Après le décès de leur père, Isobel et Helen Westlake sont forcées d’abandonner la demeure dans laquelle elles ont grandi et déménagent à Chester dans le nord de l’Angleterre. Tandis qu’Isobel entretient une relation amicale avec Adam, tout en tentant de mener sa carrière et de veiller sur sa cadette, Helen fait la connaissance du flamboyant Oliver Vane… Amour, frustration et surtout vérités cachées sont au rendez-vous de cette réécriture moderne de « Raisons et sentiments ».
Jess Swann est originaire du charmant département des Ardennes où elle réside toujours, entourée de ses deux chattes. Grande lectrice, elle écrit des fanfictions depuis une quinzaine d’années et tire son inspiration de la culture populaire (Star Wars, Pirates des Caraïbes, Vampire Diaries…) ainsi que de la littérature anglaise (Jane Austen, les sœurs Brontë…). Après cinq romans parus chez divers éditeurs et ayant pour toiles de fond la romance, la littérature gothique ou le fantastique, elle s’aventure à présent dans l’univers de la chick-lit.
Jess Swann (quel joli pseudo !) est l’une des premières auteurs francophone à se lancer dans le très spécialisé domaine des ré-écritures des livres de Jane Austen. C’est un terrain de prédilection bien connu et bien exploité par les romancières anglo-saxonnes, et ce, depuis fort longtemps déjà. Les traductions de leurs oeuvres commencent à déferler sur le marché éditorial français, mais encore une fois, Jess Swann reste l’un des précurseurs français en la matière.
Après avoir excellé pour son premier coup d’essai dans un charmant Amour, Orgueil et préjugés (certes le titre est un peu lourd, mais ne vous y fiez pas, le contenu est fort plaisant), l’auteur récidive avec un second opus, une ré-écriture du fameux Raison et sentiments.
Les fans ont tous en tête le très beau film éponyme de Ang Lee, scénarisé par la brillante Emma Thompson, avec Kate Winslet. Et c’est véritablement le visage de cette actrice que l’on a en tête en lisant le livre, l’hommage est appuyé par un clin d’oeil à Titanic, le film de James Cameron.
L’histoire suit les grandes lignes du roman originel, et c’est vraiment intéressant de voir comment Jess Swann a su adapter certains points caractéristiques de l’Angleterre georgienne à notre époque, tout en en conservant l’esprit.
On prend donc beaucoup de plaisir à découvrir l’histoire de ces deux soeurs (même si elles sont trois chez Jane Austen), brisées par la mort de leur père et obligées de tout quitter et de repartir de zéro. Chaque personnage du roman initial est parfaitement reconnaissable, même si le trait semble un peu forcé parfois, cela n’en est que plus amusant.
Les deux intrigues amoureuses, fils directeurs du roman, et que l’on attend évidemment avec impatience, ne déçoivent pas, bien au contraire et il est même très enthousiasmant de découvrir ces héroïnes au coeur de scènes intimes que l’époque austenienne n’aurait jamais permises.
Une bonne romance, doublée d’un délicieux hommage à Jane Austen !
Il faut d'abord que je vous avoue, je n'ai pas lu "Raison et sentiments" et d'ailleurs aucun Jane Austen. Oui, je sais c'est pas bien... Mais pourquoi pas passer par une réécriture moderne pour faire connaissance, après tout ?
On suit ici, l'histoire de deux sœurs qui à la mort de leur père, vont être délogées par leur demi-frère sans grand ménagement. Elles vont devoir à présent voler de leurs propres ailes, l'une poursuivant ses études pendant que l'autre rentre sur le marché du travail. Deux sœurs aux caractères bien différents et qui vont appréhender leurs premières histoires d'amour, chacune à leurs manières.
Je me suis laissée envelopper dans cette aventure que j'ai savouré avec lenteur et délice. Isobel l'ainée est la raisonnable, pondérée alors que sa cadette est l'impulsive, la passionnée. Autour d'elles gravitent des hommes qui succombent à leur charme et vont les conduire sur les chemins sinueux des sentiments amoureux. Des relations complexes où les relations sociales sont des enjeux qu'il faut prendre en compte.
L'écriture de Jess Swann a su me convaincre, elle a su intégrer des codes d'une autre époque à celle de nos jours pour lui donner un charme désuet. On s'attache aux personnages, on se fait du souci pour eux, on enrage. Et bien que l'on sache pertinemment dès le départ qui finira avec qui, on est bousculé tout au long du récit par nos émotions.
Un roman à savourer au chaud et autour d'une bonne tasse de thé dans la plus pure des traditions anglaises !
J'ai vraiment apprécié la lecture de cette version moderne de "Sense and Sensibility". Elle est extrêmement fidèle à l'original, tout en développant son propre univers. Bravo à Jess Swann pour ça ! Il y a bien quelques petites maladresses, mais rien qui gêne réellement la lecture. Après, je dois avouer que j'ai été un peu ennuyée par le côté manichéen des personnages "mauvais" de l'histoire, mais c'est un détail. Les deux héroïnes sont des personnages qui tiennent la route (même si je déplore la culpabilité ressentie par Isobel vers la fin !). Toutefois, j'ai une critique à faire et c'est à propos de l'édition du texte. Elle ne le met absolument pas en valeur, et le dessert même puisque le livre n'est pas toujours agréable à lire (coquilles, veuves et orphelines…). Il est vrai que je devrais peut-être commenter seulement le fond, mais la forme joue également. Et malheureusement, le travail effectué sur ce texte de Jess Swann l'handicape un peu.
Merci aux éditions Artalys pour ce partenariat. J’ai découvert la plume de Jess Swann au détour d’un autre livre publié chez eux, La Dame aux papillons. Un roman que j’avais fort apprécié, car le style d’écriture était très élégant, tout en restant incisif. Ici, nous avons droit à une réadaptation du célèbre roman Raison et Sentiments de Jane Austen. Comme beaucoup, je l’ai lu il y a des années (quand j’étais encore adolescente, pour être honnête). J’en avais gardé un souvenir assez flou, du coup je ne craignais pas d’être déconcertée par les éventuelles similitudes.
Isobel et sa petite soeur Helen viennent de perdre leur père. Ni une ni deux, leur demi-frère et leur belle-soeur s’empressent de les mettre à la porte (cordialement, s’entend) afin d’avoir la paix. Isobel trouve alors un travail, tout en veillant sur Helen qui poursuit des études d’arts. Les soeurs Westlake vont aller d’aventure en aventure, où les problèmes de coeur vont bouleverser leurs vies.
M’ouais, j’ai conscience que mon résumé est nul de chez nul et ne met pas en valeur le roman. Et pourtant, quel roman ! Comme dans La Dame aux papillons, je suis passée par un tsunami d’émotions, et pas toujours très positif. Et sincèrement, je ne sais pas par quoi commencer tellement ça m’a chamboulé.
L’histoire commence relativement lentement et nous permet de cibler un peu les soeurs Westlake. D’un côté, nous avons Isobel, la posée, celle qui règle toutes les anicroches sans sourciller. De l’autre Helen, tout feu tout flamme, aussi passionnée que sensible. Les jeunes filles vivent un deuil et doivent refaire leur vie loin de leur maison d’enfance. Déjà là, j’ai senti la moutarde me monter au nez. Pourquoi ? L’auteur a un don tout particulier pour nous faire détester certains personnages. Lowell (le demi-frère) et sa femme sont des parasites, des petites raclures arrivistes qui ne mérite qu’une chose : le bucher ! Et encore, je pèse mes mots. J’étais tellement prise dans l’histoire que j’ai eu un mal fou à dissocier la réalité de la fiction. Certains protagonistes sont tellement horripilants qu’on reste parfois bouche bée face à leurs propos. Alors quelques lecteurs pourraient penser que cette attitude est parfois trop caricaturale. C’est possible, seulement moi, j’ai trouvé ça bien amené et hautement réaliste. Car je suis persuadée que dans la vraie vie, il y a des gens qui tiennent des discours similaires.
Au-delà de ces individus peu recommandables, nous avons les héroïnes. Autant j’ai beaucoup apprécié Helen et son caractère pétillant. Je me suis sentie très proche d’elle, de ses joies et de ses tourments. Et je me suis vraiment reconnue dans ce personnage. On s’attache derechef, tant elle est adorable et entière. Je reste par contre un peu plus sur la réserve avec Isobel. Je l’ai appréciée, là n’est pas le problème, mais si Helen est le jour, Isobel est la nuit. Elle est peu dans la démonstration et se montre très secrète. Elle a tendance à garder toutes ses frustrations en elle, sans rien laisser paraître. C’est à se demander comment elle fait pour ne pas avoir un ulcère. Car Isobel amortit et absorbe les coups comme personne. C’est justement cette “constance” qui m’a rapidement agacée. Et le fait qu’elle laisse chaque fois sa chance à Lowell, alors qu’elle sait pertinemment qu’il est à jeter. Je suis d’accord qu’il s’agit là de son frère, mais il y a des limites à ne pas franchir, et Isobel ne met aucune limite à personne. On peut apparenter ce tempérament à un manque de caractère, mais je ne pense pas qu’il s’agisse de cela. Isobel pense beaucoup de choses, mais ne montre jamais rien à personne. Alors que parfois, pousser une gueulante, ça fait un bien fou !
Vous l’aurez compris, je me suis beaucoup arraché les cheveux avec ce livre (dans le bon sens du terme). J’ai aussi fondu comme du chocolat en plein soleil. Les romances sont mignonnes bien que très différentes. On a l’impression d’être une petite souris dans les vies des soeurs Westlake. On suit leurs déboires, on partage leurs espérances. Et plus on avance, plus les romances s’entremêlent, se font compliquées. Des liens inattendus apparaissent, l’histoire prend chaque fois une tournure que l’on n’aurait pas cru possible. Pour tout cela, bravo à l’auteur qui a su mener sa barque avec brio.
Je n’ai pas toujours eu l’impression d’avoir affaire à du contemporain. Les dialogues et les pensées retranscrites font très “anciens”, dans le sens où on a l’impression qu’il s’agit d’une autre époque, beaucoup moins moderne que la nôtre. Alors avis aux lecteurs : sachez que la romance s’inscrit dans une ambiance entre deux époques. On a ce sentiment d’être dans l’entre-deux. Ce qui n’est pas particulièrement désagréable, mais ça peut surprendre aux premiers abords.
En résumé, une romance agréable et parfois compliquée, qui met nos nerfs à rude épreuve. J’ai été soufflée par l’habileté de l’auteur quand il s’agit de nous faire haïr des personnages, et j’ai trouvé la fin parfaite en tout point. Pour moi, c’est une belle adaptation contemporaine, qui ravira les amateurs du genre.
Constance et Séduction est une réécriture moderne de Raison et sentiments en restant fidèle à ce qui fait la renommée des écrits de Jane Austen. J'avais déjà découvert la plume de Jess Swann à travers La dame aux papillons qui m'avait alors très surprise.(...) Le travail de l'auteure pour nous proposer une histoire à la fois moderne et originale tout en conservant habillement les traditions anglaises, les sentiments amoureux d'une autre époque est très appréciable.