifs, de projets, etc. Très « relatable ».
Mais j'en aurais pris plus, plus d'intimité, plus de réflexion, plus de critique sociale. Il me semble que Carrère, dans Yoga, parle de son traitement à la kétamine pour traiter une dépression profonde d'une façon plus mobilisante. Mais bon, c'est moi qui aime l'autofiction trash bien mordante, je le reconnais.