Une surprise de taille attend Jack Waterman, l’écrivain le plus lent de la ville de Québec, lorsqu’il prend l’ascenseur ce matin-là. Une rousse de vingt-cinq ans, mince et jolie, portant des lunettes orangées, lui donne des palpitations en lui déclarant en douce : « J’ai lu tous vos livres et... je vous ai fait une petite place dans mon cœur. »
Commence alors entre Jack et Mélodie un chassé-croisé d’affections qui hésitent, avancent, oscillent, bafouillent et glissent vers une fragile histoire d’amour à mesure que la machine à souvenirs déroule les aventures et mésaventures de chacun. Jack est étonné de s’éprendre de la jeune femme, car depuis qu’il a été victime d’un accident vasculaire cérébral à Paris, il doute que son cœur puisse à nouveau battre à l’unisson d’un tel sentiment.
Même si Waterman, cédant parfois à la mélancolie (que Léo Ferré appelait « un désespoir qu’a pas les moyens »), évoque au cours de leurs rencontres irrégulières son agression à l’arme blanche à Key West, sa fuite de Paris à cause d’un voisinage tumultueux et l’incendie de sa maison où ses manuscrits ont brûlé sous ses yeux, ce qui est arrivé à Mélodie le touche bien davantage. Orpheline, celle-ci a été trimballée d’un centre d’accueil à l’autre, maltraitée par la vie, la drogue, la Direction de la protection de la jeunesse, et les hommes qui en bavaient pour elle. Et justement, le voisin de palier de Jack Waterman pourrait bien être un de ces hommes troubles avec qui elle a eu maille à partir, un videur de bar nommé Boris. Voilà qui met Jack dans tous ses états et lui donne un courage qu’il n’aurait pas autrement. Mais ses poings seront-ils à la hauteur de sa bravoure lorsqu’il décidera de régler son compte à cet ancien lutteur ?
On s’en doute, cette histoire cousue d’histoires est aussi le récit d’une écriture, et celle de Jacques Poulin est toujours empreinte de cette fine petite musique qui résonne, feutrée, de roman en roman, à travers la ville de Québec, depuis bientôt cinquante ans. Une petite musique d’accordéon, un brin nostalgique et féline, qui serre le cœur et le rassure au fil des mesures et des amours qui naissent et meurent, mine de rien.
La magie de l'écriture de Jacques Poulin opère ici encore une fois. Il sait, je ne sais comment, avec son écriture d'apparence totalement neutre et dépouillée, et sa narration sans la moindre esbroufe, et ses récits passablement dépourvus de rebondissements, créer un climat envoûtant et doux et délicat qu'on a toujours envie de retrouver.
Mais j'ai été répugnée et repoussée par le personnage du monsieur vieillissant qui vit trop d'intimité physique avec une jeune femme de 25 ans. Et ses remarques sur le sex-appel de cette dernière: beurk. C'était déplacé, comme si Poulin ne maîtrisait pas vraiment cet univers; ou n'avait pas su en parler bellement cette fois-ci. Ça faisait vieux mononcle cochon, et c'était à vrai dire peu crédible. Comme le commente une autre lectrice ici, plus bas, la relation entre les deux est précipitée. Ce n'est pas assez étayé psychologiquement du côté de la protagoniste pour que je trouve ça vraisemblable. Et la partie "roman social" qui raconte comment cette jeune femme a vécu une relation abusive dans son adolescence, c'était bizarre dans un livre de Jacques Poulin. Je préfère cet auteur quand il enchante le quotidien sans prosaïsme. Mais bon, ce livre est très court et se lit vite! :)
Bien que j'avais hâte de lire ce livre, il m'a bien déçue. L'écriture est hésitante et la nature de la relation entre le narrateur et la jeune femme rousse était totalement superficielle, comme si l'auteur avait un peu précipité leur rapprochement invraisemblable sans prendre le temps de construire leur relation. De plus, j'ai trouvé cette histoire un peu cliché; celle de la jeune femme séduisante au passé trouble qui se confie sans raison à un vieil écrivain solitaire.
J'aime Jacques Poulin. Je serais plutôt une inconditionnelle. Quelle ne fut pas ma désolation de lire cet ouvrage qui à certains égards ressemble à un mauvais policier. Je me demande comment il se fait que les éditeurs laissent leurs auteurs se rendre un aussi mauvais service. Il y eut cependant quelques moments de pur délice notamment lors d'échanges de confidences entre Waterman et Mélodie. Déçue mais pas au point d'oublier Le vieux chagrin, Volkswagen Blues, Le coeur de la baleine bleue...
Depuis une quinzaine d'années je suis fan finie de Jacques Poulin et c'est probablement pourquoi ma déception après la lecture de ce livre a été encore plus profonde. Cette fois-ci je n'ai pas du tout appréciée ma lecture. Quelque chose à propos de la relation superficielle entre Jack et Mélodie, le fait que l'auteur s'émeut pour un rien et certaines remarques un peu vulgaires du protagoniste cinquantenaire envers des femmes beaucoup plus jeunes m'ont particulièrement déplu. En plus, personne ne s'étonne que le vieux Boris veuille abuser d'une fille qui ressemble à sa fille!?! Ben voyons donc. L'écriture m'a aussi semblé plus lourde que d'habitude. Le style de Jacques Poulin n'a finalement pas suffit cette fois à me charmer. Je me console en allant relire Les grandes marées.
Note : 3,5/5 L'inimitable style de Jacques Poulin sauve la cote de ce livre. Si les ouvrages de Poulin n'ont jamais eu besoin de forts scénarios pour se montrer percutants, la trame narrative de celui-ci m'a fortement déplu.
La relation entre la jeune fille et le vieil écrivain sort un peu de nulle part. Les remarques mentales que se faisaient le personnage principal au sujet de la jeune femme étaient également déplacées et juraient complètement avec la grande sollicitude de celui-ci face aux traumas de nature sexuelle qu'avait vécue son amie.
Normalement de telles thématiques ne m'auraient pas autant dérangées mais, je ne pouvais m'empêcher de me dire que l'histoire amoureuse d'«Un Jukebox dans la tête» tirait sa source du fantasme d'un Jacques Poulin alors âgé de 77 ans.
Definitely inspired by Sartre’s, Simon Claude’s and Marguérite de Navarre’s literature. The storyline was tiresome, though, and had very little plot. I would not read this again. It was unfortunately a banal read.