Il n’existe pas de rives, de quais, de marinas, de ports que l’eau n’emporte, je ne traverse aucune épreuve, rien, je suis traversée.Quand une catastrophe survient, le vivant s’adapte, souvent avec plus d’agilité que l’animal humain. Muer, migrer, ployer, mordre : les stratégies varient selon la menace. Lorsque sa maison est engloutie par une crue dévastatrice, la narratrice d’Inondables s’inspire de ces tactiques pour appréhender son quotidien chaviré.Écrit dans la foulée des inondations du 1er mai 2023 à Baie-Saint-Paul, ce premier roman de Marilyne Busque-Dubois est une réflexion sur la vie à l’ère des changements climatiques, de ses aspects les plus concrets aux enjeux existentiels qu’elle suscite. L’autrice puise autant dans la science du vivant que dans la poésie pour penser les défis et les responsabilités de notre espèce ainsi que sa place dans le monde. Le résultat est une « auto-éco-fiction » sensible qui refuse les hiérarchies et nous offre de regarder l’univers qui nous entoure à hauteur de femme, de renard, d’insecte ; à profondeur de rivière.
Native de la ville de Québec, Marilyne Busque-Dubois vit et écrit à Baie-Saint-Paul. Elle détient un baccalauréat en études littéraires de l’Université Laval et une maîtrise en études littéraires avec concentration en études féministes de l’Université du Québec à Montréal. Autrice de Carnet brûlé (du monde qui crie), elle est également professeure de littérature au Centre d’études collégiales en Charlevoix. Son travail poétique, installatif et d’estampe a pu être vu aux Promenades urbaines du Musée national des beaux-arts de Québec, au 40e Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, au Livart, dans plusieurs sentiers de la SEPAQ et maisons de la culture, ainsi que dans différentes revues de création tels que Zinc ou Exit.
A native of Québec city, Marilyne Busque-Dubois lives and writes in Baie-Saint-Paul. She holds a bachelor’s degree in literature studies from Université Laval and a master’s degree in literature and feminist studies from Université du Québec à Montréal. Author of Carnet Brûlé (du monde qui crie), she also works as a professor of Literature in Centre d’études collégiales en Charlevoix. Her poetry, installation and printmaking work has been seen at Promenades urbaines du Musée national des beaux-arts de Québec, the 40th Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, at Livart and along a few National Parks hiking trails, cultural centres, and creative writing publications such as Zinc and Exit.
« Vous direz que nous (les humains) sommes les seul•e•s à parler, mais ce serait limiter le langage à la parole. Les autres êtres aussi savent l'exprimer, lorsqu'ils souffrent de la perte de leur environnement ou de leur partenaire, de leur petit•e, mais ils ne s'en prennent pas pour autant à la rivière, à la mer, à la forêt, à la montagne, comme nous le faisons (...). »
L’autrice raconte l’inondation qui a touché Baie-Saint-Paul en 2023 en donnant une voix à sa communauté humaine, mais aussi à sa communauté animale, à sa communauté florale, et un peu à sa maison aussi.
Je connais peu d’écrivain·e·s qui arrivent à écrire de manière aussi "biosensorielle" que Marilyne Busque-Dubois. Et c’est exactement ce que j’ai envie de lire en ce moment : une écriture habitée par une profonde sensibilité à tout le vivant.
Dans ce contexte où la crise climatique est encore largement ignorée par nos dirigeant·e·s, cette posture me semble essentielle. Sa manière de donner une voix à la rivière n’est pas seulement touchante — elle est politique.
J'ai beaucoup aimé ! À moitié l'histoire de l'autrice suite aux inondations du 1e mai 2023, à moitié une ode à l'ingéniosité des écosystèmes, de la faune, de la flore, de la biodiversité, et à la stupidité des êtres humains vis-à-vis celle-ci. Le style d'écriture est vraiment unique, et la recherche derrière le contenu du livre est vraiment impressionnante.
Bien que l'autrice relate avec beaucoup de bienveillance et de délicatesse les répercussions des inondations du 1er mai 2023 à Baie-St-Paul, c'est un sentiment de symbiose avec la terre qui demeure ancré en moi, bien après avoir terminé ce roman. Marilyne Busque-Dubois entretient une conversation avec le monde naturel qui redirige le blâme, loin de la rivière et de la force de son courant, vers la division que notre société moderne cherche à créer avec la nature. Elle écrit le féminisme dans le cri des outardes et le capitalisme dans les poissons noyés. Elle envie la patience des champignons, la résilience des oiseaux migrateurs, leur parle comme à des amis de longue date. Surtout, elle depeint le réconfort qui vient de cette certitude que la nature saura se reconstruire, sans relâche, et que nous sommes nature.
Une magnifique plume et une si belle sensibilité à tout ce qui nous entoure. Un premier roman qui raconte les difficultés de tout perdre aux mains de la nature, et qui pourtant la pardonne et l'aime profondément.
Une autrice et Charlevoisienne d'adoption dont la maison centenaire, choisie avec amour par elle et son amoureux, devient le théâtre de l'inondation de 2023, lorsque le centre-ville de Baie-St-Paul et le village de St-Urbain sont inondés. C'est une oeuvre dense comme la forêt profonde, qui joins les mémoires face à la nature, le développement de la jeune fille à la femme, en lien avec le vivant. Chaque page nous permet de plonger dans la faune et la flore, avec la vive et belle impression d'être guidé.e.s par une passionnée de la terre et ses habitants.e.s. Justement, dans la destruction de leur logis et la guerre d'administration et de paperasse qui s'en suivra, dans le périple maintes fois renouvelé pour un logis temporaire, dans le support de la famille et la famille choisie face à l'épreuve, il y a la beauté des liens plus forts que l'adversité, il y la nature qui reste, avec laquelle l'autrice conserve une douce relation. Elle n'en veut pas à la rivière, elle respecte ses rythmes et accueille ses débordements. Elle en veut par contre au capitalisme, aux puissances qui détruisent le territoire, et s'approprient des pans de terres pourtant non cédés, où vivent des animaux en danger, la faute au développement carnassier de sociétés toujours plus voraces. Ce livre, c'est un peu une soeur des récits de Pattie'O Green, et j'y ai retrouvé avec joie la puissance de la sororité et le cri d'espoir des amoureux.euse.s du vivant.
J’ai été emportée par la poésie d’Inondables comme par une crue printanière après que l’embâcle ait cédé (ok l’analogie est peut-être too much? ceci étant dit je le pense pour vrai!) Quel plaisir de lire cette lumineuse réflexion sur l’incroyable capacité d’adaptation des êtres vivants, quand la crise survient. L’aménagiste en moi s’est sentie interpellée. Ne vous fiez pas aux apparences, ce roman contient une citation des Pussycat Dolls.
J'ai adoré le style un peu chaotique du livre, approprié pour ce qui est raconté. On a l'impression de vivre les événements avec l'autrice au fil des saisons, avec une fenêtre sur ce qui lui traversait l'esprit durant, et on se laisse emporter dans son amour de la nature à travers les descriptions détaillées et poétiques qu'elle en fait. Coup de cœur pour moi.
Un roman profondément touchant qui prend racine dans les inondations de Baie-Saint-Paul en mai 2023.
L’autrice réussit avec sensibilité à transformer un événement tragique en une réflexion riche sur notre rapport au territoire. À travers une écriture à la fois délicate et évocatrice, elle met en lumière les écosystèmes; oiseaux, insectes, plantes, les paysages et les multiples richesses naturelles qui nous entourent — des éléments qu’elle prend le temps de décrire avec une grande justesse.
Ce qui marque particulièrement, c’est cette capacité à faire ressentir la beauté autant que la fragilité du vivant, tout en ancrant le récit dans une réalité bien concrète et bouleversante. Le style est magnifique, empreint de douceur et de profondeur.
Un roman qui touche, qui fait réfléchir, et qui donne envie de regarder le monde autrement.