Il suffit d'une vie pour disparaître, il en faut plusieurs pour trouver la rédemption.
Vingt-huit ans après la révélation de L'homme qui voulait vivre sa vie, Douglas Kennedy nous entraîne dans une course poursuite effrénée à travers les paysages grandioses du Montana, sur les traces d'un homme aux mille visages, insaisissable et désespéré.
Depuis le décès brutal de son épouse, Andrew Tarbell, aimerait se rapprocher de son fils, Jack, avec qui il entretient une relation difficile. Longtemps à la dérive, le jeune homme s'est reconverti en apprenti journaliste dont Andrew suit assidûment les publications. Or voici que Jack dévoile une enquête sur une affaire de plagiat qui fait les gros titres à Hollywood. Le nom du coupable ? Adam Bradford. Pour Andrew, c'est le choc. Adam est le fils qu'il a abandonné quand il s'appelait encore Ben Bradford et qu'il avait été déclaré mort dans l'explosion d'un bateau.
Aujourd'hui, la vérité pourrait bien remonter à la surface, brisant non seulement la vie d'Andrew, mais aussi celle de tous ceux qu'il croyait avoir protégés.
Douglas Kennedy was born in Manhattan in 1955. He studied at Bowdoin College, Maine and Trinity College, Dublin, returning to Dublin in 1977 with just a trenchcoat, backpack and $300. He co-founded a theatre company and sold his first play, Shakespeare on Five Dollars a Day, to Radio 4 in 1980. In 1988 he moved to London and published a travel book, Beyond the Pyramids. His debut novel The Dead Heart was published in 1994.
Je suis entrée dans ce roman un peu comme on ouvre une porte sans trop savoir ce qu’il y a derrière : avec l’impression diffuse d’avoir raté un épisode. Mais Douglas Kennedy a l’élégance de ne jamais exiger une mémoire parfaite : il rafraîchit les souvenirs… ou peut-être les réécrit-il légèrement, ce qui colle plutôt bien à son univers. Dans L'homme qui n'avait pas assez d'une vie, on retrouve Andrew Tarbell, professeur de photographie en Californie, veuf, fatigué, et spécialiste malgré lui des identités multiples. Son fils Jack, jeune journaliste, enquête sur un scandale de plagiat à Hollywood. Le nom du suspect, Adam Bradford, agit comme un choc : il s’agit du fils qu’Andrew a effacé de sa vie trente ans plus tôt en le déclarant mort dans une explosion maritime. Comme stratégie familiale, on a vu plus chaleureux. J’ai trouvé assez savoureux ce père qui observe la carrière de son fils presque comme on surveille un adolescent trop indépendant. Le roman avance entre introspection et cavale américaine, à travers les États-Unis traversés à grande vitesse, tandis que les identités se dérobent sans cesse. J’avoue avoir parfois levé les yeux au ciel devant certaines coïncidences, mais c’est aussi ce qui fait le charme un peu décomplexé de Douglas Kennedy, tout cela repose sur une bonne dose d’invraisemblance assumée. On referme le livre avec l’idée que nos vies sont des versions successives de nous-mêmes, jamais totalement stables ni innocentes. C’est ce qui rend le roman efficace : il divertit autant qu’il interroge, sans chercher à donner de leçon. Lecture fluide, excessive, fidèle à un auteur aimant les personnages cabossés et les trajectoires sinueuses. Au bout du compte, une question persiste, un peu impertinente : peut-on vraiment disparaître de sa propre histoire sans qu’un jour quelqu’un écrive le chapitre manquant ? Et c’est précisément ce retour du passé qui donne toute sa saveur au roman, en rappelant que la littérature aime aussi les vies qui dérapent. https://latelierdelitote.canalblog.co...
C’est la suite de “L’homme qui voulait vivre sa vie”, grand succès de Douglas Kennedy il y a trente ans. Mais c’est une suite indépendante : en effet le premier livre est rappelé habilement dans les premiers chapitres, on n’a pas besoin de le relire. Un peu trop habilement peut-être : il y a des contradictions avec le premier livre. Mais n’est-ce pas le propre des souvenirs, que de toujours réécrire l’histoire ? Voilà qui va bien avec les thèmes et les thèses de l’auteur. On retrouve une certaine maestria propre à Douglas Kennedy, qui malheureusement n’est pas présente dans tous ses livres (La femme du Vème, quel livre raté !). Le narrateur nous parle comme à un ami et on a envie de l’écouter pendant des heures. Chaque chapitre se termine sur un suspense et on attaque le suivant pour savoir ce qui se passe (alors qu’on avait dit que le précédent était le dernier). C’est vraiment très bien écrit, et la traduction est plus qu’honorable (Douglas Kennedy parle très bien français mais écrit en anglais). Le problème, c’est l’intrigue. “L’homme qui voulait vivre sa vie” était passionnant parce que ça explorait la possibilité de feindre sa mort et de prendre une nouvelle identité. Est-ce vraiment possible ? "L’homme qui n’avait pas assez d’une vie” en fait un procédé. Le narrateur a changé deux fois d’identité. Son fils change d’identité. Ensemble ils traquent le méchant qui... vous avez deviné, a changé d’identité… Si tout va bien, si tout va mal, il ne restera plus qu’à… changer d’identité. C’est dommage, non seulement ça gâche le deuxième livre, mais par contagion ça gâche un peu le premier livre…