Les forces de la destruction sont implacables: masculinistes, arrivistes, sociopathes précipitant la fin du monde pour satisfaire leurs envies de luxe et de puissance… Les discours et les belles histoires ne suffiront pas; l’angoisse et la colère exigent des gestes d’éclat.
Depuis qu’il est à la retraite, Christian est désœuvré. Sa vie semble arrêtée alors que celle de sa conjointe, Carmen, conservatrice de musée, prend un nouvel essor. Lors d’une soirée arrosée chez un couple de leur connaissance, il agresse dans un accès de fureur un fanfaron réactionnaire. Plutôt que de se livrer aux autorités, il fuit, laissant l’homme pour mort.
Bientôt Christian est recueilli par un groupe écologiste désireux d’exploiter son potentiel de violence. On identifie des cibles: les milliardaires, coupables du saccage de la planète. Avec ses nouveaux camarades, il sera formé au meurtre. La cause est bonne et il n’a rien de mieux à faire. D’ailleurs, il n’a pas l’intention de survivre à sa mission.
Avec La sélection naturelle, Patrick Nicol dresse un portrait tragi-comique de notre époque saturée de discours agressifs et clichés, où l’arrogance des riches semble sans limite. Des espèces animales disparaissent, les pauvres sont spoliés, et personne ne s’en préoccupe sauf une poignée de jeunes, anxieux et déterminés. Et que peut contre cela, malgré toute sa beauté, le vol d’une paruline entraperçue au printemps? Que peuvent les expositions qu’organise Carmen, qui portent à réfléchir, comme si la raison allait sauver le monde? La colère de Christian est immense, elle le conduira à répondre à cette difficile question: n’avons-nous vraiment plus rien à perdre?
J’ai trouvé l’évolution de la trame narrative difficile à suivre. Le livre comportait des longueurs, mais les événements significatifs et importants se déroulaient en à peine quelques lignes. L’évolution des personnages sur le plan psychologique était parfois difficile à suivre, voire difficile à croire.
Malgré tout, j’ai aimé la prémisse du livre ainsi que les émotions vécues par les personnages face aux enjeux qui nous entourent.
Au final, l’idée était bonne, mais le style d’écriture et l’évolution de l’histoire ont été moins appréciés de mon côté.
Le triste personnage Christian (Sylvain) se révèle dès les premières pages du récit dans un état d'esprit qui frôle la dépression. Croyant avoir tué quelqu'un, c'est la fuite et la rencontre avec un groupe d'anarchistes qui sert de moteur à la suite du roman. Curieusement, on ne croit pas aux nouvelles convictions de Christian et à son engagement à commettre des gestes criminels. Pourquoi?
Il y a quelque chose dans la rédaction de ce récit qui cloche. Un manque de maîtrise qui fait que l'auteur donne trop d'emphase à certains personnages secondaires au détriment du propos entre autres. Les idées sur l'état de la société actuelle ne sont pas assez développées. Bref, l'éditeur aurait dû accompagner plus longtemps l'écrivain dans ce projet.