Je tiens à remercier A Éditeur & Claudia Lupien pour ce magnifique service de presse! J'ai été contente de le recevoir parce qu'il était mon premier choix, notamment à cause du thème de l'anxiété sociale, dont je * souffre * aussi.
Il s'agit du deuxième roman en solo de Claudia que je lis (j'ai lu Bouge-toi les fesses, Juliette! et Les deux règles du camping, qu'elle a co-écrit avec Sandra Verilli) et j'en suis ressortie changer, différente que lorsque j'ai commencé ma lecture. L'autrice met en scène un personnage de 45 ans, Geneviève, en tant que protagoniste principale et j'ai aimé lire le point de vue de celle-ci. Moi qui suis au début de la trentaine, j'ai trouvé cela chouette de vivre à travers les yeux d'une protagoniste plus âgée parce qu'il faut se le dire, ça manque en littérature. Non seulement on semble avoir peur de vieillir dans notre quotidien, mais aussi dans nos romans. Dans le même ordre d'idées, Gen me ressemble à plusieurs égards: anxiété sociale, ce sentiment valide d'être prise pour acquise, invisible, à l'affût de la moindre de ses petites erreurs, et ce jugement dur qu'elle se réserve pour elle en privé. Il y a beaucoup de choses explorées au cours du récit, et bien qu'au début j'ai justement trouvé que cela était beaucoup dans une romance, j'ai aimé être surprise au point de convergence, la raison de tous ces thèmes soulevés.
Claudia écrit des romances lumineuses et met en lumière ici l'évolution de Geneviève & de Guillaume avec une narration en alternance au Je. J'ai aimé d'autant plus comprendre les choix & les personnalités des personnages, de même que saisir toutes les zones d'ombres de leur relation. Je dois aussi souligner que j'adore quand les chapitres ont des titres et ceux-ci étaient particulièrement drôles!
À travers ce roman, il y a aussi une part d'ésotérisme, la fameuse magie que Gen va apprendre à apprivoiser dans sa vie de tous les jours, après sa démission de son emploi des vingt dernières années. Le thème des relations de travail m'a touché à un point auquel je ne m'attendais pas. Ceux qui savent mon vécu à mon dernier emploi peuvent ainsi avoir une petite idée du vécu de Geneviève. J'admire le courage de cette dernière. Elle a su mettre ses limites, et ce, tant à ce dernier emploi que dans sa relation avec Guillaume. Également, l'aspect de la friperie, de donner une seconde vie à des vêtements, est quelque chose que j'ai peu vu dans notre littérature. C'est à la fois original et une belle sensibilisation à la mode, dont l'industrie est l'une des plus pollueuses au monde (beaucoup de vêtements ne sont pas réutilisés, finissent aux ordures, etc). Mon seul bémol est que j'aurai aimé que Geneviève soit davantage organisée pour la friperie, voir le débouché de ses études, car à mes yeux, nous avons seulement un aperçu ici de ces premiers apprentissages sur le tas. J'ai senti qu'elle s'était jetée à l'eau sans gilet de sauvetage, improvisant trop souvent pour le sérieux de l'entreprise. Mais, mais, mais! Se lancer en entreprenariat est un défi et elle l'a relevé, à la toute fin, à mon plus grand bonheur. Sa famille, sa meilleure amie Sofia, Guillaume et la communauté illustrent la force des liens primordiales pour faire fonctionner un projet.
Je l'ai dit quelques lignes plus haut, mais la famille est très importante ici. J'ai aimé connaître les Jays, Claude et la maman de Gen. Les parents de Guillaume sont tous aussi charmants. Encore là, j'ai trouvé que beaucoup de choses étaient amenées au sein du récit, sans qu'ils se fassent de l'ombre à chacun, et c'est pour moi une réussite. Claudia a une plume magnifique! La façon dont elle décrit l'anxiété sociale est exactement comment je le vis au quotidien. C'est carrément porter un masque de performance auprès des autres, sans savoir qui nous sommes derrière. L'authenticité a une belle place au sein de l'histoire. C'est pour moi un doux rappel de rester soi-même, quoiqu'en pense les autres!
Guillaume m'a charmé dès le départ. J'ai aimé qu'il soit d'une autre ethnie et que l'autisme soit abordé à travers son père, qui est par ailleurs aussi enseignant. Pour moi, tous les personnages ont ce p'tit goût de magie pour devenir meilleur, plus fort et évolutif jusqu'à la fin. Ils se complètent et la romance sous-jacente à l'intrigue principale est comme du bonbon, un slow burn qui mérite d'être dégusté à petites bouchées, avec cette petite pincée de sel que tout n'a pas à être parfait du premier coup. Parfois, les plus belles surprises sont celles que l'on se réserve à soi-même!
Geneviève & Guillaume forment un couple dont les initiales vont certainement vous rester en tête après la lecture et j'ai aimé le clin d'oeil à G.G + G.G tout au long de l'histoire.
Claudia Lupien livre une romance douce et importante, après avoir suivi une formation de pleine conscience intégrative pour l'aider dans son écriture et cela transparaît plus on avance dans le récit.
Si tu as aimé Witch! C'est moi l'ingrédient secret de Jessy Riendeau, Un p'tit goût de magie est fait pour toi!
Je vous recommande ces deux lectures et je vais tenter, quant à moi, de trouver ce p'tit goût de magie dans mon quotidien...ou de le créer, pourquoi pas!
Changer de carrière à la mi-quarantaine : tout un défi, surtout quand on souffre d’anxiété! C’est pourtant ce qui attend Geneviève qui, après avoir démissionné de la compagnie pharmaceutique où elle travaillait depuis 20 ans, doit reconstruire sa vie autour d’un projet qui la fera vibrer réellement.
J’ai aimé suivre le développement de Geneviève et de Guillaume: elle dans son combat contre l’anxiété sociale et lui dans son combat contre l’injustice. Leur relation se développe lentement au fil des rencontres fortuites, puis autour du nouveau projet de vie.
J’ai particulièrement aimé la façon dont réagit Guillaume face à l’anxiété de Geneviève, soit en l’accompagnant dans son projet entrepreneurial et en respectant son besoin d’espace et de sécurité. J’ai aussi apprécié comment les familles jouent un rôle important et positif dans leurs vies respectives.
L’autrice nous amène également à réfléchir et à philosopher avec les protagonistes de l’histoire sur la vie et le bonheur. Loin d’être lourde, cette réflexion amène un p’tit plus à l’histoire.
Une romance fell good qui donne le goût de croire en nos rêves et de tout faire pour qu’ils se réalisent.
J’aime beaucoup les romans de Claudia Lupien, mais ce n’est pas mon favori. Il y a quelques longueurs et je n’ai pas pu m’identifier aux personnages. Par contre, j’ai bien aimé comprendre ce que certains entrepreneurs/propriétaires peuvent vivre.