La rage de vaincre. C'est le sentiment qui habite Anthime lorsqu'il court. Courir. Pourquoi ? Pour exister. Et peut-être finalement pour survivre... Lorsqu'Anthime, adolescent, arrive dans une banlieue de province avec son inséparable soeur Héléna, il craint de ne pas s'intégrer dans la petite communauté où il n'est pas attendu. A l'occasion d'une kermesse, il s'illustre par sa rapidité au jeu de quilles. Dès lors, sous la houlette de Brice, l'entraîneur obèse et bonhomme, il n'a de cesse d'être le meilleur dans ce domaine où il excelle. Il devient bientôt le "Pélican", un exemple et un symbole pour toute la région. Admiré de tous, il est adulé dans l'ombre par une voisine, Johanna. Mais c'est Béatrice, charnelle et sensuelle, qui suscite son désir. La veille d'une course déterminante, les deux adolescents se donnent enfin leur premier baiser. Mais, alors qu'il est aux portes de Une vingtaine d'années plus tard, alors qu'il est devenu un père de famille bedonnant travaillant à Pôle Emploi, il reçoit un électrochoc qui l'arrache à sa torpeur : lors d'un enterrement, il est la risée de ses anciens camarades qui le mettent - sur le mode de la vanne - au défi de traverser le pays en courant. Blessé au plus profond de lui-même, il les prend au mot et, de retour chez lui, il exhume un vélo d'appartement des décombres de son garage et commence à s'entraîner avec hargne. Pris sur le fait par sa femme, furieuse de sa révolte, il quitte son foyer et rejoint sa soeur, Héléna, qui devient la complice de ce projet insensé. Le "Pélican" trouvera-t-il en lui la force pour redevenir un champion, mais, par-dessus tout, à renouer avec l'estime de soi-même et son orgueil d'être ? "Anthime s'est arraché le coeur, le pélican s'est arraché le coeur. Et pas seulement pour moi. Je vous l'ai dit, mais vous n'écoutez pas : le monde ne sera jamais assez vaste pour accueillir des hommes comme lui. Le monde ne comprendra jamais que les grands hommes ne sont pas ceux qui gagnent, mais ceux qui n'abandonnent pas quand ils ont perdu." Porté par une tension extrême, Le Coeur du Pélican nous parle de la gloire et de sa fragilité, du sport et de sa souffrance. Il raconte le courage et la destinée à la fois banale et extraordinaire d'un homme qui réussit, connaît le succès, tombe et se relève. Celle d'un homme qui refuse de ne pas aller au bout de lui-même. L'auteur parvient formidablement à incarner ses personnages aux prises avec leurs désirs et aveuglés par les non-dits. Comment peut-on vivre "normalement" lorsqu'on a touché des doigts la gloire ?
Cécile Coulon est née en 1990. Après des études en hypokhâgne et khâgne à Clermont-Ferrand, elle entre à l’Université en Lettres Modernes.
Son premier roman Le voleur de vie et son recueil de nouvelles Sauvages ont paru aux Éditions Revoir.
Outre son goût prononcé pour la littérature, de Steinbeck à Maupin en passant par Tennesse Williams et Prévert, elle est aussi passionnée de cinéma (Pasolini, La nuit du chasseur, The Big Lebowski, L’année dernière à Marienbad, etc..) et de musique (Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, Ramones).
Mitigée. La première partie est exceptionnelle : elle reproduit le rythme de la course à pied du personnage principal avec brio. Il y a cet art de la description et de l'émotion dans ce qui ne se dit pas propre à Cécile Coulon.
Malheureusement la deuxième partie où le héros est adulte est bien plus inégale. L'histoire n'a ni queue ni tête et ressemble plus ou moins à une crise de folie de la quarantaine qui va trop loin. L'écriture est là néanmoins elle ne comble pas le manque le cohérence de la seconde partie du récit.
Ca ne m'empêchera pas de continuer à lire Cécile Coulon que j'affectionne particulièrement.
Il est de ces livres qui laissent leur empreinte et infusent vos pensées. Le Cœur du Pélican est l’un d’eux. La rage enflammée qui l’habite est un garde-fou contre les vicissitudes de la vie. A lire d’une traite au risque de passer à côté de cette énergie folle.
Ce roman est un exercice littéraire ambitieux. C'est une ascension fulgurante d'un ado puis une terrible descente aux enfers. C'est un jugement sur une vie gâchée, des remords, une sensation de n'avoir pas pris à bonne route au bon moment. Le début du livre est un couperet, la narration est très dense, c'est étouffant. (J'aurais apprécié quelques moments de répit.) Le style est travaillé avec beaucoup de comparaisons, un poil trop ampoulé par moments mais contrebalancé parfois avec un langage très explicite. J'ai nettement préféré les deux premières parties. En effet au fil des pages la cohérence de l'ensemble montre quelques faiblesses. C'est une belle découverte de l'auteur pour moi.
« le monde ne sera jamais assez vaste pour accueillir des hommes comme lui. Le monde ne comprendra jamais que les grands hommes ne sont pas ceux qui gagnent, mais ceux qui n’abandonnent pas quand ils ont perdu». Le héros court tout du long. J’ai l’impression de faire mon jogging en lisant une chapitre. C’est bien : je fais du sport depuis mon canapé.
Anthime se découvre enfant une passion et un don pour la course à pieds. Jusqu’au jour où le corps lâche, et les rêves se brisent. Jusqu’au jour où il décide de tout reprendre en main, de se libérer de l’emprise subie depuis des années. Un roman à plusieurs voix, toujours une écriture très détaillée, très descriptive, au plus proche du ressentit des personnages.
Très inégal pour moi. Des moments de fulgurance dans le style et dans la profondeur au moment de l’adolescence du sportif. Le reste m’a semblé passer à côté de la psychologie d’adultes, qui forcément évoluent en vieillissant et en devenant parents.
Le style de CC est toujours là, descriptions aiguisées de la nature, des lieux traversés où l'empreinte de l'homme n'est pas anodine. Et puis l'urgence de vivre, de courir mais qui arrive trop tard, après des vies gâchées, des paroles non dites. Le plan
Si ce livre devait se résumer en un mot, j’utiliserais le mot solitude. C’est l’histoire d’un petit garçon, puis d’un homme, plongeant dans les abîmes de la solitude. Et ni le sport, ni l’entourage, ni l’amour, ne le sauvera de ce profond sentiment qui l’habitera toute sa vie.
Je lis la littérature française pour maintenir mon niveau du français, donc me pardonner en lisant cette review, parce que je n’avais pas vraiment utiliser mon francais depuis si longtemps. Ce livre m’a plu, j’ai trouvé des personnages bien développés, et l'écriture et l'intrigue ont bien retenu mon attention. C’est le premier livre que je lis qui aborde notre fascination avec les athlètes, au degré que nous les rends comme des super-héros impénétrables, et cette histoire nous montre notre faute en le faisant. Mon seul grand reproche c’est que je n’avais pas compris l’obsession de notre protagoniste avec sa sœur. Il ne que m’a mis mal à l'aise, et si c'était le but, je n’arrive pas encore à comprendre pourquoi.
Cécile Coulon is a phenomenon: at 25, her fifth book is already a classic: dead on writing, supercharged style, desperate and violent characters. Her young hero, Anthelme, has everything it takes to succeed: uncommon talent on the track team and a girlfriend envied by all. But a tragic turn of fate will ensue and the hero will fall from his pedestal. Le Coeur du pélican is a true modern drama, full of anger and rage.