Les romances, ces love stories à la fin heureuse, sont méprisées depuis toujours. On raille leurs lectrices qui seraient « fleur bleue», naïves ou fragiles. Depuis #MeToo et l’essor spectaculaire de la romance contemporaine, les critiques redoublent. Ces récits, accusés de glorifier des rapports de domination et de nourrir des fantasmes toxiques, seraient dangereux. Mais dangereux pour qui ? Grande lectrice de romance, Christine van Geen renverse l’accusation: et si la romance faisait peur parce qu’elle est l’un des rares espaces conquis par les femmes pour explorer leurs désirs, mettre en scène leurs peurs, rejouer les blessures et imaginer d’autres fins ? C’est à partir de son propre goût pour le genre que l’autrice réfléchit à ce qu’il apporte et s’interroge sur les questions posées par certains récits problématiques. Genre populaire par excellence, la romance est un laboratoire intime et politique, bien plus riche et complexe qu’on ne le prétend. Il raconte les traces laissées en nous par les violences sexistes et sexuelles ainsi que notre capacité à nous en relever, à travers des récits de plaisirs qui permettent de réinvestir le corps. Ces fantasmes réparent ce que le réel abîme, enclenchant le désir d’un autre monde.
Un essai très intéressant qui interroge notre rapport à la romance, dans une société où je côtoie les deux extrêmes : celleux qui adorent et ne lisent que ça, et celleux qui détestent les "romans à l'eau de rose". Sans oublier d'aborder les problématiques inhérentes au genre dans une société hétéro-patriarcale, l'autrice réhabilite ce genre en donnant des pistes de réflexion vraiment intéressantes.
À titre personnel, moi qui aime ce genre, tout en déplorant un phagocytage par le marketing à tout prix, c'est une lecture qui m'a ébranlée. Je pensais que je serai 100% d'accord avec elle, je suis la première à défendre la lecture de romance, et pourtant ! Certaines réflexions m'ont poussée dans mes retranchements (notamment sur la dark romance), et je n'ai pas forcément adhéré à tout, mais je suis globalement ravie de voir que ce genre méprisé est abordé par le prisme d'essai. Une lecture essentielle, même si j'aurais aimé que ce soit plus poussé parfois ; un goût de trop peu, mais j'ai déjà des idées de futures lectures.
Un essai sur la romance passionnant et particulièrement enrichissant. J’y ai appris de nombreuses anecdotes ainsi que des faits historiques qui éclairent l’évolution de ce genre souvent mal compris.
J’ai également eu l’impression de partager les goûts de l’autrice : nous avons les mêmes références, les mêmes livres favoris et des réflexions très similaires sur la romance. Cette proximité a rendu ma lecture encore plus agréable.
Le livre se lit avec beaucoup de fluidité et alterne habilement analyse, histoire et passion pour le genre. Une lecture que je recommande vivement à tous ceux qui aiment les histoires d’amour ou souhaitent mieux comprendre leur place dans la littérature.
Cette citation résume parfaitement l’esprit de l’ouvrage :
« Si aimer les love stories, c’est être une “fleur bleue”, assumons. Cette fleur-là n’est pas chétive. Je la vois plutôt comme une pensée sauvage, robuste et humble […] une fleur qui […] sait où puiser l’énergie de croître, pousser, se ressemer : dans la force qui lie le vivant avant qu’il ne se désassemble dans le néant. L’amour. »
Je suis mitigée. D'un côté il y a de belles pistes de réflexion et on sent que l'autrice est passionnée par le sujet, mais de l'autre il y a un gros manque de rigueur dans sa recherche. Beaucoup d'arguments sont peu ou mal développés, au point de déservir son propos. Il y a carrément quelques erreurs qui me sortent facilement de la lecture, que l'on parle de la romance elle-même ou de théorie littéraire. Aussi, je ne comprends pas pourquoi l'autrice n'a pas pris en compte les nouvelles évolutions du genre. Elle cite Morgane Moncomble sans évoquer la façon dont elle renverse le genre de la romance dans toute la saga Seasons, par exemple. Et le point qui m'a vraiment dérangée, c'est le point sur les romances MM. Elle démonte les critiques des hommes gays, sans comprendre ce qui est réellement reproché. Bref, je pense que le sujet peut encore être travaillé, mais ça reste une première approche et je pense que le fait d'entamer un projet aussi ambitieux c'est louable
Un poil déçu car j'en attendais un peu plus. Je pensais lire un texte plus académique, avec plus d'analyse, mais c'est plus un témoignage/enquête/déclaration d'amour à la romance, et c'est tout à fait ok ! L'autrice offre tout de même un certain nombre de pistes de réflexions qui donne envie d'aller fouiller plus avant et de se plonger dans une bonne romcom.
À lire si vous voulez avoir un texte positif et constructif sur la romance !
Livre tres intéressant et bien construit, malgré quelques faiblesses et incohérences. Très bonne base pour répondre aux lourds qui critiquent les genres de la romance et de la darkromance. (Pour la team doc : à avoir dans son CDI)
L’auteure pouvait aller tellement plus loin dans certaines explications, et prendre pour exemple d’autres autrices que tout le temps Jane Austen pour appuyer ses théories
3.5 Un essai court et déculpabilisant avec pour sujet la Romance (le genre littéraire) et ses lectrices. Forcément interpellée par le titre et le résumé, il se lit rapidement, il est fluide, juste et loin d'être barbant. J'ai été un peu chagrinée par une erreur grossière parmi les 30 premières pages (50 nuances de Gray est initialement une fanfiction de Twilight et pas l'inverse) ce qui m'interroge sur la qualité du travail de recherche ou éditorial, et remet en question la qualité de la suite. J'ai trouvé la seconde moitié du livre très prenante, franchement interessante qui explore la violence, le féminisme et la dark romance.
Un point de vue argumenté en faveur de la romance, qui revient sur les origines du genre et se pose des questions constructives, qui interroge les lectrices et les clichés. Sans être une passionnée de romance, c'était une plongée agréable dans le genre.
Longtemps méprisée, la romance est souvent accusée de véhiculer des fantasmes toxiques, mais Christine van Geen soutient qu’elle constitue avant tout un espace où les femmes peuvent explorer leurs désirs, leurs peurs et leurs blessures en imaginant d’autres possibles. Selon elle, ce genre populaire est un laboratoire intime et politique qui permet de réfléchir aux violences sexistes, de se réapproprier son corps et d’entretenir l’espoir d’un monde différent.
Mais c'est aussi intéressant que mal fait.
Dans un premier temps, la philosophe traite de la romance contemporaine de manière pertinente. Elle ouvre la question de la légitimité de son existence, donne son historique, dédramatise la vision collective du genre, redore les aspects faussés qu'on lui prête souvent et allège le cœur des lectrices en disant que oui, elles sont bien légitimes de lire ce qu'elles veulent si elles ont le recul, le vécu et la réflexion qu'il faut en amont et ensuite, si nécessaire. Là, oui. Je ne suis pas d'accord avec toute sa pensée, mais elle donne l'opportunité d'ouvrir le débat, d'éclairer un genre qui souffre malheureusement d'une mauvaise presse et propose des axes d'analyse qui ouvrent au débat. D'accord, ou pas, les sujets sont posés, aux lecteurs d'en faire son interprétation.
Dans un second temps en revanche, le traitement de la dark romance est catastrophique pour moi. Comment peut-on s'approprier un sujet et s'en faire porte-parole lorsqu'on n'a jamais lu ou si peu ce genre ? Comment peut-on écrire de manière pérenne dans un essai que les lecteurs de DR sont forcément des gens qui ont vécu des traumatismes et qui cherche, en lisant ce genre, à les soigner ? Quid de la culpabilisation que vivent les autres lecteurs, pas du tout concernés par ses traumas, qui se pense donc détraqués d'en lire vu qu'ils n'ont pas de problème ? Comment peut-on écrire un essai si peu sourcer avec si peu de chiffres sur lesquels s'appuyer ? Comment peut-on écrire un essai avec si peu de témoignages pour étayer le propos ? Et que, lorsqu'ils existent, ils sont si peu pertinents ? Qui est cette Jane Doe, dont l'autrice parle, qui donne son avis alors que c'est une seule random isolées d'on ne sait où, qui peut-être ne partage avec personne sa vision puisque l'autrice n'a pas pris la peine de recouper l'info avec des dizaines, voir des centaines de lecteurs ? C'est non.
C'est mettre aux bancs tout l'aspect sociétal, les médias et toute l'influence qu'ont les réseaux sociaux sur le jeune lectorat. Comment peut-on traiter sur plus de 200 pages le phénomène de la dark romance et sa mauvaise perception au collectif, quand tout part originellement d'un effet de mode créer par des plateformes de consommation de recommandations rapides et gratuites telles que Instagram ou Tik Tok sans en parler ? Comment ne pas parler de l'importance de l'âge des lecteurs/lectrices ? Comment entendre l'autrice, en rencontre physique, tenir des propos sur Kentin Jarno par exemple et dire que cet auteur "se queerise" pour écrire de la romance et se vendre ? Comment l'entendre affirmer qu'elle ne fera pas d'hypothèses sur sa sexualité, mais que "bon, on s'entend tous qu'il ne peut pas avoir une masculinité virile et être auteur de romance"? Mais pardon, en fait ? Et quand bien même ? Comme-ci sa vision de l'homme avait quelque chose à voir avec la qualité de ses écrits ? Je suis écœurée. Pour une autrice qui s'est pourtant déjà illustrée en essai féministe, je trouve le propos bien misandre et border homophobe.
Écœurée et profondément contre cet ouvrage qui au-delà de pseudo redorer l'image de la lectrice de romance, est tout bonnement un essai pour se justifier d'être une lectrice qui lit de la "fausse littérature". Alors qu'il avait bien commencé, ce livre est une déception immense qu'il me tarde de retourner à l'éditeur.
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Je suis "jeune" en romance, en termes d'analyse de structure. Je découvre le langage, les tropes, les clichés, les lieux communs, les points incontournables. J'ai appris et appris encore (meet cute !) tous ces codes anglo-saxons savoureux, établis, entre lectrices du genre. Comme une conversation privée entre elles, que les autres autour ne peuvent pas percevoir les nuances.
Je savais Orgueil et Préjugés être un monument de la littérature, j'y vois maintenant la réelle raison. Je vais le relire avec encore plus de respect et de compréhension du comportement des personnages et de la volonté de l'auteur glissée entre les lignes. Celui-là et tous les autres qui vont venir.
La romance, pour moi, a été un moyen de me rapprocher de ma toute jeune nièce qui est déjà super bien calée sur le genre (et à qui je vais filer ce livre illico terminé, juste pour rire et renforcer ce qu'on a déjà). Elle m'a expliqué tout ce qu'elle a compris et retenu avant de me prêter toutes ses saga que je lis depuis juste pour débriefer avec elle
Je me mets donc à niveau avec ce livre, en découvrant toutes les ref' de films (dirty dancing, quand Harry rencontre Sally) que je connais quasi par coeur mais que j'ai toujours abordés pour le plaisir, mais pas pour l'analyse et la comparaison de structure entre chacun.
Jolie édition rose doux, petit format broché qui se glisse facile dans le sac comme entre les mains. Je n'ai pas l'habitude d'annoter mes lectures. Mais là, au bout de 70 page, je me suis baladée avec mon maskingtape crocheté au doigt pour coller un petit morceau bleu vert à tous les passages où je me suis identifiée, où une ref' historique, où une définition m'ont interpelée, pour ne pas oublier, pour y revenir.
Merci à Babelio pour cette bien délicieuse masse critique !
Eclairage intéressant, mais surtout très amusant et drôle que vous m'avez apporté. A lire comme un bonbon, je me suis instruite grâce à vous Mme Christine Van Geen et je vous en remercie :)
... mon petit rouleau de maskingtape s'est perdu entre mon doigt, mon sac et le tram...
Après avoir lu cet essai, je peux dire que Christine Van Geen connaît son sujet et a mis en lumière des choses intéressantes. La romance évolue et s’enrichit au fil des époques grâce à des nouveaux genres, des tropes, de l’inclusivité. Mais dans le monde littéraire, elle n’est pas mise en avant comme il le faudrait car populaire et fleur bleue.
J’ai trouvé que l’auteure a vraiment exploré ce genre et est restée objective, bienveillante. Elle déconstruit les préjugés associés à ce genre et à ces lecteurs. Il y a pleins de références littéraires, cinématographiques qui m’ont interpellés, qui m’ont fait réfléchir.
Étant une lectrice de romance, cet essai m’a plu et m’a laissé sur ma faim par moment. Ces analyses sont pertinentes et ont su retenir mon attention mais j’aurai aimé avoir plus d’analyse sur des références actuelles au lieu d’avoir toujours les mêmes comme Jane Austen par exemple. Je trouve que c’est important de situer la romance dans le temps en parlant de ses origines mais c’est aussi important de se rendre compte de ce qu’elle met en place actuellement. J’ai plus ressenti ça comme une énumération qu’une véritable analyse. Après cela ne m’a pas surprise vu que l’auteure adore Jane Austen et est de la génération Colin Firth avec sa chemise mouillée.
Love Stories est un essai intéressant qui m’a donné envie d’explorer ce genre un peu plus et m’a conforté dans le fait d’assumer mon côté romantique et inclusif.
« Aimer les comédies romantiques n'est pas le propre des gens spécialement légers, incapables de regarder des documentaires sur le malheur du monde et de se renseigner de façon moins douce sur les inégalités et les injustices. »
La seconde moitié de l'ouvrage — qui traite du rapport entre féminisme et romance en questionnant leur compatibilité, mais aussi la place de la violence dans ce genre littéraire — est de loin la plus intéressante et aurait mérité d'être davantage approfondie. La partie consacrée à la dark romance, même si je ne partage pas toujours les conclusions de l'autrice, m'a permis d'aborder ce sous-genre sous un angle nouveau. [Mon problème majeur avec celui-ci reste et restera sa prescription massive à un public trop jeune.] Mais qui n'a jamais rêvé d'une bonne vendetta ?
La première moitié, en revanche, se concentre trop à mon goût sur la dimension sexuelle du genre, comme si la romance se réduisait à la relation physique des personnages. C'est d'autant plus étonnant que l'autrice elle-même affirme que ce que les lecteur·ices viennent avant tout chercher, c'est une version édulcorée de la réalité où l'amour triomphe et où les protagonistes connaissent une fin indéniablement heureuse. Or, comme le récit lui-même en témoigne, les attentes des lecteur·ices vont bien au-delà de la seule romance : celle-ci est en fait un prétexte pour toucher à de véritables enjeux de société. Ce qui devrait donc occuper toute la place dans le propos de l'autrice ne représente finalement qu'un quart de l'ensemble.
« Si aimer les Love Stories, c’est être fleur bleue, assumons. Cette fleur là n’est pas chétive. »
C'est pourtant avec l'enthousiasme et l'élan du dernier chapitre et de la conclusion que je rédige cet avis et vous invite à lire cet essai.
Hyper intéressant, j'ai appris plein de petites anecdotes historiques. Une lecture qui m'a surtout permis de mettre des mots sur pas mal de réflexions à moitié formées dans mon esprit. À lire qu'on aime ou pas la romance pour mieux comprendre ses origines et celles de ses détracteurs, ou tout simplement pour comprendre pourquoi la romance est aussi populaire aujourd'hui.
Très bon essai sur la romance qui déculpabilise d’en lire. C’est avant tout de la passion que l’on ressent à travers l’ouvrage que de réelles recherches. Peut-être trop de dérive, mais reste tout de même intéressant dans son approche. Peut aller plus loin, je pense.