Tiphaine Rivière spent three years writing a thesis in literature and working in administration at the PhD school of a large university in Paris, before starting the blog that became Notes on a Thesis.
Encore un banger. L’histoire est au service de l’explication d’une œuvre et de concept et ne perd pourtant pas du tout de sa qualité narratif (ce qui est incr?). En plus, je trouve que le style graphique de Tiphaine Rivière est devenu encore meilleur. Vraiment trop cool voilà
BD captivante qui permet de saisir l'actualité de la Métorphose de Kafka sous le prisme d'une critique de diverses formes de pouvoir au travail, dans la famille, et dans la société. On comprend comment Grégor, métamorphosé en cafard, reste avant tout préoccupé par la possibilité de répondre à toutes ses obligations. C'est comme s'il était dépossédé de sa propre existence.
C'est également l'occasion d'en faire une analyse existentielle héritée de Sartre, en s'interrogeant sur la liberté ontologique du sujet et la façon dont il choisit de jouer un rôle en société, s'adaptant à diverses situations : mère, prof, autrice - tandis qu'une chaise existe toujours en tant que chaise.
Dans le même style que La Distinction qui reprenait l'oeuvre de Bourdieu, cette BD de Typhaine Rivière procède par mise en abîme, les personnages de l'histoire offrant des exemples modernes illustrant l'actualité des thèmes de Kafka, avec un père écrasant, une entreprise vide de sens qui convainc des gens d'acheter des produits dont ils n'ont pas besoin, la pression des obligations scolaires, et une autrice obligée d'écrire pour un politicien écoeurant de cynisme qui se vante d'avoir expulsé des Roms comme on se débarrasse de vermine et déshumanise sa propre fille lesbienne qui s'est trop éloignée de ses attentes.
Dans ce deuxième tome, Rivière s’intéresse cette fois-ci à La Métamorphose de Kafka. La bande dessinée montre les mécanismes de domination dans la famille, le travail et la société. À travers les différentes situations mises en scène, on comprend que c’est notamment l’obéissance qui permet au pouvoir de se maintenir et de se renforcer. Cette idée se retrouve dans les rapports entre le fils et la mère face au père, entre la mère et son entreprise. La question de la professeure est donc : « Pourquoi sommes-nous capables de participer à un système qui, à terme, vise notre propre extermination ? » À la fin, une forme de libération arrive chez les personnages. La mère arrive à se libérer de son entreprise et de son mari, pareil pour le fils qui refuse la garde du père. Ce dernier se retrouve face aux conséquences de ces actions et ne se remet pas en question mais se libère de entreprise en déclin. Pour moi, cette bd s’attaque peut être à un sujet trop complexe, car à la fin j’ai pas totalement compris le raisonnement de la domination. Mais pour le coup, plus que le premier ça donne envie de faire ces propres recherches pour mieux comprendre les mécanismes de pouvoir (mais moins de lire du kafka javoue)
Ce livre est particulièrement intéressant car il permet de revisiter La Métamorphose de Kafka à l'aune de nos sociétés actuelles. De nombreuses analyses effectuées sur le texte au fil des années s'y recoupent, en miroir de ce que vivent les personnages de la bande dessinée.
Alors, oui, il y a un côté explication de texte qui pourra parfois rebuter les lecteurs qui recherchent surtout du divertissement. Mais l'évolution des personnages au fil de ce récit, qu'ils intègrent ou pas le relecture du texte de Kafka, est tout aussi intéressante que le reste, même si elle peut sembler parfois en retrait.
Le graphisme reste doux même quand les propos sont plus durs.
Après La Distinction (2023), Tiphaine Rivière revient avec une nouvelle adaptation et analyse littéraire et sociologique de La Métamorphose de Kafka. En décortiquant ce classique de la littérature allemande, la scénariste et bédéiste explore les mécanismes de dominations au travail, dans la famille ainsi que la société, et qui nous empêche d'être intrinsèquement libre de nos actions et décisions. Ainsi elle nous incite à nous extraire de ces mécanismes de dominations en reprenant notre liberté sur nos décisions, car seul l'obéissance au dominant lui permet de nous dominer.
Mon avis sur Kafka - Les mécanismes du pouvoir (BD) de Tiphaine Rivière - 4/5. Une lecture drôle et intelligente qui éclaire, avec beaucoup de clarté, les rapports de domination dans nos vies (amitié, famille, école, travail). Je n’avais jamais lu Kafka, et cette BD m’a donné envie de m’y plonger (La Métamorphose est déjà commandée). Petit bémol : les concepts socio/psycho restent parfois en surface, mais la bibliographie finale est un vrai trésor et donne faim d’aller plus loin.
Énorme banger que j’ai lu en une aprem En vrai j’aime pas du tout les dessins mais ça m’a donné tellement envie de lire kafka et donner tellement de clés pour rentrer dedans L’autrice avait déjà fait la distinction qui était un banger aussi mais dont je maîtrisais un plus le sujet Là c’est énorme poulet (même si la pensée de kafka a déjà influé dans de nombreux trucs ce qui fait que l’on connaît un peu sans connaître vraiment et sans l’avoir lu surtout sur les dynamiques de pouvoir)
Un élève de première rate son bac blanc de français sur la Métamorphose et ses relations avec son entourage s’en trouvent transformées. Une exploration super intéressante des mécanismes de pouvoir à l’œuvre dans nos vies, à travers l’œuvre de Kafka, dans laquelle on plonge une fois encore sans même s’en rendre compte. Et en plus, des bonus cachés pour les lecteurs de Carnets de thèse.
Encore une bd brillante de Tiphaine Rivière qui a vraiment trouvé la bonne recette depuis la Distinction 😍 évolution des personnages super et illustration de la métamorphose hyper intéressante. J’attends déjà la prochaine !
Comme dans ses BD précédentes, Rivière est top ! Cette BD en particulier arrive bien à montrer l'aspect viscérale du problème de la domination, ce qu'avait à mes yeux moins bien réussi son adaptation de la Distinction.
Ben, j'avais adoré La Distinction de Tiphaine Rivière et j'ai lu 17 fois La Métamorphose... du coup, ce bouquin était pour moi. Pas d'erreur, on est aux antipodes d'un "Kafka pour les nuls" ! Le langage de la BD (et le fait même de changer de medium) permet de rapprocher les pistes de lecture : famille, travail, société(s) de classe, grille patriarcale... préférez la vermine, sapez les fondations !
J'hésitais entre 2 et 3 mais la déception me fait pencher vers le 2. Je trouve l'intrigue de base et les personnages beaucoup moins aboutis, on tombe vite dans le cliché alors que le sujet est super intéressant. Tout s'enchaîne trop vite et on a vraiment l'impression qu'il n'y a aucune place pour étoffer les personnages que tout doit directement faire référence à Kafka donc dommage. En plus graphiquement la BD est pas ouf, elle n'évoque pas grand chose donc c'est dommage de ne pas utiliser le format à son plein potentiel.