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Le Pays des étés

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"Ce pays était celui de mon bonheur. Ce sentiment se passait d'explication ; c'était une intuition, un consentement, et la survivance des jours heureux de l'enfance quand, allongé sur la pelouse grasse encore trempée de rosée, j'écoutais le bruissement du vent dans les arbres. Prêt à pleurer, j'avais déjà le coeur serré devant une joie si facile. J'appris plus tard, en apprivoisant l'absence, que les lieux que nous aimons nous aident à supporter un grand chagrin. Ils réparent, et la mer où qu'elle soit console. La mer console toujours." Alors que sa grand-mère vient de mourir, le narrateur retrouve sa famille dans la maison bretonne de son enfance. Peu après, celle-ci est mise en vente. Entre sentiment de dépossession et trouble provoqué par les nouveaux occupants, une menace plane désormais sur le pays des étés... Après le succès de Que reviennent ceux qui sont loin, Pierre Adrian signe un roman d'une beauté déchirante sur les lieux qui nous habitent et les souvenirs qui nous font.

192 pages, Paperback

Published August 13, 2026

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About the author

Pierre Adrian

16 books12 followers
Pierre Adrian a 24 ans. Pasolini est son premier livre.

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Community Reviews

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25 (24%)
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3 (2%)
1 star
3 (2%)
Displaying 1 - 17 of 17 reviews
Profile Image for Frey.
1,002 reviews77 followers
October 10, 2026
J'avais commencé Le Pays des étés avec une petite méfiance. J'avais entendu Pierre Adrian en interview et, sans qu'il soit agaçant, j'avais eu peur de tomber sur un nouvel exemplaire du grand classique de la rentrée littéraire : un homme blanc bourgeois, intellectuel, écrivain, qui écrit sur lui, sa famille, son enfance, ses souvenirs, sa vie, son œuvre et éventuellement la maison de mamie.

Et, oui... techniquement... c'est un peu ça, mais j'ai plutôt passé un bon moment.

Le Pays des étés part de la mort de la grand-mère et de la vente de la grande maison familiale en Bretagne, celle où tout le monde se retrouve depuis des générations. Sur le papier, on est donc en plein dans le roman de la mémoire, de la famille et du temps qui passe, et pourtant Pierre Adrian réussit quelque chose d'assez doux avec ce matériau-là, parce qu'il ne cherche jamais vraiment à transformer chaque douleur en grand traumatisme littéraire. Alors que, pourtant, il y en a, de la douleur, mais jamais le roman ne donne l'impression de vouloir fouiller dans la plaie pour vérifier si on peut encore faire un peu plus mal.

Et après plusieurs romans de rentrée où l'on finit presque par se demander à quel moment va arriver le viol, l'inceste, le meurtre ou la révélation traumatique suffisamment spectaculaire pour justifier le bandeau promotionnel, ça m'a fait du bien, je suis prêt à repartir sur de nouveaux traumatismes.

La mort d'un enfant, par exemple, existe dans le roman, on comprend qu'elle a été terrible, mais savoir exactement comment il est mort n'est pas nécessaire. Il a vécu, il est mort, sa famille pense encore à lui et parler de lui permet d'une certaine manière de le faire continuer à exister et ça suffit. C'est d'ailleurs probablement ce que j'ai trouvé le plus agréable : cette idée que les gens, les maisons et les étés survivent tant qu'on continue à les raconter.

La famille possède ses propres mythes, ses histoires répétées tellement souvent que même ceux qui n'étaient pas nés au moment des faits peuvent les raconter, et la famille finit donc par avoir son dialecte, sa géographie et son histoire parallèle, incompréhensibles pour les autres et chaque été, les plus jeunes ajoutent à leur tour quelques anecdotes au grand bordel. J'ai trouvé ça beaucoup plus universel que le sujet ne pouvait le laisser penser. Évidemment, tout le monde n'a pas une grande maison familiale en Bretagne, des cousinades estivales et des morts au cimetière communal, mais cette façon dont certaines choses minuscules deviennent rétrospectivement énormes, je pense qu'elle parle à beaucoup plus de monde.

Les habitudes idiotes, les mêmes endroits qu'on visite, les mêmes gens, les "on va quand même pas prendre la voiture pour ça" et même la paresse des après-midi où trente minutes de voiture pour aller sur une autre plage donnent soudain l'impression de préparer une expédition au Groenland parce que, non, nous avons NOTRE plage et NOTRE coin et pourquoi faudrait-il découvrir quoi que ce soit alors qu'on est en vacances ?

Et en vrai je pense que c'est le cœur de ce roman, Adrian et le narrateur et le livre rend la famille attachante : il(s) l'aime(nt) beaucoup sans prétendre qu'elle est formidable en permanence. Il y a énormément de tendresse dans la manière dont Adrian parle de ses personnages. C'est un livre très tendre sur la famille, mais pas complètement dupe de ce que signifie vivre "en tribu". On peut s'aimer énormément et malgré tout ne connaître certains cousins que comme "le fils de", "la soeur de" ou "celui qui travaille à".

J'ai aussi beaucoup aimé la manière dont le livre élargit progressivement son sujet ; au départ, le problème semble très simple : que devient une famille quand elle perd la maison autour de laquelle elle s'est organisée ? Puis on comprend que le narrateur n'est peut-être plus vraiment attaché à la maison elle-même, mais à tout un territoire et à un mode de vie. La maison peut donc disparaître sans que les étés disparaissent avec elle.

Un enfant demande d'ailleurs, lorsqu'il apprend la vente, si "les grandes vacances sont finies pour toujours". Et d'une certaine manière, tout le roman répond à cette question : Non. Mais elles ne seront plus exactement les mêmes, comme lorsqu'on passe de l'enfant au jeune adulte, puis à l'adulte responsable. Les vacances et les maisons et les visites familiales ont un autre goût, une autre forme, une autre histoire. Et ici, plus le roman avance, plus ce changement familial rejoint celui de toute la région : locations saisonnières, résidences secondaires, plages surchargées, embouteillages, canicules, difficulté pour les habitants à se loger, pollution liée à l'élevage intensif, plages interdites à la baignade... Le "pays des étés" devient alors une expression beaucoup plus ambivalente, pour le narrateur, c'est le pays merveilleux des vacances et de l'enfance, mais pour d'autres, c'est aussi un endroit où il faut réussir à vivre en novembre.

Et j'ai trouvé assez intéressant que le narrateur ne soit pas toujours très sympathique, il y a des passages où il est franchement snob dans sa manière de décider qui sait correctement profiter d'un endroit. Pourtant, ni son avis, ni l'image qu'il veut se donner, ni la narration ne nous laisse benoitement croire tout ce qu'il dit, ni prendre pour argent comptant ou le narrateur comme étant extérieur à ce qu'il reproche. Et c'est je pense ce qui pour moi a bien fonctionné : les sentiments ne sont pas "propres" ; on peut savoir parfaitement qu'une maison n'est plus à nous, avoir accepté sa vente, comprendre rationnellement qu'elle n'était plus habitable et être malgré tout furieux de voir d'autres gens y vivre, on peut croire avoir fait son deuil et découvrir qu'on était encore en train de le faire.

La fin a par contre un goût cendreux, ou doux-amer. Je reste mitigé sur celle-ci sans réellement la désapprouver ;

Globalement, il y a quelque chose de la vieille photo Kodak, ou du film de vacances retrouvé dans une boîte et dont les couleurs commencent à passer. Ce n'est pas complètement triste, ce n'est pas complètement heureux, ça a ce côté de lumière surexposée de vieilles photos et des souvenirs qu'on aime justement parce qu'on sait qu'ils sont terminés.

Je m'attendais à un énième roman de littérature blanche sur un écrivain, sa famille et sa maison d'enfance. Et c'est ce que j'ai eu : un roman sur un écrivain, sa famille et sa maison d'enfance (ou un narrateur, sa famille et sa maison d'enfance), mais c'était tendre, drôle par petites touches, pas voyeuriste, parfois très juste, et surtout remarquablement peu intéressé par l'idée de transformer chaque douleur humaine en spectacle.
Profile Image for Thomas Roth.
63 reviews1 follower
October 13, 2026
« La mer console toujours » conclut Pierre Adrian dans ce beau roman. Après le décès de sa grand-mère, il assiste à la vente de la grande maison familiale. Les nouveaux occupants sont différents. Ils n’aiment pas la maison comme lui l’a aimée. Comment entretenir l’héritage, retenir les souvenirs ?
Le pays des étés est une superbe introspection sur les lieux qui nous habitent et ce qu’ils laissent en nous. Elle se lit doucement : le style de l’auteur mérite d’être parcouru avec attention. Il décrit avec poésie l’enfance, les étés et la Bretagne.
Très joli !
36 reviews
September 16, 2026
Qui n’a pas aimé « le pays des étés » pour ne lui décerner que 4 étoiles ? C’est la suite sans l’être, de « Que reviennent ceux qui sont loin » qui m’avait particulièrement touchée en 2022. Ce roman sensible empreint de douceur et de nostalgie, très bien écrit, est d’une grande beauté. C’est aussi, encore et toujours pour moi qui les aime, un livre sur la famille, la transmission, et le temps qui passe. A lire absolument !
101 reviews4 followers
September 25, 2026
Après « Que retiennent ceux qui sont loin » , Pierre Adrian retourne à nouveau dans la grande maison bretonne familiale, berceau de son enfance et de ses souvenirs. Dans ce nouveau roman, il raconte un autre deuil que celui ce l’enfance : la vente de cette maison, après le décès de sa grand-mère. Vécue comme un traumatisme familial, il explore avec justesse l’importance que revêtent les lieux qui nous sont chers.
Malgré l’émotion évidente, le talent de l’auteur à encapsuler ces moments de vie et à raconter ses terres bretonnes, j’ai trouvé ce roman moins abouti. La plume a perdu de son rythme et l’histoire s’enlise parfois dans une certaine torpeur où les formules se succèdent façon catalogue.
Profile Image for Virginie.
239 reviews4 followers
October 12, 2026
"En traînant autour de la maison, j'acceptais avec fatalisme ce sentiment qui me poursuivait depuis l'enfance bien que je n'en eusse pas conscience alors. Ce pays était celui de mon bonheur. Ce sentiment se passait d'explication ; c'était une intuition, un consentement, et la survivance des jours heureux de l'enfance quand, allongé sur la pelouse grasse encore trempée de rosée, j'écoutais le bruissement du vent dans les arbres. Prêt à pleure, j'avais déjà le coeur serré devant une joie si facile. J'appris plus tard, en apprivoisant l'absence, que les lieux que nous aimons nous aident à supporter un grand chagrin"
153 reviews1 follower
August 14, 2026
Le Pays des étés est le récit d'une maison familiale en Bretagne, lieu des vacances, des retrouvailles, des habitudes et des souvenirs.
Pierre Adrian évoque avec pudeur les générations qui s'y succèdent et les rituels qui se répètent. Jusqu'au jour où la maison doit être vendue.
Commence alors l'apprentissage de la dépossession, mais aussi la découverte de tout ce qu'un lieu peut laisser en nous.
La chronique entière et illustrée ici
https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Profile Image for Roméo VM.
81 reviews11 followers
Review of advance copy received from Éditeur
June 10, 2026
Si vous avez aimé comme moi le TELLEMENT beau "Que reviennent ceux qui sont loin" (qui est devenu l'un de mes livres favoris), vous aimerez cette suite. Il y a toujours la Bretagne, la mélancolie, une certaine idée d'un petit paradis iodé. Mais aussi le tourisme de masse et le réchauffement climatique. La plume de l'auteur me touche en plein cœur.
184 reviews
November 7, 2026
This was a beautiful reflection on childhood, memories, families, and change. It just came out this year, and I learned about it from an episode of a French current events podcast, in which they were talking about "la rentrée littéraire." I thought it sounded lovely, and since I was in Nice I picked it up at the bookstore. Look at me, on the cutting edge of French literature!
Profile Image for Aglaé S.
20 reviews
September 6, 2026
j’avais adoré que “que reviennent ceux qui sont loin” son roman précédent qui m’avait touché à un point inimaginable… Outre le fait que le sujet du livre me passionne, ma lecture fut plus compliqué ici, mais je lui redonnerai une chance plus tard.
Profile Image for victoirepbk.
33 reviews
Read
August 29, 2026
j'aurais aimé + de passages sur la mamie qui est fatalement assez au second plan
Profile Image for Anna.
13 reviews
October 12, 2026
un peu plus faible que les autres mais encore une fois des phrases qui sortent du lot, qui me font pleurer encore et encore
la mer console toujours
Profile Image for Léa.
124 reviews2 followers
September 16, 2026
Ce texte dégouline de nostalgie. Il a eu le tour de force de me ramener dix, vingt ans en arrière, chez mes grands-parents, en campagne, au soleil, lorsque le temps s'arrête. L'écriture est belle, efficace, et juste.
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