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Le Collectionneur de sons

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Anton Holban (1902-1937), pour beaucoup le plus proustien des écrivains roumains, détonne dans le paysage littéraire national. Mélomane averti, inspiré davantage par les épisodes de sa vie plutôt que par l'imagination, l'histoire ou les mouvements d'avant-garde, il distille une analyse psychologique discrète et délicate. Pour la première traduction en français d'Anton Holban, le choix des nouvelles s'imposait, car il soutient lui-même la supériorité de la nouvelle sur le roman, notamment pour son cadre restreint. Aussi, dans un texte de 1935, plutôt que de nouvelles c'est de « fragments » qu'il voudrait qu'on qualifie sa prose courte, dont l'histoire de la « petite Japonaise » est remarquable de concision. « Le lecteur est le plus souvent déconcerté. […] Dans « Hallucinations » les couleurs sont plus vives et plus prégnantes. Faire quelque chose à partir de rien. L'ambition suprême de Racine. Existe-t-il plus noble ambition ? Et puis, estomper la ligne entre le réel et l'irréel. Le lecteur manque d'habileté, disons-le, tant qu'il présume chez moi une conscience du travail achevé. Mais dans notre pays la question du lecteur est encore plus critique. » À vous laisser tenter par cette lecture, vous risquez tout au plus des rencontres : peut-être que le Cioran de « Glorieuse journée à Cernica » est bien le double d'Emil, et l'oncle de « Grand-mère se prépare à mourir » le critique Eugen Lovinescu.

139 pages, Paperback

First published January 26, 2015

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About the author

Anton Holban

18 books24 followers
Scriitor, romancier și eseist român, Anton Holban s-a născut pe 10 februarie 1902 la Huși. Este fiul lui Gheorghe Holban, ofițer, și al Antoanetei (născută Lovinescu), precum și nepotul de soră al criticului Eugen Lovinescu. Urmează cursurile școlii primare "Al.I.Cuza" din Fălticeni, și cursurile Facultății de Litere din București, secția limba și literatura franceză.

Anton Holban frecventează cenaclul lui Eugen Lovinescu, Sburătorul, unde citește povestiri și fragmente din romane. În perioada 1928-1932 activează ca profesor de limba franceză la Liceul de Baieți "V. Alecsandri" din Galați, iar în 1934 este transferat la Seminarul Central din București.

Scriitorul își face debutul în anul 1928 în revista lui Liviu Rebreanu, "Mișcarea literară", cu articole despre monumentele de artă românească veche. "Romanul lui Mirel", primul roman al lui Holban apare la Editura "Ancora" în 1929. Un an mai târziu, pe scena Teatrului National din București, are loc premiera piesei "Oameni feluriți", piesa ce obține premiul "Al.Gh.Florescu" al Societății Autorilor Dramatici.

Publică în 1931 romanul "O moarte care nu dovedește nimic", urmat de alte două: "Parada dascălilor" (1932) și
"Ioana" (1934). În revista "România literară" îi apare un studiu intitulat "Viața și moartea în opera D-nei Hortensia Papadat Bengescu".

Anton Holban a mai scris nuvele, incluse în volumul "Halucinații" și eseuri, precum: Marcel Proust - câteva puncte de vedere, Contribuții la specificul românesc, Testament literar, Experiența și literatura, Racine-Proust, în marginea lui Huxley. Este ales membru activ al Societății Scriitorilor Români în 1935.

Anton Holban se stinge din viață pe 15 ianuarie 1937 la București.

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Displaying 1 - 3 of 3 reviews
Profile Image for Gabrielle Danoux.
Author 38 books40 followers
June 16, 2015
A collection of nine short stories by Anton Holban. First, the content, with the French titles : A l'ombre des jeunes filles en fleurs, Glorieuse journée à Cernica, Hallucinations, Grand-mère se prépare à mourir, Petite aventure sur une interminable plateforme, Le Collectionneur de sons, Châteaux sur le sable, Antonia, Le Tarin et son maître. In Romanian : A l'ombre des jeunes filles en fleurs, O zi glorioasă la Cernica, Halucinații, Bunica se pregăteste să moară, O aventură mică pe o platformă uriașe, Colecționarul de sunete, Castele pe nisip, Antonia, Scatiu și stăpânul său.
Anton Holban is a classical Romanian writer, but his works, or rather some of them, were translated only into Spanish, to my knowledge. His biography gives us some insight into why : difficult childhood (a father he seemed to hate, and who died as he was still a child), a complicated relationship to his uncle, Eugen Lovinescu, a famous critic of the time, quite a lot of temperament. And, death, of course: Anton Holban died young and as he was actually reaping (small) rewards for his works.
His short stories are quite remarkable to me : nothing complicated, mostly autobiographical inspiration, but delicate descriptions of daily events. A few obsessions : death, nostalgia for past events, classical music, Japanese girls.
The stories are classic and I must say I appreciated their epiphanies, sometimes surprising, mostly in accordance with the narrative. Few metaphors, but rather subtle allusions, some of them satiric to reality.
Good translation, and the most important : another worthy Romanian author out of oblivion.
Profile Image for Gabrielle Danoux.
Author 38 books40 followers
August 26, 2022
Voici un recueil de 9 nouvelles plutôt courtes :
1) À l'ombre des jeunes filles en fleurs : Nous observons une salle de classe où les élèves, exclusivement des jeunes filles, composent toutes sur leur personnage préféré dans Andromaque, Hermione. Magda, la première de la classe, se mariera avec un haut fonctionnaire et se demandera pourquoi elle a si bien étudié. Ela multipliera les amants. Sarah trompera son mari avec un chrétien. La laide Lina deviendra gynécologue. Coca deviendra servante et, lorsqu'on l'interrogera sur sa meilleure amie, Cocuța, elle répondra qu'elle croit qu'elle est morte. Quant à la petite Lilly, chérie de ses enseignantes, elle se suicidera.
2) Glorieuse journée à Cernica : le narrateur raconte son pénible trajet pour se rendre au monastère de Cernica, où il enseigne et où il fait froid l'hiver. Enfin, le soulagement lorsque tombe le maigre salaire.
3) Hallucinations : le narrateur, enseignant dans un monastère, après un lycée de Constanța, imagine son propre enterrement et la tête de ses élèves. Enfin lui apparaît sa mère décédée qui lui dit « Dors, arrête de penser au pire... »
4) Grand-mère se prépare à mourir : le narrateur séjourne dans la propriété de sa grand-mère, celle de son enfance. Elle se prépare à mourir : grand-père les a déjà quittés. Son écrivain de petit-fils révèle qu'il est malade et va bientôt mourir aussi à la fin.
5) Petite aventure sur une interminable plateforme : le narrateur se trouve dans un train près de Beaune, un wagon rempli d'étudiants éméchés en face d'une jeune Japonaise. À peine un regard d'échange complice échangé, et elle sort du train vers le vaste monde…
6) le collectionneur de sons : Sandu est un passionné de musique, qui suivait des concerts tous les soirs à Bucarest, clandestinement. Puis, étudiant à Vienne, il allait à l'opéra et, à Paris, il écumait tous les concerts et a acquis énormément de disques de phonographe, auxquels il est passionnément attaché. Enfin, la radio, qui rattache le solitaire aux capitales d'Europe.
7) Châteaux sur le sable : Paul et une jeune fille du surnom de Mitsuko passent tout leur séjour en Égypte fourrés ensemble, puis se brouillent, puis se réconcilient sur le bateau du retour. Elle lui demande de donner de ses nouvelles. En voulant lui acheter des fleurs, il croise un ami qui lui révèle qu'elle est fiancée ; il fait tout de même livrer les fleurs, avec l'impression de les envoyer à un enterrement.
8) Antonia : le narrateur a une quinzaine d'années et un cours de musique à Fălticeni, où il croise souvent Antonia, une petite fille d'une dizaine d'années, qui tombe amoureuse de lui, ce qui le met dans une situation embarrassante, surtout vis-à-vis de Désirée, qu'il courtise. Enfin un jour, Antonia repart en Russie. Lorsqu'aujourd'hui le narrateur y pense, c'est plein de nostalgie…
9) Le Tarin et son maître : le narrateur a acheté un tarin au marché et s'est attaché à lui : il lui fait écouter de la musique au phonographe, lui ouvre la porte de la cage, etc... Mais il décide finalement de relâcher Boris au printemps, dans la nature.
2 reviews1 follower
January 8, 2023
Dans "Le Collectionneur de sons", traduit par Gabrielle Danoux, Anton Holban dresse des portraits fouillés de personnages, dont il sonde les âmes, au fil des rencontres.
J'ai été touchée par "Grand-mère se prépare à mourir" qui raconte l'amour indéfectible entre un petit-fils et sa grand-mère, gardienne de la maison familiale bucolique. "Comme un symbole de son ancien règne, elle garde dans la poche de son tablier, les clés de la maison. / "Ma maison !" "Mon jardin" Qu'on se le dise bien " [p69]. Le narrateur envisage même sa fin proche, adoucie par la présence de sa grand-mère à ses côtés dans ce dernier voyage. "Tous les deux, comme dans le jardin, la grand-mère et le petit-fils, à travers ciel et nuages, plus loin, vers grand-père..." [p80]
La musique est omniprésente, comme dans "Le collectionneur de sons", où Sandu associe ses disques à autant de souvenirs dont il ne peut se détacher.
L'amour inaccessible hante "Les châteaux dans le sable", où Paul et Mitsuko jouent un jeu de cache-cache amoureux, sans jamais pouvoir se découvrir.
L'amour est acte manqué dans "Antonia". " Non, je ne t'ai pas oubliée... Je te porte toujours avec moi, et souvent, au milieu de la nuit, je fais des kilomètres à travers les rues, cherchant en vain, sur les arbres et les murs, ta silhouette indécise..." [p 127]
La mort rôde aussi dans "Hallucinations", où le narrateur devient, non sans une pointe d'humour ou de cynisme, spectateur de son propre enterrement. "Je regrettais qu'à cet enterrement ce fût précisément moi qui dusse manquer..." [p 47]
Ce "Collectionneur de sons" est un voyage émouvant, de vie et de mort, à la fois sombre et lumineux, teinté de mélodies, comme celles chantées par Boris, qui, enfin libre, emporte sur ses ailes nos rêves et nos espoirs.
Un grand merci à Gabrielle Danoux, qui m'a fait découvrir ce superbe auteur.
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