"Selon les jours, je changeais de personnage, j'étais guerrier, démon, sainte, vierge. Et je m'excusais auprès de Dieu d'être si volatile, d'être à la fois une fille et un garçon." Seule dans Los Angeles, une jeune femme erre de bus en motel avant de retrouver Adam, son amour maudit. Dans la fumée de cigarette et les vapeurs de vodka, ils sillonnent des routes vides, font l'amour dans des parkings, hantent des bars miteux, volent à l'étalage. De la Californie jusqu'à La Nouvelle-Orléans, leur périple prend des allures de fuite. Pendant qu'Adam sombre dans l'alcool et la jalousie, la narratrice est assaillie par les souvenirs. Une famille catholique stricte, une lignée de femmes où toute rébellion vaut un internement psychiatrique, une enfance sous cloche qui l'empêchait d'être à la fois féminine et masculine, sage et rebelle, aimante et libre. Et une mort qui a tout fait basculer. La traversée du désert peut conduire à la rédemption - à condition de se regarder en face. Ce road-trip bouleversant, porté par une écriture puissante, nous lance sur les traces d'une femme qui entend faire plier le monde à sa volonté.
Le ciel ici déborde est un roman qui brûle, que j’ai litteralement dévoré.
On suit une jeune femme de 27 ans marquée par une éducation catholique stricte, les violences paternelles, la mère dépressive, la découverte de la sexualité tabou, puis libérée des carcans religieux, des séjours en psychiatrie, l’alcool, le sexe et les scarifications. Elle s’evade de l’hôpital psychiatrique, quitte la France pour fuir aux États-Unis. Elle rejoint Adam, amant instable et alcoolique, à la fois aimant et destructeur, qui l’entraîne plus loin dans la dérive.
Le roman évoque les femmes effacées de la Beat Generation, la mémoire des sorcières inscrite dans les corps, et le désir de devenir un homme pour pouvoir rendre les coups. Il interroge la violence héritée, mais aussi la folie comme réponse possible à cette violence : une forme de bascule, de déraillement intérieur qui devient parfois le seul espace de survie ou de résistance.
La grand-mère est un personnage marquant : fantasque, drôle, nourrie de superstitions, de récits et de mensonges assumés. Elle transmet autant le chaos et la vitalité. Le deuil du grand-père, les retours de traumatismes, les gestes de survie — comme ces trois claques sur la joue gauche— ou ce briquet rose qui devient presque un déclencheur : chaque élément a une portée nette, parfois brutale.
Le roman est traversé par une tension constante. Le feu y est à la fois destruction et tentative de transformation, une manière d’affronter ce qui ronge. La bande-son, de Johnny Cash à la musique classique, accompagne leur road-movie à la Kerouac.
Un premier roman dense et maîtrisé, qui explore frontalement les héritages de la violence, la difficulté de s’en défaire, et les formes extrêmes — parfois jusqu’à la folie — que peut prendre la survie.
Dans ce récit on est pris dans un tourbillon de rage, d'alcool, de feu et on sillonne les bas fonds des États-Unis à la façon de la Beat Generation. Mais le récit tourne en rond, à dessein, la protagoniste ressasse les mêmes traumas, pensées obsessionnelles et répète les mêmes erreurs et ça m'a perdue.
Toute l'histoire a une sale odeur mais en vrai c'était pas si mal, ça m'a bcp fait penser au film "American Honey" (bien que l'héroïne soit plus âgée ici)