« — Que savez-vous de la beauté, Antoinette ? Il se tourna vers moi, suspendu à ma réponse. — Pas grand-chose. Mais je sais la reconnaître quand elle est là. — Eh bien moi, chaque fois que je la vois, elle me blesse. Quand je vois votre visage, par exemple, quelque chose en moi se trouve comme ébranlé. »
Île de la Jamaïque, 1831. Antoinette Cosway, créole de bonne famille, s’éprend d’Edward Rochester, un Anglais aussi impénétrable que fascinant. Mais à la séduction enflammée succèdent rapidement des scènes vénéneuses, où les baisers sont des blessures, où toute une société livre la jeune femme à son bourreau. Des années plus tard, Antoinette tente de conquérir sa propre histoire. JE se situe à mi-chemin entre roman victorien et thriller intimiste contemporain. Lilia Hassaine s’est inspirée du personnage de la première femme de Rochester dans Jane Eyre, le roman culte de Charlotte Brontë. Elle a choisi de lui donner une voix, un corps, une destinée.
Lilia Hassaine est une romancière, journaliste française et chroniqueuse de télévision. Elle reçoit le prix Renaudot des lycéens pour son troisième roman, Panorama. Après des études littéraires Lilia Hassaine participe, en 2012, au programme Monde Académie du Monde puis intègre, en 2013, l'Institut français de presse dont elle sort diplômée en 2015. Elle travaille pour Arte, Le Parisien et Le Monde, puis, en 2014, remporte le 5e prix Santé et Citoyenneté du meilleur web-documentaire avec De mèche contre le cancer. En janvier 2018, Lilia Hassaine rejoint Bangumi, la société de production créée par Yann Barthès. Travaillant dans un premier temps en coulisses, elle participe en plateau à l'émission Trump, Saison 1 présentée par Martin Weill le 27 juin 2017 en prime-time sur TMC et rejoint ensuite l'équipe de chroniqueurs de Quotidien en septembre 2017. La journaliste coprésente la rubrique 20h Médias avec Julien Bellver du 8 janvier au 29 juin 2018 avant de présenter sa propre chronique, Le Zoom, dans laquelle elle décrypte une image d'actualité, à partir du 3 septembre 2018. En 2019, elle défile pour Jean-Paul Gaultier pendant la Fashion Week. Yann Barthès annonce le 2 septembre 2019 le retrait de Lilia Hassaine de Quotidien, pour la promotion de son livre L'Œil du paon. Elle réintègre l'émission le lundi 6 janvier 2020. Le 21 juillet 2022, l'Institut de l'Université de Londres à Paris lui décerne un doctorat honoris causa en littérature. À la rentrée 2024, elle anime la nouvelle émission littéraire des radios francophones publiques, Etcetera, diffusée le samedi après-midi sur France Inter. En septembre 2019, elle publie un premier roman fantastique, chez Gallimard, L'Œil du paon. Son livre est retenu dans la sélection du prix de la Vocation 2020. Son deuxième roman, Soleil amer, publié en août 2021, aborde l'intégration des populations algériennes dans la société française, des années 1960 aux années 1980. Le Figaro estime que « la plume de Lilia Hassaine est fine, singulière, juste, quand elle parle de la solitude ». En septembre 2021, il figure sur la liste des quinze livres retenus pour le prix Goncourt 2021. En mars 2022, Lilia Hassaine reçoit le 41e Prix littéraire de la Ville de Caen. Depuis 2022, Lilia Hassaine est un membre permanent du Prix Méduse. Son troisième roman, Panorama, publié en août 2023, est une contre-utopie sur le monde d’aujourd’hui autour de la disparition d'une famille et de l'enquête menée par une jeune policière. Jérôme Garcin le qualifie dans L'Obs d’« excellent thriller d’anticipation ». Pour Libération, « ce roman à la construction parfaite est une charge accablante contre nos sociétés où chacun dévoile énormément de lui-même, notamment via les réseaux sociaux, tout en restant très méfiant de l’autre. » Panorama reçoit le Prix de la rentrée à l'occasion de la 27ème édition du festival Les Écrivains chez Gonzague Saint Bris, ainsi que le prix Renaudot des lycéens 2023.
4.5 - j’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, limite des larmes de rage et de peine aux yeux quand j’ai fermé le bouquin !!!! trop hâte qu’il sorte pour le conseiller à tt le monde (: (j’ai déjà hypé ma chef btw)
j’ai pas les mots… écriture sublime, histoire haletante qui nous laisse sans voix, sera très probablement un de mes gros coups de cœur de 2026 ! très hâte que tout le monde ait la chance de le découvrir en août
Direction l’île de la Jamaïque en 1831, où Antoinette Cosway, jeune créole béké de 27 ans, s’éprend d’Edward Rochester. Sous la chaleur de l’île et les révoltes d’esclaves, Antoinette comprend rapidement que cet homme, aussi énigmatique que séduisant, sera sa dernière chance d’échapper à l’image de veille fille qui lui prend au nez. Bien qu’entourée d’une beau-père aimant, elle est rattrapée par le destin funeste de sa mère suivant celui de son petit frère, qui alimente les rumeurs à son sujet Elle serai une sorcière.
Edward cherche de plus en plus à faire monter la tension entre lui et cette jeune femme, dans un jeu de domination qu’il mène d’emblé ; entre manipulation, séduction et vice, la frontière est mince entre un amour sincère et intéressé. Considérée comme une reine en Jamaïque dans la société esclavagiste, Antoinette, alias Bertha, comprend vite qu’en Angleterre, elle ne recevra que des regards pleins de mépris. Loin de son île et de sa nourrice, Antoinette sombre dans une spirale d’angoisse et de mensonges qui la conduira droit vers les murs obscurs d’un grenier lugubre.
Lila Hassaine, dans la veine d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre avec Je voulais vivre, donne voix à un personnage mentionné avec froideur : l’épouse d’Edward Rochester dans le célèbre roman Jane Eyre. Elle nous offre une prose sensuelle et poétique, dans une Jamaïque ravagée par la fin d’un empire deshumanisant.
Simple, le roman vous prend aux tripes et vous empêche de le lâcher. Dès le début, le chemin semble tracé pour Antoinette, dont la vie maritale, désagréable et abusive, paraît si commune et familière.
Je s’inspire du livre Wide Sargasso Sea (La Prisonnière des Sargasses en français) de Jean Rhys d’où vient l’idée d’imaginer l’histoire de Bertha, personnage de Jane Eyre. Je est alors assez peu original si l’on a déjà lu Wide Sargasso Sea puisqu’il reprend les personnages et l’histoire familiale inventés par Jean Rhys.
De plus, je trouve que Je est moins féministe qu’un livre écrit 60 ans auparavant, réhabilitant plusieurs personnages masculins et présentant Antoinette comme assez niaise.
La question raciale est là aussi amoindrie puisque Jean Rhys a vécu dans les îles des Caraïbes et a pu se baser sur son expérience personnelle pour réimaginer le personnage de Bertha et la vie en Jamaïque de l'époque, ce qui rend son livre plus impactant à ce niveau-là.
Je se veut ici plus contemporain en y ajoutant des codes empruntés à la dark romance, rendant le livre plus grand public que celui de Jean Rhys, assez méconnu en France.
En conclusion, même si ce n’est pas un mauvais livre en soi, si vous avez déjà lu Wide Sargasso Sea, vous pouvez passer votre chemin.
je pense qu’on a demandé à lilia hassaine d’écrire un truc dans le style de la femme de ménage j’ai pas mal de critiques sur le livre mais oui c’est “addictif” et hyper grand public
l’écriture est belle, simple mais belle et agréable. elle a vraiment le mélange parfait entre facile à lire et joli. y’a des phrases marquantes ponctuellement, de bonnes idées sur pleins de trucs. j’avoue rien que pour ça jpourrai mettre 3 étoiles mais jsp
oui rochester c’était un homme rustre, avec de l’ego et tout pleins de défauts classiques pour un homme du 17e je comprend son idée de l’ex folle qui s’est faite maltraitée et réécrite par l’homme et la société mais là c’est trop caricatural pour moi elle passe à côté du texte de charlotte brontë sur la caractérisation de rochester pour le plier à son agenda féministe (bon jss dure là) ce que je comprend mais bon si t’écris un livre avec la prétention d’explorer un personnage sous exploité d’un classique, il faut y aller avec plus de nuances et de profondeur imo au moins pour faire honneur à l’attention que bronte porte à la psychologie de ses persos fin là c’est juste un psychopathe mélomane menteur et violent rochester jsp j’aurai aimé que ça aille + loin
mais même pour le personnage de jane eyre jtrouve que c’est un affront un peu mddr prcq ça veut dire qu’elle est tout simplement sous emprise elle aussi et qu’elle a été incapable de percer à jour le caractère horrible de cet homme pro de manipulation idk c’est de la littérature, explore les nuances et les ambiguïtés stp, pour moi elle projette juste de la pure fiction là
après ça aide pas que j’ai plus tous les détails en tête de jane eyre donc je suis plus sûre de quel perso existe ou non, le déroulé de tout ce qu’on sait etc fin genre son fils il existe pas normalement nan ?
en plus c’est dommage prcq c’est évidemment intéressant d’explorer le rapport à la folie des femmes moi j’adore mais là elle est juste full victime elle se fait litteralement enfermée de force fin on est ds un polar ouuu
jsp gt trop hypée y’avais tellement quelque chose à faire mais là c simpliste une énième histoire d’emprise d’un homme sur une femme idk c’est presque retirer une part de son agentivité à antoinette/bertha et donner trop de crédit à rochester que de le dépeindre comme ce génie du mal qui détruit et manipule ces femmes qui tombent toutes dans le panneau
en vrai j’ai kiffé la première partie en jamaïque par contre
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J’ai un petit problème depuis quelques années : j’achète des romans pour leur auteur sans vraiment lire le résumé. Résultat, je débarque parfois dans des univers auxquels je ne m’attendais absolument pas. Ce fut le cas avec Je.
Lilia Hassaine s’empare ici du personnage d’Antoinette, la première femme de Rochester dans Jane Eyre, et lui donne une voix, une histoire et une destinée. En Jamaïque, en 1831, son histoire d’amour avec Rochester se transforme peu à peu en piège, et on assiste, impuissant, à la façon dont celui-ci se referme autour d’elle.
J’ai trouvé l’idée vraiment intéressante. Le roman est bien construit, bien écrit et le travail de recherche sur la Caraïbe de cette époque est particulièrement réussi. J’ai aussi apprécié l’utilisation du créole francophone, qui évite les représentations caricaturales de la langue locale.
Et surtout, je l’ai lu en 24h. J’étais clairement prise dans le destin d’Antoinette et dans cette histoire qui devient de plus en plus sombre.
Mais malgré tout, je suis restée un peu en retrait.
J’avais lu une version abrégée de Jane Eyre à l’adolescence et je comprends très bien l’envie de redonner une voix à ce personnage. Mais j’ai aussi lu récemment un autre roman basé sur le même principe, que j’avais beaucoup aimé, et forcément la comparaison n’a pas vraiment joué en faveur de Je.
Il m’a manqué quelque chose. Peut-être plus de profondeur, peut-être simplement plus de temps avec cette héroïne. Je n’ai pas réussi à ressentir toute l’empathie que j’aurais voulu avoir pour Antoinette.
Une lecture que j’ai appréciée, que j’ai trouvée prenante et intéressante, mais qui ne m’aura finalement pas complètement convaincue.
Je n'ai jamais lu Jane Eyre, je ne connais l'histoire que dans les grandes lignes. Je pense qu'il est important de le stipuler puisque JE est une réécriture de cette histoire. Lilia Hassaine s'intéresse au personnage de la première femme de Rochester (celle qui est folle, enfermée dans le grenier).
L'histoire débute à la Jamaïque et on découvre peu à peu le personnage d'Antoinette, rebaptisée plus tard "Bertha" par Rochester. C'est une réécriture féministe du roman original. Lilia Hassaine redonne un peu de noblesse à ce personnage trop vite délaissé. La question de la folie féminine est au centre du texte, notamment pour questionner ce diagnostic un peu trop vite posé sur les femmes.
Au cœur du roman se trouve également la relation d'emprise entre Rochester et cette femme qu'il souhaite posséder. J'ai trouvé l'écriture de cette "dynamique" de couple glaçante et donc efficace.
L'écriture de Lilia Hassaine est toujours aussi plaisante et c'est un roman qui se lit aisément. Les chapitres sont courts, percutants et l'intrigue progresse bien. L'autrice rend hommage aux autrices qui l'ont inspirée et notamment à Jean Rhys, autrice de La Prisonnière des Sargasses dès les premières pages du livre, ce qui est plaisant intellectuellement. Je ne connaissais pas cette œuvre, je me suis contentée d'aller lire quelques articles et je pense que pour celles et ceux qui l'ont lu, le livre de Lilia Hassaine est une forme de prolongement puisque de nombreux éléments semblent avoir été repris.
"Ce que Rochester n'aime pas, il ne le détruit pas. Et ce qu'il ne peut détruire ne l'intéresse pas".
Avec une sublime plume, Lilia Hassaine nous raconte sous la forme d'une autobiographie la vie d' Antoinette Cosway ou "Bertha", personnage apparaissant dans le roman "Jane Eyre" d' Emilie Brontë. C'est l'escalade, d'une idylle en Jamaïque à la prison en Angleterre. Ici est raconté la descente aux enfers d'Antoinette, la manipulation d'un homme envers sa femme et comment la société pousse une femme vers son bourreau.
Quelle masterclasse ! Lilia Hassaine rend toute sa dignité à une femme que l'on a trop souvent considérée comme "la folle du grenier". Ce récit ne peut laisser indifférent. On est en colère et on éprouve de la rage face à la manière dont un homme peut détruire psychologiquement une femme. Donner une voix à Antoinette Cosway, c'est rendre justice à toutes celles qui n'ont pas eu la force et/ou la capacité de s'exprimer face à l'oppression masculine. 👏🏾
💓 C'etait incroyable. Lilia Hassaine lui a donné une vie tangible avant qu'on la lui vole et c'était super ! Le personnage de Rochester fait tomber le masque et c'est surprenant et super de voir son vrai visage. Enfin rencontrer ce personnage laissé pour compte, c'était hyper intéressant et si bien mené. J'ai envie de relire Jane Eyre et de prendre tout mon temps pour retirer tout son charme à Rochester. Qu'est-ce que vous attendez pour le lire ?
Je hais encore plus les hommes après ça. J'ai envie de lire Jane Eyre maintenant... Même si je sais que c'est inventé, je trouve ça fou et très bien écrit
Une lecture saisissante, révoltante, que je n’ai pas réussi à lâcher. Lilia Hassaine possède une véritable qualité d’écriture qui me donne envie de lire ses autres romans !
"Crois-moi, mon enfant, cette histoire ne fut pas l'oeuvre d'un seul homme. Il faut tout une société pour créer ce genre d'entreprise. Ma chute est le fruit de dizaines de petites complicités, de silences prudents, d'intérêts mesquins. Chacun n'y mit presque rien. Mais de ces presque riens se forma la prison où l'on m'enferma."
Men being men « Et moi, au milieu de ces hommes, j’eus la sensation d’être condamné sans appel » De l’idylle à la descente aux enfers, des plans machiavéliques orchestrés par Rochester. L’écriture de cette autofiction est dingue, tellement haletante!