Écrire sur presque rien. Oublier ce qui existe pour créer un imaginaire trouble. Effacer des mots pour en faire un fragment sonore. Commentaire autocritique d’une écriture floue et musicale sans perspective harmonique. Communiquer l’impassible à partir d’un métalangage. Dessiner une partition graphique sur du papier toilette. Avoir le crayon triste. Vouloir un problème simple dans toute sa complexité.
Entre aphorismes, réflexions et voix fantomatiques, feu flou bouche dévoile une écriture fragmentaire, floue, musicale, qui cherche moins à imposer un sens qu’à ouvrir des possibles.
Née en 1985 à Rivière-du-Loup, Carol-Ann Belzil-Normand vit et travaille à Québec. Depuis 2019, elle poursuit ses études au doctorat en littérature et arts de la scène et de l’écran à l’Université Laval en recherche-création sur les femmes cinéastes et les méthodologies du cinéma d’animation. Elle a participé à des expositions dans plusieurs centres d’artistes au Québec et diffusé ses films d’animation lors de nombreux festivals de cinéma. Sanités est son premier recueil de poésie.
Ce que j’ai le plus apprécié est définitivement le style de Belzil-Normand. Beaucoup de vers nous surprennent par leur originalité ou le tournant inattendu qu’ils prennent. La poète nous garde sur le qui-vive et nous force à ne rien prendre pour acquis. Il y a quelque chose de désarmant, mais d’agréable à se faire couper le souffle constamment. Ce qui est fantastique aussi, c’est que ce style colle très bien aux propos de l’artiste. Nous sommes dans un chaos où le tout et le rien s’entremêlent. Il y a un rythme qui nous entraîne, mais nous ne savons pas où nous allons. Et, au final, ce n’est pas important. Nous voguons entre les vers et les quelques dessins de l’artiste, nous suivons son parcours accidenté un peu fou et c’est très agréable.
Feu flou bouche est un livre savoureux. Je ne connaissais pas Carol-Ann Belzil-Normand mais maintenant je suis vendu.
J’ai bien aimé découvrir ce recueil, qui m’a semblé un peu inégal et décousu par moment, mais qui contient aussi quelques perles qui frappent juste, au détour d’une page, inattendues. C’est personnel et engagé, dans un style qui ne se prend pas au sérieux.