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Dans la jungle

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Une jolie villa dans le Brabant wallon, l'été à la mer, l'hiver au ski, deux enfants : Aurélie et Arnaud se sont construit une vie qui leur ressemble. Pourtant, un soir d'été, Arnaud prend une arme et assassine les siens avant de se suicider.
Adeline Dieudonné rembobine le film de l'histoire de ce couple, du premier regard à la mise en place d'un quotidien bourgeois. À chaque étape, la mécanique prend forme sous nos yeux, insidieuse, inéluctable.
Chronique d'une mise à mort annoncée, ce roman haletant nous entraîne au cœur de la bourgeoisie belge, où il est courant de tutoyer son banquier et où la violence se dissimule derrière les façades de briques blanches.

311 pages, Kindle Edition

Published April 2, 2026

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Adeline Dieudonné

21 books265 followers

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5 stars
128 (52%)
4 stars
86 (35%)
3 stars
27 (11%)
2 stars
3 (1%)
1 star
1 (<1%)
Displaying 1 - 30 of 47 reviews
Profile Image for Jo.
1,231 reviews249 followers
April 5, 2026
Dès les premières lignes de « Dans la jungle », Adeline Dieudonné nous plante face à une succession, apparemment anodine, et qui, lorsqu'on en saisit les enjeux, se transforme en uppercut : les pages m'ont tout simplement cloué sur place. La scène d'ouverture, chirurgicale et implacable, impose un vertige qui ne nous quittera plus.

Puis on remonte le temps jusqu'aux racines de ce qui deviendra le couple formé par Aurélie et Arnaud et, par la suite, la famille qu'ils constitueront avec Diego et Lily. Une reconstruction minutieuse pour mieux nous abattre car, même en ayant connaissance de la conclusion du texte, on aimerait la voir changer tant Aurélie et ses enfants se parent d'un réalisme troublant qui nous donne une furieuse envie de les protéger.

Plus l'intrigue avance, plus la tension s'aligne sur le rythme. Dans une lenteur méthodique et insidieuse jusqu'à s'accélérer follement dans les derniers chapitres. On a le coeur qui s'emballe, le ventre noué. Adeline Dieudonné raconte le quotidien, la simplicité des gestes et des projets et pourtant, derrière cette façade tranquille, elle distille avec une précision effrayante les mécanismes de violence et d'emprise qui se tissent au sein du couple. La banalité d'une vie bourgeoise, les pistes de ski de l'hiver, les plages l'été, la villa parfaite du Brabant wallon... tout cela devient le théâtre de l'inéluctable et un piège autant pour les personnages qui l'habitent que pour nous, constamment en pleine tachycardie face à l'urgence sourde qui gronde.

L'autrice, déjà excellente dans l'art de raconter et de dénoncer, réussit également avec brio à nous faire éprouver ses mots physiquement. L'angoisse, la peur, la colère, la douleur, la rage circulent de sa plume à nos muscles. « Dans la jungle » donne envie de hurler et sa fin nous fait frôler l'asphyxie, happés par l'horreur et la beauté glaciale de cette écriture.

Un ouvrage qui n'épargne personne. Il frappe, retourne, secoue. Quand on referme le livre, le cauchemar perdure, ancré. Bravo, Madame Dieudonné.
Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
766 reviews242 followers
April 20, 2026
Un notaire. Une table en chêne massif. Deux femmes épuisées qui n’ont plus rien en commun que leurs morts. Et des chiffres. Des droits de succession, des pourcentages, des montants nets à percevoir après impôts sur le sang versé. C’est par là qu’Adeline Dieudonné choisit d’ouvrir « Dans la jungle », son quatrième roman, et c’est sans doute la scène la plus glaçante du livre. Froide comme un relevé bancaire, précise comme une autopsie, elle pose d’emblée le ton : ici, on ne raconte pas une tragédie. On en dresse un constat, et on réfléchit à qui a été tué en premier pour établir la succession.

Aurélie est morte. Ses deux enfants aussi. Arnaud, son mari, les a tués avant de se suicider. On le sait dès la première page. Ce que « Dans la jungle » va faire, ensuite, c’est remonter le fil. Nous ramener en 2006, à une soirée cycliste dans un domaine bourgeois de la campagne belge, là où Aurélie croise pour la première fois ce garçon grand, flegmatique, si magnétique. Arnaud.

Ce choix narratif à rebours est habile. Puisqu’on connaît la fin, chaque scène charge « Dans la jungle » d’un poids supplémentaire. Chaque détail crée une bascule. Le système de caméras installé dans la maison, au départ présenté comme un gadget de confort moderne, devient rétrospectivement une cage. Le partage de localisation activé sur le téléphone d’Aurélie, qu’Arnaud surveille dix à quinze fois par jour avec la satisfaction compulsive d’un collectionneur qui range ses pièces, révèle progressivement ce qu’il est vraiment.

Adeline Dieudonné a fait un travail documentaire sérieux sur les mécanismes de l’emprise, et ça se sent. La géolocalisation, l’accès aux messages, les crises de colère suivies d’attendrissement calculé, les vieux dossiers ressortis à chaque dispute pour maintenir Aurélie en état de dette permanente… tout est là, restitué avec une précision qui sonne juste.

Ajoutons à cela le portrait de Suzanne, la mère d’Aurélie. Pédiatre, voyageuse, femme debout. Elle voit. Elle voit depuis le début que quelque chose ne va pas, que sa fille rétrécit, que ses visites sont suivies de disputes à la maison, qu’Arnaud isole méthodiquement tout ce qui pourrait constituer un secours. Elle tente. Elle insiste, recule, s’adapte, propose la police, se ravise pour ne pas braquer Aurélie. Son impuissance à elle est, à mon sens, l’autre sujet intéressant de « Dans la jungle ». Bien plus que la violence d’Arnaud. Sans doute parce qu’elle incarne ce que nous sommes toutes face à ce type de situation… des témoins qui voient sans oser, qui savent sans pouvoir prouver, qui tendent la main à quelqu’un qui ne peut pas encore la saisir.

Alors pourquoi le roman ne m’a-t-il pas emportée ?
Parce qu’Aurélie, justement, reste étrangement lointaine. On la suit pendant treize ans et on ne pénètre jamais vraiment dans ce qu’elle ressent. On observe ses comportements, ses adaptations successives, ses petites victoires et ses renoncements, mais il manque quelque chose d’essentiel : sa voix intérieure.

Comparée à la densité du personnage de Suzanne, elle semble presque transparente. Je sais que c’est peut-être l’intention de l’autrice, car l’emprise efface le sujet et dissout l’identité. Représenter Aurélie comme une présence de plus en plus ténue est cohérent avec ce que vivent les femmes dans ces situations. Mais en ce qui concerne la lecture, j’ai eu du mal à m’attacher à elle, à la suivre avec l’inquiétude et l’urgence que le sujet méritait.

Au début de « Dans la jungle », la métaphore naturaliste tirée d’une citation de Dian Fossey pose un prisme intéressant.

« L’une des étapes fondamentales pour sauver une espèce menacée consiste à mieux la connaître : son régime alimentaire, ses processus d’accouplement et de reproduction, ses déplacements, son comportement social. »

Ici, on observe le prédateur comme on étudierait une espèce dans son habitat. Sauf que cette comparaison s’essouffle. Adeline Dieudonné y revient trop souvent, soulignant à outrance ce qui gagnerait à rester implicite. Force est de constater qu’à vouloir sans cesse en expliquer le dispositif, le lecteur perd la chair du propos.

Puis arrivent les dernières pages. Après la construction minutieuse de treize années de relation, la fuite d’Aurélie chez Suzanne, les semaines qui suivent, et enfin, le basculement final vers cette exécution collective, Adeline Dieudonné accélère drastiquement le tempo. Cela m’a donné l’impression que « Dans la jungle » avait épuisé son souffle juste avant la ligne d’arrivée.

Ce que j’aurais voulu comprendre, et que le récit choisit de ne pas montrer, c’est ce qui se passe dans l’esprit d’Arnaud au moment où il franchit l’irréparable. Encore une fois, je peux comprendre l’intention de le laisser de côté pour se concentrer sur ceux qui sont les victimes de sa rage, mais ce blanc-là m’a laissée au bord du chemin.

Incontestablement, « Dans la jungle » est un roman nécessaire. Réfléchi, construit et documenté, il dit des choses vraies sur les mécanismes de l’emprise, et la violence qui enflamme progressivement toute raison. Pour ceux qui cherchent à comprendre comment l’emprise fonctionne concrètement, il remplit pleinement sa mission.

Mais d’autres romans, tels que « La Nuit au cœur » de Nathacha Appanah, « Ceci n’est pas un fait divers » de Philippe Besson, ou encore « La Deuxième femme » de Louise Mey vont plus loin. À leur manière, ces textes font vivre l’emprise de l’intérieur sans utiliser une précision documentaire. Or, c’est précisément ce choix narratif qui m’a empêchée de ressentir des émotions.

D’ailleurs, « La vraie vie » d’Adeline Dieudonné elle-même tenait davantage de l’électrochoc. La métaphore animale y était déjà présente, vue par les yeux de la fillette, qui observe son père chasser, tuer, dominer. Si on ne comprenait pas réellement l’emprise, on la ressentait physiquement.

« Dans la jungle » documente là où « La vraie vie » fracturait. Et c’est ce qui manque cruellement à « Dans la jungle »…

À vous de me dire ce que vous en avez pensé, si vous l’avez lu.
Profile Image for Alice TUET.
290 reviews
April 13, 2026
la claque que je viens de me prendre face à cette histoire horrible
une intrigue assez peu originale sur un couple qui cache un mari violent pervers narcissique qui commet l’irréparable aka tuer ses enfants et sa femme mais qu’est ce que c’est bien fait 😳 je n’ai pas pu lâcher le livre et j’ai vraiment encore une boule à la gorge…j’ai envie de pleurer pour toutes les femmes qui vivent ou ont vécu dans pareilles circonstances. adeline dieudonne arrive à merveille à capturer l’étouffement de ce quotidien, tellement qu’on peine à délimiter fiction de réalité
Profile Image for Lola.
201 reviews12 followers
April 29, 2026
oh non, j'ai pas tant aimé...
je précise que je pense que ce livre est un bon livre, c'est juste que je commence à avoir lu pas mal sur les féminicides/infanticides et la violence conjugale, du coup la question maintenant c'est : qu'est-ce qu'on peut apporter de plus qu'une histoire glacante de réalisme ? surtout que j'avais confiance en l'autrice, qui a fait 2 livres hyper originaux et marquant dans leur style, que je n'ai pas retrouvé dans celui là ...
alors qu'il y avait du potentiel ! un regard hyper acide sur la bourgeoisie belge, à un moment on a le point de vue du chien mais c'est très court et on en reste là, bref tout reste très conventionnel c'est trop dommage
110 reviews6 followers
April 14, 2026
Ben helemaal ondersteboven van dit boek. De eerste pagina's geven ons al de uitkomst : Arnaud heeft zijn vrouw Aurélie en hun twee kinderen Diego en Lily vermoord en erna zelfmoord gepleegd. Wat volgt is een gedetailleerde beschrijving van hoe dit koppel zich gevormd heeft, hoe psychisch en zelfs fysiek geweld hun relatie binnendrong en Aurélie ertoe aangezet heeft om Arnaud te verlaten, dit alles achter de mooie façade van rijke tweeverdieners, weekendjes aan zee, op skivakantie,.... Als lezer bekruipt je de hele tijd een gevoel van spanning, hoop op een andere uitkomst, maar nee...Prachtig geschreven!
Profile Image for Laura Peschel.
3 reviews
May 7, 2026
Ce qui m’a le plus marquée dans Dans la jungle de Adeline Dieudonné, c’est la manière dont la violence s’installe dans le récit. Une violence pernicieuse, croissante, presque sournoise, qui finit par prendre toute la place et devenir étouffante.

Le livre retrace la vie d’Aurélie et Arnaud à travers une succession d’événements qui, mis bout à bout, construisent un portrait profondément violent. Tout au long du récit, il y a une montée en tension constante qui crée un véritable sentiment d’oppression.

C’est une lecture que j’ai trouvée difficile, non pas par son écriture, mais par ce qu’elle fait ressentir.

C’est un roman dur et inconfortable, mais justement profondément réussi. Un livre qui ne laisse pas indifférente.
Profile Image for Julie.
95 reviews1 follower
Read
May 5, 2026
Un livre qui se lit en apnée. Le premier chapitre vous cloue sur place avant le déroulement haletant du cycle de la violence. C'est parfois pénible à lire (le fond, pas la forme) mais on ne le lâche pas.
Profile Image for Jeanne Lessire.
28 reviews4 followers
April 29, 2026
Si vous voulez comprendre clairement et intimement les mécanismes de l’emprise conjugale + le continuum de violences jusqu’au féminicide, lisez ce livre.

En fait, non, lisez ce livre tout court.
Adeline Dieudonné est brillante. On connaît la fin de l’histoire dès le début et pourtant j’ai été complètement happée. Jusqu’au bout t’as envie qu’Aurélie s’en sorte et pourtant tu sais bien qu’elle s’en sort pas.

C’est enrageant, effrayant, déprimant au possible. Pourquoi on supporte les hommes encore ? Je sais plus.

Ah oui et mention spéciale aussi pour les descriptions du Brabant wallon et de ses habitants, je m’y voyais 😂
175 reviews4 followers
May 15, 2026
Avis lecture

📅 date d’arrivée dans ma PAL: 08/05/26
📆 date de début de lecture: 15/05/26
⏳ j’ai confiance en cette auteure

‼️LE VIOLENTOMETRE ‼️

🟢 PROFITE, TA RELATION EST SAINE SI IL OU ELLE:

💚 respecte tes décisions et tes goûts
💚 accepte tes ami(e)s et ta famille
💚 a confiance en toi
💚 est content(e) quand tu es épanoui(e)
💚 s’assure de ton accord pour ce que vous faites ensemble

🟠 VIGILANCE, DIS STOP SI IL OU ELLE

📴 t’ignore quand il ou elle est en colère
📴 te fais du chantage
📴 rabaisse tes opinions et projets
📴 se moque de toi en public
📴 te manipule
📴 est jaloux(se) en permanence
📴 contrôle tes habits, tes sorties…
📴 fouille tes textos, mails, appels
📴 t’isole de ta famille, de tes amis
📴 insiste pour recevoir des photos intimes

🔴 PROTÈGE TOI, DEMANDE DE L’AIDE SI IL OU ELLE

❌ te traite de fou/folle
❌ pète les plombs lorsque qqch lui déplaît
❌ te pousse. Te tire, te gifle, te secoue
❌ menace de se suicider
❌ te touche sans ton consentement
❌ t’oblige à avoir des relations intimes
❌ t’oblige à regarder du porno
❌ menace de diffuser des photos intimes

N’attends pas!!!!

#danslajungle #adelinedieudonne #iconoclast
@adeline_dieudonne @ed_iconoclaste @watchoutforthetornado

[livreaddict] [book] [livre] [avislecture] [instabook] [chroniquelitteraire] [bookaddict] [ilovebooks] [lirecestlavie][booklover] [bookstagram]
344 reviews
April 19, 2026
Un vrai régal ! Pour intensifier le mystère, on commence directement par la fin : un rendez-vous chez le notaire pour clore une succession. Le lecteur découvre très vite que la mort en question met en présence des gens qui ne veulent plus vraiment se cotoyer car il s'agit d'un décès causé par une mort violente. Tout le roman consiste ensuite à retracer l'itinéraire d'une relation toxique qui a conduit au drame.
J'ai retrouvé avec plaisir le style d'Adeline Dieudonné et surtout la tension qui m'avait tant séduite dans son roman La vraie vie. La peinture des habitudes de ce couple belge privilégié captive les travers de la société contemporaine tout en pointant du doigt les petits deuils et compromis faits par chacun pour préserver son couple. Une analyse psychologique intéressante,  un parcours qui fait froid dans le dos aussi...
Profile Image for Hajer.
780 reviews
April 15, 2026
dès les premières lignes une atmosphère pesante s'installe, assurée par une plume incisive et un style tranchant.
un thème dont on ne parlerait jamais assez.
À l'instar des autres ouvrages de Dieudonné, cette lecture est tout aussi intéressante.
Profile Image for Clara.
305 reviews
May 1, 2026
Magistral. C’est évidemment glaçant à lire et tant mieux, c’est hyper juste, très bien écrit, ça met la rage au ventre et ça rappelle l’impuissance, ça donne envie de tout casser.
Profile Image for Célia.
141 reviews1 follower
Read
May 15, 2026
Wow c’était glaçant…
Profile Image for Bruno Menetrier.
336 reviews5 followers
May 6, 2026
Sous le scalpel de l'auteure belge, la dissection d'un féminicide très ordinaire où l'on comprend que les monstres ne sont pas toujours des psychopathes qui se cachent à la cave. Chronique d'un féminicide annoncé.

C'est en 2021, qu'on avait découvert les histoires belges d'Adeline Dieudonné avec Kérozène, le bouquin qui lui avait valu sa notoriété.
La revoici avec Dans la jungle, son troisième roman aux éditions de L'Iconoclaste.
D'entrée de jeu, cette auteure un peu décalée, adepte du tragi-comique grinçant, annonce la couleur dans un exergue emprunté à Dian Fossey (celle des gorilles) qui nous indique que pour étudier une espèce, il faut s'intéresser à ses processus d’accouplement et de reproduction, ses déplacements, son comportement social.
Notre auteure belge va donc nous proposer de plonger dans une autre jungle, pour y disséquer le comportement d'autres primates que ceux de la scientifique américaine, pour y rédiger la chronique d'un féminicide annoncé.

Elle nous emmène dans une bourgade du Brabant wallon, dans la grande banlieue de Bruxelles, des villes moyennes peuplées d'une petite bourgeoisie bien pensante.
L'histoire démarre plutôt fort par la lecture d'un testament chez un notaire où sont présents en 2021, Judith et son ex-mari Didier ainsi que Suzanne veuve de Yves avec lequel elle a eu une fille, Aurélie.
Dès les premières pages chez ce notaire, on apprend donc que tout cela va très mal finir : Arnaud, le fils de Judith, a tué sa femme Aurélie et leurs deux jeunes enfants avant de se suicider.
Après cette introduction, on va remonter jusqu'en 2006 et suivre tout le parcours d'Aurélie jusqu'à sa fin tragique.
« Rares sont les circonstances qui nous permettent de savoir, à l’instant où on prend son petit déjeuner, que ce sera le dernier. »

Disons le en préambule, c'est un récit éprouvant parce que sinistrement ordinaire : Adeline Dieudonné a eu la bonne idée de commencer par la fin, une fin tragique qui va hanter le lecteur tout au long du bouquin.
Un lecteur qui va chercher à déceler les indices du drame à venir, les signes avant-coureurs, ... en vain le plus souvent, car la violence domestique n'est pas uniquement celle des yeux au beurre noir, les pervers narcissiques ne sont pas que quelques rares psychopathes, les monstres ne se trouvent pas qu'à la cave, c'est tout l'intérêt de la démonstration.

Ça commençait pourtant plutôt bien avec le portrait savoureux d'une petite bourgeoisie privilégiée de province, mais sans dérision ni acrimonie. D'une écriture fine, précise, incisive, l'auteure radiographie la grande banlieue de Bruxelles, entre les sourires heureux d'une famille aimante - parfois un peu forcés - et des éclairs d'une sombre fulgurance.
Dans une interview à la RTBF, elle indiquait que « pour la première fois, ça m’intéressait d’aller poser ma caméra comme une réalisatrice de documentaire, sans forcément m’impliquer émotionnellement ».
La Belgique apporte juste ce qu'il faut d'exotisme et on découvre là le portrait d'une génération, celle des trentenaires dans les années 2010 (celle de l'auteure).

Mais peu à peu Aurélie va s'enfermer dans son destin tragique, sans y prendre garde, sans que lecteur - qui lui, connait pourtant l'issue du drame - puisse même y prendre garde, et c'est là toute l'habilité du récit de cette histoire bien ordinaire.
« Arnaud n’était pas toujours facile, son boulot le stressait, il pouvait se montrer irritable, suspicieux, et à la moindre dispute exhumer les vieux dossiers.
[...] Arnaud était imprévisible. Il pouvait la couvrir d’attentions et d’éloges à un moment avant d’entrer dans ce qui ressemblait à une profonde colère silencieuse l’instant d’après.
[...] Toute sa vie elle s’était trompée, l’existence qu’elle avait vue comme une jolie promenade, parsemée de quelques moments difficiles, mais globalement agréable et passionnante, n’était en fait qu’un enfer de cruauté et de souffrances. Comment y avait- elle échappé jusqu'ici ?
[...] Entre elle et Arnaud, le duel était lancé, c’était à celui qui bouderait le plus longtemps. Il était d’une endurance inouïe à ce jeu- là. »
Profile Image for Marc.
1,587 reviews31 followers
May 7, 2026
Un récit glaçant et terrible.
L’autrice démarre son histoire par la fin, on comprend vite de quoi il est question même si les circonstances restent floues. Un univers bourgeois, un homme qui a assassiné son ex compagne et leurs deux enfants avant de mettre fin à ses jours. Puis on revient au tout début de ce qui était initialement une histoire d’amour. On voit le mécanisme d’emprise se mettre en place tout doucement mais inéluctablement sur l’héroïne. Et on s’interroge, comment cette jeune femme de bonne famille, éduquée et bien née se laisse prendre dans les filets de ce pervers narcissique, de cet homme plutôt moyen qui se pense excellent patron et grand sportif.
Mais ce que le récit met aussi en lumière, c’est que les bons pères de famille, bien sous tous rapports, bien vus de la société, peuvent aussi être des bourreaux. On voit aussi le mythe de la méritocratie complètement déconstruit, le bonhomme n’est pas un génie et reprend juste le business de son père (avec peu de succès). Il mène un vie assez égoïste, laissant toute la charge de la maison et des enfants à sa femme pendant qu’il profite de ses loisirs, etc. Bien qu’encensé par son entourage, il est loin d’être plus méritant qu’un autre.
Ce que l’on voit également, c’est l’absence de soutien et de solidarité dans ce monde bourgeois. On tait les problèmes, on abandonne les personnes en difficulté, on a peu d’empathie finalement.
Personnellement, malgré la situation de l’héroïne, j’ai eu du mal à m’attacher à elle. Quasi jusqu’à la fin, elle n’arrive pas à se départir de ses préjugés de petite fille riche, à considérer toutes les femmes égales et à comprendre qu’elle n’est pas au-dessus du lot.
On redoute la fin jusqu’à la dernière page même si on la voit se dessiner et que la nausée monte inéluctablement. C’est bien écrit, incisif et l’autrice ne traite pas ses personnages avec complaisance.
Il m’a manqué quelques pages, quelque chose pour faire véritablement retomber la tension et ne pas refermer ce livre complètement écœuré.
107 reviews
May 11, 2026
7 mai 2026.
Un effet de tragédie annoncée va donner à ce roman la force qu’il gardera jusqu’à la fin. Nous connaissons, dès les premières pages, l'issue fatale et tout sera lu sous cette lumière. Le moindre détail va se transformer en indice. L’angoisse s’installe, efficace et lourde. La machinerie est inébranlable, implacable et le quotidien devient un guet-apens. Aurélie, dans sa prison dorée perd toute forme de liberté. C’est le livre glaçant de la violence familiale, sournoise et insidieuse, pernicieuse, difficilement détectable par l'entourage, à l'issue de laquelle on tue les femmes et les enfants. J’ai bien aimé les détours par le parc du Wolvendael et la rue de Stalle. Pour ça et le reste, merci.
« Dans la jungle ». Adeline Dieudonné. L’Iconoclaste. Paris. 2026.

Une jolie villa dans le Brabant wallon, l'été à la mer, l'hiver au ski, deux enfants : Aurélie et Arnaud se sont construit une vie qui leur ressemble. Pourtant, un soir d'été, Arnaud prend une arme et assassine les siens avant de se suicider.
Adeline Dieudonné rembobine le film de l'histoire de ce couple, du premier regard à la mise en place d'un quotidien bourgeois. À chaque étape, la mécanique prend forme sous nos yeux, insidieuse, inéluctable.
Chronique d'une mise à mort annoncée, ce roman haletant nous entraîne au cœur de la bourgeoisie belge, où il est courant de tutoyer son banquier et où la violence se dissimule derrière les façades de briques blanches.
Profile Image for Olivier.
82 reviews10 followers
May 15, 2026
J'ai écouté ce livre en version audio, lu par l'auteure. Tout de suite emporté par la première scène, qui rassemble les parents des personnages principaux chez un notaire bruxellois amené à prononcer l'acte faisant suite au meutre de toute sa famille par l'un de ces personnage. Suite à cette scène d'ouverture contemporaine, on remonte à 2006 et à toutes les étapes de la relation entre le futur assassin (Arnaud) et la mère de ses enfants (Aurélie). Comme on connaît l'issue, tout l'intérêt du livre réside dans la compréhension de la mécanique imperturbable qui y mène et ça n'enlève rien au suspense et à la volonté de tourner les pages (en l'occurrence, de continuer à écouter même quand la situation ne s'y prête pas). L'histoire est narrée (principalement) du point de vue d'Aurélie. Son aveuglement nous semble d'autant plus patent qu'on connaît la fin, ce qui contribue à la puissance émotionnelle du texte. Mais au-delà de la dynamique de l'intrigue, j'ai tout particulièrement apprécié la façon dont l'auteure d'écrit la bourgeoisie et la petite noblesse aisée du Brabant wallon, périphérie riche de Bruxelles. Style caustique et souvent brillant. Ce ton quelque peu satirique allège un récit qui aurait sinon pu être quelque peu pesant et glauque et est alimenté par la connaissance chirurgicale de ce petit milieu, que l'auteure a longtemps fréquenté (et que je connais également de plus loin). Vivement recommandé!
12 reviews
May 7, 2026
J'ai beaucoup aimé ce livre. J'ai d'abord été intrigué par son ancrage : une ville fictive, mais dont la familiarité me rappelle une proximité avec l'endroit où j'ai grandi et, dans une mesure plus large, le pays où je suis né. Un environnement qui, pour moi, est une personne à part entière dans l'intrigue.
Mais c'est la narration et l'écriture remarquable qui m'ont happé. Une distillation sinueuse où la violence de l'histoire, mais aussi du propos, s'insinue de manière progressive pour en devenir presque étouffante.
Une fresque familiale qui se construit et une belle profondeur de personnages qui nous immergent dans ce drame. Je recommande.
84 reviews
Review of advance copy received from Éditeur
January 27, 2026
4.5
Un suspense intense pour un féminicide annoncé. Une lente descente dans la violence psychologique, l'emprise, l'isolement. Les moments de grâce rappellent que rien n'est blanc ou noir, et soulignent la difficulté de s'extirper de ce type de relation toxique.
C'est aussi une fresque qui dessine la bourgeoisie, dans ses manies, sa méritocratie, son auto-satisfaction. Mais elle-même n'échappe pas à la violence, qui semble simplement plus feutrée, cachée derrière une belle façade de respectabilité.
Un roman qui se lit comme un thriller, nuancé, passionnant!
Profile Image for Anne Sophie.
315 reviews1 follower
May 3, 2026
''Dans la jungle'' by Adeline Dieudonné is a real knockout.

With her characteristically sharp writing, the author manages to create a profound sense of unease from almost nothing. A few scenes, scattered throughout the narrative, are enough to bring to light a toxic, insidious, almost suffocating relationship. It's remarkably precise and emotionally resonant.

This is precisely where I feel I'm left wanting more: this fragmented structure offers only a partial view of the couple. I would have liked a stronger sense of continuity, to become more attached to them, to delve deeper into their story.

But despite this reservation, it's hard not to be swept away. The novel is intense, disturbing, and above all, deeply moving.

And that ending… chilling, brutal, almost terrifying. It stays with you long after you've turned the last page.
Profile Image for clara.
126 reviews6 followers
Read
April 3, 2026
Très différent de ses précédents dans le rythme qu’elle insuffle à ses récits ; ici, elle dissèque les mécanismes d’emprise et la violence qui s’installe au sein d’un couple. On entre lentement dans la vie d’Aurelie, on s’y attache comme une amie et on est déchiré•es lorsque l’on pose le livre après la dernière page.
Profile Image for Tina.
22 reviews
May 18, 2026
Je m’attendais à être un peu remuée et j’ai été complètement secouée. Tout est efficace : la construction, le rythme, l’écriture, les mécanismes décrits pour installer petit à petit le piège qui se referme et la violence qui s’insinue partout. Rarement un roman m’a autant impactée et horrifiée (+ à deux doigts de me faire devenir misandre)
Profile Image for Lilia.
234 reviews1 follower
April 17, 2026
Un bon 3,5
On retrouve la plume incisive et le rythme halenatnt sont nous a habitué Adeline Dieudonné. On est happé par cette atmosphère pesante. Le sujet est très bien traité.
Mais il m'a manqué un petit je ne sais quoi pour m'embarquer autant que "La vraie vie" ou "Reste"
Profile Image for Louna Moulin.
53 reviews2 followers
April 23, 2026
mon rythme de lecture ce mois ci était très lent, prit du temps à lire ce bouquin alors que je l’ai beaucoup aimé ! ça m’a fait pensé à l’histoire Dupont de Ligonnès… gros red flag ce Arnaud, du début à la fin
177 reviews1 follower
April 29, 2026
Effroyable. Glaçant. Bien que l'on connaisse dès le premier chapitre l'issue, l'autrice parvient à nous tenir en haleine. J'avais le souffle court tout au long de ma lecture, espérant que l'effroyable n'est pas lieu. Une lecture qui m'a bouleversée, retournée, et dont je me souviendrai.
Profile Image for Florence Hdg.
6 reviews
May 7, 2026
J’ai adoré la vraie vie et reste d’Adeline Dieudonné. Malgré une lecture prenante dans « Dans la jungle », je suis restée sur ma faim : j’aurais aimé plus de profondeur émotionnelle et être encore plus immergée dans les ressentis des personnages :) Un bon livre et un sujet à lire malgré tout!
8 reviews
May 14, 2026
J'ai été frappée par la quantité de détails dans les descriptions. J'imagine que l'idée était de donner une image la plus précise possible du milieu bourgeois dans lequel évoluent les personnages.
J'ai lu le livre d'une seule traite.
Displaying 1 - 30 of 47 reviews