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Месо

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Il n'y a plus ni animaux, ni végétaux, et la seule nourriture disponible est la viande humaine. Ce qu'il reste de vie s'organise autour des halles, une immense boucherie sur laquelle une caste de policiers exerce son autorité impitoyable, punissant le moindre faux pas d'abattage immédiat : il faut bien approvisionner la ville en viande fraîche.

Habitant de ce monde cauchemardesque, le narrateur de Viande est un monstre ordinaire. Affamé perpétuel, obsédé par la viande, il comprend que le meilleur moyen d'en obtenir est de collaborer avec la police et de devenir un délateur professionnel. Mais, lui-même victime de délation, il se voit obligé de fuir la ville…

ebook

First published January 1, 1981

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Martin Harniček

3 books5 followers

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17 (4%)
1 star
5 (1%)
Displaying 1 - 30 of 73 reviews
Profile Image for charlie medusa.
658 reviews1,515 followers
November 27, 2025
absolument inouï livre. cent trente pages qui forcent le respect. raconter une histoire pour faire monde, pour faire politique. faire triompher l'intrigue avant la morale, avant l'évidence, avant le bon sens. faire advenir ce qui doit être raconté, purger, exposer, révéler l'issue du mécanisme dans l'espoir qu'elle n'ait lieu que dans les pages, qu'elle y soit contenue par le haut-le-coeur et le sursaut de lucidité du lecteur. ne jamais renoncer à sa métaphore, même et surtout lorsqu'elle devient translucide. tellement excellent et dégoûtant. trop rare de lire un roman à ce point TENU de part en part. aucune frustration, c'était une journée de lecture, c'était un moment qui a duré et qui durera dans ma tête.
Profile Image for Laura.
1,383 reviews56 followers
January 29, 2026
Oh punaise c'était génial et absolument atroce, une très bonne dystopie sociale cannibale aussi bonne que Cadavre Exquis, mais qui va encore plus loin !
Profile Image for Samvel.
26 reviews1 follower
July 7, 2024
Il m'a fallu plusieurs heures pour me remettre du choc provoqué par les dernières pages de ce roman. Mon envie de vomir et mon sentiment de dégoût n'ont cessé de croître avec le temps. Jamais encore je n'avais ressenti une telle horreur en lisant un livre. Cette horreur ne provenait pas seulement de la consommation de viande humaine – seul aliment disponible dans la ville – ni des moyens utilisés par les habitants pour se la procurer, mais surtout de la condition humaine décrite, de l'ensauvagement, de l'absence totale de valeurs, et des parallèles troublants avec nos sociétés contemporaines et nos élites.

Martin Harnicek, l'auteur du livre, est un dissident tchèque né en 1952, qui a grandi sous le régime communiste répressif de la Tchécoslovaquie. Il dépeint une société fondée sur la méfiance et la haine de l'autre, perçu comme une menace directe pour la survie personnelle. On comprend aisément d'où il tire son inspiration. Dans cette société, il est formellement interdit de parler aux autres, de tisser des liens, et la moindre "infraction" conduit immédiatement à l'exécution de la personne et à la commercialisation de sa viande dans Les Halles de la ville. "Viande" nous offre un tableau certes extrême, mais pertinent des dangers auxquels nous sommes confrontés lorsque la violence remplace la parole, et lorsque nous nous laissons entraîner par la peur et la haine de notre prochain.

Cependant, ce n'est pas tout. L'un des aspects les plus marquants du livre est que les codes et modes de fonctionnement de cette ville rappellent en grande partie les nôtres, ou du moins ceux de l'époque de l'auteur. Entre la corruption qui gangrène la société, les différentes individus des différents classes de la société qui luttent (individuellement) pour leur survie en ayant comme ennemis à la fois leurs semblables, l’oligarchie de la ville et « l’État ».

C’est je pense en étant confronté à ce qu’il y a de pire que nous, lecteurs, parvenons plus facilement à discerner les éléments problématiques qui étouffent nos sociétés.

L'asservissement de certaines personnes aux normes absurdes de leur société peut être si profondément enraciné dans leur subconscient qu'elles ne changeraient leur situation pour rien au monde. Elles s'enferment dans une cage qui finit par les consumer. Leur seul salut réside alors dans une soumission totale à l'autorité dont elles dépendent.

Il y a énormément d'éléments terriblement intéressants qui mériteraient une analyse plus poussée. C’est pourquoi je ne peux que vous conseiller de lire cette remarquable nouvelle.
Profile Image for Jo.
1,239 reviews254 followers
February 22, 2026
Un roman qu’on encaisse.

Dans ce monde où il ne reste plus ni bêtes ni plantes, où l’unique ressource est la chair humaine, tout s’organise autour des halles, immense abattoir devenu centre névralgique d’un pouvoir policier impitoyable. On y vit pour manger et éviter de devenir la prochaine portion de viande. Le narrateur, affamé perpétuel, ne cherche ni à comprendre ni à résister : il collabore. Il dénonce. Il survit. Monstre banal dans un système monstrueux.

La radicalité du texte, comme celle déjà omniprésente chez « Albin » du même auteur, nous percute dés les premières lignes. Là où une partie de la SF actuelle cherche des échappées lumineuses, Martin Harnicek choisit la chute sans protection. Pas de consolation, pas d’héroïsme caché, pas de salut moral. Juste un dispositif totalitaire poussé jusqu’à l’os.

Le style est clinique, répétitif, obsessionnel. Les mots tournent en boucle jusqu’à l’écœurement. On finit par éprouver quasiment physiquement l’usure, la faim et la déshumanisation. Le processus est volontairement abrasif. Derrière cette saturation se cache une mécanique redoutable : montrer comment un système façonne des consciences et comment l’horreur devient la norme.

On referme ce court texte avec un goût métallique dans la bouche. Pas de catharsis, pas de soulagement. Juste une colère sourde et une réflexion tenace.

Un roman qu’on encaisse, donc.
Sauvage, inconfortable, inclassable.
J’adore définitivement tellement cet auteur !
Profile Image for Camille.
630 reviews44 followers
January 20, 2026
quel plaisir de lire un roman qui ose !
17 reviews2 followers
August 18, 2024
Un des meilleurs livres que j'ai jamais lu mais cette histoire aux relents de sang caillé n'est pas à mettre entre toutes les mains tant elle est dérangeante.

This is one of the best books I've ever read, but this horrific story is definitely not for the faint-hearted.
Profile Image for Lola.
171 reviews4 followers
February 9, 2026
Alors c’est excellent, aucun doute la dessus. Mais je m’attendais à vraiment du plus horrible, plus insoutenable et insupportable à lire (parce qu’on me l’a vendu comme ça, certain même l’aurait dnf tellement c’était horrible). J’ai presque hésité à mettre 4 étoiles tant je m’attendais à pire.

Mais ça reste un excellent roman avec des thèmes intéressants et qui finalement soulève des questions sur nos manières de consommer, notre aveuglement, notre soumission voir notre abnégations face aux règlements parfois absurdes.
Profile Image for Louna Dubuc.
7 reviews
May 8, 2026
Ces temps-ci j’ai du mal à aller au bout de mes lectures mais cet HORRIBLE roman dystopique a su retenir toute mon attention jusqu’à la fin !
La description d’une société cannibale dans laquelle l’individualisme ainsi que tous les pires instincts de l’être humain sont poussés à leurs extrêmes. Ça fait fait réfléchir !
Profile Image for Killian.
5 reviews1 follower
January 8, 2026
C’est pas un livre c’est un cauchemar
Profile Image for Benjamin - Les Mots Magiques.
440 reviews117 followers
December 8, 2024
Dans un monde où il n’y a plus de ressources comestibles, qu’elles soient animales ou végétales, tout le monde finit par se tourner vers la consommation de chair humaine. Se met alors en place un régime totalitaire autour de l’accès à cette nourriture d’un nouveau genre…

J’ai plutôt passé un bon moment avec ce roman même si j’ai été un peu surpris de la façon dont le sujet était traité. J’ai trouvé que le roman ne parlait finalement pas tant de cannibalisme que du fonctionnement d’un système totalitaire. Oui, les gens consomment de la chair humaine, probablement pour rajouter un facteur choc au roman, mais dans l’absolu, on aurait pu remplacer ça par n’importe quelle autre ressource et ça aurait fonctionné de manière similaire.

Ce qui est dénoncé dans le roman, c’est surtout la violence policière, la répression sans aucune discussion possible (dans le roman, adresser la parole à la police est systématiquement puni d’abattage, de mort donc). On y parle de délation, de collaboration, de conditionnement, de désinformation et d’inégalités entre les classes. C’est donc avant tout un roman très politique qui pourrait sembler contemporain mais qui a été écrit au début des années 1980 dans l’actuelle République Tchèque.

Le roman est assez particulier dans la forme, déjà parce qu’il n’y a pas de chapitrage. Certes le livre est très court mais il n’en reste pas moins que la mise en page n’offre aucun temps de pause. Une autre particularité est l’absence de prénom dans le roman. On finit d’ailleurs par comprendre que les prénoms n’ont pas été juste omis mais que les gens dans cette société sont juste complètement déshumanisés, anonymisés, ce qui vient encore renforcer le propos de l’auteur.

J’ai été pas mal surpris dans la mesure où je m’attendais à quelque chose de bien plus trash, de bien plus graphique, là où c’est finalement plutôt gentillet, à part une scène beaucoup plus dure et graphique dans les toutes dernières pages. En tout cas, l’horreur n’est pas tellement dans ce qu’on nous décrit de manière explicite mais plutôt dans les travers humain qu’on retrouve chez chacun des personnages : amoralité, individualisme, opportunisme, paranoïa, violence, indécence la plus totale, tout y passe et on est vraiment témoins du pire de ce que l’humain peut proposer. Ça n’est pas horrible de la façon qu’on peut l’imaginer en voyant la couverture ou en lisant le résumé, mais ça reste affreux.

Gros bémol quand même sur le résumé de l’éditeur qui donne des éléments qui n’arrivent qu’à la moitié, voire aux deux tiers du roman. Je comprends bien que le résumé n’est pas forcément hyper vendeur si on ne parle que du début (ça reste un récit assez lent où il ne se passe pas grand chose dans l’absolu) mais je trouve toujours dommage quand on en sait trop avant même d’attaquer une lecture.
Profile Image for Jeff.
7 reviews
August 29, 2025
Un livre pour les gourmands😋
(c'était aussi glauque que Hunger!)
Profile Image for Caroline.
34 reviews1 follower
April 13, 2026
Plus conte horrifique que véritable dystopie (manque de réalisme dans certains aspects de la société), le roman garde bien en haleine et gagne encore plus en puissance dans sa fin. Le développement du personnage principal est horriblement génial et tristement humain.

Il m'a manqué un petit quelque chose en plus pour mettre 5* mais ça restera une lecture dont je me souviendrai longtemps par sa portée symbolique et politique.
Profile Image for Luther.
51 reviews
May 20, 2026
idée pas trop mal mais horriblement éxécutée, le personnage fait que parler, y’a jamais rien à deviner, certains points intéressants introduits, puis aussi rapidement abandonnés
dystopie qui perds son sens premier : faire réfléchir
Profile Image for Charlotte.
171 reviews8 followers
May 9, 2026
Horrifique et perturbant à souhait, j'ai adoré !
Profile Image for songenocturne.
81 reviews15 followers
March 4, 2026
j’avais jamais lu un truc pareil ! tellement dérangeant mais très réussi
Profile Image for jaroiva.
2,144 reviews56 followers
June 3, 2018
Tak tohle bylo teda fakt Maso!
Je škoda, že anotace knihy je jeden velký spoiler.

Naštěstí nejsou v knížce žádné příliš naturalistické scény, takže mi nebylo při čtení špatně. Pach masných trhů znám velice dobře a vím, že do tržnic, kde bývá maso obvykle uprostřed, aby bylo v létě nejlépe chlazeno, se můžu vydávat jen na zeleninové okraje. Takže smrad minimálně druhé třídy tržnice jsem si dovedla opravdu představit víc než dobře. Třetí třídu jsem si raději už ani nepředstavovala.
Ne, že bych se po přečtení chtěla stát vegetariánem, ale předpokládám, že si teď nějakou dobu budu dávat setsakramentsky pozor minimálně na čerstvost masa, které jím, možná víc i na jeho původ a možná na chvíli zařadím spíš víc vajíček... Ještě že mám dnes na oběd jen rybu, nějaká flákota masa by mi asi nechutnala.

Nečekaným překvapením pro mě bylo užití slova porážka a myslím, že v budoucnu budu sdělení, že je někdo poražen, chápat poněkud rozdílně. Tahle knížka asi nemůže na člověku nezanechat stopy.
Profile Image for Cucuchette.
99 reviews3 followers
September 26, 2024
manger ou être mangé, c'est littéralement une boucherie

c'est une société très cruelle, et le profond détachement du personnage principal rend la chose encore plus inhumaine.

personnage qui est d'ailleurs absolument détestable, mais on peut pas lui en vouloir, c'est le pur fruit de sa société.

c'est mon deuxième livre sur le cannibalisme cette année, et sans mauvais jeu de mots, il me laisse lui aussi sur ma faim

ça va crescendo en terme de trucs horribles, mais ça redescend comme un soufflé à la fin, un peu décevant mais compréhensible encore une fois vu le plot.

fin bref voilà je suis pas comme une dingue sur ce livre alors que je m'attendais à l'être, je suis contente de l'avoir lu mais je pense pas le relire ni le recommander à quelqu'un

tw : cannibalisme (that's the whole point), violences physiques, sang, viol, meurtres
Profile Image for Gwenn Meurrens.
9 reviews2 followers
January 27, 2026
Dans un monde où il n’y a plus ni animaux, ni végétaux, la seule source de nourriture provient des halles, un immense marché où s’approvisionner en viande humaine. Mais au moindre faux pas, c’est l’abattage direct, il faut bien alimenter les étals...

Avant toute chose, je vais partager quelques mots de l’éditeur à propos de l’auteur : Martin Harníček est né en 1952 dans la Tchécoslovaquie communiste. Signataire de la charte 77, harcelé par le régime, il s’exile en Allemagne.

L’auteur nous transporte dans une dystopie très sombre où l’homme est totalement déshumanisé et où la loi du plus fort et du chacun pour soi règne. Cette déshumanisation est accentuée par notre narrateur dont nous ne connaitrons jamais le nom, ni les caractéristiques physiques, l’humain étant ici réduit à du simple bétail. La dénonciation du régime communiste est évidente et nous frappe de plein fouet.

C’est un récit écrit à la 1ère personne, dans lequel nous lecteur, nous assistons à la transformation du narrateur en monstre, le peu d’amour propre et de principes qui lui restaient s’envolent. Manger ou être mangé. Dans ce monde cauchemardesque, le narrateur tente tant bien que mal de survivre, en s’accrochant à ce semblant de vie. Le peu d’humanité qu’il lui reste disparaît quand il devient à son tour délateur en aidant la police pour survivre, et ce jusqu’au jour où lui-même va se faire prendre à son propre jeu et risquer à son tour l’abattage.

Une écriture glaciale, choc, incisive, révoltante qui accentue la noirceur du récit. Dans Viande, les relations familiales et amicales comme nous les connaissons sont interdites et sont punies d’abattage. Les femmes ne servent qu’à assouvir les besoins primaires des hommes et les enfants qui découlent de ses relations sont livrés à eux-mêmes.
Mais dans toute cette noirceur, il y a tout de même une petite lumière qui persiste créant un peu de nuance dans cette société cauchemardesque. Et là où cela fait encore plus mal, c’est que je me suis mise à croire à cette petite lueur d’espoir, mais chassez le naturel, il revient au galop ! C’est à la transformation d’un monstre humain à laquelle nous assistions dans ce récit, une transformation qui fait froid dans le dos et nous fait relativiser sur notre condition et notre confort matérialiste. Que serions-nous prêts à faire pour survivre… ?

J'ai forcément aussi fait le parallèle avec notre société de consommation et l’abattage de masse, l’homme étant ici réduit à du simple bétail tous comme nos animaux, où est la différence ? Manger ou être mangé qui résonne encore une fois.

Un texte coup de poing qui met une grosse claque et vous fait reconsidérer les choses. Et clairement ce livre vous coupera l’envie de manger de la viande.
Profile Image for Paulin Bassols.
12 reviews
June 20, 2026
Le début du livre est assez intense avec des descriptions très sensorielles et assez déroutantes. Ce livre n’est pas conseillé à tout le monde par sa dureté et son univers distopique.

J’ai eu direct de la pitié pour le protagoniste et la population qui vivent dans cet univers abject et cruel, où seule la viande de chair humaine est leur seule obsession.

Le livre raconte par un long monologue le quotidien du narrateur qui se retrouve dans une misère pitoyable après s’être retrouvé sans abri et sans ticket de rationnement. L’univers est misérable, mais aussi totalitaire avec un régime qui restreint la population à une certaine forme de vie médiocre voire même inexistante.

C’est bien triste le quotidien de chacun qui essaie de survivre mais qui redoute de se faire abattre par la police pour n’importe quelle excuse. Ils ont besoin de viande, pourquoi s’en priver pour un oui ou pour un non.

Le livre parle d’une réalité où la population banalise le cannibalisme, et le plus fort gagne. Nous avons aussi trois classes avec un certain statut social et comment le protagoniste nous raconte sa vie misérable en troisième classe où la putréfaction des excréments devient son quotidien.

Le livre a un goût amer après l’avoir lu. C’est très fluide, ce n’est pas le problème. Mais je l’ai trouvé très lent, il y a une intrigue mais les péripéties ne sont pas assez intéressantes pour que je puisse y avoir un intérêt. La fin du livre est plus intéressante. Mais pour le coup, c’est souvent du lore de l’univers, des tranches de vie du protagoniste dans une distopie assez crade.
1 review
March 17, 2026
Le récit est une plongée claustrophobe et paranoïaque dans les entrailles d’une ville dépeuplée où tout ce qui tient lieu d’humanité a disparu sous les bottes de la police. On s’entre-dévore et la règle est simple : dévorer ou être dévoré. La police abat les gens au premier prétexte pour garnir les étals des bouchers dans les halles. Les habitant•es de cette ville n’ont pas de nom, n’ont de progéniture que pour obtenir des tickets de rationnement et se procurer de la viande — l’alpha et l’oméga du prestige social et de la survie. Ils ont interdiction de se parler et de quitter les murs de la ville. Le seul horizon : la délation et puis, comble de vilénie, rejoindre les forces de cet ordre-là. C’est un camp de concentration, mais en pire. Or il y a un monde, là, au-dehors. Le protagoniste principal, blessé, en fièvre, va y atterrir par accident, et sera chaleureusement accueilli par une communauté idyllique qui s’inscrit en rupture totale avec le monde de la ville. La question principale du livre devient de savoir jusqu’à quel point on peut sortir indemne d’une telle entreprise de déshumanisation et de corruption de l’âme…

Au final, c’est plutôt une expérience de pensée mais dont la fiction n’est pas plausible. Elle suppose qu’on s’habitue vraiment à tout, qu’une disparition totale du monde est non seulement possible, mais finit même par produire une sorte d’adhésion. Finalement, reste la provocation et la volonté de choquer mais ça ne tient pas vraiment…
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16 reviews
May 10, 2026
Je ne suis pas habitué à lire des romans simples, mais peu d'eux ont réussi à laisser sur moi une impression aussi intense.
Je n'ai pas encore lu d'analyses de l'oeuvre, et ne sachant que l'origine et l'époque de l'auteur, je peux en déduire quelques points.
D'abord, et surtout ça, la normalisation de la sauvagerie. Nous ne mangeons pas la viande d'autruis, mais même à notre époque, on n'hésite pas à dénoncer son voisin ou à exploiter son prochain, en quoi est ce si différent ?
Le deuxième point, et pas le plus simple, serait que la logique, pourrait bien nous sembler claire et limpide, mais être complètement déboussolée, puisqu'elle est en grande partie régie par notre société dans laquelle on est grandi.
On peut bien rapprocher le gouvernement dans Viande d'un gouvernement fasciste ou communiste, ou peut être à une grande corporation qui se consume elle-même, mais qui est tellement submergée, qu'elle croit ce qu'elle fait le seul moyen de survie.
Verdict, une lecture difficile, non pas par la façon de son écriture, mais par les thèmes et les idées qu'elle avance.
Je recommande vivement.
Profile Image for cam.
132 reviews15 followers
January 2, 2025
3,5
Je ne suis pas une habituée du gore, de l'horreur ou de la science-fiction donc cette lecture a été agréablement dépaysante pour moi - étonnant vu l'univers dans lequel on est plongé ! J'ai beaucoup aimé parcours les rues de cette ville ensauvagée et en découvrir la sociologie. Je ne suis pas non plus une experte de l'URSS mais on imagine en effet assez bien la société surveillée, violentée, appauvrie et surtout oligarchique dont l'auteur s'inspire et qu'il pointe du doigt dans ce récit. De façon générale j'ai trouvé très pertinent et très actuel le propos sur l'individualisation, la perte de lien, tout compte fait la déshumanisation totale des existences qui pousse les individus à la délation permanente pour survivre coûte que coûte dans un système qui finira par les dévorer de toute façon. Il m'a seulement manqué un petit twist, quelque chose d'un peu plus thrillant peut-être, mais tout compte fait je ne pense pas que c'était le but de l'auteur. Fable politique très intéressante que je vais recommander !
Profile Image for Priscilla.
842 reviews18 followers
March 19, 2026
Une lecture courte et percutante qui met en scène un thème tabou : le cannibalisme dans un système autoritaire (et absurde).

Dans ce récit sans chapitre, nous suivons le narrateur qui essaye de survivre à chaque nouvelle journée au sein d'une société axée sur la consommation de viande humaine, puisqu'il n'y a plus ni animaux ni végétaux. Le narrateur est obsédé par la nourriture, c'est la condition de sa survie et celle-ci passe par deux options : obtenir des tickets pour acheter de la viande ou se procurer de la viande par tous les moyens, en sachant que tout est quasi illégal et pourrait le mener à être abattu sans sommation (et ainsi poursuivre le cycle infernal en étant débité et vendu pour être mangé). Alors quand l'occasion se présente de survivre, quitte à devenir un délateur, il n'hésite pas longtemps...

La maison d'édition le dit dès le début, on est dans un récit feel-bad dystopique qui interroge aussi bien la société et la politique (et l'absurdité d'une société autoritaire où la police peut faire à peu près ce qu'elle veut - toute ressemblance avec l'actualité n'est peut-être pas si fortuite), à travers un personnage décrit comme un "monstre ordinaire". Il y a quelque chose de cynique et tragique dans ce roman, c'est dérangeant et intelligent à la fois. Une lecture que je ne peux qualifier de coup de cœur, mais je suis ravie d'avoir découvert cette pépite tchèque méconnue !
Profile Image for Кака с книги.
385 reviews55 followers
May 14, 2026
🤯 какъв край! 🤯🤯🤯
И след всичко античовешко, което направи накрая, 💩 се на метеното дет се вика, репликата му: "Станах жертва на несправедливост и коварство!" Жертва на системата те прави хищник извън нея"... трудно може да се говори за тази новела в детайл, защото става спойлер... но последните страници бяха... нечовешки... и напълно лишени от съчувствие от страна на автора към главния [герой, жертва или злодей, прочети и ще видиш]... чудя се дали консумацията на сурово развалено месо в крайна сметка не ти пълни мозъка с паразити, които буквално го разяждат като на зомби....хареса ми съревнованието на месоядните [комунистите] и другите [няма да кажа кои, защото ще е спойлер на сюжета] брилянтна новела / роман... имало е потенциала да е по-дълга....
Profile Image for Maria.
7 reviews
April 25, 2026
тялото и плътта винаги са ме занимавали със всички табута около тях- голото тяло (най вече женското), изкривеното тяло, желаещото тяло, болното тяло, поствоенното тяло, сакралното тяло... чак до канибализма. цялата литературна история помни сцени на канибализъм- еротични, драматични, трагични, тази тук е малко по различна, оголена от всякакъв сантиметализъм, виждаме един свят, в който изяждането на себеподобния е сведено до една от основните нужди (заедно с отделянето). много лаканско ми се стори, няма да спойлвам повече:))
1 review
December 25, 2024
J'ai trouvé tout le long de ma lecture un manquement à la description de la misère, celle de la peur d'être violenté en étant laissé vivant, surtout la peur du viol. Les dernières pages m'ont montré à quel point, finalement, cela était fait brillamment. Le narrateur est réellement produit et acteur de sa société : il ne se rend pas compte du mal qu'il fait en violant, abattant autrui. Narration impressionnante, bien que redondante.
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