Cet ouvrage repose sur une enquête réalisée auprès des publics en difficulté (pauvres, chômeurs, sans-abris…) qui fréquentent la Bibliothèque publique d’information du centre Georges Pompidou. L’accès au savoir et à la culture au sein de cet espace public est pour tous, sans restriction, sans distinction de classes ou de catégories. La bibliothèque du centre Pompidou est à la fois un espace de sociabilité et un espace d’apprentissage de la citoyenneté ; mais elle est aussi le théâtre de tensions plus ou moins fortes entre différents publics qui ne partagent pas forcément les mêmes aspirations, les mêmes goûts et les mêmes valeurs. Une hiérarchie s’instaure entre les usagers selon leur plus ou moins grande conformité aux pratiques jugées légitimes dans ce type de lieu public. Or, cette hiérarchie implicite est au fondement non seulement de la distinction entre les populations pauvres et celles qui le sont pas, mais aussi de la distinction entre les populations pauvres elles-mêmes. L’enquête à la base de cet ouvrage part de l’hypothèse que les publics en difficulté de la bibliothèque du Centre Pompidou peuvent être définis à partir des trois phases de processus de disqualification sociale : la fragilité, la dépendance et la rupture. De façon générale, la bibliothèque du Centre Pompidou est pour les pauvres un espace de constitution et de renforcement des liens sociaux. Elle permet réellement de conjurer la disqualification sociale.
un peu de beef au niveau de la méthodologie : pourquoi le nombre d'enfants des femmes est systématiquement renseigné (même si elles n'en ont pas) et pas celui des hommes ? un peu de beef avec la définition donnée de la pauvreté qui est, pour les auteurs, liée à la dépendance aux aides publiques. mais alors où placer les PDG qui reçoivent des subventions énormes de l'État et vivent à crédit pour payer moins d'impôts ?